Brassica juncea (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Oléagineux | |
Médicinal | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Brassica juncea (L.) Czern. & Coss.
- Protologue: Consp. pl. charc. : 8 (1859).
- Famille: Brassicaceae (Cruciferae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 36
Synonymes
- Sinapis juncea L. (1753).
Noms vernaculaires
- Moutarde brune, moutarde de Sarepta, moutarde de Chine, moutarde frisée (Fr).
- Brown mustard, Indian mustard, leaf mustard (En).
- Mostarda vermelha, mostarda indiana (Po).
- Haradali, mastadi (Sw).
Origine et répartition géographique
Brassica juncea est un amphidiploïde issu du croisement de Brassica nigra (L.) Koch (2n = 16) et Brassica rapa L. (2n = 20). Plusieurs régions d’Asie occidentale et centrale ont été proposées pour le centre d’origine de Brassica juncea. La moutarde brune est cultivée en Asie et en Europe depuis des milliers d’années pour ses feuilles et ses graines. De nos jours, les types de Brassica juncea utilisés comme légumes sont cultivés dans toute l’Asie méridionale et orientale. L’espèce présente une variation maximale en Chine. On la cultive comme légume vert en Afrique occidentale et australe ; elle est appelée “laulau” au Nigeria, “mpiru” au Malawi, et “tsunga” au Zimbabwe. Dans de nombreux pays d’Afrique, elle a été introduite et s’est naturalisée. Cependant, sa répartition exacte en Afrique est difficile à déterminer en raison de la confusion avec d’autres espèces de Brassica, notamment Brassica carinata A.Braun. Les types oléagineux sont particulièrement importants en Asie méridionale, en Chine, en Amérique du Nord et en Europe, mais on ne les trouve pas, ou rarement, en Afrique. Brassica juncea est importante comme source de moutarde en Europe et en Amérique du Nord, et on la cultive parfois dans ce but en Afrique, par ex. à la Réunion et à l’île Maurice.
Usages
Brassica juncea a de nombreux usages. Elle a des emplois variés comme légume, ses graines fournissent de l’huile, et après broyage servent à la fabrication de la moutarde. On l’utilise aussi comme fourrage et à des fins médicinales.
En Afrique et dans de nombreuses régions d’Asie, les feuilles sont consommées comme légume ; elles sont hachées, bouillies et servies en accompagnement de l’aliment de base. Les feuilles âgées ou fanées par la sécheresse sont très amères ; pour les consommer, on doit les cuire dans deux eaux. Les jeunes feuilles tendres (“mustard greens” en anglais) sont utilisées en salade, mélangées à d’autres variétés de salade. En Asie, les feuilles de moutarde brune entrent dans la fabrication de pickles, ou sont proposées comme légume en conserve ou surgelées. Les graines germées sont utilisées en garniture dans les salades, ou pour leur donner un goût épicé. En Asie orientale, on a sélectionné à partir de Brassica juncea diverses variétés de légumes, comparables à ceux fournis par Brassica oleracea L. Le “tai tau choï” ou “moutarde tubéreuse” a une racine renflée et est préparé et consommé comme les navets, tandis que le “cha tsoï” ou “tsatsaï” a une curieuse tige renflée, couverte de protubérances, que l’on conserve dans la saumure et que l’on comprime jusqu’à ce que la plus grande partie de l’eau soit éliminée.
En Asie, en Europe et en Amérique, Brassica juncea est cultivée principalement pour ses graines utilisées dans la fabrication de la moutarde brune et pour l’extraction d’une huile végétale. On l’a introduite localement dans ce but en Afrique, par ex. dans les îles Mascareignes. Dans une grande partie de l’Europe, Brassica juncea a remplacé Brassica nigra comme principale source de graines de moutarde commerciales. Elle donne une moutarde plus épicée que la moutarde jaune faite à partir de Brassica nigra. L’huile de moutarde est l’une des principales huiles alimentaires au Bangladesh, en Inde et au Pakistan, où l’on apprécie sa saveur particulière et son goût piquant. Dans les régions voisines de l’ex-URSS, elle est employée comme substitut de l’huile d’olive. Dans les pays occidentaux, son emploi comme huile alimentaire est restreint en raison de sa teneur élevée en acide érucique. L’huile de moutarde est également employée comme huile capillaire et comme lubrifiant. L’huile des cultivars sélectionnés pour leur haute teneur en acide érucique a des emplois industriels. Un emploi particulier de l’huile de moutarde est de retarder le processus de fermentation dans la fabrication du cidre. Les graines sont également utilisées dans les mélanges de graines pour les oiseaux. Le tourteau de graines de moutarde est riche en protéines, mais sa forte teneur en glucosinolate le rend impropre à la consommation par les humains et par les animaux monogastriques.
