Cannabis sativa (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Stimulant Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cannabis sativa L.


Protologue: Sp. pl. 2 : 1027 (1753).
Famille: Cannabaceae (Cannabinaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 20, 40, 80

Synonymes

  • Cannabis indica Lam. (1785).

Noms vernaculaires

  • Chanvre, chanvre indien, cannabis (Fr).
  • Cannabis, hemp, marihuana, hashish (En).
  • Cânhamo (Po). Mbangi (Sw).

Origine et répartition géographique

Le chanvre est indigène des zones tempérées d’Asie : près de la mer Caspienne, en Iran, dans la steppe kirghize, au sud de la Sibérie et probablement aussi dans la chaîne himalayenne et dans le nord de l’Inde. Il s’échappe des cultures et se naturalise facilement. C’est l’une des plus anciennes espèces cultivées non alimentaires. Il était déjà prisé par les Chinois il y a 8500 ans. Il fut introduit en Asie occidentale et en Afrique, puis en Europe vers 2000–1000 avant J.-C. où sa culture s’étendit dès 500 après J.-C. environ. A partir de l’Asie centrale, il se répandit vers l’est jusqu’en Chine et en Asie du Sud-Est. Il fut introduit aux Amériques au XVIe siècle. A l’heure actuelle, il est cultivé partout dans le monde, même si dans la plupart des pays, y compris ceux d’Afrique, sa culture comme psychotrope est interdite par la loi.

Usages

Le chanvre offre plusieurs produits utiles : des thérapeutiques et des narcotiques (fleurs et feuilles), des fibres (tiges), de l’huile (fruits, souvent qualifiés populairement de graines) de même que des aliments pour l’homme et les animaux (fruits). A l’origine, il a probablement été utilisé comme source de fibres : les plus anciens vestiges d’étoffe réalisée à partir de chanvre remontent à 6000 ans. Si sa culture pour l’huile est plus récente, elle a tout de même commencé il y a au moins 3000 ans ; quant à la première mention d’un usage narcotique, elle date d’il y a 5000 ans en Chine. Le premier usage médicinal du chanvre se trouve consigné dans une pharmacopée chinoise vieille de 4700 ans. Toutes les parties de la plante sont utilisées tant en médecine chinoise qu’en médecine traditionnelle africaine. Les fruits passent pour servir de tonique, d’altératif, d’emménagogue, de laxatif, d’émollient, de diurétique, d’anthelminthique, de narcotique et d’antalgique. Ils sont prescrits en cas de dysenterie, de difficultés post-partum, de vomissements persistants, et sont employés en externe sur les éruptions, les ulcères, les plaies et le favus. Les fruits, spécialement préparés, sont prescrits contre le prolapsus utérin, pour favoriser l’accouchement, et comme fébrifuge. Des produits à base de chanvre sont utilisés comme sédatif de l’estomac, pour traiter la dyspepsie accompagnée de symptômes douloureux, les cancers et les ulcères. La plante permet également de soigner la migraine, la névralgie, le tétanos et les rhumatismes.

En médecine occidentale, les préparations riches en cannabinoïdes étaient très fréquentes entre le milieu du XIXe siècle et la Seconde Guerre mondiale comme anticonvulsivant, analgésique, sédatif et soporifique, de même que pour traiter le tétanos, les névralgies, les hémorragies utérines, les rhumatismes, l’épilepsie, la migraine, les convulsions, les spasmes et la douleur. Le chanvre passait pour un analgésique plus doux et moins dangereux que l’opium.

Les contradictions de son action thérapeutique, la durée de conservation limitée de ses préparations, la difficulté à choisir des doses optimales et l’émergence d’analgésiques et d’hypnotiques de synthèse entraînèrent peu à peu l’abandon du chanvre dans la première moitié du XXe siècle ; de nos jours, quand son usage à but thérapeutique est autorisé, il n’en demeure pas moins très limité. Récemment, on a mis en avant que les médicaments à base de cannabis étaient utiles pour traiter les spasmes chez les patients souffrant de sclérose en plaques, pour réduire la pression intra-oculaire lors de l’apparition du glaucome, comme analgésique chez les patients souffrant de rhumatismes et pour soigner la perte d’appétit chez les malades du SIDA. Son application la plus connue est toutefois son utilisation chez les malades atteints de cancer comme sédatif et comme traitement des effets secondaires de la chimiothérapie tels que la nausée, les vomissements et les convulsions, usage qui est autorisé par ex. aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Le principal principe actif du cannabis, le Δ9-tétrahydrocannabinol (= Δ9-THC, dronabinol), est commercialisé en tant que médicament dans ce but.

L’usage narcotique varie suivant les cultures. En Afrique, la résine de cannabis (connue localement sous le nom de “dagga”) a des usages rituels variés dans de nombreux pays. En Inde, il existe 3 types de préparations : le “bhang” (boisson élaborée à partir de plantes séchées, réduites en poudre, additionnée de lait ou d’eau), le “ganja” (sommités florales séchées des plantes femelles, que l’on fume généralement, que l’on mange ou que l’on boit parfois) et le “haschich” (résine crue raclée sur la plante que l’on fume, ou que l’on mange parfois). En Occident, la “marihuana” est habituellement une préparation composée de feuilles écrasées, de petites ramilles et de parties florales provenant des plantes femelles, alors que le “haschich” est une préparation plus forte, avec davantage de résine et peu de matériel végétal identifiable. Toutes ces drogues contiennent de la résine provenant des poils glandulaires présents sur les feuilles, les tiges et les inflorescences.

