Tieghemella heckelii (PROTA)

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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fleurs; 2, fleur; 3, fruit; 4, graine; 5, amande. Redessiné et adapté par W. Wessel-Brand
port de l’arbre, arbres protégés par la population locale
base du fût
arbre de 14 ans
feuilles et fruit
fruits et graines
fruit, graines et graine germée
branches racinées 8 semaines après marcottage aérien
plantation dans une rizière
bois (face radiale)
bois (face tangentielle)
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Tieghemella heckelii (A.Chev.) Roberty


Protologue: Petite Flore de l’ouest-Africain : 79 (1954).
Famille: Sapotaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 24

Synonymes

  • Dumoria heckelii A.Chev. (1907),
  • Mimusops heckelii (A.Chev.) Hutch. & Dalziel (1931),
  • Baillonella heckelii (A.Chev.) Baehni (1965).

Noms vernaculaires

  • Makoré (Fr).
  • Makore (En).
  • Makoré (Po).

Origine et répartition géographique

On trouve Tieghemella heckelii dans la zone forestière ouest-africaine, de la Sierra Leone jusqu’au sud du Nigeria, mais pas au Togo ni au Bénin.

Usages

Le bois, vendu sous le nom de makoré ou acajou cerise, est utilisé pour la fabrication de meubles, la menuiserie intérieure et extérieure, les revêtements de sol, les portes, les châssis de véhicules, les articles de sport, les traverses de chemin de fer, le tournage et la sculpture, et il produit des panneaux de placage décoratifs et de bonne qualité qui sont souvent utilisés sur du contreplaqué, en particulier pour des usages marins.

Les amandes (les cotylédons, appelés “baco”) sont riches en une matière grasse comestible appelée “beurre de dumori” ou “beurre de makoré”, qui est localement appréciée comme huile de cuisson ou d’assaisonnement et est souvent préférée à l’huile de palme. Cette matière grasse est également appliquée comme pommade sur le corps et les cheveux et est utilisée pour la production de savon. La pulpe du fruit, charnue et très collante, est parfois utilisée comme glu pour attraper les oiseaux. L’écorce serait efficace pour traiter la blennorragie et les maux de dents et, au Liberia, les jeunes bourgeons sont utilisés pour soigner les morsures de serpent.

Production et commerce international

Le négoce de makoré se fait sur le marché international du bois d’œuvre, mais la production est faible à cause de l’approvisionnement limité en provenance des peuplements naturels. Il est souvent vendu avec le bois de “douka” (de Tieghemella africana Pierre). L’exportation du bois de makoré de Côte d’Ivoire a diminué de 70 000 m³ en 1960 à 28 000 m³ au début des années 1980 et à 6000 m³ à la fin des années 1980. En 1994 le Ghana a exporté 2100 m³ de bois scié de makoré séché à l’air pour un prix moyen de US$ 510/m³, et 3200 m³ de panneaux de placage tranchés pour un prix moyen de US$ 780/m³, des panneaux de placage déroulés pour US$ 450/m³ et des panneaux de placage jointés pour US$ 1735/m³. La Côte d’Ivoire a exporté 200 m³ de panneaux de placage pour US$ 1800/m³ en 1994. En 2001 le Ghana a exporté 3500 m³ de panneaux de placage de makoré.

Propriétés

Dans la littérature, les données concernant les propriétés du douka et du makoré ne peuvent être séparées et la description détaillée ci-après s’applique aux deux espèces. Le bois ressemble à l’acajou africain (Khaya et Entandrophragma spp.), mais son grain est plus fin. Le bois de cœur est brun rosé, brun violacé ou brun rougeâtre avec des reflets soyeux et souvent des dessins décoratifs en forme de flammes ou de rayures ; il est démarqué très distinctement de l’aubier. jusqu’à 8 cm d’épaisseur et blanc rosé à brun grisâtre. Contrefil ou fil droit, grain fin et régulier.

C’est un bois de poids moyen avec une densité de 600–800 kg/m³ à 12% d’humidité. Les taux de retrait du makoré sont faibles à moyens. Dans un essai, le retrait du bois de 90% à 60% d’humidité ambiante était de 1,1% radialement et de 1,8% tangentiellement. Le retrait entre bois vert et bois à 12% d’humidité était de 3,0% radialement et de 4,5% tangentiellement, et le retrait du bois vert au bois anhydre de 5,3–6,5% radialement et de 7,3–8,7% tangentiellement. Habituellement, le séchage ne pose pas de problèmes, bien que le bois sèche lentement.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 96–165 N/mm², le module d’élasticité de 9500–13 900 N/mm², la compression axiale de 47–67 N/mm², le cisaillement de 8–14 N/mm², le fendage de 17–27 N/mm, et la dureté Janka de flanc de 4940 N.

