Brassica oleracea - chou de Bruxelles (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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port de la plante

Brassica oleracea L. (chou de Bruxelles)

Protologue : Sp. pl. 2: 667 (1753).
Famille : Brassicaceae (Cruciferae)
Nombre de chromosomes : 2n = 18

Noms vernaculaires

  • Chou de Bruxelles (Fr).
  • Brussels sprouts (En).
  • Couve de Bruxelas (Po).

Origine et répartition géographique

L’origine du chou de Bruxelles se trouve en Belgique, où il est mentionné pour la première fois à la fin du XVIIIe siècle. Il s’est diffusé vers le reste de l’Europe du Nord-Ouest, où il constitue une importante culture d’automne et d’hiver. En Afrique tropicale, il est très rare, et n’est cultivé qu’exceptionnellement sur les hautes terres au-dessus de 2000 m pour les habitants d’origine européenne.

Usages

Le chou de Bruxelles est cultivé pour ses bourgeons hypertrophiés (pommes) qui se forment à l’aisselle des feuilles de la plante érigée et à longue tige. Les bourgeons, qui ressemblent à des choux minuscules, sont consommés cuits et le plus souvent achetés à l’état frais, bien que ces dernières années le produit congelé soit devenu plus prisé.

Propriétés

La composition nutritionnelle du chou de Bruxelles par 100 g de partie comestible (69% du produit tel qu’acheté, après sectionnement de la base et enlèvement des feuilles externes) est : eau 84,3 g, énergie 177 kJ (42 kcal), protéines 3,5 g, lipides 1,4 g, glucides 4,1 g, fibres alimentaires 4,1 g, Ca 26 mg, Mg 8 mg, P 77 mg, Fe 0,7 mg, Zn 0,5 mg, carotène 215 μg, thiamine 0,15 mg, riboflavine 0,11 mg, niacine 0,2 mg, folate 135 μg, acide ascorbique 115 mg (Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991). Ce sont des glucosinolates qui donnent le goût si caractéristique.

Description

  • Plante herbacée bisannuelle, glabre, érigée, atteignant 120 cm de haut, à tige non ramifiée, formant des bourgeons latéraux (pommes) à l’aisselle des feuilles ; système racinaire puissant et ramifié.
  • Feuilles alternes, simples, ou feuilles inférieures ayant à la base quelques courts lobes latéraux ; stipules absentes ; toutes les feuilles ont un pétiole net, mais les supérieures ont un pétiole court qui donne au sommet de la plante une allure en rosette ; limbe plus ou moins circulaire, ondulé ou irrégulièrement incisé, d’un vert bleuâtre.
  • Inflorescence : grappe terminale paniculée.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle atteignant 2 cm de long, ascendant ; sépales oblongs, d’environ 1 cm de long, érigés ; pétales obovales, de 1,5–2 cm de long, à onglet, jaune pâle à jaune vif ou blanchâtres ; étamines 6 ; ovaire supère, cylindrique, 2-loculaire, stigmate globuleux. Fruit : silique linéaire de 5–10 cm × 5 mm environ, avec un bec effilé de 5–15 mm de long, déhiscente, contenant jusqu’à 30 graines.
  • Graines globuleuses, de 1,5–2 mm de diamètre, finement réticulées, brun foncé.
  • Plantule à germination épigée, avec une racine pivotante et des racines latérales ; hypocotyle de 3–5 cm de long, épicotyle absent ; cotylédons avec un pétiole de 1–2 cm de long, limbe cordé, de 1–1,5 cm de long, à base cunéiforme, émarginé à l’apex.

Le chou de Bruxelles a été classé comme var. gemmifera DC. ou convar. gemmifera (DC.) Gladis. Mieux vaut le considérer comme un groupe de cultivars et de ce fait l’appeler Groupe Chou de Bruxelles.

Les sélectionneurs ont mis au point des types précoces (d’été), demi-hâtifs et tardifs (d’hiver), qui, combinés avec les variations de période de plantation, permettent aux producteurs européens de planifier la production du chou de Bruxelles de fin août jusqu’à mars.

Ecologie

Le chou de Bruxelles est adapté à un climat frais plutôt humide. La plus grande partie de la production provient des zones côtières de l’Europe du Nord-Ouest. Seuls les types précoces peuvent être cultivés dans les régions d’altitude des tropiques ou, pendant la saison d’hiver, dans les régions subtropicales.

Gestion

Les graines sont semées en couches ou en mottes. Les jeunes plants ont besoin d’une protection contre la lumière pour éviter les brûlures du soleil. Le poids de 1000 graines est de 3–5 g ; il en faut 160–200 g/ha. Le repiquage au champ doit se faire lorsque les plants ont 7–9 vraies feuilles, 30–40 jours après le semis. La densité est de 30 000–40 000 plantes/ha.

La préparation du sol comprend un labour profond suivi de pratiques culturales soignées. Des engrais NPK – type et taux étant fonction du sol, de ses réserves minérales et des rendements espérés – sont épandus avant la plantation ; un ou deux autres apports d’engrais azotés sont pratiqués pour une croissance continue. Une récolte à rendement élevé nécessite 180–200 kg N, 140 kg P et 500 kg K par ha.