Les fibres libériennes du chanvre sont traditionnellement utilisées dans la fabrication de fil, de ficelle, de corde, de filets et de papier, tandis que le cœur ligneux des tiges est employé pour les litières d’animaux ou comme combustible. Le fil de chanvre est essentiellement obtenu par un filage humide des fibres longues. On peut améliorer la qualité du fil en “cotonisant” le chanvre, ce qui implique de réarranger chimiquement ou mécaniquement les fibres. On peut ainsi traiter les fibres sur des machines à filer de coton. Néanmoins, les fibres et les fils de chanvre actuellement sur le marché satisfont rarement les besoins de l’industrie textile en ce qui concerne la finesse des fibres, leur homogénéité, leur flexibilité et la répartition de leur longueur. En Afrique, le chanvre n’est pas une plante textile importante.

On peut faire des cartons à partir de la fibre de chanvre. Dans l’industrie du bâtiment, des panneaux d’aggloméré contenant des fibres de chanvre sont utilisés pour l’isolation intérieure. Les fibres de chanvre sont également utilisées dans la technologie des composites à matrice inorganique (IMC) pour consolider le placoplâtre, les tuiles, le béton, les mortiers et les plâtres. L’huile qu’on tire des fruits est employée en cosmétique, comme tensioactif pour les détergents et peut remplacer l’huile de lin dans les peintures et les savons. Les fruits de chanvre (le chènevis) sont comestibles, et sont utilisés de manière limitée pour l’alimentation humaine, comme nourriture pour les oiseaux et la volaille et comme appât pour les poissons. Après extraction de l’huile, le tourteau sert à nourrir le bétail.

Production et commerce international

Il existe peu de statistiques sur la production de chanvre comme narcotique puisque la culture, la détention, la conservation, le transport et le commerce sont illégaux dans la plupart des pays. La drogue à base de cannabis (l’herbe et la résine) est de loin la drogue illicite la plus consommée dans le monde et on estime, au niveau mondial, à 161 millions les personnes ayant fait usage de cannabis en 2003, dont 37 millions en Afrique. La consommation annuelle moyenne est évaluée à 200 g d’herbe ou à 150 g de résine par personne. En 2003, selon les estimations, la production d’herbe de cannabis dans le monde a dépassé les 40 000 t, dont 30 000 t ont atteint les usagers finaux, soit pour le marché de détail environ US$ 113 000 millions. L’Afrique est un producteur important (28%) avec comme principaux exportateurs le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Malawi, le Lesotho, le Swaziland et la Tanzanie. Le principal importateur est l’Europe, mais le plus gros marché est l’Amérique du Nord. Au niveau mondial, la production de résine de cannabis est, selon les estimations, de 7400 t, dont 6000 t parviennent jusqu’aux usagers finaux, ce qui représente pour le marché de détail environ US$ 28 000 millions, l’Afrique du Nord (Maroc 40%), la Turquie et le Proche-Orient (30%) étant les principaux fournisseurs. Les premiers importateurs sont l’Europe (78%), suivie par l’Afrique (9%) et l’Asie (8%). En Inde, le chanvre est cultivé pour le “ganja” par une poignée de cultivateurs attitrés, et la drogue est un monopole de l’Etat indien.

En 2004, la production mondiale de fibres et d’étoupe de chanvre s’élevait à 66 000 t pour une superficie de 50 000 ha, dont 40 000 t produites en Asie, essentiellement en Chine et en Corée. La production mondiale de chènevis en 2004 atteignait environ 30 000 t, dont 24 000 t pour la Chine.

Propriétés

Le chanvre est classé comme stupéfiant appartenant à la famille des perturbateurs psychotropes. Il altère les perceptions et les émotions. Il se compose de plus de 460 éléments chimiques, et la somme des publications sur leur chimie et leur activité biologique est écrasante. Les substances les plus intéressantes d’un point de vue médicinal sont les cannabinoïdes, essentiellement présents dans les feuilles et les sommités florales des plantes femelles, qui s’accumulent dans les bractées et la résine, mais qui sont absents des fruits et des tiges. Les cannabinoïdes sont des terpénophénoliques, qui sont classés en plusieurs groupes. Actuellement, près de 60 de ces composés sont connus, et les principaux représentants de chacun de ces groupes sont : le cannabigérol (CBG), le cannabidiol (CBD), le cannabichromène (CBC), le cannabicyclol (CBL), la cannabielsoïne (CBE), le cannabinol (CBN), le cannabinodiol (CBDL), le cannabitriol (CBTL), le Δ8-trans-tétrahydrocannabinol (Δ8-THC) et le Δ9-trans-tétrahydrocannabinol (Δ9-THC, quelquefois aussi appelé Δ1-THC dans un système de numérotation différent). Dans chaque groupe, les cannabinoïdes peuvent être présents soit comme phénylméthyléthers neutres soit comme analogues acides, se distinguant seulement par la présence d’un groupe carboxyle. Δ9-THC a deux analogues acides : les acides Δ9-tétrahydrocannabinoliques A et B. Les cannabinoïdes acides sont considérés comme les véritables composés ; cependant, le groupe carboxylique est très instable et une décarboxylation intervient rapidement. Le Δ9-THC lui-même n’est pas stable non plus : après un stockage prolongé, il se transforme en CBN. Le CBD et l’acide cannabidiolique sont les principales substances présentes dans les poils glandulaires (jusqu’à 15%) ; le reste des cannabinoïdes se trouve en petites quantités.

