Acmella oleracea (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Médicinal | |
Ornemental | |
Sécurité alimentaire | |
Acmella oleracea (L.) R.K.Jansen
- Protologue: Syst. Bot. Monogr. 8 : 65 (1985).
- Famille: Asteraceae (Compositae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 60, 78
Synonymes
- Spilanthes oleracea L. (1767),
- Spilanthes acmella auct. non (L.) Murr.
Noms vernaculaires
- Brède mafane, cresson de Para (Fr).
- Toothache plant, para-cress (En).
- Agrião do Pará, jambú (Po).
Origine et répartition géographique
Acmella oleracea est inconnu à l’état sauvage. On pense qu’il a été domestiqué à partir d’Acmella alba (L’Hér.) R.K.Jansen, espèce indigène du Pérou et du Brésil. Il a certainement été cultivé depuis très longtemps, et s’est répandu dans toutes les régions tropicales. On le cultive par endroits dans toute l’Afrique et on a signalé également des plantes échappées des cultures. Il s’est naturalisé en Afrique de l’Est. Probablement introduit dans les îles de l’océan Indien par les Portugais, il a ensuite été diffusé en Afrique de l’Est par des ouvriers indiens, lorsque ceux-ci sont venus participer à la construction des chemins de fer vers 1900.
Usages
Dans les îles de l’océan Indien (Comores, Madagascar, Réunion, Maurice) ainsi qu’en Inde, l’usage principal des feuilles d’Acmella oleracea est comme légume cuit à la vapeur. Au Brésil et en Inde, les feuilles crues sont utilisées pour rehausser le goût des salades, des soupes et des plats de viande. On le cultive largement comme plante ornementale pour ses capitules colorés attrayants.
L’usage médicinal le plus commun et le plus répandu est le traitement du mal de dents et des infections de la gorge et des gencives. Dans le monde entier, on utilise les capitules soit frais soit séchés et réduits en poudre, mais l’usage des racines et des feuilles a également été recommandé. On recommande en outre cette plante pour soigner la dysenterie et les rhumatismes, ainsi que pour renforcer le système immunitaire. Elle est aussi utilisée contre les parasites du sang, surtout contre la malaria, autant de manière préventive que curative.
Propriétés
On ne dispose d’aucune donnée sur la composition nutritionnelle. Les feuilles et les capitules crus d’Acmella ont une saveur piquante, et quand on les mâche, ils engourdissent les muqueuses de la bouche et provoquent la salivation. Cette sensation pourrait être attribuée à la fraction alkylamide.
Les capitules contiennent jusqu’à 1,25% de spilanthol (N-isobutyl-4,6-décadiénamide), un alcaloïde antiseptique. Le spilanthol est efficace à de très faibles concentrations contre les parasites du sang. Il constitue un poison pour la plupart des invertébrés, mais on le dit inoffensif pour les animaux à sang chaud. Des observations provenant de sources diverses sur la composition de l’huile essentielle distillée à partir des fleurs fraîches s’accordent sur une forte teneur en β-caryophyllène (21–30%). Les autres principaux constituants signalés sont le limonène, le thymol, le γ-cadinène et le germacrène.
Des études menées in vitro ont mis en évidence une forte activité antibactérienne contre Escherichia, Klebsiella, Proteus, Pseudomonas, Salmonella et Staphylococcus. Candida albicans est également inhibé. L’utilisation comme insecticide s’est avérée efficace contre certains moustiques tels que Aedes, Anopheles et Culex et contre la noctuelle du maïs (Helicoverpa zea).
Description
- Plante herbacée annuelle à tiges érigées, parfois décombantes.
- Feuilles opposées, simples ; pétiole de 2–6,5 cm de long ; limbe largement ovale à deltoïde, de 5–11 cm × 4–8 cm, base tronquée à brièvement atténuée, apex aigu à brièvement acuminé, bord denté.
- Inflorescence : capitule discoïde atteignant 2,5 cm × 1,5 cm ; bractées de l’involucre 15–18, 3-sériées, atteignant 8 mm × 1 mm, apex aigu ; bractées du réceptacle de couleur paille, souvent teintées de rouge-violet, atteignant 6 mm × 1 mm.
