C (Lafage, Côte d'Ivoire)

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Suzanne Lafage, Lexique français de Côte d'Ivoire
D


Voir la liste des abréviations.


Sommaire : Ca - Ce - Ch - Ci - Cl - Co - Cr - Cu - Cy


cabatô

cabatô, cabato, kabato, n.m. V. KABATO*. Le cabatô et le placali* s'accommodent bien de la sauce* gluante. FM., 01.07.1983.

cabosse

cabosse, n.f. Spéc., (flore, commerce), mais assez fréq., oral, écrit, tous milieux.

1- Baie volumineuse et ovoïde du cacaoyer. Adou [.] touchait les cacaoyers, caressant les cabosses. Du Prey, 1979 : 40. Cette cabosse de cacao pesant 27,00 kg a été découverte dans la plantation* de Man [.]. Les cabosses ordinaires ne pèsent pas plus d'un kilo quand elles sont très lourdes. FM., 16.12.1980. Depuis décembre, la masse des cabosses est arrivée à maturité virant au jaune canari sous le feuillage vert absinthe des cacaoyers*. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 96. Des branches de caféiers* aux cerises* mûres. Des cabosses de cacao [.]. FM., 08.03.1996. Il ressort que la victime avait demandé à certains de ses compatriotes de l'aider à casser des cabosses de cacao. Ivoir'Soir, 11.12.1997. Avec des cabosses de cacao qu'il offrait à ses victimes [.]. Ivoir'Soir, 20.11.1997. Comme maladie, nous avons essentiellement la pourriture brune des cabosses du cacaoyer. Ivoir'Soir, 03.02.1998.

ENCYCL.: la cabosse contient entre 15 et 40 graines rappelant une grosse fève (V. FEVE*) noyées dans une pulpe mucilagineuse.
DER.: écabossage*, écabosser*, écabosseuse*.
COMP : arbre* à cabosse.

2- Gros fruit ellipsoïde du colatier. Tu verras sur les ruines de notre case trois colatiers chargés de cabosses. Amon d'Aby, 1973 : 32. Certes la cola n'est pas un produit nouveau mais elle est achetée en cabosse à un prix concurrentiel. FM., 18.01.1993.

cacahouette

cacahouette, cacahuète, n.f. Inusité sauf par les Européens. V. ARACHIDE*.


cacao

cacao, n.m. Spéc., (flore, commerce, agriculture), très fréq., (du nahuatl par l'espagnol. 1e attest. 1686 Frontignières), oral, écrit, tous milieux.

1- Graine du cacaoyer* d'où l'on extrait des matières grasses et de la poudre de cacao.

ENCYCL.: la C.I. étant devenu le premier producteur mondial (1978), le lexique concernant cette culture est banalisé.
COMP.: cacao bord de champ, cacao en fèves, cacao gradé.

2- Cacaoyer lui-même. On continuerait toujours à planter du cacao. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 88.

3- Poudre obtenue en broyant la graine de cacao.

COM.: Dans l'oralité quotidienne familière, absence fréquente du prédéterminant devant "café, cacao". ex. "cultiver cacao, planter cacao". Ecrit : café-cacao, pour désigner les deux principales richesses de la Côte-d'Ivoire.
DER.: cacaoté*, cacaotier*, cacaotière*, cacaoyer*, cacaoyère*.
COMP.: boucle* de cacao, cacaoculture*, fève* de cacao, cacaoette*.

4- cacao, (café- ---- ), V. CAFE*.

5- cacao bord [de] champ, Spéc., (agriculture), oral, fam., péj. V. BORD*-CHAMP. Cacao acheté directement sur la plantation, après la récolte, par le traitant et donc moins cher payé. Cacao bord champ, tu vends combien? (Traitant, Soubré, 1984).

6- cacao en fève, graines de cacao non encore extraites de leurs fèves, souvent exportées ainsi sans être traitées. En 1978, 55,7% des recettes d'exportation provenaient encore du café vert et du cacao en fèves [.]. Antoine /Debresson /Manou-Savina, 1987 : 39.

7- cacao gradé, graines de cacao de première qualité pour l'exportation. La Côte-d'Ivoire [.] doit désormais vendre davantage de café et cacao gradé si nous voulons maintenir notre pouvoir d'achat. FM., 18.10.1983.


cacaoculture, n.f. Spéc., (agriculture), (1e attest. rencontrée :1978), oral, écrit, tous milieux, mélior. V CAFÉICULTURE, HÉVÉACULTURE*. Monoculture à grande échelle du cacaoyer. Les niveaux de prix [.] ne peuvent nullement favoriser la réalisation des programmes de développement de la cacaoculture. FM., 17.12.1979. Priorité à la cacaoculture en blocs*. FM., 12.5.1980. (titre d'article).

ENCYCL.: ce fut un des mots d'ordre agricoles du pays jusqu'à l'effondrement des cours.


cacaoette, [kakaoɛt], n.f. Spéc., (agriculture, commerce), (1e attest. rencontrée : 1980). Extracteur mécanique des fèves de cacao. La cacaoette d'Abile Gal dont la démonstration nous a été faite à Abengourou, est une machine qui effectue l'ouverture des cabosses*, l'extraction, la séparation des cabosses et des fèves* fraîches et l'éjection à distance des coques vides. FM., 15.01.1980. Nous avons découvert une écabosseuse* appelée cacaoette. FM., 08.10.1980.


cacaoté, adj. Fréq., oral, écrit, lettrés. Confectionné à partir de graines de cacao. Et pourtant, les produits cacaotés tels que le beurre, la pâte, la poudre de cacao et autres dérivés, augmentent tous les jours. FM., 14.10.1979.


cacaotier, n.m. Vx à l'écrit, oral, peu ou non lettrés. V. CACAOYER*. Tournée le matin à travers les caféiers, les cacaotiers, les cultures vivrières et fruitières poussant dans les espaces défrichés entre les grands arbres dans la clairière. Krol, 1994 : 113.


cacaotière, n.f. V. CACAOYERE*. Ils ont planté des cacaotières partout ici. (Planteur, Gagnoa, 1980).


cacaoyer, n.m. Spéc., (flore, agriculture), mais très fréq., oral, écrit, tous milieux. (Theobroma cacao L.). Petit arbre de la famille des Sterculiacées, d'origine américaine. Les cacaoyers, tranquillement, remuaient leurs feuilles roses. Dadié, 1953 : 167. Grâce au sol riche de la forêt vierge, les jeunes cacaoyers ont rapidement grandi et les plantations se sont étendues. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 81.

ENCYCL.: arbre importé, devenu une des cultures les plus importantes du pays.
COM.: "arbre à cabosse" est rare et vieux. "Cacaotier" semble être une graphie rare depuis le début du XIXe siècle même si le mot est encore attesté dans l'oral des peu ou non-lettrés locaux. J'étais donc ruiné pour la deuxième fois en moins de dix ans puisque ma plantation* de cacaotiers a été entièrement détruite par le feu lors de la sècheresse de 1983. Krol, 1994 : 167.
SYN.: arbre* à cabosse, cacaotier.


cacaoyère (1), adj. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Du cacao, qui a trait au cacao. Dans le domaine de la production cacaoyère et caféière*, les paysans d'Obibribrouo jouent un rôle déterminant. FM., 31.12.1980. Sur la prochaine récolte cacaoyère [.] 300.000 tonnes étaient déjà placées. Gombeaut /Moutout /Smith, 1990 : 18. Au cours des années 70, les productions caféière* et cacaoyère [.]. FM., 29.11.1990. [.] les producteurs et autres partenaires de la filière cacaoyère [.]. Soir Info, 29.03.1995.

COM.: collocations usuelles : récolte cacaoyère, plantation cacaoyère, production cacaoyère, filière cacaoyère.


cacaoyère (2) n.f. Spéc., (agriculture), mais fréq., oral, écrit, tous milieux. Plantation industrielle de cacaoyers. Les premières cacaoyères furent créées vers 1912. Du Prey, 1962 : 36. Le programme de régénération de la cacaoyère est terminé depuis 1973. Ministère du Plan, 1978, II : 21. Tu les conduiras à la nouvelle cacaoyère, quand ils arriveront. Koné, 1980 : 21. Il s'agit de stopper la dégradation de la cacaoyère. FM., 29.10.1980. Voltaïques des cacaoyères [.]. Tilliette, 1984 : 21. C'est dans une cacaoyère à Anyama qu'elle [: une petite fille] sera recueillie. Ivoir'Soir, 16.12.1997. Des chasseurs libidineux la prirent en chasse, l'arrêtèrent, la conduisirent dans une cacaoyère. Kourouma, 2000 : 198.

COM.: la variante graphique "cacaotière" est obsolète.

cacia

cacia, n.m. V. CASSIA*. Les illuminations ne rendent que plus brillantes les fleurs [.] jaune vif des cacias, plus chaudes, les masses de bougainvilliers. Conte, 1981 : 140.


cad

cad, cadd, kad, kadd, kade, n.m. V. BALANZAN*.


café

café, n.m. Usuel. oral, écrit, tous milieux.

1- V. CERISE*, graine de la baie de caféier.

ENCYCL.: la C.I. est un des premiers producteurs mondiaux.