Outre des cannabinoïdes, Cannabis sativa contient plusieurs autres composés : des flavonoïdes, des spiroindanes phénoliques, des dihydrostilbènes, des dihydrophénanthrènes et des alcaloïdes dérivés de la spermidine. La plante contient également une huile essentielle dont les principaux composants sont le β-caryophyllène, l’humulène, l’α-pinène, le β-pinène, le limonène, le myrcène et le cis-β-ocimène.

L’activité pharmacologique du chanvre repose essentiellement sur le Δ9-THC ; d’autres cannabinoïdes semblent avoir une activité biologique moindre, voire nulle, bien que nombre d’entre eux n’aient jamais été correctement étudiés. En ce qui concerne les deux principales drogues issues du cannabis, la marijuana de bonne qualité contenait dans les années 1960–1970 0,1–2,7% de Δ9-THC et le haschich 4–10%. Dans les années 2000, le cannabis peut titrer beaucoup plus de THC, variant entre 5–12(–31)%, mais le fumeur moyen semble préférer les concentrations les moins fortes. Parmi les principaux effets du Δ9-THC sur le système nerveux central de l’homme, on trouve un effet analgésique et anti-émétique, ainsi qu’un état “d’euphorie psychologique” accompagné d’altérations de la connaissance et de la mémoire, de même qu’une diminution des fonctions psychomotrices. La toxicité immédiate de Δ9-THC est très faible ; il n’existe pas de cas avéré de mort d’homme due à ce composé ou au chanvre. Les premiers effets d’une dose normale en cas d’inhalation d’une cigarette contenant 2% de Δ9-THC, ou d’ingestion de 20 mg de la substance purifiée par ex. sous forme de biscuits, de gâteaux ou d’infusions, sont décrits comme un sentiment de bien-être, d’euphorie et de relaxation, et des effets sur la conscience, la perception du temps, la mémoire courte et la motivation. Le taux de Δ9-THC dans le plasma sanguin est au plus haut 15 minutes après l’inhalation et les effets les plus importants se font sentir 30–40 minutes plus tard, pour diminuer peu à peu pendant les 3 heures après l’inhalation. La (bio-)libération du Δ9-THC est plus lente et plus faible lorsque la drogue est ingérée, mais dans ce cas ses effets se prolongent davantage. Des doses plus fortes peuvent générer anxiété, voire panique, malaises et hallucinations. Une consommation prolongée chez les humains et chez les animaux de laboratoire conduit rapidement à la tolérance. Un usage régulier du chanvre entraîne une dépendance physique modérée, en revanche la dépendance psychologique est considérable et varie en fonction de l’histoire et de la personnalité de l’usager. Un usage régulier peut également provoquer la paranoïa. Une dose excessive se caractérise normalement par un état psychotique (anxiété, tendances suicidaires, profonde confusion mentale), pouvant durer une semaine. L’interruption de la consommation chez les usagers réguliers peut provoquer un syndrome de manque qui disparaît au bout de 3–4 jours. Depuis les années 1970, de nombreuses études ont été menées pour déterminer l’impact de la consommation du chanvre sur la santé, mais les effets à long terme demeurent encore méconnus.

Les cannabinoïdes agissent sur le corps par leur action sur le système des cannabinoïdes endogènes composé de substances neurochimiques (les ligands endogènes) et de récepteurs spécifiques. Chez l’homme, on connaît deux types de récepteurs de cannabinoïdes endogènes : le CB1 et le CB2. Le CB1 se trouve essentiellement dans le système nerveux central et périphérique, le CB2 principalement dans les cellules du système immunitaire. C’est pourquoi le CB1 est surtout responsable des effets psychotropes, et le CB2 des effets immunomodulateurs. Outre les effets psychologiques, les cannabinoïdes ont une large gamme d’autres effets par exemple sur le système hormonal, la croissance cellulaire et les structures des cellules.

Si les études actuelles montrent que les cannabinoïdes peuvent être utiles dans le traitement d’un certain nombre de troubles inflammatoires chez l’homme, il n’en demeure pas moins qu’une évaluation de leurs effets immunomodulateurs reste encore à faire. L’administration de cannabinoïdes chez des modèles animaux a montré une nette altération de multiples systèmes hormonaux, y compris la suppression des hormones sexuelles, des hormones de croissance, de l’hormone prolactine et de l’hormone thyroïdienne. Les effets sur l’homme ont pourtant été contradictoires, ce que l’on pourrait en partie imputer à l’apparition de la dépendance.

