Byrsonima spicata (Rollet, Antilles)

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Byrsonima lucida
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Byrsonima trinitensis
Planche 120 : MALPIGHIACEAE. V. Byrsonima lucida. A. Rameau fleuri. B. Fleurs. C. Feuille. D. Écorce (coupe transversale). VI. Byrsonima spicata. E. Rameau fructifié. F. Feuille. G. Écorce (coupe transversale).

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Byrsonima spicata (Cav.) DC. Prodr. 1 : 580 (1824).

Basionyme : Malpighia spicata Cav., Diss. 8 : 409, Pl. 237 (1789).

Synonymes : Byrsonima guadalupensis Don. (1831) ; Byrsonima coriacea (Sw.) DC. var. spicata (Cav.) Niedenzu (1928).

Noms vernaculaires : Caraïbes : Muléi (Dominique). Fr : Mauricif, Bois-tan (Guadeloupe) ; Bois-tan (Martinique) ; Bois charbon (Guadeloupe) ; Moricypre, Morycipre blanc (Dominique) ; Serrette, Bois tan (Dominique) ; Bois tan (Ste-Lucie) ; Serrette (Grenade) ; Bois corne (Haïti) ; Serrette (Trinidad, Grenade). A : Locust berry tree (Barbade) ; shoemaker bark (Antigua, St Kitts, Nevis, Montserrat, Antigua, St Vincent). Esp : Maricão (Puerto Rico).

Description : Arbre jusqu’à 25 m de haut et 45 cm de diamètre. Pied : petites pattes à dos rond. Écorce : Épaisseur totale : 3 à 5 mm sur un diamètre de 11 à 23 cm. Aspect externe : aspect gris fer sublisse craquelé, rugueux par lenticelles fines sans ordre. Rhytidome : liège mince 0,5 mm, section marron ; gratté : vert pomme puis orange. Écorce vivante : section transversale à rayons élargis en entonnoir verdâtres séparant des secteurs de phloème rose avec petits massifs rose foncé en piles entre les rayons secondaires ; plutôt fibreuse ; blanchis : rose, un peu vergeté rose foncé ; avec partie interne jaune d’or ; odeur fruitée (sent la pêche). Aubier : blanchâtre. Rameaux : ramification sympodiale. Feuilles : lancéolées, groupées en bout de rameaux courts, face supérieure luisante, face inférieure mordorée 2,5 x 8 cm à 8 x 10 cm. Feuilles d’ombre jusqu’à 17 cm de long ; stipules intrapétiolaires ; jeunes feuilles duveteuses mordorées ; vieilles feuilles orange. Fleurs : en grappes dressées, jaune d’or ; 1 cm de diamètre, 3 stigmates linéaires ; 2 grosses glandes sur chaque sépale. Inflorescences plus compactes


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que B. spicata. Fruits : jaunes, 10-15 mm de diamètre, recherchés par les oiseaux ; un noyau rond verruqueux, 10 mm de diamètre. Phénologie : décidu (mais peut-être pas toujours et pas partout). Fleurs surtout de mars à août, mais presque toute l’année. Fruits presque toute l’année sauf peut-être avril et juillet. Habitat : très commun en forêt sèche, dense secondaire, semi-décidue, stations sèches de la forêt dense (crêtes), en tous terrains volcaniques ou calcaires, entre 0 m (Labithie, Guadeloupe) et 700 m (Crête de Village, Guadeloupe) ; ubiquiste, sauf en forêt d’altitude. Tempérament : héliophile ; essence de cicatrisation, presque pionnière, souvent avec fougère (Dicranopteris) en bord de route ; tolère un certain couvert d’après MARSHALL. Plantule : Type II. Sont d’abord exposés deux cotylédons foliacés, de teinte sombre. L’épicotyle porte ensuite des feuilles opposées à stipules très poilues (L ≈ 2 mm). Entre les pétioles cotylédonaires existent deux stipules interpétiolaires arrondies et poilues. Cotylédons et feuilles sont pourvus de poils sur les marges et le long des nervures médianes (loupe nécessaire), qui les rendent très velus lorsqu’ils n’ont pas atteint leur développement définitif. De même, les parties jeunes de l’axe sont manifestement pilifères, avant l’élongation maximale des entrenœuds.

Usages : Bois sensible aux insectes et aux champignons mais non au bleuissement (LONGWOOD), résistant aux termites (BROOKS et al.), brun rougeâtre (d = 0,64). Construction, menuiserie, charpente, aussi poteaux, charbon, tanin (HODGE et al.) ; d’après Boname cité par QUESTEL (1951) l’écorce a 19 % de tanin. Ornemental par ses fleurs jaune d’or. Arbre de chasse (“hunter’s tree” litt. : bois des chasseurs) ; les Caraïbes baignent leurs chiens dans de l’eau où a macéré de l’écorce de bois-tan et de Hyptis avant d’aller à la chasse (HODGE et al.).

Distribution générale : Cuba, Jamaïque, Hispaniola, Puerto Rico, Virgin Islands, Petites Antilles, Trinidad, Tobago ; du Costa Rica, Panama, Colombie, Venezuela aux Guyanes, Pérou, Bolivie, Brésil.

Distribution aux Petites Antilles : Toutes les Petites Antilles, sauf Anguilla, St-Martin, St-Barthélemy, Barbuda, Grenadines.

