Amaranthus graecizans (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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répartition en Afrique (sauvage et cultivé)
1, port de la plante ; 2, fruit ; 3, graine. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
plante en fleurs

Amaranthus graecizans L.


Protologue: Sp. pl. 2 : 990 (1753).
Famille: Amaranthaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 32, 34

Synonymes

  • Amaranthus angustifolius Lam. (1783),
  • Amaranthus silvestris Vill. (1807),
  • Amaranthus thellungianus Nevski (1937).

Noms vernaculaires

  • Amarante sauvage, amarante sylvestre, amarante africaine (Fr).
  • Wild amaranth, prostrate amaranth, spreading pigweed (En).
  • Tristes, amaranto, bredo (Po).
  • Mchicha (Sw).

Origine et répartition géographique

On trouve Amaranthus graecizans de façon dispersée dans toute l’Afrique tropicale, où il a été signalé dans de nombreux pays. On le rencontre également dans le sud de l’Europe, dans les régions tropicales et subtropicales d’Asie, et il a été introduit aux Etats-Unis. C’est un légume particulièrement apprécié au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Malawi et ailleurs dans le sud de l’Afrique, et c’est parfois une adventice protégée dans les jardins familiaux. On le cultive localement à petite échelle dans les jardins familiaux par ex. chez les Acholis de Nebbi (Ouganda) et en Tanzanie pour le vendre au marché à des clients d’origine indienne.

Usages

Amaranthus graecizans est principalement utilisé comme légume-feuilles cuit. Dans de nombreux pays on le récolte comme herbe potagère dans la nature. Les personnes âgées en particulier apprécient son goût légèrement amer. Un inconvénient important est que les feuilles sont petites et que la cueillette prend du temps. A cause des nombreuses fleurs, on ne cuisine pas les branches entières mais on prélève les feuilles une par une, ce qui est une des raisons pour lesquelles cette amarante a une faible valeur marchande. Dans certaines régions on le consomme en mélange avec d’autres légumes-feuilles sauvages, par ex. chez les Okiek à l’ouest du Kenya, qui le mélangent souvent avec des Solanum ou des Rumex et Urtica massaica Mildbr.

Amaranthus graecizans est utilisé comme fourrage pour le bétail. En Mauritanie, on prépare des galettes fines avec les graines, alors que dans l’ouest des Etats-Unis on les broie pour en faire de la farine. Comme d’autres amarantes sauvages, on utilise les plantes entières d’Amaranthus graecizans en Afrique de l’Est et de l’Ouest pour fabriquer un sel local. A cet effet, les plantes sont séchées puis brûlées pour en faire des cendres, le produit de la filtration est évaporé et le résidu est utilisé comme substitut du sel commun. En Ouganda, les feuilles sont mastiquées et le liquide avalé pour traiter l’amygdalite. Au Sénégal, les feuilles sont utilisées comme vermifuge.

Production et commerce international

Amaranthus graecizans est parfois vendu sur les marchés comme légume bon marché, mais il n’y a pas de données sur sa production et son commerce.

Propriétés

La composition des feuilles d’Amaranthus graecizans est comparable à celle d’autres amarantes. La composition moyenne des feuilles d’amarantes par 100 g de partie comestible est de : eau 84,0 g, énergie 176 kJ (42 kcal), protéines 4,6 g, lipides 0,2 g, glucides 8,3 g, fibres 1,8 g, Ca 410 mg, P 103 mg, Fe 8,9 mg, β-carotène 5716 μg, thiamine 0,05 mg, riboflavine 0,42 mg, niacine 1,2 mg, acide ascorbique 64 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). Par rapport à d’autres légumes-feuilles, la teneur en matière sèche est élevée (9–22%) ainsi que la teneur en micronutriments, en particulier le calcium, le fer, le carotène, le folate et la vitamine C. Le calcium est partiellement insoluble et n’est pas assimilé par le système digestif car il est lié à l’oxalate. La biodisponibilité du fer est de 6–12%. Les feuilles ramollissent après 5–10 minutes de cuisson dans de l’eau légèrement salée. Les taux de nitrate (surtout dans les tiges) et d’oxalate sont élevés, mais la cuisson dans un grand volume d’eau enlève la plupart de ces composés toxiques. La présence d’acide cyanhydrique et d’acide oxalique rend l’amarante moins propre à la consommation humaine à l’état cru ainsi qu’à l’alimentation animale.

Falsifications et succédanés

Dans les mets contenant des légumes-feuilles verts ou des herbes potagères, Amaranthus graecizans peut être remplacé par n’importe quelle autre amarante-légume.

