Urochloa mosambicensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Urochloa mosambicensis (Hack.) Dandy


Protologue: Journ. Bot. 69 : 54 (1931).
Famille: Poaceae (Gramineae)
Nombre de chromosomes: 2n = 28, 30, 42

Noms vernaculaires

  • Sabi grass, common urochloa, bushveld signal grass (En).

Origine et répartition géographique

Urochloa mosambicensis est réparti depuis le Kenya jusqu’en Afrique du Sud ; il a été introduit comme plante de pâturage dans de nombreux autres pays tropicaux, notamment au Ghana et à Madagascar. Il a été introduit en Australie au début du XXe siècle, où il est devenu une plante fourragère importante pour l’élevage bovin du nord du pays.

Usages

En Afrique australe, le grain d’Urochloa mosambicensis est généralement utilisé comme céréale ; les grains moulus sont transformés en bouillie. Urochloa mosambicensis est une plante de pâturage utile, résistante à la sécheresse, bien appétée, qui convient aussi pour faire du foin. Elle est semée comme plante de pâturage en Afrique orientale et australe, à Madagascar, en Inde, au Sri Lanka et en Australie. En Afrique du Sud, on la sème pour améliorer les prés surpâturés. En Inde, elle sert à lutter contre l’érosion des sols. En Australie, elle joue un rôle dans la réhabilitation des sites miniers.

Propriétés

Les jeunes feuilles vertes d’Urochloa mosambicensis contiennent typiquement jusqu’à 2,5% N, 0,2% P et sont digestibles à 65–70%. En fin de saison des pluies, ces valeurs atteignent 1,2%, 0,15% et 55–60% respectivement. La qualité des feuilles et des tiges sèches est bien inférieure et celles-ci contiennent en général 0,5% N et 0,2% P. Aucune information sur les caractéristiques nutritionnelles du grain n’est disponible.

Description

  • Graminée vivace, cespiteuse ou stolonifère, jusqu’à 1,5 m de haut ; tige (chaume) ascendante, formant parfois des racines aux nœuds inférieurs.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; gaine soyeusement pubescente ; ligule réduite à une membrane ciliée ; limbe linéaire, de 2–30 cm × 3–20 mm, vert pâle à vert clair, plus ou moins poilu.
  • Inflorescence composée de 2–20 grappes portées par un axe central de 3–15 cm de long ; grappes de (1–)2–9(–14) cm de long, portant des épillets solitaires sur un rachis étroitement ailé.
  • Epillet ovale, de 2,5–5,5 mm × 1,5–3 mm, glabre ou poilu, acuminé, à 2 fleurs avec la fleur inférieure mâle et la fleur supérieure bisexuée ; glume inférieure elliptique-oblongue, plus courte que l’épillet, 3-nervée, brillante, glume supérieure aussi longue que l’épillet, 5-nervée avec des nervures transversales, granuleuse à rugueuse, avec un mucron ; lemme acuminée, coriace, 5-nervée, mucronée, paléole plus courte que la lemme ; étamines 3 ; ovaire supère, à 2 stigmates plumeux.
  • Fruit : caryopse (grain) fortement aplati, de couleur chamois ou crème.

Autres données botaniques

Le genre Urochloa comprend environ 12 espèces réparties dans les tropiques de l’Ancien Monde, essentiellement en Afrique. Il se distingue du genre apparenté Brachiaria par la forme et l’orientation des épillets mais la frontière entre les deux genres reste floue en raison du nombre d’espèces intermédiaires. Il a été proposé d’intégrer presque complètement Brachiaria dans le genre Urochloa, ce qui ferait d’Urochloa un grand genre de 120 espèces, avec une répartition pantropicale. A l’intérieur même d’Urochloa, il est parfois difficile de séparer les espèces. Urochloa mosambicensis est la contrepartie vivace de l’espèce annuelle Urochloa trichopus (Hochst.) Stapf, qui ne possède pas de bourgeons dormants à la base. Le grain d’Urochloa brachyura (Hack.) Stapf, espèce répartie en Afrique orientale et australe, est consommé en Namibie ; la plante est aussi pâturée par les animaux.

Les graines d’Urochloa mosambicensis germent au début de la saison des pluies et la croissance végétative continue jusqu’à ce que l’eau du sol soit épuisée. La floraison débute 3–4 semaines après le début de la saison des pluies et se prolonge jusqu’à la fin de la croissance. Les graines arrivent à maturité en l’espace de 3–4 semaines. L’espérance de vie des feuilles varie entre 5–25 semaines, en fonction essentiellement de l’approvisionnement en eau. Les plantes ont en général une courte durée de vie (3–4 ans). Urochloa mosambicensis est une apomictique obligatoire. Elle a une photosynthèse en C4.

Ecologie

Dans son aire naturelle, on trouve Urochloa mosambicensis jusqu’à 1600 m d’altitude, dans des régions où la moyenne annuelle des précipitations est de 400–1200(–1600) mm, dans les savanes boisées et herbeuses, souvent en milieu perturbé ou dans les zones surpâturées (par ex. les jachères, ou en bord de routes). Il pousse sur une grande variété de sols, mais préfère les sols légers, assez fertiles. Dans le nord de l’Australie, il devient dominant après les incendies.