2- Poudre obtenue à partir de cette graine torréfiée.

3- Breuvage obtenu à partir de cette poudre.

4- Caféier. Mon frère a des plantations de café. (Etudiant, Abidjan, 1983).

DER.: caféier*, caféière*.
COMP.: café baoulé, café cerise, café-coque, café des noirs, café en cerise, café gradé, café gragé, café la brousse, café moussoné, café nègre, café parche, café vert, caféiculture, cerise de café.

5- café baoulé, fréq., récent (1e attest. 1992), oral surtout, fam., ironique. tous milieux. Boisson utilisée en période de pénurie : eau plate, froide et sucrée. C'est, par exemple, ce breuvage de pénurie que les Ivoiriens appellent le café baoulé [.]. Vous mettez de l'eau plate et froide [.]. Mettez-y deux carreaux* de sucre [.]. C'est ce liquide transparent [.] qu'on appelle café baoulé. La Voie, 07.01.1993. A la fin du mois, c'est le café baoulé et le pain sec !! (Etudiant, Abidjan, 1994).

6- café-cacao, café et cacao, assez fréq., argot, urbain, oral, fam., péj. V. BOTCHE*. Fesses d'une femme considérées comme source de revenus éventuels. Ma banque à moi, mon café-cacao, ce sont mes fesses. Avec elles, je détiens tous les pouvoirs. ID, 06.04.1986. [.] des jeunes filles ou des femmes mariées, attirées par l'appât des gains faciles, utilisaient leur seule richesse, leurs fesses qui sont leur café-cacao pour extorquer de l'argent aux gros-bonnets. [.] le cours du café et cacao des jeunes filles a chuté parce que le grotto* a été lui même touché par la crise économique de 1980. Caummaueth, 1988 : 107.

COM.: le café et le cacao ont longtemps été deux des principales sources de revenus de la Côte d'Ivoire.

7- café [en] cerise, fréq., (agriculture, commerce) oral, écrit. Fruit du caféier. Ramené à la tonne de cerises*, cela fait un supplémentaire de 25000 tonnes mais pour cela le café en cerise doit être dans les normes requises. FM., 27.12.1979. Le gouvernement a fait un effort en maintenant le prix [.] à respectivement 60 et 140 f le kilo pour le café cerise et le café décortiqué. FM. 23.02.1993. F.L., 21 ans et T.I., 26 ans, tous deux Ivoiriens, pisteurs*, [.] ont été déférés samedi au parquet de Tiassalé par la gendarmerie pour avoir volé dix sacs d'un chargement de café* cerise. Ivoir'Soir, 14.10.1997.

SYN.: cerise*, cerise de café.

8- café-coque, spéc., (agriculture). Café non encore décortiqué. Le café-coque* arrive à la décortiquerie*. Nouvelle Presse, 22.04.1993.

ANTON.: café décortiqué.

9- café des noirs, V. BANTAMARE*, KINKELIBA*. Le bentamaré est appelé le café des noirs parce que nous prenons souvent des infusions de cette plante. (Informateur, Bouaké, 1983).

10- café gradé, spéc., (commerce, agriculture). V. CACAO GRADE*. Café de première qualité réservé à l'exportation. Quand tu produis seulement du café gradé, tu gagnes*gros. (Traitant, Bouaké, 1983).

11- café gragé, spéc., (technique). Graine de café verte dont la pellicule protectrice argentée a été éliminée par une opération mécanique afin qu'elle ait du brillant et un meilleur aspect. La machine te donne alors du café gragé. (Ingénieur, Abidjan, 1990).

12- café la brousse, V. FAUX* CAFEIER SAUVAGE. Ca là, tu vois, nous l'appelons café la brousse parce que ça ressemble* le café. (Informateur, Adzopé, 1982).

13- café moussoné, café moussonné, spéc., (technique). Graine de café verte, non lavée, qui a été exposée à une atmosphère humide, ce qui a pour effet de la gonfler et de lui donner une couleur brun doré. Le café moussoné prend alors sa jolie couleur brun doré. (Ingénieur, Abidjan, 1990).

14- café parche, V. PARCHE*.

15- café nègre, V. BANTAMARE*.


caféier, n.m., adj. Spéc. (flore).

1- n.m. (Coffea canephora Pierre = caféier Robusta). Arbuste de la fam. des Rubiacées qui vit plusieurs années et porte des fleurs en bouquets blancs. Son fruit rouge rappelle le fruit du cerisier (V. CAFE* EN CERISE, CERISE* DE CAFE). Il contient deux graines : les grains de café. Plusieurs variétés sont cultivées mais la plus courante est le Robusta*. On connaît aussi l'Arabica* et depuis une vingtaine d'années l'Arabusta*. Roberty, 1954 : 124.

2- adj. Qui a trait au caféier, du caféier. En effet sur les 5 000 000 de f CFA* qu'ils ont sollicité pour la relance caféière au titre de l'année 1997-98, ils n'ont en réalité perçu que la somme de 3 000 000 francs. Ivoir'Soir, 10.11.1997. La coopérative va devoir emprunter à la banque pour la régénération caféière. (Planteur, Daloa, 1998).

DER.: caféière*.
COMP.: régénération caféière, caféiculture*.


caféière, n.f. Spéc., (agriculture). Plantation de caféiers. Les caféières sont attaquées par les scolytes et il faut les traiter. (Planteur, Daloa, 1984). Il demande à son compagnon de l'attendre dans une caféière. Ivoir'Soir, 11.02.1998.


caféiculture, n.f. Spéc., (agriculture). Exploitation agricole de caféières*. Ces jeunes pratiquent surtout la caféiculture, la riziculture et la culture du manioc*. Ivoir'Soir, 19.01.1998.

cahimitier

cahimitier, n.m. Spéc., (flore). (Chrysophyllum caïnato Linn.). Bel arbre d'ombrage introduit, au feuillage roux et aux fruits comestibles. Aubreville, 1959, III : 106.

caïlcédrat

caïlcédrat, caicedra, cailcédra, cailcedrat, kailcedra, kailcedrat, n.m. Spéc., (flore) mais usuel, (hybride wolof-espagnol [Schmidt, ROFCAN 5, 1984], oral, écrit, tous milieux scolarisés. V. ACAJOU* DU SENEGAL. (Khaya senegalensis [Desv.] A. Juss.). Bel arbre de savanes de la fam. des Méliacées, à bois rouge et dur. Il est exploité pour son bois et sert également à l'ornementation des rues et avenues. Bois de cet arbre. Les pirogues étaient toutes en caïcedra (acajou* indigène). Binger, 1892, I : 12. Le bois du caïlcédrat est très dur, très coloré [.] et forme un magnifique bois d'ébénisterie. Aubréville, 1959, II : 152. La savane dite "soudanaise" elle même, la plus sèche, au nord du huitième parallèle, soit vers Bondoukou, soit vers Korhogo, nourrit des peuplements d'arbres de huit à quinze mètres, à commencer par les acacias* et les caïlcédrats*, parmi lesquels peuvent se glisser jusqu'à des karités* et des nérés*, quoique pygmées par rapport à leurs frères colossaux du sud. Conte, 1981 : 25. Sous le bienveillant ombrage d'un caïcédrat ou d'un baobab*, se déroulent toujours les palabres*. FM., 14.12.1983. On y trouve également des variétés locales : le karité*, le néré* et le caïcedra. FM., 08.11.1985. [.] souffler un peu à l'ombre des manguiers et des caïlcédrats... David, 1986 : 10.

COM.: caïlcédrat est le nom-pilote. Pluriel : caïlcédrats. Cette graphie est la plus utilisée.
SYN.: (part.), acajou du Sénégal*, acajou indigène*.

cajan

cajan, n.m. Spéc., (agriculture), vx., manuels. V. AMBREVADE*. (Cajanus cajan [L.] Millsp.). Plante de la famille des Fabacées. Les haricots [.] sont constitués par une série de plantes très différentes des nôtres = doliques*, cajans. Binger, 1892, II : 364. Le cajan ou ambrevade [.] est une plante à plusieurs fins utiles: fourragère, améliorante, alimentaire [.]. Roberty, 1954 : 230.

ENCYCL.: utilisée pour l'alimentation des hommes (haricots* cajan) et du bétail (fourrage).
SYN.: ambrevade*, pois* d'Angol, pois*-pigeon.


cajou

cajou, n.m. V. ANACARDE*.

cajoutier, n.m. V. ANACARDE*, ANACARDIER*.

calebasse

calebasse, n.f. Usuel, (espagnol. 1e attest. 1562 Du Pinet).

1- Spéc., (flore). (Lagenaria siceraria [Molina] Szandl = Cucurbita siceraria Molina = Lagenaria vulgaris Ser.). Plante cultivée pour ses gros fruits qui servent d'instruments de cuisine, et pour ses feuilles comestibles.

SYN.: calebassier*.

