Diospyros revoluta (Rollet, Antilles)

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Diospyros inconstans
Bernard Rollet, Arbres des petites Antilles, 2006
Elaeocarpaceae


[380]

Planche 60 : EBENACEAE. I. Diospyros revoluta. A. Rameau fructifié. B. Fruit. C. Fruit. D. Plantule. E. Écorce (coupe transversale). ELAEOCARPACEAE. I. Sloanea dussii. F. Rameau. G. Fruit. H. Écorce (coupe transversale).
écorce
tranche

Diospyros revoluta Poir. In Lamarck Encycl. 5 : 435 (1804).


Synonymes : Diospyros ebenaster auct., non Retz (1788) ; Diospyros nigra auct., non Perrottet (1825).

Noms vernaculaires : Caraïbes : babara. Fr : Barbacoa, Bois négresse (Guadeloupe) ; Bois nivrant, Mancenillier


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montagne, Bois noir, Bois poison, Barbaquois, Bois à énivrer, Bré Bré (prononcer Bwé Bwé) (Guadeloupe) ; Barbaquois, Babara, Barabara, Babaoua, Bois noué (= Bois noir) (Dominique, Ste-Lucie). A : Black apple (Montserrat, BEARD) ; aussi Dominique ; Black mast (St Kitts).

Description : Arbre atteignant 20 m de haut et 100 cm de diamètre ! (Folle Anse à Marie-Galante ; Chassin à Ste-Lucie). Pied : petites pattes aliformes sur jeunes diamètres ; 4 grosses pattes à large dos arrondi, 0,6 m de haut pour un diamètre de 30 à 50 cm. Écorce : épaisseur totale 4 mm pour un diamètre de 30 cm. Aspect externe : finement fissurée longitudinalement. Rhytidome : 1-2 mm, crêté en section, noir, cassant, dur, son métallique à l’entaille comme du charbon de bois ; sève brûlante (d’où le nom vernaculaire : mancenillier montagne) ; la sciure peut être irritante. Écorce vivante : 1,5-2 mm, jaune d’or à orange, fibro-grumeleuse, partie interne orangé foncé. Aubier : l’aubier blanc vire très vite au jaune vif ; saveur amère, pores visibles, rayons très fins denses ; les caractéristiques du rhytidome ainsi que le changement de couleur de l’aubier rendent cette espèce inconfondable. Rameaux : vert jaunâtre. Feuilles : alternes, elliptiques à obovées, coriaces, très révolutées, apex arrondi ; nervures saillantes sur les 2 faces (à l’état sec) ; 6-20 × 4-8 cm. Fleurs : blanches ; calice à 4-6 lobes épais, triangulaires ; plantes dioïques : fleurs mâles par 3 ; fleurs femelles par 1-3 ; 8-20 étamines fertiles. Fruits : baies de 4-6 cm de diamètre, déprimées, noires, à pulpe noirâtre ; calice accrescent épais, presque carré, vaguement à 4 lobes ; 2-4 graines aplaties-convexes. Phénologie : sempervirent. Fleurs de mai à août. Fruits d’août à janvier. Habitat : Disséminé entre 0 et 600-700 m ; plutôt en forêt semi-décidue, mais aussi en forêt dense. Tempérament : héliophile probable. Plantule : Type I. Le semis porte 2 cotylédons foliacés exposés. La nervation en est presque palmée à 3 nervures. L’épicotyle produit des feuilles alternes. Les limbes, vert sombre et luisants à la face supérieure, sont plus clairs et mats à la face inférieure. L’axe (hypocotyle épigé et épicotyle) est noir charbon et légèrement épaissi dans sa partie basale.

Usages : Construction dans l’eau et en terre. Bois gris foncé, lourd, durable. Fruit et écorce triturées pour empoisonner les poissons d’où le nom vernaculaire ; l’effet est persistant dans l’eau ; racine pour le même usage à Montserrat. Le jus du fruit vert est irritant et caustique. Le fruit bien mûr a peu de goût mais est comestible avec du jus d’orange (FOUQUÉ).

Distribution générale : Grandes Antilles ; Petites Antilles.

Distribution aux Petites Antilles : St Kitts, Nevis, Montserrat, Guadeloupe (Basse-Terre), Marie-Galante, Dominique, Ste-Lucie. Aurait existé à Barbade, mais a disparu (GOODING).

Matériel examiné : BT : BÉNA 321, s.loc. (P) ; DUSS 957, Morne Gobelin près Gourbeyre et Houëlmont (P) ; HUC 1235, Crête de Village (GUAD) ; ROLLET 9, Crête de Village, 200-250 m (GUAD) ; ROLLET 1281, Monts Caraïbes, 270 m (GUAD) ; TANDY 9, 965, Forêt de Sarcelle, 200 m (GUAD) ; TANDY 111, Morne Bois d’Inde, 270 m (GUAD). MG : BARRIER 3215, Folle Anse (GUAD) ; ROLLET 406, Folle Anse, niveau de la mer (GUAD). D : JÉRÉMIE 1211, extrémité Nord de l’Ile (P). Commun à l’E et au NW de l’île jusqu’à 400 m.

Observations : SK : flanc Sud South Range, 100-200 m (FIARD & ROLLET). SL : Barre de l’Isle, 300 m ; Petit Piton, 600-650 m ; Chassin, 300 m (ROLLET & SLANE).

Bibliographie : (*Iconographie). BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FOUQUÉ 1972 ; FOURNET* 1978 ; GOODING and al. 1965 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1961*, 1989 ; LITTLE and al.* 1974.

Anatomie du bois

Diospyros revoluta : coupe transversale (en haut à gauche), coupe tangentielle (en haut à droite), coupe radiale (en bas) (P. Détienne & P. Jacquet)

Diospyros blancoi, Diospyros revoluta :

  • Bois parfait beige gris non distinct de l’aubier chez D. revoluta, brun gris différencié de l’aubier brun rose chez D. blancoi, mi-dur et mi-lourd (0,70-0,80 g/cm3), à grain fin.
  • Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 3 à 6 par mm2, difficilement visibles à l’œil nu (90 à 140 μm de diamètre moyen). Perforations des éléments vasculaires uniques ; taille des ponctuations intervasculaires de 4-5 μm (D. revoluta) à 7 μm (D. blancoi).
  • Parenchyme en chaînettes nombreuses et alignées. Files de cellules parfois très localement étagées, composées de 3 à 5 éléments. Cristaux par 2, 4 ou en chaînes.
  • Rayons en majorité 1-sériés, au nombre de 20 par mm chez D. blancoi, 1- et 2-sériés, au nombre de 9 à 12 mm chez D. revoluta, de structure hétérogène : cellules couchées au centre et 2 à 6-(8) rangées de cellules carrées et légèrement dressées aux extrémités. Présence de cristaux, solitaires ou par 2 ou 4 dans certaines cellules. Ponctuations radiovasculaires identiques en taille aux intervasculaires.
  • Fibres à ponctuations très légèrement aréolées.