On a découvert que les cannabinoïdes modifiaient la prolifération et le développement d’une variété de cellules. On a observé un ralentissement de la croissance et de la division des cellules chez les protozoaires. La prolifération et le développement de cellules de carcinome cervical HeLa, de cellules de carcinome du poumon de Lewis et de cellules de neuroblastome B103 ont également été réduits. Les effets du chanvre sur la propulsion et la motilité gastro-intestinale ont été étudiés en détail chez les souris et les rats. Une injection intraveineuse de Δ9-THC a ralenti la vitesse d’évacuation gastrique et du transit de l’intestin grêle, mais en revanche les effets sur le transit du gros intestin ont été moindres. On a également décelé une chute de la fréquence des contractions gastriques ainsi qu’intestinales sans altération de la pression endoluminale. Chez l’homme, les effets anti-émétiques des cannabinoïdes sont semblables à ceux des phénothiazines couramment employées. Les effets secondaires sont courants. Selon certaines études, un tiers des patients a souffert de malaises, et jusqu’à 80% ont éprouvé de la somnolence. Les produits à base de cannabis réduiraient les crampes musculaires et les tremblements chez les patients souffrant d’infirmité motrice cérébrale ou de sclérose en plaques. D’autre part, il a aussi été prouvé que la plante altérait la posture et l’équilibre de patients atteints de sclérose en plaques spasmodique. Des études cliniques préliminaires ont permis de montrer que la marijuana et le Δ9-THC pouvaient contribuer à stimuler l’appétit et à ralentir la perte de poids chez les malades du cancer et du SIDA. La plante favoriserait la bronchodilatation, et les dérivés du cannabis ont été testés comme médicaments contre l’asthme. Des recherches préliminaires ont été menées sur le Δ9-THC sous la forme d’un aérosol, mais d’autres cannabinoïdes pourraient aussi présenter un intérêt. Il est possible que les cannabinoïdes affectent les bronches via un mécanisme différent de celui d’autres médicaments contre l’asthme.

Les cannabinoïdes peuvent servir à ralentir la progression du glaucome à angle ouvert, l’un des principaux responsables de la cécité, qui est associé à une forte tension intra-oculaire. Chez un certain nombre de patients, le chanvre a fait baisser considérablement cette pression pendant plusieurs heures. Des extraits aqueux de fruits ont montré une activité nématicide importante sur les œufs, les larves et les kystes du nématode Heterodera schachtii.

Le liber de la plante cultivée pour ses fibres contient des fibres primaires et secondaires riches en cellulose mais pauvres en hémicellulose et en lignine. Il existe des cultivars qui contiennent 67% de cellulose, 13% d’hémicellulose et 4% de lignine. Les fibres primaires mesurent 5–40 mm de long et sont hétérogènes alors que les secondaires, plus petites et plus uniformes, mesurent en moyenne 2 mm. Le cœur ligneux contient du parenchyme, des vaisseaux et des fibres courtes à parois épaisses d’une longueur moyenne de 0,55 mm. Les fibres du cœur se composent de 40% de cellulose, de 20% d’hémicellulose et de 20% de lignine.

Les fruits du chanvre contiennent 29–35% d’huile, 20–24% de protéines et 20–30% de glucides. Les composés présentant un potentiel narcotique ne s’accumulent pas dans les fruits mais il peut y avoir contamination par contact avec les glandes des bractées florales et des feuilles. La contamination est éliminée par simple lavage. La composition en acides gras de l’huile de chanvre est la suivante : acide palmitique 6–7%, acide stéarique 3%, acide arachidique 1%, acide oléique 10–15%, acide linoléique 54–57%, acide linolénique oméga-3 15–21%, acide linolénique oméga-6 2–4% et acide éicosadiénoïque 0–1%.

Falsifications et succédanés

Etant donné que l’on n’a pas découvert de cannabinoïdes chez d’autres espèces de plantes, il n’existe ni adultérant ni succédané naturel. Des analogues synthétiques du Δ9-THC ont été mis au point, en particulier le nabilone et le lévonantradol. Ils ont réussi avec succès les essais cliniques, mais ont des effets secondaires importants. En 2006, un cannabinoïde de synthèse, le rimonabant, a été lancé sur le marché comme médicament contre un certain nombre de troubles, y compris l’obésité et la dépendance à la drogue.

Description

Plante herbacée annuelle érigée atteignant 3(–4,5) m de haut, généralement ramifiée, dioïque ou quelquefois monoïque, plutôt densément recouverte de poils apprimés lorsque jeune. Feuilles opposées à la base de la tige, disposées en spirale plus haut, composées palmées ; stipules libres, filiformes ou étroitement subulées, d’environ 5 mm de long ; pétiole long ; folioles (3–)5–7(–11), feuilles supérieures composées souvent d’une seule foliole, sessiles, lancéolées, de 6–14 cm × 0,5–1,5 cm, base étroite, apex longuement acuminé, grossièrement dentées, rêches sur la face supérieure avec des poils courts et raides, couvertes de poils apprimés sur la face inférieure, et munies de nombreuses glandes sessiles. Fleurs unisexuées, 5-mères, régulières ; fleurs mâles disposées en cymes courtes et denses, unies en panicules terminales feuillées, presque sessiles ; tépales oblongs, libres, d’environ 5 mm de long, blanc verdâtre, étamines à filets linéaires érigés et à anthères relativement importantes de 3–4 mm de long ; fleurs femelles en fascicules spiciformes, enveloppées par des bractées, sessiles, périanthe absent ou présent et dans ce cas non divisé, ovaire supère, 1-loculaire, style atteignant 7,5 mm de long, filiforme, caduc, à 2 stigmates. Fruit : akène comprimé largement ovoïde de 4–5 mm de long, légèrement caréné sur les bords latéraux, lisse, brillant, jaunâtre ou marron, étroitement enserré de bractées, s’ouvrant en 2 moitiés, contenant 1 graine. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Cannabis sativa est la seule espèce du genre Cannabis, même si parfois Cannabis indica L. est reconnue comme une espèce à part représentant les types psychotropes d’Afghanistan et du Pakistan, morphologiquement et chimiquement différents. Il existe chez Cannabis une grande variation du fait de la sélection pour les fibres, les graines oléagineuses ou la résine. Cette variation est d’autant plus accentuée par la facilité avec laquelle ces types de plantes se croisent entre eux, ce qui a pour conséquence de rendre toutes les classifications infraspécifiques inexactes. On utilise une classification géographique pour le chanvre cultivé, dans laquelle on distingue les types d’Europe du Nord, de Russie centrale, de Méditerranée et d’Asie. Le chanvre d’Europe du Nord se caractérise par une tige courte (< 1,5 m) et une floraison précoce. Les rendements en fibres et en fruits sont généralement faibles. Le type de Russie centrale est cultivé en Europe et en Asie à 50–60° de latitude. La durée totale du cycle est de 90–110 jours, avec des tiges atteignant 1,3–3 m de haut. Les rendements en fibres de ces types sont moyens, mais on peut obtenir des rendements en fruits élevés. Le chanvre de Méditerranée est généralement cultivé au sud de 50° de latitude en Europe. La durée totale du cycle est de 130–150 jours, avec des tiges atteignant 2,5–4,5 m de haut. La production de fibres peut être élevée et celles-ci sont de bonne qualité. Les rendements en fruits sont moyens. Les plantes de type asiatique forment des tiges ramifiées de 2,5–3 m à entre-nœuds courts. La durée du cycle est de 150–170 jours. Pour des raisons pratiques, on peut distinguer trois types, en fonction de la teneur en Δ9-THC et en cannabidiol : le type cannabis à drogue (résine), caractérisé par un taux très élevé de Δ9-THC (> 1%) et un taux faible de cannabidiol ; le chanvre à fibres et à chènevis (graines), à très faible teneur en Δ9-THC (< 0.3%) et forte concentration de cannabidiol ; enfin le type intermédiaire, à teneur modérément élevée des deux composés. Toutefois, les taux peuvent varier durant la période de croissance.