2- Spéc., (flore). V. ARBRE* A CALEBASSE, CALEBASSIER*. Fruit du Lagenaria ou d'un arbuste (Crescentia cujete L.), qui sert d'instrument de cuisine ou de musique. [.] de grandes calebasses dans lesquelles on fait infuser dans de l'eau chaude, de l'écorce, des feuilles et des fruits de sounsoun*. Binger, 1892, I : 69. Roberty, 1954 : 280. Un matin, elle rinçait les calebasses. Kourouma, 1970 : 52. D'ailleurs, vous savez bien que lorsqu'on vous sert une ration d'eau dans une calebasse, vous la saisissez sans hésiter. Kitia Touré, 1979 : 8. S'ajoutera une vaste circulation de noix de cola* avec des calebasses de lait. FM., 01/02/03.05.1981. Elle n'était pas mal malgré des seins comme des calebasses. Bréal /Karul, 1983 : 55. Ils chantent avec une fervente monotonie des litanies accompagnées par le tintamarre des calebasses. Gaudio, 1984, 56. Chez nous, on cultive le mil*, les arachides*, le maïs, le haricot*, la calebasse, le coton. Deniel, 1991 : 62. La base rythmique est soutenue souvent par des calebasses recouvertes d'une résille de perles ou de cauris*. Rémy, 1996 : 36. La Place des Sacrifices située en pleine forêt du Banco. Tout autour, des débris de calebasse et des canaris* ceinturés de cauris*. (Légende sous photo). Ivoir'Soir, 03.06.1998.

ENCYCL.: évidés et séchés, ces énormes fruits sphériques constituent des récipients de formes et tailles diverses (V. GOURDE*), ou des instruments de musique.
DER.: calebassée*, calebassier*.
COMP.: arbre* à calebasse, calebasse à lavement.

3- Contenu d'une calebasse de taille moyenne. Le sel se vend par calebasses. Binger, 1892, I : 142. La maman* nous donnait une calebasse de tô*. Deniel, 1991 : 37.

ENCYCL.: unité de mesure pour la vente des liquides, des farines et des graines.
SYN.: calebassée*.

4- calebasse à lavement, n.f. Vx., (tradition), écrit. Fruit évidé et séché, en forme de poire et percé aux deux extrémités. Quelques vieux restent fidèles à la calebasse à lavement malgré l'acrobatie nécessitée par son emploi. Monnier, 1969 : 22.

ENCYCL.: la partie effilée est introduite dans le rectum et on souffle dans l'autre extrémité.
SYN.: gourde*, gourde du calebassier (vx), pompe*.


calebassée, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux. Contenu d'une calebasse. Ils s'accordent une ou deux calebassées de bangui*. ID, 04.06.1972. On lui tendit une calebassée d'eau. FM., 25/26.04.1981. La femme dont l'office était d'accueillir les hôtes de marque, s'était, avec sa calebassée d'eau, agenouillée à quelques pas. Kourouma, 1990 : 30. Aussi pressa-t-il le messager d'accepter la calebassée d'eau de l'hospitalité. Kourouma, 1990 : 31. Le Blanc prit la calebassée de vin* de palme en votre compagnie [.]. Kourouma, 1998 : 126.I

ENCYCL.: sert d'unité de mesure pour la vente des liquides, des farines et des graines, sur le marché.
SYN.: calebasse*.


calebassier, n.m. Spéc., (flore), (dérivé de calebasse. 1e attest. 1637. St Lo.), mais fréq., oral, écrit, tous scolarisés. (Crescentia cujete L.). Arbuste de la famille des Bignoniacées dont les gros fruits, évidés et séchés, sont utilisés comme ustensiles de cuisine ou de musique. On sait que les noirs, grands voyageurs, n'hésitent pas à entreprendre à pied des randonnées de plusieurs centaines de kilomètres avec, souvent, pour tout bagage, la gourde de calebassier et quelques gris-gris*. Kerharo /Bouquet, 1950 b : 89. Elle jette sa calebasse* de viande d'araignée dans un accès de colère et c'est la raison pour laquelle les graines de calebassier sont si amères. Anoma Kanié, 1978 : 52.

SYN.: arbre* à calebasse.

califa

califa, n.m. V. ACALYPHA*. Pourquoi tu ne planterais pas des califas contre le mur de la terrasse ? (Mère de famille, Abidjan, 1990).

calotropis

calotropis, n.m. V ARBRE A SOIE*.

canne

canne, n.f. Spéc., (agriculture), oral, écrit, tous milieux. (Saccharum officinarum L.). Tige de canne à sucre. Les cannes ont été particulièrement pauvres en teneur de sucre. FM., 17.04.1980. Elle mâche de la canne pendant les cours. (Elève 3e, Korhogo, 1983). Je ramassais la canne coupée. Deniel, 1991 : 144.

ENCYCL.: souvent consommée comme friandise et vendue débitée sur les marchés, parallèlement à sa culture industrielle.

caoutchouc

caoutchouc, caoutchouc sylvestre, n.m. Vieilli. écrit, manuels, textes hist..

1-  Latex de certaines lianes ou de certains arbres de la famille des Apocynées. Produit de cueillette qui fut l'objet d'un commerce florissant au début de l'époque coloniale. Ce caoutchouc qui n'était que le latex de certaines lianes ou arbres* à gomme était très chèrement payé. Du Prey, 1962 : 31.

ENCYCL.: localement il s'agit surtout d'une liane Landolphia heudelotti A. DC ou liane* gohine, et d'un arbre (Funtumia elastica [Preuss] Stapf) ou caoutchouc d'Afrique, caoutchouc de l'Ireh, caoutchoutier*.
DER.: caoutchoutier*.
COMP.: arbre* à caoutchouc, caoutchouc d'Afrique, caoutchouc de l'Ireh, caoutchouc-liane*gohine.
SYN.: caoutchouc sylvestre.
ANTON.: caoutchouc de Grand-Bassam, caoutchouc de plantation.

2- caoutchouc d'Afrique, V. CAOUTCHOUTIER*.

3- caoutchouc de Jéquié, (Manihot dichotoma Ule.). Arbre à caoutchouc qui ressemble à un manioc géant. Roberty, 1954 : 71.

4- caoutchouc de Ceara, (Manihot glaziovii Muell. Arg.). Arbre à caoutchouc devenu souvent arbre d'ornement dans les villes et les parcs. Roberty, 1954 : 71.

5- caoutchouc de l'Ireh, V. CAOUTCHOUTIER*.

6- caoutchouc-liane, latex de la liane Landolphia heudoletti. La baisse des rendements à la fin du XIXe siècle a découragé beaucoup d'exploitants qui se sont alors tournés vers le caoutchouc-liane dont l'âge d'or se situe entre 1900 et 1914. David, 1986 : 137.

caoutchoutier, n.m. Spéc., (flore, commerce), vx. (Funtumia elastica [Preuss] Stapf.). Arbre forestier de la famille des Apocynées dont le latex fut exploité comme produit de cueillette, au début de l'époque coloniale. La végétation est ici la même que partout ailleurs : le palmier*, l'acajou* d'Afrique, le caoutchoutier, le fromager*, abondent. Verdier, 1870-1890 : 27.

SYN.: arbre* à caoutchouc, arbre* à gomme, caoutchouc d'Afrique, caoutchouc de l'Ireh.

capoc

capoc, n.m. V. KAPOCK*.

carambole

carambole, n.f. Spéc., (flore), oral, lettrés, littoral. Fruit comestible du carambolier, d'introduction récente. C'est seulement au marché du Plateau qu'on trouve des caramboles. (Secrétaire, Abidjan, 1980).

DER.: carambolier*.

carambolier, n.m. Spéc., (flore). (Averrhoa carambola L.). Arbre de la famille des Géraniacées, aux fruits juteux et parfumés, d'introduction récente. A la plantation, j'ai mis des caramboliers et maintenant, je produis un peu de caramboles* pour la vente. (Fonctionnaire, Abidjan, 1983).

cassave

cassave, n.f. V. MANIOC*.

casse

casse ailée, n.f. V. DARTRIER*.


casse café, n.f. V BANTAMARE*.


casse puante, n.f. V. BANTAMARE*.

cassia

cassia, n.m. Spéc., (flore).

1- Terme générique s'appliquant à diverses espèces de la famille des Césalpiniacées, souvent utilisées dans la pharmacopée locale : Cassia alata L. ou dartrier* ou casse ailée ; C. occidentalis L. ou faux* kinkéliba ; C. tora Linn ou bantamaré. Aubréville, 1959, I : 260-262. Voici les cassias avec toute leur pluie d'or [.]. Conte, 1983 : 19. [.] les cierges jaunes du cassia, abondants le long des routes du sud-ouest [.]. Oberlé, 1983 : 20.

COM.: orthographié casse*, cacia*.

