Amandier (Pharmacopée malagasy)
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Nom scientifique : Amygdalus communis Linné (Rosacées).
- Nom accepté : Prunus dulcis
L'amandier est un arbre de la région méditerranéenne, de taille moyenne (6-8 m de haut), à port élégant ; à feuilles simples, caduques, alternes, sans stipules, longuement pétiolées, à limbe lancéolé, aigu au sommet.
Les fleurs, portées sur des rameaux courts dits « bouquets de Mai », apparaissent avant les feuilles ; pédonculées, présentant 5 sépales, 5 pétales d'un blanc pur, 25 à 30 étamines et un ovaire uniloculaire, mais
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biovulé, inséré au fond du réceptacle faiblement concave (en forme de coupe), velu à l'extérieur. Le fruit est une drupe verte, couverte de poils duveteux, marquée d'un sillon ventral, à mésocarpe peu charnu, à endocarpe sclérifié, dur, réticulé, généralement appelé coque. Cet endocarpe renferme le plus souvent une seule graine appelée amande, l'un des ovules avortant le plus fréquemment. L'amande constitue la partie officinale de l'amandier.
On distingue deux variétés ou sous-espèces d'amandier :
- La var. dulcis (comprenant elle-même diverses variétés horticoles ou cultivars) donne les amandes douces, utilisées dans l'alimentation ; de goût agréable, riches en matière grasse ;
- La var. amara qui fournit les amandes amères ; celles-ci ont un goût désagréable, dû à la présence d'un glucoside : l’amygdaloside, qui s'hydrolyse en libérant de l'acide cyanhydrique. En dépit de ce fait elles sont d'ailleurs peu toxiques, mais leur goût désagréable les rend impropres aux usages alimentaires.
Emplois
L’huile dite d'amandes douces est obtenue par expression à sec des amandes. Dans ces conditions l'amygdaloside ne peut s'hydrolyser et, comme il est insoluble dans l'huile, il reste dans les tourteaux. Aussi utilise-t-on à sa production aussi bien les amandes amères que les amandes douces et même les amandes tirées des noyaux de pêche ou d'abricot.
Cette industrie n'est généralement pas autonome. Elle est annexée, par exemple, à une confiturerie qui traite ces divers fruits, la récupération des noyaux et la pression des amandes qu'ils contiennent fournissant un sous-produit intéressant.
Il sera indiqué ultérieurement comment une petite industrie de ce genre pourrait être envisagée comme sous-produit de la production de confiture de pêche ou de jus de pêche dans la région centrale de Madagascar (voir Pêcher).
L'huile d'amandes douces fera l'objet d'une notice particulière.
Pour la préparation de l’émulsion d'amande et de la potion émulsive gommeuse, on ne peut, par contre, employer que les amandes douces. Ces préparations, qui se font en présence d'eau, entraînent, en effet, l'hydrolyse de l'amygdaloside et un dégagement d'acide cyanhydrique.
La culture de l'amandier n'ayant jamais donné de résultats, il conviendra de préparer d'autres formes d'émulsions susceptibles de rendre les mêmes services (voir : Emulsions). Indiquons immédiatement que la meilleure émulsion naturelle est constituée par le « lait de coco » que l'on retire de la noix de coco encore immature. Elle peut être utilisée extemporanément à certaines préparations médicamenteuses. On peut aussi avoir recours à des méthodes de stabilisation.