Withania somnifera (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Médicinal | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Withania somnifera (L.) Dunal
- Protologue: DC., Prodr. 13(1) : 453 (1852).
- Famille: Solanaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 48
Synonymes
- Physalis flexuosa L. (1753).
Noms vernaculaires
- Coqueret somnifère, poc-poc sauvage, ti-poc-poc (Fr).
- Ashwagandha, winter cherry, Indian ginseng, poison gooseberry (En).
- Erva moura sonífera, pontadeira, malagueta de galinha, uva caneça (Po).
- Mtemua shamba, mhulapori (Sw).
Origine et répartition géographique
L’aire de répartition de Withania somnifera va des Îles Canaries et de la Méditerranée jusqu’à la Chine, en passant par l’Afrique, le Proche-Orient, l’Inde et le Sri Lanka. Il est également présent en Australie. En Afrique, il se rencontre à l’état sauvage ou naturalisé dans toutes les régions sèches du continent y compris l’Afrique du Sud ainsi que dans plusieurs îles de l’océan Indien. Withania somnifera est utilisé depuis des temps très reculés ; la littérature ayurvédique en parle comme d’un remède important, mais il est difficile de dire avec certitude si la substance médicamenteuse décrite alors était bien Withania somnifera. Il est surtout récolté sur des peuplements sauvages, mais en Inde on le cultive depuis des siècles, essentiellement au Madhya Pradesh et au Rajasthan.
Usages
Withania somnifera a plus d’importance comme plante médicinale en Inde qu’en Afrique. En médecine ayurvédique, il est utilisé depuis des siècles comme “rasayana”, groupe de remèdes qui améliore l’état général tant physique que mental et augmente la longévité et la vitalité en rajeunissant l’organisme. On lui prête aussi des vertus narcotiques, hypnotiques, aphrodisiaques, hépatotoniques, purgatives et diurétiques, et il s’emploie contre la tuberculose, la débilité sénile, la nervosité, les rhumatismes, les furoncles, les plaies, l’hydropisie, la toux et le hoquet, ainsi que pour déclencher les avortements. Un onguent à base de feuilles s’applique sur les plaies et les escarres. On l’utilise à la place du ginseng (Panax ginseng C.A.Mey.), mais son mode d’action est différent. En Inde, on applique l’extrait de plante aussi sur la peau comme antidote du venin de cobra.
En Afrique, bien qu’il soit moins populaire qu’en Inde, Withania somnifera a de nombreux usages médicinaux. Au Cap-Vert, l’infusion de feuilles se prend pour purifier le sang. Plusieurs préparations issues de cette plante sont diurétiques et servent à purifier l’organisme de la gonorrhée. En Ethiopie, la plante est utilisée dans le traitement de la toux, de l’asthme et de l’épilepsie. En Somalie, on agite la fumée de la plante en train de se consumer au-dessus de patients souffrant d’une mauvaise circulation sanguine. Ecrasées avec des parties d’autres plantes, les feuilles ou les racines sont utilisées comme abortif. Les feuilles sont administrées pour leurs vertus purgatives et pour traiter les douleurs affectant l’ensemble du corps. Les cendres de feuilles en friction servent à traiter les ulcères et la gingivite. Les feuilles, ou la décoction de feuilles, sont utilisées contre l’érysipèle et les hémorroïdes. La poudre de feuille ou de racine, cuite dans de la graisse, s’applique en pommade sur les plaies, les abcès ou contre la variole. Le jus des feuilles s’applique sur les pustules de charbon, et la viande infectée par le charbon est cuite dans de l’eau où l’on a ajouté des feuilles. Le jus de feuilles s’utilise en gouttes dans l’oreille pour guérir les otites purulentes. Les feuilles ou les racines sont également employées dans des préparations contre les plaies ouvertes mal cicatrisées. A Madagascar, l’infusion de plante est utilisée pour traiter l’asthme. Sur l’île Maurice, un cataplasme de feuilles fraîches et de racines est appliqué sur les membres souffrant de rhumatismes. La plante est aussi employée pour ses vertus toniques, aphrodisiaques, et pour traiter les affections cutanées.