2- (Cassia siamea Lam.). Arbre originaire d'Asie, de la fam. des Césalpiniacées, de taille moyenne, à houppier de feuillage dense, de croissance assez rapide. Bois de cet arbre très apprécié comme bois de feu, bois de service (poteaux, piquets), beau bois de coeur en ébénisterie et marqueterie, bois d'ombrage et d'ornement. Le cassia ne subsiste que là où l'humidité du sol reste importante. CTFT, 1989 : 410.

cassipoure

cassipoure, n.m. Spéc., (flore). Terme générique s'appliquant à plusieurs espèces d'arbres ou arbustes de la famille des Rhizophoracées : un grand arbre, le nialatou* (du krou ) Cassipourea nialatou Aubr. et Pellegr ; un arbuste du littoral, C. barteri N.E. Br. ; un arbuste ripicole, le n'guessou* (de l'attié ) C. congoensis E. Er, et un petit arbre le hiotou*. (du krou ), C. hiotou Aubrév. et Pellegr. Roberty, 1954, : 162. Aubréville, 1959 II : 54.

cé, [tʃe], n.m. Vx. V. KARITIER*. On rencontre abondamment le cé (arbre* à beurre). Binger, 1892, t II : 125.

cédrala

cédrala, n.m. Spéc., (flore). V. CEDRE* ACAJOU, CEDRELA* Pour le reboisement, on utilise des essences à croissance rapide, exploitables après 25 à 30 ans, fraké*, cédrala, samba*. Oberlé, 1983 16.

cèdre

cèdre, Spéc., (flore).

1- cèdre acajou, n.m. (Cedrela odorata L.). V. ACAJOU*. Arbre originaire d'Amérique, de la famille des Méliacées, à bois léger et odorant. Il est exploité en raison de sa croissance très rapide. Bois de cet arbre léger, assez tendre, d'odeur agréable, facile à travailler et protégé des insectes par un alcaloïde amer. Il sert à la fabrication de boîtes à cigare mais aussi à l'ébénisterie. On a tenté d'acclimater quelques essences intéressantes pour leurs bois, telles que le Cedrela odorata Linn. ou cèdre acajou femelle*. Le bois [.] est employé pour la fabrication de boites de cigares. Aubreville, 1959, II : 145.

ENCYCL.: une autre essence, plus rarement importée, vient de Sumatra et porte localement le même nom : Cedrela serrulata Mig.
COM.: nom pilote : cédro*. CTFT, 1989 : 410.
SYN.: acajou* femelle, cedrela*.

2- cèdre d'Afrique, n.m. V. BOSSE*.

3- cèdre rouge, n.m. V. NIANGON*. Le niangon de Côte-d'Ivoire, cèdre rouge ou acajou* résineux est un grand arbre de forêt dense caractérisé par ses contreforts. Marché-Marchad, 1965 : 62.

cédrela

cédrela, cédrala, n.m. V. CEDRE* ACAJOU. La nouvelle orientation donnée aux opérations de reboisement accorde aux essences à forte croissance telles que le fraké*, le cédrela*, le samba*, et le framiré* une place de choix. FM., 20.01.1982.

COM.: "cedrela" écrit avec ou sans accent tend à être plus courant que "cèdre acajou" ou "acajou femelle". Cédrala est rare. Le nom pilote est actuellement cedro*. CTFT, 1989 : 411.

cedro, n.m., V. CEDRELA*.

célosie

célosie argentée, n.f. V CRETE* DE COQ.

cerise

cerise, n.f. Usuel, (agriculture), oral, écrit, tous milieux. On distingue localement :

1- cerise, cerise de café, V. CAFE*-CERISE. Baie du caféier qui, à maturité, évoque effectivement une grosse cerise. Les petites cerises créent deux problèmes de décorticage. FM., 16.06.1981. [.] les cerises de café que l'on attrape à pleines brassées et que l'on fait couler entre les doigts écartés. FM., 10.02.1982. Vous voyez ici [.] l'arrivée du café en vrac, en cerises comme on dit, c'est à dire, en grains non décortiqués. De Baleine, 1982 : 36. Des branches de caféiers* aux cerises mûres [.]. FM., 08.03.1996.

COMP.: kilo-cerise*.
SYN.: café*-cerise, café* en cerise, cerise de café.

2- cerise bord de mer, spéc., (flore), rare. (Scaevola plumieri [L.] Vahl). Arbrisseau du littoral, de la famille des Campulacées, à fruit évoquant la cerise. Aubréville, 1959, III : 78.

3- cerise de Cayenne, dispon., (flore). V. CERISIER* DE CAYENNE. Petit fruit comestible rouge, ayant l'aspect d'une cerise. C'est plein de vitamines la cerise de Cayenne. (Médecin, Abidjan, 1980).

':DER.: 'cerisier* de Cayenne.

SYN.: cerise-côte.

4- cerise du Cayor, spéc., (flore), dispon. V. CERISIER* DU CAYOR. Fruit composé de deux petites baies rouges ellipsoïdes soudées à la base, à saveur agréable. On n'en trouve pas sur le marché. Pour avoir des cerises du Cayor, il faut aller dans une plantation où on a essayé d'introduire l'arbre. (Ingénieur agronome, Abidjan, 1979).

DER.: cerisier du Cayor*.

5- cerise-côte, V. CERISE DU CAYOR. Les cerises-côte sont comestibles et très parfumées. (Ingénieur agronome, Abidjan, 1980).


cerisier, n.m. Spéc. (flore).

1- cerisier de Cayenne, (Eugenia uniflora Linn. = michelii Lam.). Arbuste de la famille des Myrtacées, originaire d'Amérique équatoriale. Il donne de petits fruits comestibles très parfumés, rappelant la cerise. Le cerisier de Cayenne est un arbuste ou un petit arbre [.] communément répandu en Afrique Tropicale. Aubréville, 1959, II : 77.

2- cerisier du Cayor, (Aphania senegalensis Radk et A. silvatica A. Chev.). Arbre de la famille des Sapindacées qui croît sur le littoral forestier et porte des fruits comestibles à saveur agréable, évoquant la cerise. Roberty, 1954 : 167. Au Sénégal croit l'aphania [.] appelé cerisier du Cayor [.] présent dans la forêt dense de Côte-d'Ivoire. Aubréville, 1959, II : 226. Le cerisier du Cayor [.] porte des grappes de cerises rouges à pulpe sucrée comestible. Bouquet /Debray, 1974, 136

SYN.: aphania (manuels).

champagne

champagne, n.m., Assez fréq. (1e attest. 1984), oral, écrit, mésolecte.

1- champagne d'ananas, V. CHAMPAGNE SANS ALCOOL.

2- champagne sans alcool, champagne d'ananas, boisson gazeuse élaborée à partir de jus d'ananas et présentée dans des bouteilles semblables à celles de champagne. Ici, il [: le chef de l'état centrafricain] a pu apprécier le champagne sans alcool produit à partir de l'ananas. FM., 10.5.1984. C'est du champagne d'ananas. Vous pouvez en boire, c'est une sucrerie*. (Maîtresse de maison, Abidjan, 1992).

ENCYCL.: boisson proposée aux musulmans et exportée.

champignon

champignon, n.m. Spéc., (flore).

1- champignon de palmier, (Volvaria volvacea). Champignon comestible et estimé, qui pousse sur le tronc des palmiers abattus. C'est un plat particulièrement savoureux. Il consiste en poulet cuit au riz additionné de champignons de palmier et de feuilles d'une petite légumineuse rampante qui produit un suc gluant apprécié comme soutien de la sauce à l'huile rouge*. Holas, 1982 : 72. On a ramassé des champignons de palmier au village, tu viens les manger ? (Planteur, Bassam, 1989).

2- champignon de termitière, (Termitomyces sp.). Champignon à lamelles dont le chapeau peut atteindre dix centimètres de diamètre. Tu ne trouves pas le champignon de termitière en savane. (Informateur, Soubré, 1982).

ENCYCL.: comestible, très recherché, il pousse sur les grandes termitières de la zone forestière.

4- champignons, (avoir des ---), loc.verb. Fréq., oral, mésolecte. Etre atteint d'une forme quelconque de mycose cutanée. On a souvent des champignons dans ce climat humide. (Infirmière, Abidjan, 1982).

chanvre

chanvre, n.m. V. GOMBO*-CHANVRE.

chanvre de Guinée, n.m. Spéc., (flore), mais fréq. V. DA*. (Hibiscus cannabinus L.). Plante annuelle de la famille des Malvacées à tiges géantes. Elle est cultivée pour ses fibres qui servent à faire des cordes. Le chanvre de Guinée ou Kénaf, cultivé dans la moitié nord du pays, n'est utilisé actuellement que pour la fabrication des cordes et des liens à bestiaux. Etienne-Nugue, 1974 : 72.

SYN.: da* /dah, gombo*-chanvre, kénaf*.

chapalo

chapalo, chapalot, n.m. V. TCHAPALO*.

chapalotière, n.f. V. TCHAPALOTIERE*.

chapeau de Napoléon

chapeau de Napoléon, n.m. V. AHOUIA* DES ANTILLES.

châtaigne

châtaigne, n.f. Spéc., (flore, alimentation). Graine comestible du fruit de la variété fertile d'arbre à pain*. (Artocarpus sp.). Ce fruit de l'arbre à pain* est quelquefois appelé châtaigne. Davesne, 1954 : 61. On mange les châtaignes de l'arbre à pain* bouillies. (Informateur, Abidjan, 1990).

DER.: châtaignier*, châtaignier* de Guyane.

châtaignier, châtaignier de Guyane, n.m. Spéc. (flore). V. ARBRE* A PAIN. Variété d'arbre à pain (Artocarpus incisa var. seminifera Thuab.) dont le fruit fertile contient environ une centaine de graines comestibles de la taille d'une châtaigne. C'est un châtaignier ; l'arbre à pain de ton jardin. (Ingénieur agronome, Abidjan, 1979).