La moutarde brune est connue pour avoir des propriétés antalgiques, laxatives, diurétiques, émétiques et rubéfiantes. C’est un remède traditionnel contre l’arthrite, les pieds douloureux, le lumbago et les rhumatismes. En Chine, les graines sont employées comme médicament contre les tumeurs. Leur ingestion peut communiquer une odeur corporelle qui éloigne les moustiques. Les feuilles appliquées sur le front sont réputées soulager les maux de tête. Les feuilles sont ingérées sous forme de soupe pour traiter les inflammations ou hémorragies de la vessie. En Corée, les graines de moutarde sont utilisées pour traiter les abcès, les rhumes, le lumbago, les rhumatismes et les troubles stomacaux. L’huile de moutarde brune est employée contre les éruptions cutanées et les ulcères. En Tanzanie, on donne aux vaches laitières des racines de moutarde pour stimuler la sécrétion lactée.
Production et commerce international
Les statistiques sur la production et le commerce d’huile et de moutarde de Brassica juncea sont difficiles à trouver, parce qu’il y a souvent cumul ou confusion avec celles du colza (Brassica napus L.) et de la navette (Brassica rapa L.). Les huiles de Brassica sont la troisième huile végétale en importance, après celles de soja et de palme. La moutarde brune, en tant que légume, n’est commercialisée que localement, même dans les régions d’Asie où elle constitue un légume important. En Afrique, on la rencontre principalement en Afrique australe, et elle est rare ailleurs. En Zambie et au Zimbabwe, où on lui donne le nom du colza (“rape”), elle est très populaire, mais on ne dispose d’aucune statistique fiable sur les superficies cultivées, la production et la commercialisation.
Propriétés
Les feuilles de la moutarde brune contiennent, par 100 g de partie comestible : eau 90,8 g, énergie 109 kJ (26 kcal), protéines 2,7 g, lipides 0,2 g, glucides 4,9 g, fibres alimentaires 3,3 g, Ca 103 mg, Mg 32 mg, P 43 mg, Fe 1,46 mg, Zn 0,2 mg, vitamine A 10 500 UI, thiamine 0,08 mg, riboflavine 0,11 mg, niacine 0,80 mg, folate 187 μg, acide ascorbique 70 mg. Les graines sèches de moutarde contiennent par 100 g de partie comestible : eau 6,9 g, énergie 1964 kJ (469 kcal), protéines 24,9 g, lipides 28,8 g, glucides 34,9 g, Ca 521 mg, Mg 298 mg, P 841 mg, Fe 10,0 mg, vitamine A 62 UI, thiamine 0,54 mg, riboflavine 0,38 mg, niacine 7,9 mg, acide ascorbique 3 mg (USDA, 2003).
Les graines et les feuilles contiennent un glucosinolate, la sinigrine. Leur goût piquant apparaît lorsque des cellules sont endommagées ; la sinigrine est alors hydrolysée par une enzyme, la myrosinase, et forme de l’allyl isothiocyanate. La graine contient aussi des stérols, dont les plus importants sont le brassicastérol, le campestérol et le sitostérol. La teneur en huile des graines est de 28–45%, avec une moyenne d’environ 35%. L’huile est semblable à celle des autres espèces de Brassica, et est composée d’acide érucique 25–55%, acide oléique 8–33%, acide linoléique 12–21%, acide linolénique 8–14%, acide eicosénoïque 6–12%, acide palmitique 2–4%, acide stéarique 0,8–1,5%, acide arachidique 0, 5–1,2%, acide palmitoléique 0,2–0,5%, acide nervonique 0–2%, acide béhénique 0–1%, acide lignocérique 0–1%. L’acide eicosénoïque et l’acide érucique sont des acides gras à longue chaîne qui ont des propriétés antinutritionnelles et toxiques. Des cultivars produisant une huile à faible teneur en acide eicosénoïque et en acide érucique ont été sélectionnés. Leur composition en acides gras est la suivante : acide palmitique 56%, acide stéarique 25%, acide arachidique 10%, acide béhénique 6%, acide lignocérique 3% (USDA 2002). Ils sont généralement reconnus comme propres à la consommation humaine. De même que des cultivars de Brassica napus et Brassica rapa fournissant une huile similaire, on les désigne au Canada sous le terme de “canola”. Le tourteau résiduel après extraction de l’huile contient environ 37% de protéine brute.