Croissance et développement

Le chanvre est normalement dioïque, mais des cultivars monoïques ont été sélectionnés ; en général, les deux sexes ne peuvent être distingués avant la floraison. Dans une culture de plantes dioïques, les plantes mâles et femelles ont tendance à être présentes en nombre similaire, mais, en fonction du cultivar et des conditions de croissance, il peut y avoir jusqu’à 50% de plus de femelles que de mâles. Les plantes mâles meurent rapidement après l’anthèse, tandis que les plantes femelles vivent 3–5 semaines de plus, jusqu’à ce que les graines soient mûres. Les fleurs sont anémogames. La durée du cycle végétatif dépend énormément de la photopériode et de la température. Le chanvre est une plante de jours courts à réaction quantitative. La photosensibilité débute après la formation de quelques paires de feuilles et après qu’une certaine quantité de chaleur a été interceptée. C’est pourquoi la production optimale de chanvre à fibres se limite aux régions à jours relativement longs, où la croissance végétative est suffisamment longue pour produire de longues tiges. La durée de la floraison du chanvre dépend aussi de la photopériode et de la température. Lorsque la longueur du jour est courte et que les températures sont élevées, la floraison est plus précoce et également plus synchronisée entre les plantes et sur la même plante. Le degré de ramification varie avec les méthodes de multiplication et les conditions de culture. Le chanvre a des feuilles horizontales, ce qui provoque une forte interception de la lumière par le sommet de la canopée et donc un ombrage intense. Même si ce phénomène présente l’avantage de supprimer les mauvaises herbes, en contrepartie cela réduit la photosynthèse générale de la culture.

Ecologie

Le chanvre a besoin de conditions tropicales humides pour produire de la résine narcotique. Pour la production de fibres, les climats tempérés avec des températures de 15–27°C durant la période de croissance sont optimaux. La plante aime particulièrement les sols modérément à très fertiles pourvu qu’il y ait suffisamment d’eau. Elle convient tant aux sols alluviaux en bord de rivière qu’aux sols limoneux.

Multiplication et plantation

Le chanvre est habituellement multiplié par graines. Le poids de 100 graines est de 1,5–2,5 g. Les graines germent à basse température, mais pas en dessous de 1°C. Elles germent au bout de 3–7 jours et le début de la croissance végétative est souvent lent. Des températures du sol de 10–12°C sont nécessaires pour une installation optimale de la plante. La levée est sérieusement compromise lorsque le sol est tassé et détrempé. Des graines saines doivent avoir un taux de germination de 90%, et bien conservées, restent viables pendant 2 ans. La plupart des producteurs modernes en intérieur produisent des plantes multipliées végétativement. Les boutures enracinées issues de plantes femelles deviennent une culture uniforme de plantes femelles presque identiques, sans graines. Tant que le matériel reste exempt de pathogènes, la multiplication végétative peut se poursuivre. Les clones végétatifs ont tendance à avoir des taux de Δ9-THC supérieurs aux plantes multipliées par graines, et à avoir des branches latérales plus développées.

La densité de semis et l’espacement dépendent du produit désiré. Pour la production de “ganja” en Inde, les graines sont semées en lignes espacées de 1,2 m à raison de 3–5 kg/ha, puis les plants sont éclaircis lorsqu’ils atteignent 20 cm de haut. Pour la production de fibres, les graines sont semées dense, à raison de 30–40 kg/ha, soit à la volée soit en lignes. Pour la production de fruits, la distance entre les lignes dépasse 1 m et l’espacement sur la ligne est de 15–50 cm. En Chine, les plantes pour la semence sont quelquefois semées en poquets.

