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Jacquier ou Jack (Candolle, 1882)

Révision de 19 septembre 2013 à 22:02 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

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Nom accepté : Artocarpus heterophyllus Lam.

Arbre à pain
Alphonse de Candolle, Origine des plantes cultivées, 1882
Dattier

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Jacquier ou Jack. — Artocarpus integrifolia, Linné.

Le fruit du Jacquier, plus gros que celui de l'Arbre à pain, car il pèse jusqu'à 80 livres, est suspendu aux branches d'un arbre de 30 à 50 pieds de hauteur 3. Si le bon La Fontaine l'avait connu, il n'aurait pas écrit sa fable du gland et de la citrouille.

Le nom vulgaire est tiré des noms indiens Jaca ou Tsjaka.

Le Jacquier est cultivé depuis longtemps dans l'Asie méridionale, du Punjab à la Chine, de l'Himalaya aux îles Moluques. Il ne s'est pas introduit encore dans les petites îles plus à l'orient, comme O-Taïti, ce qui fait présumer une date moins ancienne dans l'archipel indien que sur le continent asiatique. Du côté nord-ouest de l'Inde, la culture ne date peut-être pas non plus d'une époque très reculée, car on n'est pas certain de l'existence d'un nom sanscrit. Roxburgh en cite un, Punusa, mais après lui Piddington ne l'admet pas dans son Index. Les Persans et les Arabes ne semblent pas avoir connu l'espèce. Son fruit énorme les aurait pourtant frappés si l'espèce avait été cultivée près de leurs frontières. Le Dr Bretschneider ne parle pas d'Artocarpus dans son opuscule sur les plantes connues des anciens Chinois, d'où l'on peut inférer que vers la Chine, comme dans les autres directions, le Jacquier n'est pas un arbre répandu depuis une époque très ancienne.

La première notion sur son existence à l'état sauvage est donnée par Rheede dans des termes contestables : « Cet arbre croît partout au Malabar et dans toute l'Inde. » Le vénérable auteur confondait peut-être l'arbre planté et l'arbre spontané. Après lui cependant, Wight a trouvé l'espèce, à plusieurs re-

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3. Voir les planches de Tussac, Flore des Antilles, pl. 4, et Hooker, Botanical magazine, t. 2833, 2834.


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prises, dans la péninsule indienne, notamment dans les Ghats occidentaux, avec toute l'apparence d'un arbre indigène sauvage. On le plante beaucoup à Ceylan ; mais Thwaites, la meilleure autorité pour la flore de cette île, ne le reconnaît pas comme spontané. Dans l'archipel au midi de l'Inde, il ne l'est pas non plus, selon l'opinion générale. Enfin, Brandis en a trouvé des pieds dans les forêts du district d'Attaran, pays des Birmans, à l'est de l'Inde, mais il ajoute que c'est toujours à proximité d'établissements abandonnés. Kurz ne l'a pas trouvé spontané dans le Burman anglais 1.

Ainsi l'espèce est originaire du pied des montagnes occidentales de la péninsule indienne, et son extension dans le voisinage, à l'état cultivé, ne remonte probablement pas plus haut que l'ère chrétienne. Il a été apporté à la Jamaïque en 1782, par l'amiral Rodney, et de là à Saint-Domingue 2. On l'a introduit aussi au Brésil, dans les îles Maurice, Seychelles et Rodriguez 3.

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1. Rheede, Malabar, 3, p. 18 ; Wight, Icones, 2, num. 678 ; Brandis, Forest flora of India, p. 426 ; Kurz, Forest flora of brit. Burma, p. 432.

2. Tussac, l. c.

3. Baker, Flora of Mauritius, etc., p 282.