Amaranthus viridis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Amaranthus viridis L.


Protologue: Sp. pl. ed. 2, 2 : 1405 (1763).
Famille: Amaranthaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 34

Synonymes

  • Amaranthus gracilis Desf. ex Poir. (1810).

Noms vernaculaires

  • Amarante verte, épinard vert, épinard du Congo (Fr).
  • Green amaranth, local tete, African spinach (En).
  • Amaranto (Po).
  • Mchicha (Sw).

Origine et répartition géographique

On pense qu’Amaranthus viridis est originaire d’Asie mais c’est désormais une adventice cosmopolite des régions tropicales et subtropicales dans le monde, que l’on rencontre également dans les régions tempérées (par ex. en Europe, Amérique du Nord, Asie et Australie). En Afrique tropicale, c’est également une adventice commune et répandue. Elle est parfois cultivée (par ex. au Nigeria, au Gabon et en R.D. du Congo).

Usages

Les feuilles et les jeunes plantes d’Amaranthus viridis (avant qu’elles ne fleurissent) sont parfois consommées comme légume cuit. La plante sert également de fourrage pour le bétail et comme engrais vert. Les feuilles sont diurétiques et purgatives, et elles sont utilisées comme cataplasme (fraîches ou sous forme de poudre séchée) pour traiter les inflammations, les furoncles et les abcès, la gonorrhée, l’orchite et les hémorroïdes. Au Nigeria, une infusion de la plante entière est utilisée pour purifier le sang et la racine pilée est appliquée contre la dysenterie. En Côte d’Ivoire, le jus des feuilles est utilisé comme lavement pour traiter l’infection des yeux et pour soigner les convulsions et l’épilepsie chez les enfants. En R.D. du Congo, le jus est réputé avoir une activité vermifuge et être efficace contre la filariose, comme emménagogue et pour soulager les troubles cardiaques. Les feuilles auraient des propriétés fébrifuges. Les cendres des plantes d’Amaranthus viridis sont riches en soude et elles sont parfois utilisées pour faire du savon.

Propriétés

La composition des feuilles d’Amaranthus viridis est comparable à celle d’autres espèces d’Amaranthus, par ex. Amaranthus cruentus L. La feuille (en poudre) contient des tanins, des sucres réducteurs et des résines. L’amastérol (24-méthylène-20-hydroxycholest-5,7-en-3β-ol) a été isolé à partir des racines ; ce composé possède des effets allélopathiques sur la germination des graines de laitue.

Description

  • Plante herbacée annuelle ou pérenne à vie courte, érigée ou ascendante, atteignant 1 m de haut ; tige mince, ramifiée, anguleuse, glabre à légèrement pubescente dans sa partie supérieure avec des poils multicellulaires.
  • Feuilles alternes, simples ; pétiole atteignant 10 cm de long ; limbe deltoïde-ovale à rhomboïde-oblong, de 2–8 cm × 1,5–6 cm, base courtement cunéiforme, apex émarginé avec un petit mucron, bord parfois sinué, glabre à pubescent.
  • Inflorescence constituée de cymes agglomérées disposées en épis fins, axillaires ou le plus souvent terminaux, fréquemment paniculés, atteignant 12 cm de long, ou dans la partie inférieure de la tige souvent disposées en glomérules axillaires denses d’environ 7 mm de diamètre.
  • Fleurs unisexuées, subsessiles, vertes, fleurs mâles et femelles mélangées mais fleurs femelles plus nombreuses ; bractées et bractéoles lancéolées-ovales, d’environ 1 mm de long, blanchâtres-membraneuses ; tépales 3, oblongs à obovales, de 1–1,5 mm de long, nervure médiane souvent épaissie au-dessus, recourbés le long du fruit ; fleurs mâles à 3 étamines ; fleurs femelles à ovaire supère, 1-loculaire surmonté de 2–3 stigmates courts.
  • Fruit : capsule subglobuleuse, d’environ 1,5 mm de diamètre, ne dépassant pas ou légèrement le périanthe, indéhiscente, habituellement fortement ridée, contenant 1 graine.
  • Graines subglobuleuses, légèrement comprimées, d’environ 1 mm de diamètre, bord aigu, noir brillant, verruqueuses ou à relief discret.
  • Plantule à germination épigée ; cotylédons lancéolés, d’environ 12 mm × 2,5 mm.