Gestion

Le désherbage est rarement nécessaire puisque l’épaisse canopée fait de l’ombre à la plupart des mauvaises herbes. Néanmoins, celles-ci peuvent créer des problèmes lors de l’installation de la culture ainsi que dans les manques. Des essais pratiques sur le chanvre à fibres planté sur des sols optimaux ont montré que pour produire 1000 kg de tiges, il fallait un apport d’engrais de 15–20 kg N, de 4–5 kg P2O5 et de 15–20 kg K2O. Le besoin en azote est supérieur en période de croissance végétative ; les besoins en P et en K augmentent peu à peu pendant cette même période, pour atteindre un maximum au moment de la floraison avant de décroître lentement à nouveau. La qualité de la fibre s’améliore lorsque les teneurs en N, P et K dans la plante montent (dans certaines limites) ; l’effet est le plus fort pour K, puis P, ensuite N. Le chanvre est parfaitement adapté à la rotation avec quasiment toute culture, bien que certains problèmes puissent apparaître en rotation avec les betteraves, à cause de l’infestation par les nématodes. Le chanvre empêche les mauvaises herbes de pousser et ameublit le sol pour les cultures suivantes. Qui plus est, racines et feuilles peuvent être abandonnées sur le champ, servant ainsi de matière organique à la culture suivante. Ce sont les plantes mâles qui produisent les meilleures fibres et qui sont parfois récoltées les premières ; on conserve quelquefois les plantes femelles afin qu’elles donnent des graines destinées à la production d’huile. En Asie, on a coutume d’éliminer les plantes mâles non pas parce qu’elles contiennent moins de Δ9-THC, mais pour éviter la production de graines chez les plantes femelles, ce qui réduirait la production de résine.

Maladies et ravageurs

Nombre de maladies et ravageurs ont été décrits chez le chanvre, mais peu causent des dégâts économiques. Les champignons responsables de la fonte des semis sont importants car ils tuent les semences en cours de germination et les semis. La maladie foliaire la plus répandue est la maladie des taches foliaires jaunes, causée par Septoria cannabis et Sclerotinia sclerotiorum, qui attaquent toutes deux les tiges et les feuilles supérieures. Botryotinia fuckeliana (Botrytis cinerea) fait des dégâts en condition de forte humidité. Sur des peuplements denses de plantes à fibres, le champignon s’attaque aux tiges, alors que dans les cultures de chanvre-graines et de chanvre-drogue, il a tendance à attaquer les fleurs femelles car elles retiennent l’humidité. Nectria haematococca (anamorphe Fusarium solani) et Thanatephorus cucumeris (anamorphe Rhizoctonia solani) provoquent la pourriture des racines, ce qui peut générer des pertes en France et en Inde, respectivement. Le chanvre peut également souffrir de nématodes tels que Meloidogyne hapla en Europe du Nord et le nématode de la tige Ditylenchus dipsaci en Afrique australe, Amérique du Nord, Australie et Asie. La plante peut aussi être infectée par le parasite Orobanche ramosa L.

Dans les cultures de chanvre, les ravageurs les plus graves sont des lépidoptères foreurs de tiges, Ostrinia nubilalis et Grapholitha delineana, et plusieurs larves de coléoptères qui creusent des galeries dans les tiges et dans les racines, comme Psylliodes attenuata, Ceutorhynchus rapae, Rhinocus pericarpius, Thyestes gebleri et diverses Mordellistena spp. Les ravageurs phyllophages les plus nuisibles sont les larves d’Autographa gamma, de Melanchra persicariae, de Spodoptera exigua et de Mamestra configurata. Les sommités florales sont habituellement infestées par les noctuelles, telles que Helicoverpa armigera, Helicoverpa zea et Heliothis viriplaca. Plusieurs pucerons infestent également le chanvre et peuvent servir de vecteur pour les virus. Le rôle joué par les terpénoïdes et les exsudats des cannabinoïdes pour éloigner les insectes a été négligé et mérite que la recherche s’y intéresse. Un autre mécanisme naturel de défense du chanvre, le fait qu’il soit recouvert de trichomes non glandulaires, pourrait servir de défense mécanique contre les prédateurs.

Récolte

Le mode de récolte du chanvre dépend du produit. Pour la production de “ganja”, les plantes mâles sont arrachées dès qu’elles sont identifiées et avant qu’elles ne répandent leur pollen. Les plantes femelles non fécondées sont conservées et ne sont récoltées que lorsque les pédicelles commencent à virer au jaune, soit environ 5 mois après le semis. Pour la production de “haschich”, la résine est récoltée par des hommes qui parcourent la plantation habillés de vêtements de cuir. La résine se colle aux vêtements, après quoi elle est décollée. Une autre méthode consiste à ramasser la résine en écrasant les parties sommitales de la plante entre les paumes des mains. Lorsque les plantes sont récoltées pour leurs fibres ou leurs graines, les tiges sont coupées à la main ou à la machine. En Chine, on conserve les plantes ramifiées qui se trouvent en bordure des champs pour la production de graines.

Rendement

Les rendements moyens de “ganja” en Inde tournent autour de 280 kg/ha. Ailleurs, on fait état de 750 kg/ha en culture pluviale et de 1270 kg/ha en culture irriguée. Le taux d’extraction de la résine est d’environ 2,8%, ce qui correspond en moyenne à 10–45 kg/ha. Le rendement en tiges (qui donnent approximativement 25–35% de fibres) se situe en général à 3–8 t/ha, avec un potentiel de 20 t/ha. Lorsque le chanvre est cultivé uniquement pour ses graines, on peut obtenir des rendements de 1300–1700 kg/ha.