ENCYCL.: dans les variétés sélectionnées, les graines avortent et la pulpe du fruit seule est consommée.
SYN.: arbre* à pain, bread-nut (rare). bread-fruit (variété stérile).

chayotte

chayotte, n.f. V CHRISTOPHINE*.

chêne rouge

chêne rouge, n.m. V. AZOBE*.

chenille

chenille [de karité], n.f. V. CHITOUMOU*.

chérimolier

chérimolier, chérimoyer n.m. Spéc., (flore). V. ANONE*, COROSSOLIER* BATARD. (Annona cherimolia Mill.). Arbre de la famille des Annonacées, originaire des Antilles et cultivé pour ses fruits comestibles. Citons des arbres bien connus : le corossolier*, la pomme*-cannelle, le coeur* de boeuf et d'autres moins répandus l'attier* ou tête* de nègre, le corossolier* bâtard, le chérimoyer. Aubréville, 1959, I : 119.

chevalier de onze heures

chevalier de onze heures, n.m. Spéc. (flore). (Portulaca grandiflora Hook.). Plante de la famille des Mesembryanthemales, cultivée pour l'ornementation des jardins. Roberty, 1954 : 227.

chevelure de Vénus

chevelure de Vénus, n.f. Spéc., (flore). (Quamoclit pennata [Desr.] Boj.). Plante cultivée ou subspontanée de la famille des Convolvulacées, à petites fleurs et jolies feuilles. Roberty, 1954 : 313.

chiapalo

chiapalo, [Gjapalo], n.m. V. DOLO*, TCHAPALO*. On allait à l'ombre et on buvait du chiapalo. Deniel, 1991 : 21.

chien

chien, n.m. Spéc., (flore), (du yakouba), spéc. (Afroserlisia chevalieri [Engl.] Aubr.). Grand arbre sans contreforts des montagnes de la région de Man. Fam. des Sapotacées. Aubréville, 1959, III : 152.

chiendent

chiendent, n.m. Spéc., (flore).

1- chiendent [africain], (Imperata cylindrica [L.] P. Beauv.). Graminée sauvage très vivace (d'où son nom de chiendent), à rhizomes souterrains. Des binages répétés sont nécessaires pour éliminer les mauvaises herbes telles le chiendent pantropical menaçant toutes les terres cultivées. Busson, 1965, 71-72. La brise du soir berçait le chiendent qui tapissait partout le sol. Koné, 1976 : 13.

SYN.: herbe* à paillottes, imperata*.

2- chiendent des Bermudes, (Cynodon dactylon [L.] Pers.). Graminée tropicale ubiquiste de la famille des Poacées. Roberty, 1954 : 389.

ENCYCL.: elle pousse sur des terrains frais de culture ou de pacage au point de former souvent des gazons continus.

chitoumou

chitoumou, [ʃitumu], n.m. Spéc., (faune, alimentation), (mandenkan : "chenille de karité"). Chenille du karité, comestible, vendue sur les marchés. Fort appréciée, elle est consommée frite ou en potage. Réduite en poudre, elle entre dans la préparation de la bouillie de mil de l'alimentation des nourrissons. En effet, elle passe pour contenir beaucoup de protéines, notamment le premier choix quand les chenilles sont au stade de pré-nymphe. Qui veut acheter mes chitoumous : voyez comme ils sont gras! La femme qui hèle ainsi les passants est une vendeuse de chenilles. Ivoir'Soir, 08.09.1997. A Bobo-Dioulasso, la mesure de chitoumou peut coûter jusqu'à 1 500 FCFA* Ibid.

SYN.: chenille* de karité, ver* de karité.

chou

chou, n.m. Spéc. (flore).

1- chou de Chine, V. TARO*. Les premiers explorateurs qui, au début du XVIe siècle s'aventurèrent à l'intérieur des terres, découvrirent que les noirs cultivaient des choux de Chine ou taro*, du riz, des ignames*, des aubergines* et des oignons, toutes plantes venues de l'Asie ou de la Méditerranée. Du Prey, 1972 : 53.

SYN.: taro*.

2- chou yapouba, vx. (Brassica integrifolia [West.] O. Schultze.). Plante de la famille des Capparidales qui fut un certain temps cultivée comme légume vert. Roberty, 1954 : 274. Busson, 1965 : 406.

3- chou-caraïbe, V. TARO*. (Xanthosoma sagittifolium [L.] Schott). Plante de la famille des Aracées dont les feuilles sont consommées comme légumes. Originaire des Caraïbes. Roberty, 1954 : 360.

SYN.: macabo (Cameroun), taro (impropre), taye, tayore (Guyane).

4- chou-palmiste, Fréq., tous milieux. V. PALMISTE*, V. COEUR* DE PALMIER. Le bourgeon du rônier* donne un chou-palmiste de première qualité mais il n'est qu'exceptionnellement consommé. Busson, 1965 : 503.

christophine

christophine, n.f. Dispon., (flore, alimentation). (Sechium edule Schwartz). Plante originaire d'Amérique centrale à racine tubérisée et à tige grimpante. Ses jeunes feuilles sont consommées comme des asperges, ses tubercules (V. CHAYOTE*) sont également comestibles. Elle est surtout cultivée pour son fruit vert ou blanchâtre à maturité, côtelé, très apprécié comme légume. Roberty, 1954 : 223.

SYN.: chayote*, chou-chou (Réunion).

citron

citron, n.m.

1- citron de mer, Spéc. (flore). V. SENE*. (Ximenia americana Linn.). Petit arbre épîneux de la famille des Olacacées, à fruits comestibles très parfumés. Fruits de cet arbre. Busson, 1965 : 161.

SYN.: assoukrou (baoulé), séné (mandenkan), mirabelle de Californie.

2- citron-balle, Vx., (tradition). Jeu de football pratiqué par les enfants, avec un gros citron en guise de balle. Les écoliers s'attardaient après la classe et jouaient au citron-balle. Anoma Kanié, 1978 : 11.

citronnelle

citronnelle, n.f. Spéc., (flore), mais usuel. (Andropogon nardus L. = Cymbopogon citratus Spreng.). Graminée cultivée de la famille des Poacées, utilisée en infusion comme boisson digestive à cause de sa saveur citronnée. Nom donné aussi à (Raphis zizanioides [L.] G. Rob.) une variété de vétiver différenciée par ses épillets, aborigène, souvent cultivée en bordures dans les jardins et dont les feuilles donnent une infusion dite de citronnelle. La citronnelle se reproduit par division de touffe. Davesne, 1954 : 54. : Roberty, 1954 : 404. Entre le rituel apéritif et le rite de la citronnelle qui parachève la soirée coloniale [.]. Tirefort, 1974, I : 27. A les voir arroser avec tant de foi ces jeunes pousses de citronnier, d'oranger ou de citronnelle [.]. Anoma Kanié, 1978 : 243.

ENCYCL.: selon les spécialistes, la véritable citronnelle est une sorte d'armoise.


citronnier [vert], n.m. Spéc. (flore). V. LIMETTIER* Spéc. (flore). Appellation impropre donnée au Citrus aurantifolia ou limettier*. Variété locale de citronnier à petits fruits verts très parfumés. La création de vergers de pamplemoussiers, citronniers verts, orangers, mandariniers [.]. Rémy, 1986 : 17.

clèome visqueuse

clèome visqueuse, n.f. Spéc., (flore). (Cleome viscosa L.). Plante à fleurs jaunes de la famille des Capparidacées. Roberty, 1954 : 175

clérodendron écarlate

clérodendron écarlate, n.m. Spéc., (flore). (Clerodendron splendens G. Don.). Plante ornementale de la fam. des Verbénacées, cultivée pour ses fleurs d'un rouge éclatant. Roberty, 1954 : 179.

cochlospermum à teinture

cochlospermum à teinture, n.m. Spéc. (flore). (Cochlospermum tinctorius A. Rich.). Plante de la famille des Cistales à grandes fleurs jaunes qui fournit une teinture indigène. Roberty, 1954 : 261.

coco

coco, n.m. Usuel, oral, écrit, tous milieux. (Rem.: appellation attestée avec le même sens dès le début du XVIe siècle).

1- V. NOIX* DE COCO. Noix de coco. Ce coco, planté dans les ordures, a poussé sans soins. Binger, 1892, t II : 138. J'achète très souvent le coco parce que l'eau qu'il contient est très rafraîchissante. FM., 22.04.1982. D'autres s'allongent sous les cocotiers, près des marchands de planches ou de coco. Bonnassieux, 1987 : 88. Les collégiens se mettent en quatre pour aller [.] manger une glace au cocoÿÿ la terrasse du Calao. Tierno Monenembo, 1993 : 40. "

DER.: cocota*, cocoteraie*, cocotier*.
COMP.: coco dur, coco râpé, coco taillé, coco vert, bourre* de coco, eau* de coco, huile* de coco, lait* de coco.
SYN.: noix* de coco (emploi rare localement).

2- coco dur, n.m. Fréq., (agriculture), oral, fam. mésolecte, basilecte. Nom usuel de la noix* de palmier*-rônier. Maîtresse, il m'a jeté dessus des cocos-durs pour me blesser. (Elève, Abidjan, 1975).