Des expériences faites sur des rats semblent indiquer que la moutarde brune aurait une action bénéfique d’atténuation des dommages causés par le stress d’oxydation lié au diabète et à ses complications.
Falsifications et succédanés
Les feuilles de moutarde sont souvent appelées par erreur “rape leaves” en anglais, mais le colza (Brassica napus) est une espèce distincte, cultivée comme légume et comme oléagineux. La moutarde brune, en tant que légume-feuilles, peut être facilement remplacée par des choux verts (cultivars spéciaux de Brassica oleracea, Brassica carinata et Brassica napus), bien que ceux-ci n’aient pas le goût typique de la moutarde brune.
Description
- Plante herbacée érigée, annuelle ou bisannuelle, jusqu’à 160 cm de hauteur, souvent non ramifiée, avec parfois de longs rameaux ascendants dans la partie supérieure, de presque glabre à peu densément poilue, légèrement glauque ; racine pivotante parfois renflée (moutarde tubéreuse).
- Feuilles alternes, pennatilobées, les feuilles supérieures étant cependant souvent simples ; stipules absentes ; toutes les feuilles ont un pétiole court ; limbe ovale à lancéolé, ou avec un ou deux lobes de chaque côté et un lobe terminal plus grand, jusqu’à 30 cm × 10 cm, bord irrégulièrement denté.
- Inflorescence : initialement une grappe ombelliforme, mais s’allongeant ensuite fortement, jusqu’à 60 cm de long.
- Fleurs bisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle ascendant, de 5–12 mm de long ; sépales oblongs, de 4–6 mm de long, verts ; pétales obovales, de 6–10 mm de long, pourvus d’un onglet, jaune vif ; étamines 6 ; ovaire supère, cylindrique, 2-loculaire, stigmate globuleux.
- Fruit : silique linéaire, de 2,5–7,5 cm × 2–3,5 mm, souvent étranglée entre les graines, pourvue d’un bec conique de longueur généralement supérieure à 6 mm, déhiscente, contenant jusqu’à 20 graines.
- Graines globuleuses, de 1–1,5 mm de diamètre, finement réticulées, brun pâle à foncé.
Autres données botaniques
Brassica juncea est une espèce extrêmement variable, qui est cultivée depuis des siècles comme légume et comme plante oléagineuse, et c’est aussi une adventice très répandue. Les cultivars de Brassica juncea ont des feuilles qui sont seulement légèrement glauques, souvent vert foncé et plus ou moins poilues, se distinguant des feuilles vert bleuâtre et glabres des autres Brassica cultivés comme légumes-feuilles. En Afrique, on l’a souvent confondu avec Brassica carinata, mais les feuilles inférieures de cette dernière espèce sont simples ou ont au plus un lobe de chaque côté, et le bec du fruit est plus court (généralement < 6 mm).
Divers auteurs ont proposé des classifications des cultivars de Brassica juncea. Elles ont peu d’intérêt en Afrique, où les paysans utilisent le plus souvent des cultivars locaux. Ce n’est qu’occasionnellement que des graines sont importées en provenance de firmes semencières occidentales, par ex. ‘Florida Broad Leaf’.
Croissance et développement
La germination se produit dans les 5 jours après le semis à 20–25°C. Dans de bonnes conditions les plantes poussent rapidement, et les feuilles peuvent être récoltées au bout de 3 semaines, lorsque les plantes portent 6–8 feuilles pleinement développées, mais la récolte démarre plus tard lorsqu’on veut des feuilles plus grandes pour la vente. Dans les conditions de l’Afrique tropicale, la floraison se produit tôt, du fait qu’il n’est pas nécessaire d’avoir de basses températures pour son induction. Un stress hydrique, ou un sol peu fertile, favorisent une floraison précoce. Brassica juncea est autofertile, mais les abeilles peuvent effectuer une pollinisation croisée. Les fruits se développent rapidement, et les graines peuvent être prêtes pour la récolte dans les 4 semaines à partir de la floraison.
Ecologie
La moutarde brune est réputée tolérer des précipitations annuelles de 500–4000 mm et des températures de 6–37°C, et elle convient aussi bien aux basses terres tropicales qu’à des conditions relativement fraîches. Elle pousse bien sur des sols de limon fertiles, bien drainés, avec un pH de 5,5–6,8, riche en matière organique. A des températures élevées, elle fleurit précocement et les rendements sont moins élevés, mais une production est encore possible. Pour la production de graines, la moutarde brune est tolérante à des conditions défavorables, telles que stress hydrique, pH élevé ou bas, salinité, dégâts d’insectes.