Traitement après récolte

Pour la production de “ganja”, les inflorescences récoltées sont battues et pressées en galettes plates. Pour la production de fibres, on trie les tiges coupées en retirant les plus longues et les moyennes, respectivement. Les tiges courtes et tordues ne sont pas utilisées pour la production de fibres. Les feuilles sont enlevées à l’aide d’un couteau. On laisse ensuite sécher les tiges dans le champ pendant 2–4 jours. On fait une botte avec environ 200 tiges que l’on met à rouir dans l’eau pendant 3 jours. Les tiges rouies sont séchées puis, le cas échéant, rouies et séchées à nouveau. Les faisceaux de fibres sont ensuite teillées à la main à partir des tiges en partie mouillées, puis mises à sécher sur étendoir avant d’être vendues. Une autre méthode pour obtenir des fibres consiste à sécher entièrement les tiges avant de les casser et de les peigner. Les rendements en fibres avec la méthode à sec sont légèrement supérieurs à ceux de la méthode mouillée : 10% contre 6% de la masse de tiges sèches. En Europe, le chanvre est récolté mécaniquement : il est coupé, mis à sécher en andains dans le champ pendant quelques semaines, enfin pressé et mis en balles en une seule opération. Le rendement en fibres est en moyenne de 15%. La finesse de la fibre de même que la pureté ou le degré de rouissage sont décisifs pour la fabrication de cordes et de textiles. C’est la raison pour laquelle, de temps à autre, on sépare les plantes mâles des plantes femelles et on les traite différemment. Sur les machines à filer modernes, pour lesquelles les vitesses de production sont déterminantes, la longueur des fibres peut être un frein à l’emploi de fibres libériennes. Un traitement parallèle des fibres crues est nécessaire afin d’éviter que les fils ne s’enchevêtrent, ce qui renchérit considérablement le coût de l’étoffe. Les fibres de chanvre peuvent servir à la fabrication du papier ; dans ce cas, le contenu chimique des fibres détermine généralement la qualité de la pâte. L’aptitude à l’égouttage et le blanchiment de la pâte ainsi que la formation de la feuille sont parmi les nombreux facteurs qui déterminent les possibilités d’utilisation de la pâte. Pour l’usage des fibres de chanvre dans des matériaux composites, les propriétés suivantes sont appréciées : force de traction importante, rigidité, résistance à l’impact, peu de retrait lors du séchage, résistance à la corrosion, faible densité, absence de toxicité, recyclabilité, facilité d’élimination et prix économique.

Ressources génétiques

Même si l’Institut Vavilov (St. Petersbourg, Fédération de Russie) détient 450 entrées et que l’Institute of Crop Science (CAAS, Beijing, Chine) en possède 200, les ressources génétiques de Cannabis sativa n’ont guère été conservées dans les banques de gènes en raison de sa mauvaise image en tant que narcotique. Joint au déclin d’intérêt pour la sélection et le maintien des cultivars, cela a conduit à un appauvrissement des ressources génétiques. Toutefois, un réservoir considérable de variation naturelle est maintenu grâce aux types sauvages.

Sélection

La variabilité génétique est considérable. La production de grandes quantités de pollen et la pollinisation par le vent permettent de vastes échanges génétiques entre différents types domestiqués et entre formes domestiquées et plantes sauvages. La sélection s’est polarisée essentiellement sur la création de cultivars monoïques. En Europe, le travail d’amélioration et de sélection cherche à obtenir des types de chanvre dont la teneur en fibre libérienne serait supérieure à 30% et le taux de Δ9-THC inférieur à 0,3%.

Perspectives

Bien qu’il ait été reconnu que la résine présente dans le chanvre avait une valeur thérapeutique, l’usage du chanvre comme plante médicinale reste limité, principalement parce qu’il est interdit dans la plupart des pays. Néanmoins, la recherche s’intensifie sur les médicaments à base de cannabis pour soulager les patients souffrant de maladies comme la sclérose en plaques, le cancer et le SIDA ainsi que pour prévenir le glaucome. Dès lors que de nombreux jeunes gens fument de la “ganja” ou de la “marijuana”, la culture illicite du chanvre dans des régions reculées est courante et en recrudescence. Si le chanvre devenait un médicament légal reconnu dans le monde entier, les perspectives d’une culture à grande échelle en Afrique tropicale seraient bonnes.