Les racines écrasées ou la poudre de racine s’utilisent dans des remèdes contre la teigne. La poudre de racine mélangée à du lait se boit pour ses vertus aphrodisiaques. La décoction de racine se boit pour traiter la dysurie, la gonorrhée ou les troubles digestifs, tandis que la macération de racines s’administre en lavement contre l’inflammation gangréneuse du rectum. La décoction d’écorce de racine se boit pour traiter l’asthme. Les racines sont utilisées pour leurs vertus abortives, ce qui semble en contradiction avec l’usage qu’on en fait en Afrique du Sud pour améliorer la fertilité des femmes sujettes aux fausses couches, ou leur utilisation en Somalie pour réguler les menstruations. En Afrique australe, les effets hypnotiques d’un extrait alcoolisé sont employés dans le traitement de l’alcoolisme, de la tuberculose et de l’emphysème. En Somalie, la décoction de racine est administrée aux enfants fébriles au sommeil agité, par ex. par des cauchemars ; des préparations de feuilles broyées en friction produisent les mêmes effets. Des racines grillées sont déposées autour des maisons pour repousser les serpents et les scorpions.
En médecine vétérinaire en Afrique australe, un onguent contenant des fruits verts, des tiges et des feuilles s’applique sur les blessures causées par les sangles et les selles.
Les feuilles sont parfois consommées par les chèvres et même par les humains comme légume, mais plusieurs sources signalent leur toxicité. Les fruits sont riches en saponines et peuvent remplacer le savon ; ils ont également un effet émétique. Les graines sont utilisées pour faire cailler le lait dans la fabrication des fromages. Les feuilles ont des propriétés répulsives contre les insectes.
Production et commerce international
La racine de Withania somnifera est en forte demande sur le marché des substances médicamenteuses brutes. Les besoins annuels du marché indien ont été évalués à 9000 t (2004/2005). Le prix actuel payé au producteur de racines en Inde est de US$ 1,50 par kg.
Propriétés
Les analyses pharmacochimiques de Withania somnifera ont révélé la présence d’un nombre très important de composés bioactifs. Les chercheurs se sont d’abord intéressés à ses alcaloïdes, dont les alcaloïdes des types pipéridine et pyrrolidine, l’anaférine, l’anahygrine, l’isopellétierine et la cuscohygrine, et les alcaloïdes du type tropane, la pseudotropine, la tropine et leurs dérivés. Actuellement, les chercheurs s’intéressent surtout aux lactones stéroïdiques du type ergostane, dont les plus importantes sont la withaférine A et un certain nombre de withanolides (en particulier la withanolide E), des witha-diénolides, des withasomniférols et la withanone, ainsi qu’aux hétérosides apparentés que l’on appelle sitoindosides et withanosides. Un thiowithanolide dimère, l’ashwagandhanolide, a été isolé des racines.
En Inde, on trouve couramment sur le marché un extrait aqueux à l’alcool des racines vendu sous le nom d’ “ashwagandha”. Des extraits des différentes parties de la plante et leurs composés actifs ont un large spectre d’activités pharmacologiques, et leurs effets antioxydants ou la modulation de processus oxydants, jouent un rôle prédominant. D’importantes recherches ont été menées sur leurs effets sur la stimulation cérébrale, les maladies cardiaques, l’anxiété et le stress, la maladie de Parkinson, le venin de serpent, l’inflammation, l’immunomodulation et surtout le cancer.
La withaférine A et les sitoindosides VII-X en prise quotidienne chez des rats augmentent le niveau des principaux enzymes de piégeage des radicaux libres (superoxyde dismutase, catalase, glutathione peroxydase) d’une façon dose-dépendante. Dans des essais menés sur des rats, l’extrait de racine aqueux à l’alcool a montré des effets cardioprotecteurs positifs. Lorsque l’on étudie ses effets sur le foie, on s’aperçoit qu’il produit le même effet protecteur sur le foie de rats traités avec une surdose toxique de fer. Les sitoindosides extraits de racines ont révélé des propriétés antidépressives et anti-anxiogènes significatives avec plusieurs modèles utilisant des rats. Lors d’un essai destiné à tester le stress chronique chez des rats, un extrait de racine a été comparé à un extrait de Panax ginseng ; tous deux ont eu une action positive sur plusieurs des symptômes du stress chronique, mais l’extrait de Withania somnifera n’a pas provoqué le syndrome d’abus de ginseng, ce qui montre que son mode d’action est différent. Des essais de renforcement cognitif d’un extrait aqueux à l’éthanol contenant de la withaférine A et des sitoindosides, menés sur des modèles utilisant des rats et des souris, ont eu des effets positifs sur la transmission du signal cholinergique dans le prosencéphale, qui pourraient expliquer en partie cet effet de renforcement cognitif. Des souris auxquelles on avait injecté de l’amyloïde-β issu de plaques prélevées sur des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ont présenté une moindre dégénérescence tant au niveau de la mémoire que de leurs neurones lorsqu’on leur injectait simultanément du withanoside IV. Une administration chronique d’ashwagandha a mis fin à des déficits mémoriels induits à la réserpine et à la scopolamine ; l’extrait a eu aussi des effets consolidants sur la mémoire de souris soumises à des électrochocs convulsifs chroniques. L’ashwagandha a en outre annulé ou atténué la catalepsie, la dyskinésie tardive et les effets toxiques de la 6-hydroxydopamine (6-OHDA), ce qui pourrait fournir des pistes au traitement de la maladie de Parkinson. Des extraits aqueux à l’alcool des racines ont fait ressortir des effets positifs sur le cartilage de patients arthrosiques, tant in vitro qu’in vivo lors d’essais sur des rats.
