Triumfetta annua (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg



Triumfetta annua L.




Protologue: Mant. pl. 1 : 73 (1767).
Famille: Tiliaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 20

Synonymes

Noms vernaculaires

Herbe à panier (Fr). Burweed (En). Kibosa (Po).

Origine et répartition géographique

Triumfetta annua se rencontre depuis le Nigeria jusqu’à l’Ethiopie et l’Erythrée, et vers le sud jusqu’à l’Afrique du Sud, ainsi qu’à Madagascar, et également en Asie méridionale et orientale. Il est cultivé localement.

Usages

En Afrique orientale et australe, par ex. en Ouganda et au Malawi, Triumfetta annua est consommé comme légume-feuilles, et consommé cuit à l’eau comme un condiment mucilagineux ressemblant à l’épinard. Il est principalement cueilli dans la nature et rarement cultivé. Au Nigeria et au Cameroun, on utilise l’épiderme des jeunes tiges vertes, appelées “bâton gluant” (“slimy stick”), pour en extraire un exsudat mucilagineux servant à la préparation d’une soupe gluante appelée “nkwi”, très appréciée notamment dans la tribu des Bamilékés au Cameroun. La substance gluante est principalement utilisée comme aliment pour les bébés et les jeunes enfants qui ne peuvent pas encore manger des féculents grossiers. En raison de sa valeur énergétique élevée, la soupe “nkwi” est souvent la première nourriture donnée aux femmes qui viennent d’accoucher. On l’utilise aussi en amuse-gueule. L’écorce fibreuse est utilisée pour faire des cordes, comme celle des autres espèces de Triumfetta.

Production et commerce international

La demande de feuilles et de jeunes tiges sur les marchés est limitée. La plupart des gens qui préparent de la soupe “nkwi” cultivent quelques plantes chez eux, et la vente de la soupe préparée est bien plus lucrative que celle des jeunes tiges. Aucune donnée n’est disponible sur la production et les rendements, et le commerce international est inexistant ou très limité.

Propriétés

La composition nutritionnelle des feuilles de l’herbe à panier (Triumfetta sp.) par 100 g de partie comestible est la suivante : eau 78,4 g, énergie 285 kJ (68 kcal), protéines 4,2 g, lipides 0,4 g, glucides 15,2 g, fibres 3,4 g, Ca 392 mg, P 76 mg, Fe 29,2 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). On n’a aucune donnée sur la composition de l’exsudat.

Falsifications et succédanés

On utilise non seulement Triumfetta annua pour la préparation de soupe “nkwi”, mais également des espèces voisines telles que Triumfetta cordifolia Guill., Perr. & A.Rich., Triumfetta pentandra Guill., Perr. & A.Rich. et Triumfetta rhomboidea Jacq., mais ces trois dernières espèces sont plus importantes pour leurs fibres. Leurs feuilles sont également utilisées comme légume cuit comparable à Triumfetta annua.

Description

Plante herbacée annuelle ou pérenne à vie courte, érigée, atteignant 1(–2) m de haut ; tige de 1,5–2,5(–4) mm de diamètre, jaunâtre, initialement avec 1–2 lignes longitudinales de poils craquants, plus tard brillante, parfois piquante à la base. Feuilles alternes, simples ; stipules linéaires, jusqu’à 4,5 mm de long ; pétiole de (1–)2–3,5(–4,5) cm de long ; limbe ovale à elliptique, rarement légèrement 3-lobé, de (1,5–)3–9,5(–11,5) cm × (1–)2–6 cm, base légèrement cordée à obtuse, apex aigu à acuminé, bord denté en scie à crénelé, glabre à scabre. Inflorescence : cyme, en groupes de 3–7 à laisselle des feuilles sommitales, souvent opposée à la feuille, chaque cyme portant 3 fleurs. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, jaunes à orange ; pédicelle d’environ 1,5 mm de long ; sépales oblancéolés, jusqu’à 5,5(–7) mm × 1,5 mm, avec une épine apicale ; pétales largement spatulés, d’environ 3 mm × 2 mm, en onglet ; étamines 4–8 ; ovaire supère, sphérique. Fruit : capsule sphérique à ellipsoïde de 1–2 cm de diamètre en comprenant les épines crochues jusqu’à 7 mm de long, brune ou noire, glabre ou indistinctement poilue, déhiscente par 4 valves, contenant un petit nombre de graines. Graines réniformes, d’environ 2 mm de long, brunes ou noires.

Autres données botaniques

Triumfetta est un genre pantropical qui comprend une centaine d’espèces. Triumfetta annua est souvent confondu avec Triumfetta pentandra et Triumfetta rhomboidea, mais il est caractérisé par ses fruits glabres ou indistinctement poilus, ses feuilles portant des poils simples et dépourvus de glandes, et ses tiges portant 1–2 lignes de poils. On reconnaît chez Triumfetta annua 2 formes : forma annua et forma piligera Sprague & Hutch., la première ayant des fruits glabres, la seconde des fruits indistinctement poilus avec de longs poils simples.