Le chanvre textile a une longue histoire derrière lui et garde de bonnes perspectives, mais ce n’est pas encore le cas en Afrique tropicale qui manque de cultivars écologiquement adaptés. Les produits à base de fibres présentent des avantages non négligeables pour diverses filières. Ils sont biocompatibles et biodégradables, ce qui par conséquent réduit l’impact des déchets pour l’environnement. Les excellentes qualités nutritionnelles de l’huile et des protéines des graines et la facilité avec laquelle la plante s’adapte à la rotation des cultures pourraient permettre un essor de la production du chanvre dans les pays occidentaux. Parmi les priorités de la recherche, citons : la mise au point de cultivars écologiquement adaptés, l’élaboration de techniques de production optimales, la création de techniques d’extraction des fibres au champ, la quantification des relations entre les conditions de production, la transformation et la qualité des fibres, enfin l’optimisation de la gestion des chaînes de production afin d’utiliser au mieux tous les composants du chanvre.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Grinspoon, L., 1995. The hemp plant as a source of medicine. In: Biorohstoff Hanf. Proceedings of the symposium, 2–5 March 1995. 2nd edition. Nova-Institut, Köln, Germany. pp. 568–575.
  • Grotenhermen, F. & Russo, E. (Editors), 2002. Cannabis and cannabinoids - pharmacology, toxicology, and therapeutic potential. The Haworth Press, New York, United States. 450 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Turner, C.E., Elsohly, M.A. & Boeren, E.G., 1980. Constituents of Cannabis sativa L. 17. A review of the natural constituents. Journal of Natural Products 43(2): 169–234.
  • UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime), 1997. Cannabis as an illicit crop: recent developments in cultivation and product quality; Cannabis as a licit crop: recent developments in Europe; Cannabis as an illicit narcotic crop: a review of the global situation of cannabis consumption, trafficking and production; The health effects of cannabis: key issues of policy relevance; New trends in illicit cannabis cultivation in the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland; The Cannabis sativa L. fingerprint as a tool in forensic investigations; CBN and D9-THC concentration ratio as an indicator for the age of stored marijuana samples. [Internet] Bulletin on Narcotics, 1997, Issue 1. http://www.unodc.org. September 2005.
  • United Nations Office on Drugs and Crime (UNODC), 2005. World Drug Report. 2 Volumes. [Internet] http://www.unodc.org. September 2005.
  • van der Werf, H.M.G., 1994. Crop physiology of fiber hemp (Cannabis sativa L.). PhD thesis, Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 153 pp.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
  • Wulijarni-Soetjipto, N., Subarnas, A., Horsten, S.F.A.J. & Stutterheim, N.C., 1999. Cannabis sativa L. In: de Padua, L.S., Bunyapraphatsara, N. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(1). Medicinal and poisonous plants 1. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 167–175.

Autres références

  • Ameri, A., 1999. The effects of cannabinoids on the brain. Progress in Neurobiology 58(4): 315–348.
  • Brown, T.T. & Dobs, A.S., 2002. Endocrine effects of marijuana. Journal of Clinical Pharmacology 42(11 Suppl.): 90S–96S.
  • Bruneton, J., 1995. Pharmacognosy, phytochemistry, medicinal plants. Technique & Documentation Lavoisier, Paris, France. 915 pp.
  • Colasanti, B.K., Craig, C.R. & Allara, R.D., 1984. Intraocular pressure, ocular toxicity and neurotoxicity after administration of cannabinol or cannabigerol. Experimental Eye Research 39: 251–259.
  • Croxford, J.L. & Yamamura, T., 2005. Cannabinoids and the immune system: potential for the treatment of inflammatory diseases? Journal of Neuroimmunology 166(1–2): 3–18.
  • Hillig, K.W., 2005. A systematic investigation of Cannabis. PhD thesis, Indiana University, Indiana, United States. 165 pp.
  • FAO, 2005. FAOSTAT Agriculture Data. [Internet] http://faostat.fao.org/ default.aspx?alias=faostat. September 2005.
  • Gray, C., 1995. Cannabis - The therapeutic potential. Pharmaceutical Journal 254: 771–773.
  • Guy, G., Whittle, B.A. & Robson, P.J. (Editors), 2004. The medicinal uses of cannabis and cannabinoids. Pharmaceutical Press, London, United Kingdom. 528 pp.
  • Hall, W., Christie, M. & Currow, D., 2005. Cannabinoids and cancer: causation, remediation, and palliation. The Lancet Oncology 6(1): 35–42.
  • Hänsel, R., Keller, K., Rimpler, H. & Schneider, G. (Editors), 1993. Hagers Handbuch der Pharmazeutishe Praxis. Springer Verlag, Berlin, Germany. 1209 pp.
  • McPartland, J.M., 1996. A review of Cannabis diseases. Journal of the International Hemp Association 3(1): 19–23.
  • McPartland, J.M., 1996. Cannabis pests. Journal of the International Hemp Association 3(2): 49, 52–55.
  • Purseglove, J.W., 1968. Tropical Crops. Dicotyledons. Longman, London, United Kingdom. 719 pp.
  • Samuelsson, G. (Editor), 1992. Drugs of natural origin, a textbook of pharmacognosy. Swedish Pharmaceutical Press, Stockholm, Sweden. 320 pp.
  • Shook, J.E. & Burks, T.F., 1989. Psychoactive cannabinoids reduce gastrointestinal propulsion and motility in rodents. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics 249: 444–449.
  • Small, E., 1995. Hemp. In: Smartt, J. & Simmonds, N.W. (Editors): Evolution of crop plants. 2nd edition. Longman, London, United Kingdom. pp. 222–223.
  • Tahir, S.K. & Zimmerman, A.M., 1991. Influence of marihuana on cellular structures and biochemical activities. Pharmacology, Biochemistry and Behavior 40: 617–623.
  • van Soest, L.J.M., Mastebroek, H.D. & de Meijer, E.P.M., 1993. Genetic resources and breeding: a necessity for the success of industrial crops. Industrial Crops and Products 1: 283–288.
  • Wills, S., 1995. The use of cannabis in multiple sclerosis. Pharmaceutical Journal 255: 237–238.

Sources de l'illustration

  • Wulijarni-Soetjipto, N., Subarnas, A., Horsten, S.F.A.J. & Stutterheim, N.C., 1999. Cannabis sativa L. In: de Padua, L.S., Bunyapraphatsara, N. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(1). Medicinal and poisonous plants 1. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 167–175.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2006. Cannabis sativa L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 10 juillet 2021.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.