Gestion

Les grains d’Urochloa mosambicensis sont en général récoltés dans la nature, mais quelquefois la plante est cultivée dans les jardins à côté du maïs. Le poids de 1000 graines est de 1–1,7 g. Les graines fraîches sont dormantes, mais ce phénomène cesse au bout de 9–12 mois de stockage. La dormance peut être levée par un broyeur à marteaux qui détruit la lemme dure. En Inde, on pratique aussi la multiplication végétative d’Urochloa mosambicensis, au moyen de boutures enracinées. Pour les pâturages, un taux de semis de 4 kg/ha est recommandé, ou bien de 2 kg/ha lorsqu’il est associé avec d’autres espèces de pâturages. Urochloa mosambicensis vient bien lorsqu’il est cultivé en association avec des légumineuses et il est couramment cultivé avec Stylosanthes spp. Pour récolter les grains, on cueille les inflorescences encore légèrement vertes et on les étale au soleil pour les sécher. Une fois secs, les grains sont facilement égrenés par frottage et ils sont moulus. Des rendements en grain de 100–300 kg/ha par an ont été enregistrés en Australie. Pour les pâturages, on obtient des rendements en matière sèche de 1–8 t/ha par an.

Ressources génétiques

Les plus importantes collections de ressources génétiques d’Urochloa mosambicensis sont détenues par l’Australie (Australian Tropical Crops & Forages Genetic Resources Centre, Biloela, Queensland, 73 entrées, essentiellement en provenance des pays d’Afrique ; et au CSIRO Townsville Division of Tropical Crops and Pastures, Townsville, Queensland, 63 entrées). En Afrique, 18 entrées sont conservées en Afrique du Sud (Grassland Research Centre, Department of Agricultural Development, Pretoria), 7 entrées en Ethiopie (Institut international de recherche sur le bétail (ILRI), Addis Abeba) et 7 entrées au Kenya (National Genebank of Kenya, Crop Plant Genetic Resources Centre, KARI, Kikuyu). Etant donné l’ampleur de sa répartition et son abondance, Urochloa mosambicensis n’est pas menacé d’érosion génétique.

La collection détenue à Biloela a fait l’objet d’évaluations pour une série de caractères morphologiques et agronomiques, et une diversité considérable a été mise en évidence en termes de précocité, développement des stolons, taille de la plante et rendement. Des cultivars d’Urochloa mosambicensis ont été enregistrés en Australie, tels que ‘Nixon’ et ‘Saraji’.

Perspectives

Urochloa mosambicensis est une céréale sauvage utile en Afrique australe, mais elle a davantage d’avenir comme plante de pâturage pour les régions tropicales semi-arides. Les qualités nutritionnelles des grains devraient être évaluées par la recherche.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
  • Clayton, W.D., 1989. Gramineae (Paniceae, Isachneae and Arundinelleae). In: Launert, E. & Pope, G.V. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 10, part 3. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. 231 pp.
  • Hanelt, P. & Institute of Plant Genetics and Crop Plant Research (Editors), 2001. Mansfeld’s encyclopedia of agricultural and horticultural crops (except ornamentals). 1st English edition. Springer Verlag, Berlin, Germany. 3645 pp.
  • McIvor, J.G., 1992. Urochloa mosambicensis (Hack.) Dandy. In: ’t Mannetje, L. & Jones, R.M. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 4. Forages. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 230–231.
  • Pengelly, B.C. & Eagles, D.A., 1999. Agronomic variation in a collection of perennial Urochloa spp. and its relationship to site of collection. Genetic Resources Communication 29: 1–13.

Autres références

  • Bogdan, A.V., 1977. Tropical pasture and fodder plants (grasses and legumes). Longman, London, United Kingdom. 475 pp.
  • Clayton, W.D. & Renvoize, S.A., 1982. Gramineae (part 3). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 451–898.
  • Gibbs Russell, G.E., Watson, L., Koekemoer, M., Smook, L., Barker, N.P., Anderson, H.M. & Dallwitz, M.J., 1990. Grasses of Southern Africa: an identification manual with keys, descriptions, distributions, classification and automated identification and information retrieval from computerized data. Memoirs of the Botanical Survey of South Africa No 58. National Botanic Gardens / Botanical Research Institute, Pretoria, South Africa. 437 pp.
  • Mackay, J.H.E., 1974. Register of Australian herbage plant cultivars. A. Grasses. 15. Urochloa. a. Urochloa mosambicensis (Hack.) Dandy (sabi grass) cv. Nixon (reg. no. A–15a–1). Journal of the Australian Institute of Agricultural Science 40(1): 89–91.
  • Prakash, V. & Uniyal, B.P., 1980. Urochloa mosambicensis (Hack.) Dandy (Poaceae) in India. Bulletin of the Botanical Survey of India 22(1–4): 210–212.
  • van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
  • Veldkamp, J.F., 1996. Brachiaria, Urochloa (Gramineae - Paniceae) in Malesia. Blumea 41: 413–437.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2006. Urochloa mosambicensis (Hack.) Dandy. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 26 avril 2019.


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