Les effets immunomodulateurs des withanolides ont fait l’objet d’études approfondies. Un renforcement du nombre des leucocytes et de leur activité, ainsi qu’une inhibition de l’hypersensibilité de type retardé figurent au nombre des processus signalés. Dans des essais sur des souris traitées avec des substances responsables de lésions à la moelle osseuse, les glyco-withanolides, dont les sitoindosides IX et X, ont augmenté le nombre de plaquettes et de globules rouges et blancs et accru l’activité des macrophages péritonéaux et des enzymes lysosomaux. Une administration d’ashwagandha a également empêché la disparition de la motilité des macrophages ainsi que la suppression de la production de l’interleukine-1 et du facteur-α de nécrose des tumeurs.
Chez des souris nourries avec des extraits aqueux de racine, on a constaté une moindre mortalité due à Bordetella pertussis, l’agent causal de la toux sifflante, comparé aux animaux témoins. Dans une autre série d’essais, on a observé qu’une administration intrapéritonéale d’extrait de racine à des souris augmentait le nombre des leucocytes, le nombre des cellules de moelle osseuse et les cellules formatrices d’anticorps. Dans un essai de Mantoux, on a empêché l’hypersensibilité retardée.
Les propriétés des extraits de racine de Withania somnifera sont très prometteuses dans les traitements anticancéreux, et plusieurs études mettent en évidence leur corrélation avec les effets antioxydants. Les extraits n’ont pas seulement un effet sur le développement des tumeurs, mais aussi des effets adjuvants positifs dans les radiothérapies et les chimiothérapies. Dans un essai in vitro, la withaférine A a inhibé la croissance de lignées de cellules cancéreuses humaines du sein, du système nerveux central, du côlon et du poumon. Une autre étude récente a permis d’établir qu’un extrait au chloroforme d’ashwagandha empêchait la prolifération des cellules en interrompant la mitose et en inhibant l’angiogenèse sur plusieurs modèles. La relation entre les propriétés antioxydantes de l’extrait de racine et le cancer a été montrée lors d’un essai sur des souris présentant des tumeurs pulmonaires induites par benzopyrène. L’extrait a renforcé l’action du paclitaxel, un médicament anticancéreux. Chez des souris traitées au benzopyrène et auxquelles on avait administré à la fois l’extrait et le paclitaxel, les niveaux d’activité de l’ATPase se sont avérés aussi faibles que chez les souris témoins non traitées. Des niveaux d’ATPase élevés sont une indication de stress oxydant accompagnant par exemple le cancer. Les effets radiosensibilisants de l’extrait de racine et de la withaférine A ont été confirmés par plusieurs études, comme par ex. sur des tumeurs du fibrosarcome et sur des mélanomes plus radiorésistants chez des souris. L’extrait aqueux à l’alcool de racine a eu un effet positif sur le système immunitaire de souris saines et de souris traitées aux mitogènes et atteintes de tumeurs. L’extrait a stimulé la prolifération de cellules de la rate, de lymphocytes, de cellules de moelle osseuse et de thymocytes en réponse à des mitogènes. Les effets d’extrait aqueux de feuilles sur des cellules cancéreuses ont été étudiés principalement in vitro. On a constaté que l’ostéocarcinome et les cellules de cancer du sein en culture, traitées avec l’extrait, montrent une réduction de leur prolifération et des symptômes de sénescence moins prononcés. Les cellules exposées à un important stress oxydant sont devenues plus sensibles à des lésions par oxydation après traitement avec l’extrait de feuille. Les withanolides inhibent les enzymes de la cyclo-oxygénase, la peroxydation lipidique et la prolifération de cellules tumorales en agissant grâce à une modulation de l’activation du facteur de transcription nucléaire kappa-B (NF-κB) et la régulation par NF-κB de l’expression de gènes qui régulent la prolifération cellulaire, la carcinogenèse, les métastases et l’inflammation.