Amaranthus comprend environ 70 espèces, dont environ 40 sont originaires des Amériques. Il comprend au moins 17 espèces à feuilles comestibles et 3 amarantes à grains. Amaranthus viridis est souvent confondu avec Amaranthus blitum L., mais ce dernier se distingue grâce à ses fruits qui sont souvent plus ellipsoïdes mais lisses ou peu ridés. Il est parfois également confondu avec Amaranthus deflexus L., une plante herbacée pérenne à tiges prostrées ou ascendantes qui est originaire des régions tempérées d’Amérique du Sud, mais qui s’est désormais naturalisée comme adventice dans de nombreuses régions du monde, ainsi que localement en Afrique tropicale (par ex. Kenya, Zimbabwe). En Afrique du Sud, Amaranthus deflexus est parfois utilisé comme légume cuit.

Ecologie

En Afrique, Amaranthus viridis est une adventice qui pousse sur des terrains perturbés ou des terres cultivées, souvent autour des habitations. Il fleurit et fructifie toute l’année.

Gestion

Bien qu’il soit récolté dans la nature la plupart du temps, Amaranthus viridis est facilement cultivé à partir des graines comme d’autres amarantes. Le virus de la mosaïque de l’amarante sauvage donne des pousses, des racines et des inflorescences plus courtes, des feuilles plus petites et une tige de moindre diamètre, moins de rameaux et une réduction du poids frais des pousses et des racines.

Ressources génétiques

Une collection d’amarantes est maintenue au Rodale Organic Gardening and Farming Research Center (OGFRC) à Kutztown, Pennsylvanie (Etats-Unis) ; du matériel provenant d’Asie du Sud-Est est maintenu à l’Asian Vegetable Research and Development Center (AVRDC) à Tainan (Taïwan). Des cultivars africains et des introductions en provenance de l’OGFRC sont conservés au National Horticultural Research Institute (NHR) au Nigeria et des cultivars africains au centre AVRDC à Arusha (Tanzanie). Des collections indiennes sont conservées au National Bureau of Plant Genetic Resources (NBPGR), à New Delhi (Inde). De nombreux instituts nationaux ont de petites collections de travail de cultivars locaux. Il faudrait mener des évaluations et des études de variabilité pour déterminer l’importance de la variation génétique exploitable.

Perspectives

Amaranthus viridis est un légume-adventice intéressant avec une bonne valeur nutritionnelle. Il mérite certainement davantage d’attention pour déterminer s’il mérite d’être vraiment domestiqué et quelles sont les méthodes de culture optimales. Ses propriétés médicinales nécessitent également des recherches supplémentaires.

Références principales

  • Brenan, J.P.M., 1981. The genus Amaranthus in southern Africa. Journal of South African Botany 47: 451–492.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Costea, M., Sanders, A. & Waines, G., 2001. Notes on some little known Amaranthus taxa (Amaranthaceae) in the United States. Sida, Contributions to Botany 19(4): 975–992.
  • Townsend, C.C., 1988. Amaranthaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 28–133.

Autres références

  • Eluwa, M.C., 1977. Studies on Gasteroclisus rhomboidalis, Coleoptera: Curculionidae, a pest of the African spinach. Journal of Natural History 11(4): 417–424.
  • Hauman, L., 1951. Amaranthaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 12–81.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Roy, S., Dutta, A.K. & Chakraborty, D.P., 1982. Amasterol, an ecdysone precursor and growth inhibitor from Amaranthus viridis. Phytochemistry 21: 2417–2420.
  • Sena, L.P., VanderJagt, D.J., Rivera, C., Tsin, A.T.C., Muhamadu, I., Mahamadou, O., Millson, M., Pastuszyn, A. & Glew, R.H., 1998. Analysis of nutritional components of eight famine foods of the Republic of Niger. Plant Foods for Human Nutrition 52: 17–30.
  • Shamsher-Singh & Verma, V.S., 1976. Effect of pigweed mosaic virus on growth characters of Amaranthus viridis L. Gartenbauwissenschaft 41: 280–282.
  • Townsend, C.C., 1985. Amaranthaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 136 pp.
  • Townsend, C.C., 2000. Amaranthaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 299–335.
  • van der Zon, A.P.M. & Grubben, G.J.H., 1976. Les légumes-feuilles spontanés et cultivés du Sud-Dahomey. Communication 65. Département des Recherches Agronomiques, Koninklijk Instituut voor de Tropen, Amsterdam, Netherlands. 111 pp.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 19 février 2019.