- Fleurs du disque 400–620, corolle 5-mère, jaune, atteignant 3,5 mm de long.
- Fruit : akène de 2–2,5 mm × 1 mm ; pappus constitué de 2 soies.
Acmella est un genre pantropical comprenant environ 30 espèces, dont deux sont indigènes en Afrique tropicale et 2 ont été introduites. La plupart des espèces d’Acmella étaient jadis considérées comme faisant partie du genre Spilanthes. Les 2 espèces indigènes, Acmella caulirhiza Delile (synonyme : Spilanthes mauritianus auct. non (Rich.) DC.) et Acmella uliginosa (Sw.) Cass., ont les mêmes usages qu’Acmella oleracea et il est certain qu’elles ont été confondues dans la littérature. Acmella caulirhiza se distingue d’Acmella oleracea par la présence de fleurs ligulées. Acmella uliginosa possède une corolle 4-mère.
Ecologie
Quand il est échappé des cultures, Acmella oleracea se trouve parmi les mauvaises herbes. Les populations naturalisées se trouvent généralement dans les endroits humides comme les marécages de bords de lacs.
Gestion
Acmella oleracea se cultive comme légume à Madagascar et aux Comores, ainsi qu’à la Réunion et à Maurice, mais on ne dispose d’aucune information détaillée. Il est vendu sur les marchés à Madagascar toute l’année, mais c’est de novembre à mars que son approvisionnement est le plus important. Comme plante ornementale, il se multiplie par graines ou par boutures prélevées sur les plantes dans la phase végétative. Pour la germination, une température d’au moins 21°C est nécessaire. Il demande des arrosages fréquents.
Ressources génétiques
Comme il est cultivé partout et naturalisé dans certains endroits de l’Afrique de l’Est, Acmella oleracea n’est certainement pas menacé.
Perspectives
Il serait utile de décrire les pratiques culturales, ainsi que les caractéristiques et les propriétés d’Acmella oleracea, cultivé dans les îles de l’océan Indien. Acmella oleracea et son ancêtre sauvage Acmella alba sont intéressants pour leur potentiel médicinal, en particulier leur activité contre les maladies parasitaires du sang autres que la malaria, et ils méritent davantage de recherches. La communauté scientifique devrait se rendre compte que la nomenclature des genres Acmella et Spilanthes a été mise à jour, de façon à éviter la duplication des résultats de recherche, les identifications douteuses et l’utilisation de noms incorrects.
Références principales
- Hind, N. & Biggs, N., 2003. Acmella oleracea: Compositae. Curtis’s Botanical Magazine 20(1): 31–39.
- Jansen, R.K., 1985. The systematics of Acmella (Asteraceae-Heliantheae). Systematic Botany Monographs 8. 115 pp.
- Ramsewak, R.S., Erickson, A.J. & Nair, M.G., 1999. Bioactive N-isobutylamides from the flower buds of Spilanthes acmella. Phytochemistry 51(6): 729–732.
Autres références
- Cech, R.A., 1996. Spilanthes. [Internet] http://www.b-and-t-world-seeds.com/Horizon.htm. November 2003.
- Fabry, W., Okemo, P.O. & Ansorg, R., 1998. Antibacterial activity of East African medicinal plants. Journal of Ethnopharmacology 60(1): 79–84.
- Gasquet, M., Delmas, F., Timon-David, P., Keita, A., Guindo,M., Koita, N., Diallo, D. & Doumbo, O., 1993. Evaluation in vitro and in vivo of a traditional antimalarial, "Malarial 5". Fitoterapia 64(5): 423–426.
- Hind, D.J.N., Jeffrey, C. & Scott, A.J., 1993. Composées. In: Bosser, J., Guého, J. & Jeffrey, C. (Editors). Flore des Mascareignes. Famille 109. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 261 pp.
- Jansen, R.K., 1981. Systematics of Spilanthes (Compositae: Heliantheae). Systematic Botany 6(3): 231–257.
- Roemantyo, 1993. Spilanthes Jacquin. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 264–266.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 6 mars 2025.