Matériel examiné : S : (BOLDINGH, STOFFERS). SE : Quill, 275-340 m (STOFFERS) ; vers le sommet, 380 m et intérieur cratère, 350 m (BOLDINGH). At : Boggy Peak, 50- 350 m (ROLLET) ; Sugar Loaf, 150 m (DAVID & ROLLET). BT : DUSS 173, Forêt de Bains Jaunes (P) ; JÉRÉMIE 294, Trace des Contrebandiers 300-400 m (P) ; QUENTIN 5291, Bouillante 450 m (P) ; QUENTIN 955, Montebello (P) , JÉRÉMIE 377, Petit-Bourg 150 m (P) ; BÉNA 677 s.loc. (P). ROLLET 97, 126, BARRIER 2363, 3235, Trace des Contrebandiers, les Plaines 200 m (GUAD) ; ROUSTEAU 126, 239, HUC 1353 Mts Caraïbes 200 m (GUAD) ; ROUSTEAU 754, Crêtes de Village 700 m (GUAD) ; ROUSTEAU 390, River du Galion (GUAD) ; ROLLET 107, Forêt de Marolles 120 m (GUAD) ; HUC 1059, Vernou Petit-Bourg Alt 12 m (GUAD) ; HUC 1084, Trace Victor Hugues (GUAD) ; ROLLET 1321, Morne Mazeau 450 m (GUAD) ; ROLLET 1429, HUC 1603 près de Bouillante (GUAD) ; très commun en côte sous le vent (Basse-Terre), ubiquiste sauf en forêt d’altitude (ROLLET) ; stations à 100 et 200 m au vent, et entre 200 et 700 m sous le vent (inventaires carte écologique) GT : HUC 1007, Vieux Bourg Morne à l’eau (GUAD) ; BARRIER 3111, Labithie Morne à l’eau Alt 0 m (GUAD). M : HAHN 130, Rivière Madame (P) ; OLDEMAN et MAURICE M 48, Route de la Rodat (P) ; STEHLÉ 4763, Gros Morne 440 m (P) ; STEHLÉ 6012, Caravelle (P) ; STEHLÉ 6849, Fonds St Denis 480 m (P) ; BÉLANGER s.n. St Pierre (P). Morne Aca, 300 m ; Caravelle (Pointe Bruntz, 50 m) ; Anse Couleuvre le Prêcheur (pente bord de mer, 100 m jusqu’à 480 m) ; Morne Gardier près du sommet, 400 m (décidu). SL : HUC 1353, Marigot Bay 30 m (GUAD) ; Ciceron (VERNA SLANE) ; Barre de l’Isle, 360 m (forêt dense) ; Marquis River (zone sèche) 180 m ; Petit Piton, 650-700 m ; Dennery Water Works, 150 m ; Grand Magazin, 400 m ; Cul de Sac River, 400 m ; East Wind, 0 m ; Union, Esperance Bay, 50 m (ROLLET) ; HUC 1353 Marigot Bay 30 m (GUAD). SV : King’s Hill, 150 m ; Wallibou, altitude 5 m, 20 cm de diamètre (ROLLET). B : Turner’ s Hall ; Joe’s River (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). Anon 1893 ; ADAMS 1972 ; BARKER & DARDEAU 1930 ; BEARD 1944, 1949 ; BRITTON & WILSON 1924 ; BROOKS et al. 1941 ; CARRINGTON 1993 ; DUSS 1897 ; FAWCETT & RENDLE* 1920 ; FOUQUÉ* 1972 ; FOURNET 1976** , 1978* ; GOODING 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HONYCHURCH* 1980 ; HOWARD 1952, 1988 ; HOYOS* 1983 ; LIOGIER* 1986 ; LONGWOOD 1961 ; LW* 1964 ; LWM** 1967 ; MARSHALL* 1939 ; NICOLSON 1979 ; NIEDENZU* 1988 Engl., Pflanzenr. 4 : 141 Pl. 697 ; QUESTEL 1941, 1951 ; STOFFERS 1984.

Note : Byrsonima spicata, récolté à Ste-Lucie semble avoir des entrenœuds plus longs et des inflorescences plus compactes que B. coriacea. Les 2 espèces ou variétés ne sont pas distinguées ici. Dan NICHOLSON pense que B. spicata peut s’hybrider (à la Dominique) avec B. lucida (HOWARD, 1988, p. 606).

Anatomie du bois

Byrsonima lucida : coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Byrsonima lucida, Byrsonima martinicensis, Byrsonima spicata, Byrsonima trinitensis :

  • Bois parfait brun rose ou brun gris, peu différencié de l’aubier grisâtre, mi-dur, léger à mi-lourd (0,55 à 0,75 g/cm3), à grain fin, maille fine mais visible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2, 3 ou 4, au nombre de 15 à 25 par mm2 avec un diamètre moyen compris entre 90 et 120 μm sauf chez B. lucida où ils sont plus fins (60-80 μm) et plus nombreux (jusqu’à 50 par mm2). Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires ornées, d’environ 7 ou 8 μm de diamètre (5 μm chez B. lucida). Présence de très fins épaississements spiralés observés dans quelques vaisseaux de B. laevigata.
  • Parenchyme indistinct, limité à quelques rares cellules juxtavasculaires. Files de cellules composées de 2 à 4 éléments.
  • Rayons 1- à 5-sériés, pouvant parfois apparaître de 2 tailles différentes en section transversale, au nombre de 6 à 9 par mm2 (plus de 10 chez B. lucida), de structure hétérogène : cellules couchées au centre et 2 à 6 rangées de cellules carrées et dressées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires très généralement identiques en taille aux intervasculaires. Présence de cristaux, le plus souvent par 2 ou 4 dans des cellules recloisonnées.
  • Fibres cloisonnées, à ponctuations finement aréolées, parfois cristallifères chez B. spicata.