Un pH de 7 est conseillé pour éviter les dégâts causés par la hernie. Semis, plantation et récolte du chou de Bruxelles sont fortement mécanisés en Europe, où une coupe unique est pratiquée. Les exploitants de jardins familiaux et les petits producteurs africains préfèrent ramasser les choux à la main en plusieurs passages. Le rendement des types précoces est de l’ordre de 14 t/ha. Les choux de Bruxelles peuvent être conservés en conditions contrôlées pendant 6–10 semaines. Maladies et ravageurs sont les mêmes que pour le chou pommé. Des progrès considérables sont en cours avec des méthodes efficaces de lutte intégrée contre les maladies et les ravageurs.

Ressources génétiques et sélection

Des collections de ressources génétiques de chou de Bruxelles sont disponibles dans plusieurs banques de gènes européennes, par ex. au Centre for Genetic Resources (CGN) de Wageningen (Pays-Bas). La possibilité d’hybridation interspécifique chez les Brassicaceae élargit considérablement le pool génique.

Les principaux objectifs de la sélection comprennent la qualité, le rendement, la précocité, la tolérance au stress et les résistances aux maladies (par ex. la hernie). Les firmes semencières se concentrent exclusivement sur la production d’hybrides F1 par croisement simple. Pendant les quarante dernières années, les sélectionneurs ont modifié la forme des plantes depuis une disposition pyramidale des pommes avec de grosses pommes à la base et des petites au sommet, en une disposition cylindrique des pommes où celles-ci ont toutes la même taille, ce qui convient à une récolte mécanique unique. Comme chez les autres légumes du genre Brassica, les hybrides fondés sur l’auto-incompatibilité sont désormais en voie d’être remplacés par d’autres qui sont fondés sur la stérilité mâle cytoplasmique. De plus en plus, des lignées fixées sont produites à partir de cultures d’anthères et de microspores. Des marqueurs ADN sont utilisés pour cribler avec précision pour la résistance aux maladies et d’autres caractères importants.

Perspectives

Le chou de Bruxelles restera un légume plutôt insignifiant pour l’Afrique tropicale à moins que des cultivars tolérant les températures élevées ne deviennent disponibles, auquel cas le chou de Bruxelles pourrait devenir intéressant pour les hautes terres d’Afrique en tant que légume nourrissant et à rendement élevé.

Références principales

  • Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991. Vegetables, herbs and spices. The fifth supplement to McCance & Widdowson’s The Composition of Foods. 4th Edition. Royal Society of Chemistry, Cambridge, United Kingdom. 163 pp.
  • Jansen, P.C.M., Siemonsma, J.S. & Narciso, J.O., 1993. Brassica oleracea L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 108–111.
  • Nieuwhof, M., 1969. Cole crops: botany, cultivation, and utilization. Leonard Hill, London, United Kingdom. 353 pp.
  • Salunkhe, D.K. & Kadam, S.S. (Editors), 1998. Handbook of vegetable science and technology: Production, composition, storage, and processing. Marcel Dekker, New York, United States. 721 pp.
  • Shinohara, S. (Editor), 1984. Vegetable seed production technology of Japan. Volume 1. Shinohara's Authorized Agricultural Consulting Engineer Office, Tokyo, Japan. 432 pp.

Autres références

  • Buishand, T., Houwing, H.P. & Jansen, K., 1986. The complete book of vegetables. Gallery Books, New York, United States. 180 pp.
  • Crisp, P., Crute, I.R., Sutherland, R.A., Angell, S.M., Bloor, K., Burgess, H. & Gordon, P.L., 1989. The exploitation of genetic resources of Brassica oleracea in breeding for resistance to clubroot (Plasmodiophora brassicae). Euphytica 42: 215–226.
  • Pelletier, G.R., 1986. Plant organelle genetics through somatic hybridization. Oxford Surveys of Plant Molecular and Cell Biology 3: 96–121.
  • Pelletier, G.R., 1989. Organelle manipulation by hybridization: methods, results and applications. Proceedings of the fifth crucifer genetics workshop. pp. 15–16.
  • Rubatzky, V.E. & Yamaguchi, M., 1997. World vegetables: principles, production and nutritive values. 2nd Edition. Chapman & Hall, New York, United States. 843 pp.
  • Taylor, J.P., 1982. Carbon dioxide treatment as an effective aid to the production of selfed seed in kale and brussels sprouts. Euphytica 31: 957–964.
  • Verkerk, R., 2002. Evaluation of glucosinolate levels throughout the production chain of Brassica vegetables, toward a novel predictive modelling approach. Thesis Wageningen University, Wageningen, Netherlands. 136 pp.

Auteur(s)

  • P. Tjeertes, Kweekwal 21, 1602 ED Enkhuizen, Netherlands


Citation correcte de cet article

Tjeertes, P., 2004. Brassica oleracea L. (chou de Bruxelles) In: Grubben, G.J.H. & Denton, O.A. (Editeurs). PROTA 2: Vegetables/Légumes. [CD-Rom]. PROTA, Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 6 mars 2025.