Multiplication et plantation
La moutarde brune peut être semée directement ou transplantée. Le semis direct est surtout employé lorsque le temps est un facteur limitant, et là où les marchés acceptent des feuilles petites. On y recourt fréquemment en Zambie dans les zones humides appelées “dambos”. Le poids de 1000 graines est de 0,7–2 g. Les semences doivent être mélangées avec du sable et semées à la volée à densité assez faible pour éviter un trop grand travail d’éclaircissage par la suite. La première récolte peut se faire sous la forme d’un éclaircissage pratiqué environ 35 jours après le semis. Le repiquage est couramment pratiqué, les plants étant élevés en pépinière sur des planches de 1 m de large avec un sol fertile finement ameubli. Les planches de semis sont préparées en ameublissant le sol et en y incorporant jusqu’à 50 kg de fumier bien décomposé pour 10 m2. On sème en lignes espacées de 25–30 cm, et les semis sont ensuite éclaircis à un espacement de 5–10 cm. Les semis doivent être suffisamment arrosés. Ils sont prêts à être transplantés après 20–30 jours lorsqu’ils ont 3–4 feuilles véritables, et on les plante à un espacement de 30–50 cm entre les lignes et 20–40 cm sur la ligne, selon la taille de plants requise. Lorsqu’on cultive la moutarde comme oléagineux, on sème à raison de 4–6 kg/ha. La densité des plants peut varier, la moutarde brune ayant une grande capacité de compenser les irrégularités dans la densité de peuplement.
Gestion
L’absorption d’éléments minéraux par la moutarde brune est élevée, et il est recommandé d’apporter du fumier à raison de 30 t/ha. Lorsqu’on ne dispose pas de fumier, il peut être remplacé par un apport d’environ 500 kg/ha d’engrais minéral NPK 18–12–12, en fonction de la fertilité du sol. Un épandage en surface d’engrais azoté est pratiqué quelques semaines après transplantation. Pour la production de graines, les doses d’engrais peuvent être plus faibles. Le désherbage est nécessaire au début de la période de végétation, et il faut des arrosages abondants pour stimuler une croissance rapide. Une floraison précoce peut apparaître lors de périodes chaudes avec des températures élevées. Dans certaines régions des Etats-Unis, Brassica juncea est considérée comme une adventice nuisible et envahissante.
Maladies et ravageurs
Une maladie dévastatrice de la moutarde brune durant la saison des pluies est la pourriture humide (Erwinia carotovora), contre laquelle on n’a pas de traitement efficace. Une autre maladie bactérienne est la nervation noire, causée par Xanthomonas campestris, maladie transmise aussi bien par le sol que par les semences. Parmi les maladies cryptogamiques, la plus importante est l’alternariose (Alternaria brassicae et Alternaria brassicicola). Le virus de la mosaïque du navet (TuMV) est également signalé fréquemment sur la moutarde brune.
Parmi les insectes le plus destructeur est la teigne des crucifères (Plutella xylostella), notamment durant la saison sèche. D’autres ravageurs sont les pyrales (Hellula undalis et Crocidolomia binotalis), les pucerons et les altises (Phyllotreta spp.), et divers nématodes. Par temps frais la moutarde brune a peu d’ennemis, mais un temps chaud amène des pucerons et autres insectes.
Un bon état sanitaire des cultures, une rotation avec des cultures botaniquement différentes, et l’emploi de semences exemptes d’agents pathogènes limitent les attaques d’insectes et de maladies. Cependant, dans des conditions d’agriculture de subsistance, il est fait peu de chose pour lutter contre les parasites et maladies.
Récolte
La récolte des feuilles commence environ 4 semaines après le repiquage. Elle peut se poursuivre à raison d’une cueillette par semaine durant la période de végétation, jusqu’à ce que la plante perde sa tendreté et que les feuilles deviennent raides. Lorsque les inflorescences commencent à apparaître, il est plus économique de replanter. Dans certains cas on récolte les jeunes plantes entières avec leurs racines, notamment lorsqu’elles sont à faible espacement. En Afrique, on préfère pour la vente avoir des feuilles de 15–30 cm de long.
Pour la production de semences, les plantes doivent être récoltées avant que les fruits soient tout à fait mûrs, afin d’éviter l’égrenage. On récolte généralement tôt le matin. Les plantes sont liées en bottes et séchées au soleil pendant 4–10 jours.