Description

  • Petite plante herbacée annuelle jusqu’à 45(–70) cm de haut, prostrée ou retombante, souvent fortement ramifiée dès la base et habituellement aussi plus haut ; tige et rameaux fins à trapus, anguleux, glabres ou finement couverts de poils frisés multicellulaires, courts ou longs.
  • Feuilles disposées en spirale, simples, sans stipules ; pétiole de 3–5 cm de long, parfois plus long que le limbe ; limbe largement ovale ou rhomboïde-ovale à étroitement linéaire-lancéolé, 0,5–5,5 cm × 0,2–3 cm, cunéiforme à longuement atténué à la base, aigu à obtus ou vaguement rétus à l’apex, entier, glabre ou avec quelques poils glandulaires courts sur la face inférieure des nervures.
  • Inflorescence : glomérule axillaire, contenant des fleurs mâles et femelles mélangées entre elles mais ayant plus fréquemment des fleurs mâles dans les glomérules supérieurs ; bractées jusqu’à 2 mm de long, avec une arête courte ou longue.
  • Fleurs unisexuées, subsessiles, à 3 tépales jusqu’à 2 mm de long, pourvus d’une arête courte ; fleurs mâles à 3 étamines ; fleurs femelles à ovaire supère, 1-loculaire, surmonté de 3 stigmates.
  • Fruit : capsule globuleuse à légèrement ovoïde jusqu’à 2,5 mm de long, avec un bec très court au-dessous des stigmates, habituellement fortement ridée, habituellement à déhiscence circulaire, contenant 1 graine.
  • Graine comprimée, de 1–1,5 mm de long, légèrement réticulée, noire.

Autres données botaniques

Le genre Amaranthus contient environ 70 espèces, dont 40 sont originaires du continent américain. Il comprend au moins 17 espèces à feuilles comestibles. Amaranthus graecizans ressemble à Amaranthus thunbergii Moq., mais on peut le distinguer par son port ramifié, ses tiges glabres ou munies de quelques poils, et par l’arête courte des tépales. Amaranthus sparganiocephalus Thell. est une autre amarante adventice qu’on récolte localement comme légume-feuilles ; il se distingue par son inflorescence en tête globuleuse et ses fruits disposés en étoile.

Amaranthus graecizans est variable. On distingue trois sous-espèces : subsp. graecizans, ayant des feuilles oblongues à linéaires-lancéolées (au moins 2,5 fois plus longues que larges) et des tépales à arêtes courtes ; subsp. silvestris (Vill.) Brenan, ayant des feuilles largement ovales à rhomboïdes-ovales ou elliptiques-ovales (moins de 2 fois plus longues que larges) et des tépales à arêtes courtes ; et subsp. thellungianus (Nevski) Gusev, ayant des feuilles rhomboïdes-spatulées à étroitement linéaires-lancéolées et des tépales à arêtes longues. Ces sous-espèces sont sympatriques dans certaines régions, et on peut alors rencontrer communément des formes intermédiaires, par ex. en Ethiopie. Subsp. graecizans est surtout répandu en Afrique de l’Ouest, subsp. silvestris en Afrique de l’Est, et subsp. thellungianus principalement en Afrique australe.

Croissance et développement

La levée de la plantule a lieu 3–5 jours après le semis. Le développement végétatif est rapide. Le genre Amaranthus se caractérise par une photosynthèse en C4, ce qui signifie que la photosynthèse est importante lorsque la température et le rayonnement sont élevés. La floraison peut débuter 4–8 semaines après le semis. La croissance des nouvelles pousses se poursuit après le début de la floraison. La pollinisation est effectuée par le vent mais la production abondante de pollen, particulièrement dans les fleurs du haut de la plante, engendre un taux d’autogamie élevé. Les graines mûrissent au bout de 1–2 mois.

Ecologie

Les amarantes poussent en général mieux sur des sols fertiles, bien drainés à structure lâche, mais Amaranthus graecizans pousse bien également sur des sols pauvres. Il résiste très bien aux conditions de climat et de sol difficiles. On le trouve sur des terres incultes ou cultivées, des lisières de forêt et des prairies, la plupart du temps dans des zones arides mais également sur des terres marécageuses ou inondées, du niveau de la mer jusqu’à 2400 m, dans les zones où la pluviométrie annuelle atteint 600–1800 mm. Si les précipitations sont moins importantes, on ne le rencontre que pendant la saison des pluies. Il pousse bien dans des conditions un peu ombragées.