Croissance et développement

Dès que la saison des pluies commence, de nouvelles pousses se forment et ont une croissance très rapide. Elles peuvent être très fragiles, et sont facilement endommagées. De nouvelles pousses continuent à se développer, permettant aux agriculteurs de récolter durant toute la saison des pluies.

Ecologie

Triumfetta annua se rencontre dans les savanes arbustives et boisées, les lisières de forêt, et comme adventice dans les champs, en général dans des endroits plus ou moins ombragés, jusqu’à 2150 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Lorsque Triumfetta annua ou d’autres espèces de Triumfetta sont cultivées pour la récolte de jeunes tiges, on prélève au sommet des tiges récoltées des boutures de 15–20 cm de long. Etant donné que la plante ne pousse pas bien en plein soleil, on plante généralement les boutures à l’ombre d’un arbre, en cercle avec un espacement de 10–15 cm. Si la bouture n’est pas plantée bien verticale, il peut se développer des racines adventives, ce qui réduit la capacité à produire du mucilage. C’est pourquoi certains agriculteurs attachent les boutures à une plante plus grande, telle que le bananier plantain, pour s’assurer qu’elles poussent bien verticales.

Gestion

L’entretien des plantes de Triumfetta cultivées pour la récolte de “bâtons gluants” se limite au désherbage, à la mise en place de tuteurs et à des arrosages en période de sécheresse.

Récolte

Les jeunes feuilles de l’herbe à panier sont cueillies au fur et à mesure des besoins. Les tiges sont coupées à ras de terre lorsqu’elles ont 75–100 cm de longueur. On les prépare en enlevant toutes les feuilles et la partie terminale de diamètre inférieur à 1 cm. Les bâtons obtenus sont soit ramenés à la maison soit liés en bottes pour les vendre au marché.

Traitement après récolte

Les feuilles de l’herbe à panier doivent être bien cuites pour les attendrir et faire apparaître la consistance gluante. On ajoute parfois de la potasse pour faciliter cette transformation. Pour préparer la soupe “nkwi”, on sépare l’épiderme de la tige en plaçant celle-ci pendant un court instant au-dessus d’un feu jusqu’à ce que l’épiderme se détache ; on trempe alors l’épiderme pelé dans l’eau chaude pendant une quinzaine de minutes, puis on le presse à la main pour extraire le jus. Celui-ci forme avec l’eau une substance mucilagineuse à laquelle on ajoute du sel, du poivre, diverses épices et une variété d’autres ingrédients. Il faut se garder d’y inclure de l’huile végétale, ce qui gâterait le produit.

Ressources génétiques

Une érosion génétique est peu probable chez Triumfetta annua, étant donné sa très large répartition. Il n’existe aucune collection de ressources génétiques dans des banques de gènes ou des instituts de recherche.

Perspectives

La culture de Triumfetta annua comme légume se limite à un petit nombre de régions. Dans ces zones, il faudrait des recherches sur la composition chimique de l’exsudat de l’écorce, sur la diversité génétique et les cultivars, ainsi que sur les pratiques culturales.

Références principales

  • Berhaut, J., 1967. Flore du Sénégal. 2nd edition. Editions Clairafrique, Dakar, Senegal. 485 pp.
  • Jacobs, T.V., 1997. Advancement index of the East African species of Triumfetta (Tiliaceae). Phyton 61: 1–7.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Mbinglo, S. & Ntangti, 1998. The cultivation of slimy stem (nkwi), Triumfetta pentandra. Student reports, Dschang University, Cameroon.
  • Schippers, R.R., 2002. African indigenous vegetables, an overview of the cultivated species 2002. Revised edition on CD-ROM. National Resources International Limited, Aylesford, United Kingdom.
  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.
  • Whitehouse, C., Cheek, M., Andrews, S. & Verdcourt, B., 2001. Tiliaceae & Muntingiaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 120 pp.
  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.

Autres références

  • Jacobs, T.V., 1997. Role of the capsule in identifying species of Triumfetta (Tiliaceae). Phyton 61: 87–94.
  • Jacobs, T.V., 1998. Comparative palynology of species of Clappertonia, Corchorus, Sparrmania and Triumfetta (Tiliaceae). Phyton 62: 151–154.
  • Jacobs, T.V., 1999. Comparative foliar morphology of eastern and southern African species of Triumfetta (Tiliaceae). Phyton 65: 113–121.

Sources de l'illustration

  • Lakshminarasimhan, P. & Sharma, B.D., 1991. Flora of Nasik District. Flora of India. Series 3. Botanical Survey of India, Calcutta, India. 644 pp.
  • Whitehouse, C., Cheek, M., Andrews, S. & Verdcourt, B., 2001. Tiliaceae & Muntingiaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 120 pp.
  • Wild, H., 1984. Tiliaceae. In: Leistner, O.A. (Editor). Flora of southern Africa. Volume 21, part 1. Botanical Research Institute, Department of Agriculture, Pretoria, South Africa. 44 pp.

Auteur(s)

  • R.R. Schippers

De Boeier 7, 3742 GD Baarn, Netherlands

Consulté le 13 novembre 2020.


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