Rendement
Le rendement en feuilles de Brassica juncea est de 8–35 t/ha, avec une moyenne de 20 t/ha sur les meilleures exploitations. Au Zimbabwe, cette culture donne de meilleurs résultats en hiver, avec des rendements moyens de 20–30 t/ha. Le rendement en graines de la moutarde brune en Inde varie de 900–1200 kg/ha avec une teneur en huile de 30–38%, tandis qu’aux Etats-Unis les rendements en graines sont de 1100–1500 kg/ha.
Traitement après récolte
Par temps chaud, les feuilles se fanent rapidement après la récolte, et elles doivent donc être vendues le plus tôt possible. Lorsqu’on dispose des installations nécessaires, il est recommandé de refroidir le produit jusqu’à près de 0°C immédiatement après la récolte, et ensuite de le maintenir aussi frais que possible durant le transport et la vente. On peut pour cela mettre de la glace au milieu des feuilles, ce qui maintiendra en même temps une humidité élevée. On peut aussi, pour maintenir les feuilles humides, les emballer dans des sacs de polyéthylène ou dans un film plastique.
Au Zimbabwe, les agriculteurs sèchent les feuilles au soleil pour les consommer en contre-saison. On voit souvent vendre des feuilles séchées coupées en morceaux et emballées dans des sacs plastique sur les marchés de Harare et ailleurs au Zimbabwe. L’extraction d’huile des graines se fait par moulin rotatif, pressoir ou procédés hydrauliques. Pour fabriquer la moutarde, on mélange les graines moulues avec de l’eau, des épices et du vinaigre.
Ressources génétiques
D’importantes collections de ressources génétique de Brassica juncea sont conservées en divers endroits dans le monde : Australian Temperate Field Crops Collection, Horsham Victoria (Australie) ; Institute of Crop Germplasm Resources (CAAS), Pékin (Chine) ; All India Coordinated Research Project on Rape & Mustard, Haryana University, Hisar, Haryana (Inde) ; InstitutVavilov, Saint-Pétersbourg (Fédération de Russie). Des collections de travail de moindre importance se trouvent dans de nombreux autres pays. Une collection de travail de moutarde brune avec des variétés locales africaines se trouve au Horticultural Research Centre à Marondera (Zimbabwe). La diversité que l’on trouve dans les champs des agriculteurs africains est considérable, et il est nécessaire de rassembler et évaluer ce matériel avant que cette ressource potentiellement importante ne disparaisse avec l’introduction de variétés améliorées.
Sélection
De nombreux agriculteurs africains utilisent leurs propres variétés locales dont ils conservent des semences. Brassica juncea peut être reproduite par autopollinisation, ce qui permet une purification rapide des nouvelles sélections. La East-West Seed Company en Thaïlande a sélectionné des cultivars spécialement pour les conditions tropicales, par ex. ‘Mayur’ que l’on peut récolter 30–35 jours après le semis ou 21–25 jours après le repiquage, et ‘Laguna’ qui a une tolérance à la montaison à hautes températures et que l’on peut récolter 40–45 jours après le semis. ‘Suehlihung No.2’ est un cultivar de Taïwan qui est résistant à la pourriture humide et aux virus. On peut le cultiver toute l’année à Taïwan et le récolter 20 jours après le repiquage. Le cultivar ‘King Mustard’ produit de grandes feuilles tendres de couleur vert-pourpre.
Perspectives
Il y a un potentiel important d’amélioration des variétés locales actuelles de cet excellent légume qui peut être cultivé dans les basses terres humides et chaudes telles que les régions côtières d’Afrique occidentale et dans les régions plus fraîches d’Afrique australe. De nombreux consommateurs préfèrent la moutarde brune ou d’autres types de Brassica à feuilles non pommées au chou blanc, et lorsqu’on disposera de semences saines de cultivars améliorés, la demande s’accroîtra. Les perspectives de culture de Brassica juncea comme oléagineux ou pour la fabrication de moutarde sont limitées en Afrique tropicale.
Références principales
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Sources de l'illustration
- Toxopeus, H., 2001. Brassica L. (oilseed crops). In: van der Vossen, H.A.M. & Umali, B.E. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 14. Vegetable oils and fats. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 65–70.
Auteur(s)
- R.R. Schippers, De Boeier 7, 3742 GD Baarn, Netherlands
- N.A. Mnzava, Oleris Consultancy, P.O. Box 1371, Arusha, Tanzania
Consulté le 3 avril 2025.