Licania ternatensis (Rollet, Antilles)
|
[352]
Licania ternatensis Hook. f. ex Duss Fl. Phan. Antill. Franc. : 259 (1897) ; Hook. f., Kew Bull. 1893 : 251 (1893), nom. nud.
Synonymes : Licania hypoleuca sensu Griseb. (1860) non Benth.
Noms vernaculaires : Créole : Bwadimas (Ste-Lucie). Fr : Bois diable, Bois gris, Bois de fer (Guadeloupe) ; Bois de fer, Bois gris (Martinique) ; Bois résolu (?) ; Bois diable (Dominique, Ste-Lucie) ; Bois de masse (Ste-Lucie) ; Bois gris, Cassé (Trinidad) ; Bois djab (St Vincent) ; Bois gris (Grenade). A : Break nail (St Vincent).
Note : Licania est l’anagramme de Calinia, nom de l’arbre de la Guyane.
Description : Grand arbre atteignant 35 m de haut et 70 cm de diamètre (1 m de diamètre signalé en Martinique par FIARD) Pied : pattes à dos larges, ronds, ou aliformes, jusqu’à 0,7 m de hauteur (pour diamètre de 40-60 cm). Écorce : épaisseur totale 6-9 mm pour un diamètre de 40-60 cm. Aspect externe : grisâtre à marron foncé, rugueux par nombreuses lenticelles rondes, blanches, 2 mm de diamètre. Rhytidome : 0,2 mm à face interne noir brillant. Tranche marron. Écorce vivante : structure confuse en section transversale ; partie externe vieux rose violacé, 2-3 mm, grumeleuse ; grossièrement stratifiée ; partie intermédiaire pourpre, rayons non élargis séparant un empilement de massifs de phloème arrondis ; partie interne à peine distincte, mince, violacée. En section tangentielle : carmin noirâtre à carminé vieux rose vergeté rose clair (comme du corned beef) ; grumeleuse, cassante, sèche. Aubier : jaune d’or à blanc jaunâtre. Feuilles : simples alternes, oblongues-elliptiques ; 5-15 × 3-7 cm, acuminées à l’apex, arrondies à la base, coriaces ; face inférieure blanche ; stipules linéaires longues de 1-3 mm, caduques ; poussée de végétation jaune verdâtre. Fleurs : inflorescence en racèmes axillaires et terminaux longs de 5-10 cm ; 4-5 étamines ; odeur de miel. Fruits : en massue, roux à pourpre hématite, de 18-22 × 6-7 mm ; l’abondance des fruits donne au houppier un aspect pourpre remarquable. Phénologie : sempervirent. Fleurs : mai à août, aussi en octobre. Fruits : octobre à mars. Habitat : assez commun en forêt dense et d’altitude entre 80 m et 850 m ; très commun par places, souvent en crêtes. Tempérament : espèce sciaphile (MARSHALL) ; régénération assez abondante en sous-bois (hygro sciaphile). Plantule : Type VII. Le fruit séché reste au sol, les cotylédons restant prisonniers. L’axe épicotylé produit des cataphylles alternes (10-12), puis des feuilles simples alternes à très petites stipules linéaires. La face inférieure des limbes est couverte d’un duvet ras blanchâtre. Les nervures brunes sont très visibles. Axe, pétioles et nervures sont aussi pilifères. Les poils sont rares sur la face supérieure des feuilles. Dès que le semis porte 3-4 feuilles, sa croissance apparaît courbée (plagiotrope) et les limbes des feuilles s’orientent dans un plan horizontal. Parfois, plusieurs plantules germent d’un même fruit.
Usages : Fournit un des meilleurs charbons de la Guadeloupe (GRÉBERT). Bois lourd, difficile à travailler (non aimé par les anciens scieurs de long). Travaux hydrauliques (STEHLÉ). Constructions lourdes ; bateaux, ponts, planchers, poteaux. Bois pilé pour faire des torches avec la résine de gommier (HODGE & TAYLOR). Fruits comestibles (NICOLSON).
Distribution générale : HOWARD (1988) considère que l’espèce est endémique des Petites Antilles.
Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade.
Matériel examiné : G : BÉNA 2233, Capesterre (P) ; DUSS 361, Houëlmont (P) ; FOURNET 4396, Petit-Bourg (P) ; FOURNET 4403, Sarcelle (P) ; ROLLET 21, Morne Mazeau, 470 m (GUAD) ; ROLLET 1033, Trace des Crêtes, 550 m (GUAD). HOWARD (1988) cite DUSS 1903 et 2868, syntypes. D : EGGERS 742, Sugar Loaf (P) ; NICOLSON 4065, St Joseph, d’Leau Gommier, 510 m (P) ; WILBUR 7786, Pont Cassé à Rosalie (P). Commun de 100 à 1000 m d’altitude (NICOLSON). M : ROLLET 716, Morne Rose, 550 m (GUAD). SL : HUC 1316, Castries Waterworks Res., 210 m (GUAD). SV : ROLLET 491, Buccament Valley Vermont (GUAD). Gr : ROLLET 489, Grand-Étang, 570 m (GUAD).
Observations : M : Absalon à Crête Duclos, 550-600 m ; Anse Couleuvre, 500 m ; Morne Jeannette, 450 m ; Trace St Cyr vers Plateau Concorde, 500 m (FIARD & ROLLET). SL : Chassin, 250-300 m ; Quilesse, 450 m (ROLLET). SV : Hermitage, 250-300 m (ROLLET).
[354]
Bibliographie : (*Iconographie). BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FOURNET 1978 ; Fraser 1957 ; GOODING and al. 1965 ; GRÉBERT 1935 ; HODGE & TAYLOR 1957 ; HOWARD 1952, 1988* ; Lang 1954 ; LONGWOOD 1962 ; MARSHALL 1939 ; NICOLSON and al. 1991 ; QUESTEL 1941, 1951 ; STEHLÉ 1941.
Note : Les deux espèces L. leucosepala et L. pyrifolia ont plus de 10 étamines (et la face inférieure des feuilles non blanche) contrairement à L. ternatensis qui en a 5 au plus ; Licania pyrifolia Griseb. (Fl. Brit. W. Ind. : 230 1860) existerait en Dominique seulement (BEARD 1944) mais pas de spécimen vu en herbier ; introduit en Martinique d’après DUSS ; non retrouvé par FIARD en Martinique. L’espèce a-t-elle été introduite et est-elle cultivée ?, ou a-t-elle disparu ? L. pyrifolia a 2 petites glandes au sommet du pétiole, bien visibles sur les jeunes feuilles, plus obscurément sur les vieilles. Cette espèce est probablement synonyme de Licania biglandulosa Griseb. ex Urb. (Symb. Antill. 5 : 354, 1908) [Noms vernaculaires : Wild Debasse, Wild cocoa, Wild Gasparee] décrite à Trinidad par MARSHALL comme un grand arbre atteignant 50 cm de diamètre, à inflorescence en grand panicule poilu de 30 cm de long environ. Les Licania semblent absents de Barbade et des Grenadines.
Anatomie du bois
- 9-10-11-(22)-23-25-30-39-49-50-53-55-59-62-66-67-68 (Voir la signification des codes)
- Bois parfait brun rose sombre, parfois avec des veines brun noir, à peine différencié de l’aubier plus clair, très dur et très lourd (1,00-1,15 g/cm3), à grain grossier.
- Pores isolés, plus ou moins régulièrement répartis, au nombre de 2 à 4 par mm2, bien visibles à l’œil nu (diamètre de 160 à 200 μm, exceptés quelques uns plus petits de 40 à 80 μm), souvent obstrués par des thylles. Perforations des éléments vasculaires uniques.
- Parenchyme en lignes fines, courtes à très longues. Files de cellules composées de plus de 10 éléments.
* Rayons 1-sériés, au nombre de 13 à 16 par mm, de structure hétérogène : cellules à allongement horizontal faible et variable. Ponctuations radiovasculaires allongées obliquement ou verticalement. Corpuscules de silice nombreux.
- Fibres à ponctuations aréolées