Amanoa caribaea (Rollet, Antilles)

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Adelia ricinella
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Ateramnus hypoleucus


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Planche 66 : EUPHORBIACEAE. I. Adelia ricinella. A. Rameau fructifié. B. Rameau. C. Rameau fleuri. II. Amanoa caribaea. D. Rameau fructifié. E. Fruit et graines. F. Plantule (détails). G. Écorce (coupe transversale).

Amanoa caribaea Krug et Urb. Notizbl. Königl. Bot. Gart. Berlin 1 : 326 (1897).

Noms vernaculaires : Précolombien : Galibi (Guyane française) ; Amanua, d’où le nom de genre créé par Aubl. Fr : Palétuvier gris des montagnes, Carapate (Guadeloupe) ; Bois rouge, Bois rouge carapate, Palétuvier gris ; Bois rouge, Carapite (Dominique). Les noms vernaculaires sont descriptifs des racines aériennes (Palétuvier gris) et de la ressemblance des graines avec celles du ricin (en Caraïbes : carapate d’après QUESTEL).

Description : Grand arbre atteignant 30 m de haut et 2 m de diamètre. Pied : variable ; contreforts aliformes surbaissés traçants jusqu’à 3 m de large ; décurrents sur le fût ; grosses pattes à dos rond, racines aériennes en arcs-boutants


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(fines racines aériennes déjà présentes sur les plantules (0,3 m de haut pour une tige de 2 cm de diamètre) ; chevelu toujours présent, quelquefois jusqu’à 5 m du sol, et dont la caractéristique est l’extrémité carmin orange vif de chaque ramification. Écorce : épaisseur totale 6-7 mm pour un diamètre de 40 cm (10 mm pour un diamètre de 57 cm). Aspect externe : marron rougeâtre, fissurée peu profondément en rectangles de 3 × 1 cm. Rhytidome : écailles soulevées de 2-3 mm d’épaisseur, caduc, rose carminé sous le rhytidome. Écorce vivante : section transversale rose avec massifs arrondis carmin, 0,5 mm de diamètre, sans ordre ; écorce interne jaune. Blanchis rose carminé grumeleux, humide. Aubier : blanc à jaunâtre. Feuilles : lancéolées à peine acuminées, les deux moitiés du limbe relevées vers le haut (en toit de maison inversé ou en selle de cheval) 6-17 × 3-6,5 cm ; stipule apprimée sur la tige, en marque oblique à la base du pétiole sur le rameau ; nervures peu apparentes ; vieilles feuilles orange carminé à rouge ; feuilles plus acuminées sur les plantules ; pétiole des feuilles adultes rosé. Fleurs : espèce monoïque, blanc jaunâtre à jaune verdâtre, parfumées (sentent la vanille) et très mellifères ; inflorescences axillaires. Fruits : tricoques, de 25 mm diamètre ; 3 grosses graines lisses, chagrinées gris clair et noirâtre rappelant celles de ricin ou d’Hevea. Phénologie : sempervirent. Fleurs janvier-février, juillet-août. Fruits octobre à février. Habitat : très commun et même grégaire en forêt dense et d’altitude ; entre 100 et 950 m. Tempérament : semble préférer les sols frais ; régénération préexistante abondante ; essence d’ombre avec toutes les classes d’âges et de diamètres dans les peuplements, très communes. Plantule : Type VI. L’axe porte deux cotylédons succulents parfois décalés légèrement l’un par rapport à l’autre. Puis deux feuilles opposées, suivies de feuilles alternes. Les cotylédons rapidement caducs ont disparu lorsque le semis porte ses deux premières feuilles. Les pétioles, la base des pétioles et le bourgeon apical sont rouge bordeaux. Les feuilles sont acuminées.

Usages : Un des principaux bois commerciaux de Guadeloupe et Dominique ; construction durable, menuiserie, traverses, planchers, ponts de bateaux. Souvent taré sur gros diamètres (contrairement à Dacryodes) ; durable dans le sol ; aubier blanc ; cœur brun rouge à brun chocolat, dur. Sèche lentement, usinage assez facile mais difficile à clouer (Fraser). Huile de la graine pour blessures et plaies (DUSS) ; colonnes des maisons caraïbes (HODGE & TAYLOR).

Distribution aux Petites Antilles : Endémique de Guadeloupe et Dominique.

Matériel examiné : BT : BARRIER 2323, Trace de Choisy (P) ; BARRIER 2335, 2367, Vieux-Habitants, Bois de Crème (P) ; BARRIER 3257, Trace des Contrebandiers (P) ; FOURNET 4246, Petit-Bourg (P) ; ROLLET 19, Trace des Contrebandiers, 200 m ; ROLLET 357, Grand-Étang, 400 m (GUAD) ; ROLLET 804, Trace Victor Hugues, 660 m (GUAD) ; ROLLET 1305, Route Sofaia, 300 m (GUAD) ; ROUSTEAU 567, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD) ; STEHLÉ 5310, Chemin de la Regrettée, Trois Rivières, 400 m (P). D : EGGERS 603, Pleasant Valley, 500 m (P) ; NICOLSON and al. citent 7 autres récoltes.

Observations : BT : Maison de la Forêt, 250 m et à Douville (ROLLET).

Bibliographie : (*Iconographie ; **Couleur). BEARD 1944 ; CIRAD - Forêts 1990** ; DUSS 1897 ; FOURNET 1978 ; Fraser 1957 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD* 1989 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941.

Anatomie du bois

coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)
  • 4-26-30-39-51-53-55-(57)-66-68 (Voir la signification des codes)
  • Bois parfait brun chocolat, remarquable par les traces vasculaires blanches, à peine différencié de l’aubier plus clair, très dur et très lourd (1,00-1,10 g/cm3) [sic : 100-1,10 g], à grain grossier, maille imperceptible.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 4 à 6 par mm2, bien visibles parce que gros (150-160 μm de diamètre moyen) et toujours remplis de dépôts blancs. Perforations des éléments vasculaires uniques ; ponctuations intervasculaires fines, de 4 ou 5 μm de diamètre.
  • Parenchyme en petites chaînettes dispersées, nombreuses. Files de cellules composées de 12 à 16 éléments. Cristaux rares.
  • Rayons 1-sériés, parfois avec une faible proportion de 2-sériés, au nombre de 14 à 18 par mm, de structure hétérogène : cellules couchées peu allongées au centre et cellules carrées et dressées aux extrémités. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
  • Fibres à ponctuations très fines.