Un ajout de poudre de racine dans l’alimentation de rats a permis de constater des effets hypoglycémiques tant chez les rats sains que les rats hyperglycémiques. Dans des essais sur des rats et des souris, on s’est aperçu qu’une fraction hydrosoluble sans whitanolide des racines avait eu une activité anti-stress significative avec effet lié à la dose. Bien que l’ashwagandha soit utilisé comme aphrodisiaque, l’ajout de la poudre de racine dans l’alimentation des rats mâles affaiblissait leur libido et leurs performances sexuelles. L’extrait méthanolique des racines a montré une importante activité antibactérienne contre toutes sortes de bactéries. Une administration par voie orale de l’extrait a guéri une infection à Salmonella chez des souris. Sur des extraits d’écorce de tige provenant de plantes kenyanes on a procédé à des essais pour détecter une éventuelle activité contre Plasmodium falcifarum, mais l’effet constaté était négligeable. Lorsque l’on a étudié les propriétés anti-venin de serpent de Withania somnifera, on a découvert qu’une glycoprotéine isolée d’un extrait aqueux de la plante neutralisait les effets toxiques de la phosphalipase A2 du venin de cobra. Cependant, il se peut que son mode d’action soit trop lent pour servir de base à des développements pharmacologiques.
Des effets secondaires ont été rarement signalés dans l’utilisation médicinale de l’ashwagandha, mais un cas de thyrotoxicose consécutif à son utilisation a été observé aux Pays-Bas. Les symptômes ont disparu lorsque le traitement a été arrêté.
Description
- Arbuste sempervirent, érigé ou étalé, rarement décombant, de 60–100(–200) cm de haut ; parties jeunes densément couvertes de courts poils étoilés ; racines trapues, charnues, brun pâle ; tige ligneuse à la base, abondamment ramifiée.
- Feuilles alternes, celles du haut généralement presque opposées, simples ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–3,5 cm de long, engainant à la base ; limbe ovale à obovale, de 2,5–17,5 cm × 1–7 cm, base légèrement inégale, obtuse à cunéiforme, apex aigu à obtus, bords entiers à sinués, couvert de poils étoilés blanchâtres, devenant plus rares par la suite. Inflorescence : glomérule axillaire de 2–8 fleurs.
- Fleurs érigées ou pendantes, bisexuées, 5-mères, régulières, jaunâtres à blanc verdâtre ; pédicelle de 2–5 mm de long, s’étendant à 9 mm chez le fruit ; calice campanulé, tube de 3–5,5 mm de long, lobes triangulaires à presque linéaires, de 1–3 mm de long, densément couvert de poils étoilés ; corolle campanulée ou en entonnoir, de 5–8 mm de long, poilue, lobes triangulaires, de 2–2,5 mm de long ; étamines insérées à proximité de la base de la corolle et alternant avec les lobes, à peine exsertes, filet de 2,5–3 mm de long, anthères formant un cône autour du style, atteignant 1 mm de long ; disque annulaire ; ovaire supère, ovoïde, de 1–2 mm × 0,5–1,5 mm, 2-loculaire, stigmate capité.
- Fruit : baie globuleuse retombante, de 5–7 mm de diamètre, orange à rouge, contenant de nombreuses graines, enfermée dans un calice persistant, membraneux à papyracé, de 10–24 mm × 8–17 mm, plus ou moins pentagonal, brunâtre.
- Graines lenticulées à réniformes, de 2–2,5 mm × 1,5–2 mm, orange, rouge vif ou brun pâle, à rides réticulées.
- Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Le genre Withania comprend environ 10 espèces et est indigène des régions chaudes et tempérées de l’Ancien Monde. Sur le plan morphologique et chimique, il s’apparente à Physalis. Withania somnifera est la seule espèce présente en Afrique. Les plantes cultivées d’Inde diffèrent de leurs homologues sauvages par leur morphologie ainsi que par la quantité des divers composants chimiques présents. Elles ont été classées dans une espèce distincte, Withania ashwagandha Kaul, mais aujourd’hui on ne les considère plus comme une espèce à part.
Croissance et développement
La floraison a lieu toute l’année. Les fleurs sont autofertiles, mais elles sont également butinées par les abeilles.