3- coco râpé, n.m. Fréq., (industrie, alimentation), oral, écrit, tous milieux. Albumen râpé de l'amande de la noix de coco. Seuls quelques projets liés à la noix de coco* sont susceptibles de s'installer en région sud : usine de coco râpé [.] et éventuellement de lait* de coco. Schéma directeur, 1972, t I : 35. Avant la visite de la Société ivoirienne de coco rapé [.]. FM., 10/11/12.04.1982. Coco râpé : 4000 tonnes exportées chaque année. FM., 21.05.1984. [ le touriste] peut aller voir l'usine de coco rapé qui se trouve à la sortie de Jacqueville. Rémy, 1996 : 139.

4- coco-taillé, coco taillé n.m.

a) n.m., adj. Usuel, basilecte, plaisant, ironique. Par allusion à la coque lisse de la noix de coco, "boule à zéro", crâne tondu à ras (en signe de deuil). Par extension, chauve. Parce qu'on l'appelait coco-taillé, A. blesse mortellement son patron : dix ans de travaux forcés. FM., 09.01.1975. Un homme est venu vous absenter*, Patron*. Un coco taillé. (Boy, Abidjan, 1984). Walaï,* le monde est gâté/ Coiffure genre rape ou coco taillé/ démarche spéciale, les loubards ça cogne (poésie), FM., 04.12.1990. Les hommes chauves n'auront plus à se plaindre de leurs têtes "coco taillé"[.]. Ivoir'Soir, 06.11.1997. Perdre ma "puissance" pour avoir des cheveux sur la tête. Okpô*! Je préfère rester coco taillé. Ivoir'Soir, 06.11.1997. Abdoulaye Wade. Le sémillant éminent opposant "coco taillé". Ivoir'Soir, 19.03.1998.

COMP.: aller au coco-taillé, faire coco-taillé.

b) coco taillé, (aller au ---) loc.verb., argot estudiantin, oral, plaisant. Pour des raisons d'argent, être contraint à une grande sobriété alimentaire, littéralement "faire son deuil" des divers agréments d'un repas. Aller au coco taillé : manger un repas sans apéritif, sans viande, sans poisson. Ivoir'Soir, 17/18/19.03.1995.

c) coco taillé, (faire ---), loc.verb. Fréq., oral, basilecte, plaisant. Pour un homme, se faire raser la tête, mettre la boule à zéro. Qu'est ce qu'il t'arrive ? Tu as fait coco-taillé. Tu es en deuil ou bien* ? (Etudiant, Abidjan, 1978). Pour un deuil, ici, les hommes doivent faire coco taillé et les femmes défaire les cheveux. (Informatrice, Bassam, 1982).

5- coco vert, n.m. Usuel, (agriculture, alimentation), oral, écrit, tous milieux. Fruit frais du cocotier dont on consomme l'amande à l'état de gelée et dont on boit le jus. On a acheté des cocos verts pour se désaltérer. (Secrétaire, Abidjan, 1981). Je t'ai apporté des cocos verts de la plantation. (Fonctionnaire, Abidjan, 1987).


cocoteraie, n.f. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- Forêt constituée exclusivement de cocotiers. Ils sont allés faire l'omelette de Pâques dans la cocoteraie. (Convers., Abidjan, 1974). Y vivent les familles de tous les employés des deux clubs, en paillotes construites dans le style du pays, abritées par la cocoteraie. Rémy, 1996 : 96.

2- V. ANANERAIE*, BANANERAIE*. Plantation industrielle de cocotiers. 50% des plantations de cocotiers soit 10% des paysans de la zone lagunaire où est concentrée la cocoteraie [.]. Ministère du Plan, 1978, II : 35. 30 000 ha de cocoteraies fournissaient en 1982 345 000 tonnes de coprah *. David, 1986 : 54. Parce qu'il a su, avec son modeste traitement de fonctionnaire, construire cette concession*, créer cette cocoteraie de plusieurs hectares et notre plantation* de cultures vivrières. R.Yaou, 1999 : 19.

cocoti

cocoti, [kokoti], n.m. Spéc. (flore), (du krou), spéc. (Sapium aubrevillei Leandr.). Arbre de la famille des Euphorbiacées à écorce donnant du latex. Roberty, 1954 : 57.

ENCYCL.: ses feuilles caduques deviennent rouges avant de tomber à la saison sèche. Il porte des fruits non comestibles ressemblant à la mirabelle.
SYN.: grégré (krou).


cocotier, n.m. Spéc. (flore), mais usuel, oral, écrit, tous milieux. V. COCO (3)*.

1- (Cocos nucifera L.). Grand palmier qui produit la noix de coco. Salimata passa la porte de la cour sous les cocotiers. Kourouma, 1970 : 65. C'était un vaste parc décati [.] avec çà et là des cocotiers, des acacias, des pelouses non entretenues. Krol, 1994 : 15.

COMP.: cocotier de chine, cocotier nain.

2- cocotier de Chine, vx. V. COCOTIER NAIN.

3- cocotier nain, variété de cocotier à tronc très court. A la tombée du jour, il se mettait sur une chaise longue derrière la maison, sous un cocotier nain. Aké Loba, 1960 : 36. Sur toute la Côte, nous mettons surtout des cocotiers nains qui sont plus résistants. (Agronome, Abidjan: 1980).

ENCYCL.: à la fois résistant à la maladie* de Kaïnkopé et aisément exploitable, le cocotier nain tend à remplacer le cocotier dans les plantations du littoral.
SYN.: cocotier de Chine.

cœur de bœuf

cœur de bœuf, n.m. Spéc., (flore), (du brésilien "corazâo de boï"). V. ANONE*, ATIER*, COROSSOLIER*, CHERIMOLIER*, POMME-CANNELLE*. (Annona reticulata L.). Arbre fruitier importé des Antilles et cultivé pour ses fruits délicieux jaune brun ou rouge. Fruit de cet arbre. Roberty, 1954 : 25. Aubreville, 1959, I : 119

cœur de palmier

cœur de palmier, n.m. V. CHOU*-PALMISTE. Les paysans proposent les cœurs de palmier bien tendres. Gaudio, 1984 : 17.

coir

coir, n.m. Spéc., (flore, industrie). Couche de fibres ligneuses qui entoure la coque de la noix de coco. Les fibres de son mésocarpe [: celui de la noix de coco] constituent le coir du commerce. Busson, 1965 : 505. Sous le coir, se trouve une coque dure renfermant une amande et un germe. IPAM, 1962 : 25.

SYN.: bourre* de coco.

cola

cola, kola n.f. ou m. Usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- Terme générique désignant de nombreuses espèces de petits arbres de la famille des Sterculiacées, principalement Cola attiensis Aubr. et Pellegr. ou aoussou* (de l'attié) ; C. laurifolia Mast, ou Kolombélo* (de l'attié) ; C. reticulata A. Chev. ou Gro* (du yakouba) ; C. cordifolia [Cav] R. Brou ou Ntaba* (du bambara) ; C. gigantea A. Chev ou Grand Oouara* (de l'abé, de l'attié) ; C. lateritia Schum. var. maclaudii [A. Chev] Brenan et Keay ou Petit Oouara* ; C. caricaefolia [G.Don] K. Schum ou Kakoua* ; C. heterophylla [P. Beauv.] Schott et Endl. ou Akéato* ; C. digitata Mast. ; C. chramydantha K. Schum. ou Doloko* (de l'abé) ; C. buntingii Bak.f. ou Gaouo*. Les essences cultivées ou exploitées sont : Cola nitida [Vent.] Schott. Endl. V. Kolatier* et C. acuminata [P. beauv.] Schott. Endl. ou Faux* Colatier.

DER.: colatier*.
COMP.: faux* colatier.

2- Fruit du Cola nitida [Ventl.] Schott et Endl. ou noix* de cola. [.] quelques musulmans mâchent prosaiquement de la cola. Dadié, 1954 : 27. Vers 1890, le cours des colas était de 2010 soumbas* ou un poisson sec du Niger pour 110 noix. Du Prey, 1962 : 71. La cola, dans la civilisation mandingue joue le même rôle que le cauris* ou même le bœuf ailleurs. elle est, là-bas, indispensable aux cérémonies de mariage, de fêtes et autres manifestations FM., 21.10.1982. Ils jetèrent cauris* et colas. Carlos, 1994 : 16.

ENCYCL.: il s'agit en fait de graines contenues dans une cabosse*. La cola est un excitant nerveux et cardiaque très prisé chez les populations de savane. Elle sert de cadeau traditionnel et est l'objet d'un commerce très ancien avec les populations forestières qui s'occupent de la cueillette. Elle sert également à la divination.
LOC.: croquer la cola, donner le prix de la cola, offrir la cola.
DER.: colatier*.
COMP.: cola blanche, cola rouge, cola rose, feuille à cola, petit* cola.
SYN.: noix de cola*.

