Urtica massaica (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Médicinal | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Urtica massaica Mildbr.
- Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin-Dahlem 8 : 275 (1923).
- Famille: Urticaceae
Synonymes
Noms vernaculaires
Ortie massaïe (Fr). Maasai stinging nettle, forest nettle (En). Mpupu (Sw).
Origine et répartition géographique
Urtica massaica est présent dans l’est de la R.D. du Congo, au Rwanda, au Burundi, au Kenya, en Ouganda et au nord de la Tanzanie.
Usages
Les feuilles d’Urtica massaica sont consommées bouillies, après avoir fané, ou utilisées jeunes et sans cuisson, comme c’est le cas pour plusieurs autres espèces d’Urtica partout dans le monde. En Tanzanie, ce légume est considéré comme un aliment de famine, mais en Ouganda, il est localement plus apprécié et fréquemment consommé.
Les Massaï utilisent les feuilles pour soigner les maux d’estomac. Dans la région de Kisii au Kenya, les feuilles sont utilisées pour traiter le paludisme. En Tanzanie, les racines et feuilles macérées sont utilisées dans le traitement de maladies hépatiques. Au Rwanda et au Burundi, Urtica massaica est utilisé seul et en mélange avec d’autres espèces de plantes pour traiter de nombreuses affections : ecchymoses, blessures, fractures, maladies vénériennes, rhumatisme et incontinence urinaire. En Ouganda, les feuilles sont utilisées comme répulsif contre les rats et pour éviter que le bétail ne broute les cultures.
Propriétés
Aucun extrait d’Urtica massaica ayant fait l’objet d’essais n’a montré d’activité in vitro contre Plasmodium falciparum. Un extrait brut d’Urtica massaica a été testé contre les agents pathogènes du sol (Fusarium oxysporum, Alternaria passiflorae et Aspergillus niger), mais il n’a pas montré d’activité biologique sur ces agents pathogènes. La piqûre d’Urtica massaica est douloureuse mais disparaît après quelques minutes. L’acétylcholine, l’histamine et la 5-hydroxytryptamine sont responsables des démangeaisons dues aux poils urticants d’autres espèces d’Urtica.
Botanique
Plante herbacée vivace, dioïque, érigée, peu ramifiée, atteignant 2 m de haut ; rhizome rampant ; toutes les parties couvertes de poils urticants de 1,5–2 mm de long. Feuilles opposées, simples ; stipules fusionnées, interpétiolaires, de 1–2 cm de long ; pétiole atteignant 4,5 cm de long ; limbe ovale, de 7–13 cm × 6–10,5 cm, base cordée, apex aigu à courtement acuminé, bord habituellement doublement denté en scie. Inflorescence : panicule cymeuse axillaire, lâche, atteignant 4,5 cm de long, 4 à chaque nœud. Fleurs unisexuées, régulières, 4 -mères, d’environ 1 mm de long, à tépales libres en 2 paires inégales ; fleurs mâles à 4 étamines et à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles sessiles, à ovaire supère, ovoïde, 1-loculaire. Fruit : akène ovoïde, aplati, d’environ 1 mm de long.
Urtica comprend environ 80 espèces et est presque cosmopolite, la plupart des espèces étant présentes dans les régions tempérées de l’hémisphère nord et environ 5 espèces en Afrique, dont 2 sont des adventices introduites. Urtica simensis Hochst. ex A.Rich., une espèce endémique à l’Ethiopie, est également utilisée comme légume ; on peut la distinguer par ses stipules plus petites et le bord de ses feuilles simplement denté en scie, et elle est moins robuste. On a signalé Urtica dioica L. en Afrique tropicale (R.D. du Congo, Ethiopie), probablement comme adventice introduite dans les jardins, mais sa présence n’est pas confirmée par les spécimens d’herbiers. En Afrique du Sud et dans de nombreuses autres régions du monde, ses feuilles sont utilisées comme légume. Elle est largement utilisée en médecine pour soigner l’asthme, les allergies, la toux, le rhumatisme, les symptômes de l’hyperplasie prostatique bénigne et les membres paralysés, et elle a été recommandée comme diurétique et comme antispasmodique ainsi que pour favoriser la croissance des cheveux.
Ecologie
Urtica massaica est présent dans les clairières et dans les ouvertures naturelles de la forêt pluviale et le bush humide sempervirent, souvent à proximité des habitations humaines. Il est présent principalement à des altitudes de 1500–3250 m et est souvent associé au buffles. Dans les zones de pâturage, il est considéré comme une adventice importante. En Ouganda, c’est un composant important de la végétation des champs abandonnés et des clairières de forêt où pâturent des animaux.
Gestion
Pour stimuler la croissance des pousses tendres, on coupe les vieilles tiges. La récolte doit être effectuée en se protégeant les mains à cause des poils urticants.
Ressources génétiques
Urtica massaica est commun dans son aire de répartition et n’est pas menacé d’érosion génétique. Une seule entrée est maintenue comme ressource génétique par la National Genebank du Kenya.
Perspectives
Comme légume, Urtica massaica gardera seulement une importance locale. L’intérêt général porté à d’autres espèces d’Urtica pour leurs propriétés médicinales, associé aux très nombreux usages d’Urtica massaica en médecine traditionnelle, pourrait finalement attirer l’attention de la recherche phytochimique.
Références principales
- Friis, I., 1989. Urticaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 64 pp.
- Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
- Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.
- Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
Autres références
- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
- Maitai, C.K., Talalaj, S., Njoroge, D. & Wamugunda, R., 1990. Effect of extract of hairs from the herb Urtica massaica, on smooth muscle. Toxicon 18(2): 225–229.
- Marshall, F., 2001. Agriculture and use of wild and weedy greens by the Piik ap Oom Okiek of Kenya. Economic Botany 55(1): 32–46.
- Muregi, F.W., Chhabra, S.C., Njagi, E.N.M., Lang'at Thoruwa, C.C., Njue, W.M., Orago, A.S.S., Omar, S.A. & Ndiege, I.O., 2003. In vitro antiplasmodial activity of some plants used in Kisii, Kenya against malaria and their chloroquine potentiation effects. Journal of Ethnopharmacology 84(2–3): 235–239.
- Ngigi, A.N. & Ndalut, K., 2000. Evaluation of natural products as possible alternatives to methyl bromide in soil fumigation. [Internet] http://www.epa.gov/ozone/mbr/airc/2000/69ndalut.pdf. 18 September 2003.
Auteur(s)
- C.H. Bosch
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
- R.R. Schippers
De Boeier 7, 3742 GD Baarn, Netherlands
Consulté le 17 décembre 2024.
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