Ecologie
Withania somnifera est présent sur les sols perturbés, le long des routes, sur les terres cultivées, sur les termitières en savane herbeuse, en savane boisée et au bord des rivières, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2300 m d’altitude. Il est cultivé dans des régions où la pluviométrie annuelle est de 500–750 mm et préfère les sols bien drainés ; l’immersion lui est préjudiciable. Il pousse bien dans les limons sableux et les sols argileux rouges pierreux au pH de 7,5–8. Il se plait en plein soleil, mais il tolère un relatif ombrage.
Multiplication et plantation
Withania somnifera est multiplié par graines, semées en pépinière ou directement au champ. Le travail classique du sol consiste en plusieurs labours et le façonnage de planches pour préparer un lit de semis sans mauvaises herbes. En pépinière, les graines sont semées au début de la saison des pluies et il en faut (0,5–)2–5 kg/ha. Un traitement fongicide est recommandé. La germination débute au bout de 10–12 jours. Les semis atteignent en 25–30 jours la taille suffisante pour pouvoir être repiqués au champ, habituellement à un espacement de 60 cm × 60 cm. Pour un semis direct au champ, soit en ligne soit à la volée, il faut 5–10 kg de graines par ha. La profondeur de semis est de 1–3 cm. Lorsque les semis ont 2–4 feuilles, on les éclaircit à un espacement d’environ 15 cm × 15 cm.
Gestion
En Inde, Withania somnifera est cultivé comme annuelle. Un seul désherbage manuel en début de culture est souvent suffisant. On applique rarement du fumier ou des engrais qui, croit-on, produisent des plantes très feuillées aux racines de mauvaise qualité, mais dans des essais, des applications modérées de N (50 kg/ha) et de P (25 kg/ha) ont fait croître les rendements de plus de 800 kg/ha et donné des racines plus épaisses.
Maladies et ravageurs
Il n’est fait état d’aucune maladie ou ravageur important. La fonte des semis et la pourriture des racines des jeunes plants provoquées par Fusarium solani peuvent être traitées par enrobage des semences ou une application de fongicides.
Récolte
En Inde, les cultures se mettent à fleurir en décembre et sont prêtes pour la récolte en janvier–mars, 6 mois environ après le semis, lorsque les feuilles commencent à faner et que les fruits sont mûrs. On arrache les plantes entières, et on coupe les racines à environ 2 cm au-dessus du collet. Les fruits se récoltent à la main.
Rendement
En Inde, les rendements d’une bonne culture sont de 650–800 kg/ha de racines fraîches (350–450 kg/ha de racines sèches), mais la moyenne est de 300–500 kg/ha. Le rendement moyen en graines est de 50–75 kg/ha.
Traitement après récolte
Après un nettoyage méticuleux, on débite les racines en tronçons de 7–10 cm de long, on les fait sécher et on les calibre. On fait également sécher les fruits, et on ôte les graines en écrasant les fruits secs.
Ressources génétiques
Withania somnifera est présent à l’état naturel ou s’est naturalisé dans de nombreux endroits des tropiques. Bien que qu’il ne soit commun nulle part, il ne risque pas d’être menacé d’érosion génétique. Le Regional Research Laboratory de l’Indian Council of Agricultural Research (ICAR), de Jammu Tawi, en Inde, entretient une collection de ressources génétiques.
Sélection
Plusieurs cultivars améliorés ont été mis sur le marché en Inde, dont ‘Rakshita’, ‘Poshita’, ‘WS-20’ et ‘WS-22’.
Perspectives
Etant donné le potentiel médicinal que présente Withania somnifera, les perspectives d’une exploitation plus approfondie s’annoncent prometteuses. La recherche moderne a confirmé l’activité de la substance médicamenteuse, même si jusqu’à présent cela n’a pas débouché sur l’homologation d’un médicament en médecine générale. L’efficacité et la relative innocuité de cette plante, alliées à une facilité de multiplication, semblent justifier la plantation de Withania somnifera à des fins médicinales. Néanmoins, il est nécessaire de procéder à une normalisation de l’ashwagandha comme remède pour qu’il puisse être intégré aux pharmacopées.
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Sources de l'illustration
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Auteur(s)
- A. Gurib-Fakim, Faculty of Science, University of Mauritius, Réduit, Mauritius
Citation correcte de cet article
Gurib-Fakim, A., 2008. Withania somnifera (L.) Dunal. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 6 mars 2025.
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