3- cola blanche, cola blanc, kola blanc, noix du Cola nitida var. alba ou var. mixta, la plus cultivée dont les graines mélangées sont rouges, blanches ou roses. [.] le sacrifice de deux colas blancs [.]. Kourouma, 1970 : 151. Il [.] absorbe deux colas blancs. Kerharo /Bouquet, 1950 b : 20. Le guérisseur mache avec violence le produit de la mastication [.] d'une araignée* de case et d'un kola blanc. Ibid. : 34. Il empocha deux pièces de 100 F pour nous informer que notre étoile attirait vers nous une grande fortune qui ne nous échappera pas si nous sacrifions trois colas blanches à n'importe quel passant un vendredi. A. Touré, 1985 : 143.

4- cola rouge, noix du Cola nitida var. rubra ou mixta cultivée à graines mélangées rouges, blanches ou roses. Je vous donne ce coq rouge, ces colas rouges pour tuer un tel. Kerharo /Bouquet, 1950 b : 43. Ce féticheur, tout en mâchant un kola rouge[. Ibid. : 57. Que la cola rouge réconcilie le fleuve et la mer à l'embouchure. Carlos, 1994 : 88.

5- cola rose, noix de Cola nitida var. pallida, de petite taille et de couleur rose. La cola rose n'est pas cultivée, c'est un produit de cueillette. (Agronome, Abidjan, 1978).

6- cola, (petit ---), n.m. V. PETIT* KOLA.

7- cola, (croquer la ---), loc.verb. fréq. surtout, nord musulman. Consommer de la cola. Ils croquent la cola pour couper la faim et avoir de la force. (Informateur, Dabakala, 1979). Tellement ils croquaient la cola que deux avaient les mâchoires nues, complètement, comme les séants d'un chimpanzé*. Kourouma, 2000 : 27.

8- cola, (donner le prix de la ---), loc.verb. Donner un pourboire ou un pot de vin, graisser la patte à un fonctionnaire. Il me fallait à tout prix obtenir une licence. Et j'ai pensé qu'en donnant le prix de la cola au fonctionnaire, il allait me satisfaire*. FM., 17.03.1982.

SYN.: faire* le geste français, mouiller* la barbe.

9- cola (offrir la/le ---, offrir les ---), loc.verb. Demander une femme en mariage. Un garçon [.] offrait des colas pour la retenir comme femme du groupe* d'âge. Il était ennuyeux, les colas furent refusés. Kourouma, 1990 : 130.

ENCYCL.: traditionnellement, une demande en mariage débute par l'offre de cola. Si cette dernière est refusée, il est inutile d'exprimer la demande. Il en est de même aussi, dans le groupe manden, pour une demande de femme de groupe d'âge (: compagnonnage sexuel sans pénétration et provisoire, entre jeunes gens du même âge, préliminaire au mariage de la jeune fille).

NORME : la graphie la plus fréquente reste cola, pl. colas. Le genre tend à se stabiliser sur le féminin.


colatier, kolatier, n.m., adj. Spéc. (flore), mais usuel. (Exclusivement Cola nitida [Vent.] Schott, Endl. = C. vera K. Schum.).

1- n.m. Petit arbre forestier de la famille des Sterculiacées qui fournit la noix* de cola. [.] la forêt de colatiers qui en faisait partie est devenue charbon de bois. FM., 29.11.1979. [.] le vieux T. [.] était un homme riche au temps* colonial il possédait des colatiers. Gaudio, 1984 : 131. [.] les colatiers, les caïlcédrats*, les badamiers* [.] donnent à Abidjan et à ses rues, la plus belle parure qui soit. Rémy, 1986 : 14. C'est en 1971-72 que [.] l'Etat [.] transforma les plantations* familiales de cacoyers*, de caféiers* et de kolatiers ceinturant le village akyé d'Andokoi en une zone industrielle de 500 hectares. Yapi Diahou, 1986 : 54. Puis on a commencé à [.] grimper aux kolatiers pour cueillir leurs noix. Deniel, 1991 : 92.

ENCYCL.: on distingue quatre variétés. C. rubra à grosse noix rouge (V. COLA* ROUGE), C. alba à grosse noix blanche (V. COLA* BLANC), C. mixta à mélange rouge, blanc et rose, la plus répandue à l'état cultivé et C. pallida à noix rosées, forme sauvage. (V. COLA* ROSE).
COM.: de plus en plus souvent orthographié colatier.
COMP.: faux* colatier.
SYN.: arbre* à cola, apôhia (ébrié), éhouéssé (agni), ouro/gouro (mandenkan),

2- adj. Lettrés, écrit, spéc. De la cola, liée à la cola. La récolte colatière était surtout liée à la cueillette. (Professeur, Abidjan, 1982.)

colocase

colocase, n.f. V. OREILLE* D'ELEPHANT.

copal

copal, gomme copal, n.m. Spéc. (flore). Sorte de gomme végétale très parfumée provenant de la saignée de plusieurs arbres du genre Guibourtia (famille des Césalpiniées). La nature de ces copals de Côte d'Ivoire a été étudiée sur les espèces voisines africaines de l'Angola et du Congo. Bouquet /Debray, 1964, 67. La Guinée exporte une centaine de tonnes de gomme copal. Autrefois elle exportait un millier de tonnes par an. Aubréville, 1959, I : 310 note 1.

ENCYCL.: utilisée en pharmacopée trad. ou exportée.
DER.: copalier*
COMP.: gomme copal.


copalier, copallier, n.m. Spéc., (flore), vx.

1- V. AMAZAKOUE*. Terme générique désignant tout arbre d'Amérique ou d'Afrique produisant du copal. Deux copaliers existent en Côte d'Ivoire : Guibourtia copallifera, arbuste existant au nord[.] et Guibourtia ehie, grand arbre de forêt dense humide. Roberty, 1954 : 201. Bouquet /Debray, 1974 : 39.

COM.: graphie vieillies : copaïer, copayer, copallier.
DER.: copalier de Guinée.
SYN.: (part.) amazakoué*, copalier de Guinée

2- copalier de Guinée, (Guibourtia copallifera J.J. Benn.). Arbre de la famille des Césalpiniées, le plus exploité des copaliers. Le type du genre est le copalier de Guinée [.] espèce rustique d'anciennes formations forestières à feuilles persistantes très vulnérables aux feux* de brousse. Aubreville, 1959, I : 318.

3- copallier, V. COPALIER*.

coqueret

coqueret, n.m. Spéc. (flore).

1- (Physalis edulis Sims). Plante cultivée de la famille des Solanacées à fruits comestibles. Roberty, 1954 : 306.

2- (Physalis peruviana Linn.). Plante cultivée ornementale de la famille des Solanacées, à calice rouge orangé. Roberty, 1954 : 306.

3- (Physalis angulata Linn.). Plante ornementale. Roberty, 1954 : 306.

SYN.: coqueret anguleux.

corail

corail, n.m. Spéc. (flore). (Jatropha multifida Linn.). Euphorbiacée à fleurs rouge vif, d'origine américaine. Aubréville 1954, II : 14.

corassol

corassol, n.m. Vx., V. COROSSOL*. Je fais planter le verger avec des orangers, corassols, mangos* et trois arbres* à kola. Brétignère, 1889 : 45.

corète

corète potagère, n.m. Spéc. (flore). (Corchorus olitorius L.). Plante annuelle cultivée qui produit des fibres textiles (: le jute). Cette corète potagère, introduite de l'Inde [.] produit des fibres textiles qui avec celles du Corchorus capsularis constituent le jute utilisé industriellement. Busson, 1965 : 309.

corne d'élan

corne d'élan, spéc. (flore). (Platyurium stemaria [Beauv.] Desv.). Epiphyte qui prospère sur les hautes branches des arbres de la forêt et dont certaines feuilles sont ramifiées comme des bois de cerf ou d'élan. Roberty, 1954 : 131.

ENCYCL.: parfois considérées comme un fétiche.

corne de cerf

corne de cerf, spéc. (flore). (Platyurium angolense Wellw.). Variété de fougère qui a deux sortes de feuilles : les unes sont sèches, les autres vertes, épaisses et ramifiées comme des bois de cerf. Roberty, 1954 : 131.

corossol

corossol, corossol épineux, corrossol, corassol, n.m. Vx., (altération du portugais brésilien "coracâo de boï", "cœur de boeuf" qui désigne une grosse mangue). V. ANONE*.

1- (Annona muricata Linn.). Arbre de la famille des Annonacées. Roberty, 1954 : 28. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 23.

COM.: graphie ancienne "corassol". Hésitations entre "corossol" et "corrossol".

2- Usuel. Fruit de cet arbre, d'aspect épineux et rappelant la forme d'un cœur de bovin. Le corrossol épluché et passé par le moulin à légumes, est sucré et parfumé au citron. FM., 23.01.1981. Ainsi les oranges, les mandarines, les goyaves*, les ananas*, les papayes*, les corossols, les tomates, les bananes*, les cerises* de café, en général, tous les fruits succulents, sont piqués pendant la nuit [.] par toutes ces noctuelles. FM., 19.04.1982.

ENCYCL.: sa chair très parfumée est un peu cotonneuse. Il sert à la confection de sorbets appréciés.
COM.: le corossol (graphie la plus usuelle) est souvent confondu avec le cœur de boeuf*, fruit de l' Annona reticulata L.
DER.: corossolier*.
SYN.: anone*, corossol épineux, amlon (baoulé), sounzoun (mandenkan).


corossolier, corrossolier, n.m. V. ANONE* Spéc. (flore), mais usuel, oral, écrit, tous milieux.