Multiplication et plantation

Dans la nature et dans les jardins familiaux, les graines des plantes en fruits sont dispersées et donnent naissance à de nouvelles plantes. Les graines dormantes restent viables dans le sol plusieurs années. La graine germe lorsqu’elle arrive en surface ou dans les 3 premiers cm du sol. On peut obtenir les graines en frottant les infructescences mûres. On peut semer directement, à la volée ou en rangées écartées de 15–20 cm, avec une densité de 2–5 g/m2. Une autre méthode de culture est de semer en pépinière à une densité de 3–10 g/m2 et de repiquer après 2–3 semaines. Une densité de plantation de 100–200 plants/m2 peut être pratiquée pour une récolte en un passage alors qu’il faut 25 plants/m2 pour des récoltes répétées.

Gestion

La culture est relativement aisée ; on peut appliquer les mêmes méthodes que pour Amaranthus blitum L. Lorsqu’on veut utiliser Amaranthus graecizans comme légume, on peut effectuer un désherbage sélectif en enlevant toutes les autres adventices. Un déficit en eau provoque une floraison précoce, ce qui réduit le rendement et la qualité commerciale. L’amarante est très grande consommatrice de minéraux. Sur des sols pauvres on n’obtient que des récoltes médiocres.

Maladies et ravageurs

Bien qu’il n’y ait pas beaucoup de données sur le sujet, Amaranthus graecizans paraît très robuste et résistant aux ravageurs et aux maladies. C’est une plante hôte pour les champignons Verticillium, qui peuvent causer des dégâts sur la tomate.

Récolte

Les jeunes plantes et les jeunes pousses tendres sont récoltées comme légume. Lorsqu’on récolte les plantes entières, celles-ci sont arrachées après 4–5 semaines. Lorsque les plantes sont récoltées en plusieurs fois, il est recommandé de cueillir les feuilles individuellement lorsque les graines commencent à mûrir car les graines éparpillées dans la nourriture donnent l’impression d’avoir du sable dans la bouche.

Traitement après récolte

Lorsqu’on les récolte pour le marché, on asperge souvent les pousses et les feuilles d’eau afin de maintenir une apparence de fraîcheur.

Ressources génétiques

Amaranthus graecizans est répandu et on le rencontre habituellement dans des milieux perturbés, et il ne semble donc pas menacé d’érosion génétique. La variabilité génétique chez cette espèce polymorphe semble être considérable.

Perspectives

Amaranthus graecizans est un légume sauvage traditionnel goûteux et nutritif, qui suscite de moins en moins d’intérêt. Les perspectives en vue de sa domestication et de sa culture comme légume sont médiocres car il devrait alors concurrencer d’autres amarantes à hauts rendements, tels qu’Amaranthus cruentus L., Amaranthus blitum L., Amaranthus dubius Mart. ex Thell. et Amaranthus tricolor L., qui sont couramment cultivées. Lors de la sélection d’amarantes cultivées, Amaranthus graecizans pourrait être utilisé comme géniteur de gènes de résistance.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.
  • Townsend, C.C., 1985. Amaranthaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 136 pp.
  • Townsend, C.C., 1988. Amaranthaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 28–133.
  • Townsend, C.C., 2000. Amaranthaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 299–335.

Autres références

  • Baquar, S.R. & Olusi, O.O., 1988. Cytomorphological and phylogenetic studies of the genus Amaranthus from Nigeria. Kromosomo (Tokyo) 2(51–52): 1665–1674.
  • Grubben, G.J.H., 1993. Amaranthus L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 82–86.
  • Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991. Vegetables, herbs and spices. The fifth supplement to McCance & Widdowson’s The Composition of Foods. 4th Edition. Royal Society of Chemistry, Cambridge, United Kingdom. 163 pp.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Madhusoodanan, K.J. & Pal, M., 1981. Intraspecific aneuploidy in Amaranthus graecizans. Botanical Journal of the Linnean Society 82: 61–68.
  • Marshall, F., 2001. Agriculture and use of wild and weedy greens by the Piik ap Oom Okiek of Kenya. Economic Botany 55(1): 32–46.
  • Sammour, R.H., Hamoud, M.A., Alla, S.A.A. & Abd-Alla, S.A., 1993. Electrophoretic variations in Amaranthus. Botanical Bulletin of Academia Sinica 34(1): 37–42.

Sources de l'illustration

  • Hegi, G., 1979. Illustrierte Flora von Mittel-europa. 2nd Edition. Pteridophyta, Spermatophyta. Band 3. Angiospermae, Dicotyledones 1. Verlag Paul Parey, Berlin, Germany. pp. 453–1234.
  • Townsend, C.C., 1985. Amaranthaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 136 pp.

Auteur(s)

  • P.M. Maundu, c/o World Agroforestry Centre (ICRAF), P.O. Box 30677, Nairobi, Kenya
  • G.J.H. Grubben, Boeckweijdt Consult, Prins Hendriklaan 24, 1401 AT Bussum, Netherlands

Consulté le 19 avril 2019.