1- (Annona muricata Linn.). Arbre de la famille des Annonacées à gros fruit succulent très apprécié. [A Dabou] partout ce sont des haies de goyaviers*, de corrossoliers, des avocatiers*, des pommiers*-cannelle et des citronniers splendides. Binger, 1892, II : 330. Originaire d'Amérique Centrale et des Antilles, le corossolier a été introduit en Afrique depuis longtemps. Aké Assi, 1963, 23. La route est bordée d'herbes hautes d'où cà et là, s'élançaient des avocatiers, des corossoliers, des orangers, étonnés d'être là. Anoma Kanié, 1978 : 54.

COM.: très souvent on appelle aussi corossolier l'annona reticulata Linn. V. COEUR* DE BOEUF.
SYN.: corossol (1)* (vx.).

2- corossolier bâtard, V. CHERIMOLIER*.

cossette

cossette, n.f. Spéc. (industrie). Nom donné aux déchets du traitement industriel du manioc. Un marché potentiel est réservé aux cossettes de manioc pour l'alimentation du bétail. FM., 03.01.1980.

coton

coton, n.m. Spéc. (agriculture).

1- Filament soyeux qui entoure les graines du cotonnier*.

DER.: cotonnier*.
COMP.: coton fibre, coton graine.

2- coton fibre, coton récolté et traité.

ENCYCL.: les graines ont été séparées des filaments soyeux (: fibres) qui les entourent).

3- coton graine, V. COTON FIBRE. Fibres de coton récolté mais non encore traité. Acheté sur la base minimum de 70 F le kilo de coton-graines, l'ensemble de la campagne 1978-79 aura rapporté aux 90000 planteurs un revenu brut d'environ 9 milliards de francs. FM., 28.12.1979. Aujourd'hui, des GVC* de commercialisation de coton-graines, achètent et revendent du riz paddy*, de l'anacarde*, du karité*. FM., 29/30.11.1980.


cotonnier, n.m. Spéc. (agriculture). (Gossypium spp.). Nombreuses variétés d'arbustes importés et cultivés, dont les fruits à maturité laissent échapper le coton fourni par les filaments soyeux fixés sur la graine. Pour le G. arboreum L., on distingue trois sous-groupes : les cotonniers du Sahel, les cotonniers rudi, introduits mais en voie de disparition, les cotonniers du Togo. S'il revoyait [.] les champs pailletés de fleurs jaunes de cotonnier. Dadié 1950 : 71. Roberty, 1954 : 55. Adjanohoun /Aké Assi, 1979 : 199.

SYN.: korondi (mandenkan), n'guiessè(attié).

couché

couché, adj. V. FOUTOU* COUCHE, PAIN* COUCHE. Digbeu, lui [.] a battu sa femme qui a versé dans la poubelle son foutou couché. Ivoir'Soir, 09.09.1997.

coupe de la vierge

coupe de la vierge, n.f. Spéc. (flore). 'Pancratium trianthum Herb.). Plante de la famille des Amaryllidacées à fleur blanche en forme de calice. Roberty, 1954 : 128-5.

courge torchon

courge torchon, n.f. Spéc. (flore). (Luffa aegyptiaca Mill. = L. cylindrica [L.] Roem). Plante de la famille des Cucurbitacées dont les fruits à parties fibreuses servent d'éponge. Roberty, 1954 : 272.

SYN.: éponge* végétale, liane* éponge, liane*-torchon, loofa*, pipangaye*.

couscous de manioc

couscous de manioc, n.m. Fréq., oral, écrit, lettrés. V. ATTIEKE*. Produit de base de l'alimentation du sud, fabriqué à partir du manioc. L'attiéké, c'est du couscous de manioc. (Etudiante, Abidjan, 1983). La fabrication du couscous de manioc prend, selon la finesse du produit final, deux ou trois jours pour l'agbodiama* grossier, trois ou quatre pour l'attiéké* de qualité moyenne (le plus connu) et cinq pour l'ayité* extra-fin qu'on ne consomme qu'en famille. David, 1986 : 65.

SYN.: agbodiama*, attiéké*, ayité*.

cracro

cracro, karakoro, claclo, [krakro] / [karakoro] / [klaklo], n.m. Fréq., (alimentation), (du mandenkan karakoro ou du baoulé klâklo), oral, fam., tous milieux. Sorte de beignet à base de banane plantain* et de farine, frit à l'huile de palme. Vendu sur les marchés. Les feux s'allumèrent progressivement pour la grillade ou l'alloco*, le cracro, le tratra*, mille autres beignets. Anoma Kanié, 1978 : 297. Viens, on va acheter des cracros pour manger avec le café. (Universitaire, Abidjan, 1984).

cram-cram

cram-cram, [kramkram], n.m. Spéc. (flore), mais usuel, (du wolof.), oral, écrit, tous milieux. Terme générique s'appliquant à plusieurs plantes présentant la caractéristique de s'accrocher aux vêtements.

1- (Cenchrus echinatus Linn.). Plante de la famille des Poacées à soies fortement rétrobarbelées.

ENCYCL.: c'est le vrai cram-cram. Il infeste le Sahel, est plus rare au Soudan.

2- (Cenchrus biflorus Roxb. = C. barbatus Schum = C. catharicus Del.). Plante de savanes à épis épineux, infestante. Roberty, 1954 : 400.

3- (Acanthospernum hispidum D.C.). Mauvaise herbe de la fam. des Astéracées, à involucres épineux, introduite d'Amérique depuis environ un siècle et de plus en plus envahissante. Cette mauvaise herbe connue sous le nom de cram-cram est malheureusement trop répandue. Kerharo /Bouquet, 1950 b : 52. A l'état frais et jusqu'à l'épiaison, le cram-cram est très recherché par les bovins. Busson, 1965, 449. Attends, j'enlève les cram-crams de dessus mon pantalon ! (Lycéen, Bingerville, 1984).

crécré

crécré, krékré, kérékéré, [krekre] / [kerekere], n.m. Fréq., (du mandenkan ), oral, mésolecte, basilecte, fam. Beignet de farine de blé en forme d'anneau. Vous voulez des crécrés ? Des cracros* ? Des tratras* ? Tout bien frit. (Marchande, Treichville, 1980).

crête de coq

crête de coq, n.m. Spéc., (flore). (Celosia argentea L.). Plante d'ornement de la famille des Amaranthacées, à grosses inflorescences rouges ou blanches. Roberty 1954 : 321. Au long des clôtures blanches, fleurissaient les pervenches de Madagascar*, la bougainvillée*, le laurier-rose, le canna, l'orgueil de Chine, la crête de coq. Dadié, 1956 a : 76.

SYN.: amarante*.

croton

croton, n.m. Spéc. (flore).

1- Nom impropre du Codiaeum variegatum Rumph, plante euphorbiacée originaire d'Océanie. On attribue communément en Afrique au genre croton de magnifiques arbustes plantés autour des résidences ou dans les jardins. La richesse du coloris des feuilles, tachetées vert, rouge et jaune en font les plus belles plantes d'ornement qu'on puisse voir sous ces climats. Il ne s'agit pas d'un croton mais de variétés de l'espèce Codiaeum variegatum Rumph originaires des îles Moluques. Aubréville, 1959 II : 86

2- Scientifiquement, en Afrique, désigne plusieurs espèces d'arbustes et quelques arbres peu communs : Croton zambericus Muell. Arg., arbuste décoratif aux feuilles argentées dessous ; C. macrostachyus Hoscht., arbre de taille moyenne ; C. aubrevillei J. Léonard, un petit arbre appelé aussi apété. Aubreville, 1954, II : 14.

cure-dents

cure-dents, n.m. Usuel., oral, écrit, tous milieux. Bâtonnet de bois tendre et fibreux (Garcinia kola, Garcinia afzelii) utilisé traditionnellement pour mâcher, frotter dents et gencives, et non pour curer les dents. Les racines du Garcinia afzelli [.] coupées à la taille d'un gros crayon, sont vendues sur tous les marchés comme cure-dents. Elles fortifieraient les gencives et préviendraient les caries. Bouquet /Debray, 1974 : 44. Tiens ce cure-dent, mets le dans ta bouche, mords le. Koné, 1976 : 66. Le pilote [.] mâchonnait un long cure-dent en bois en scrutant le brouillard léger [.]. Du Prey, 1979 : 83. Enfin s'amène le commandant de la pinasse*, frottant ses dents avec un long cure-dents. FM., 30.01.1984. Il a pensé à s'installer dans un coin de rue, sur le trottoir, pour vendre des cure-dents faits de racines, d'écorces ou de branchettes d'arbre soigneusement découpées et exposées sur une table. Touré, 1985 : 107. Les clients trouvent encore des bâtonnets en bois servant de cure-dents. Bonnassieux, 1987 : 129. [.] son cure-dents flotta entre ses lèvres et tomba. M. Bandaman, 1993 : 58.

COM.: écrit cure-dent ou cure-dents au singulier.
SYN.: bâtonnet dentaire, bâtonnet frotte-dents, frotte*-dents.

cynodon

cynodon, n.m. V. PETIT* CHIENDENT.