Le bois est un peu difficile à travailler à cause de la présence de silice ; les effets d’usure sont moyennement importants lors du sciage, et on recommande l’utilisation d’une lame de scie stellitée. Le bois donne une bonne finition. La coloration et le ponçage donnent de bons résultats. Le pré-perçage en vue du clouage et du vissage est recommandé pour éviter qu’il ne se fissure. Les propriétés du collage sont bonnes. Le bois peut être déroulé de manière satisfaisante.

Le bois de cœur est considéré comme l’un des bois d’œuvre africains les plus durables. Il est résistant aux termites et aux champignons. Des dégâts de scolytes et de vrillettes ont été rapportés de temps en temps. Malgré le fait qu’il soit résistant aux insectes térébrants marins dans les eaux tempérées, le bois n’est pas très résistant dans les eaux tropicales (particulièrement les eaux saumâtres). Le bois de cœur est très difficile à imprégner, l’aubier modérément facile.

La poussière provenant du bois scié peut causer des irritations de la peau et des muqueuses. Il a été suggéré que ce serait dû à la présence de saponines ou d’un allergène de contact, le 2,6-diméthoxy-1,4-benzoquinone. Une saponine hautement hémolytique a été isolée à partir du bois ; lors de l’hydrolyse elle a donné du d-glucose, du l-rhamnose et du d-xylose.

Le fruit est collant et juteux, possédant une odeur déplaisante et un goût amer. L’amande comprend environ 60% d’huile au poids. L’huile est jaunâtre et semifluide, n’a pas de saveur ou de goût distinct (parfois légèrement épicé), et est constitué d’environ 51% d’acide oléique, 43% d’acide stéarique, 3,5% d’acide palmitique et 2,5% d’acide linoléique.

Falsifications et succédanés

Le makoré a des usages similaires à l’acajou africain (Khaya et Entandrophragma spp.), mais il est plus durable. Quelquefois il est même vendu comme étant de l’acajou africain. Il ressemble très fortement au bois de Tieghemella africana d’Afrique centrale, qui est souvent également commercialisé sous le nom de makoré ou douka.

Description

  • Arbre de très grande taille jusqu’à 55 m de haut ; fût jusqu’à 250 cm de diamètre, parfois davantage, droit et cylindrique, souvent renflé dans la partie inférieure, les premières branches se situant jusqu’à 30 m de haut, anguleux ou côtelé à la base, ou avec des contreforts grands, étroits, jusqu’à 3 m de haut, et des racines superficielles, robustes, étalées ; écorce environ 2 cm d’épaisseur, à surface grise à presque noire, profondément sillonnée avec des écailles rectangulaires, écorce interne rougeâtre, fibreuse mais fragile, exsudant un latex collant ; cime imposante, arrondie, les grosses branches s’étalant souvent brusquement.
  • Feuilles simples, disposées en spirale, plus ou moins en touffes aux extrémités des rameaux ; stipules absentes ; pétiole long de 1,5–4 cm, fin ; limbe elliptique à obovale, de 6–15 cm × 2–6,5 cm, cunéiforme à la base, émarginé, arrondi, aigu à acuminé à l’apex, à bord entier à légèrement ondulé, papyracé à finement coriace, glabre, à nombreuses nervures latérales.
  • Fleurs en fascicules de 1–4 (généralement 2) à l’aisselle des feuilles, bisexuées, régulières ; pédicelle de 1,5–2,5 cm de long ; calice à 2 verticilles de 4 lobes longs de 3–5 mm, muni de poils mous sur les parties qui se recouvrent ; corolle à tube charnu long de 2–2,5 mm et 8 lobes, chaque lobe avec un segment médian infime et 2 grands segments latéraux imbriqués, charnus, blanc crème et longs de 3–3,5 mm ; étamines 8, insérées sur le tube de la corolle en face des lobes, libres, à filets courts, 8 courtes staminodes alternant avec les étamines ; ovaire supère, conique, à poils mous, 8-loculaire, chaque loge comportant 1 ovule, style court.
  • Fruit : grande baie lisse, ovoïde-globuleuse, de 8–12 cm de long, jaune lorsqu’elle est mûre, contenant 1–3 graines dans une pulpe jaunâtre.
  • Graines largement ellipsoïdes, légèrement aplaties latéralement, longues de (5–)6–7,5 cm, tégument épais, ligneux, lisse, luisant, brun jaunâtre dans la partie dorsale, rugueux et bullé dans la partie ventrale (cicatrice) ; albumen absent.
  • Plantule à germination épigée, hypocotyle trapu, de 6–14 cm de long, épicotyle atteignant 3–11 cm de long, cotylédons épais, sessiles, d’environ 5 cm × 2 cm, vert foncé.

Autres données botaniques

Le genre Tieghemella est constitué de 2 espèces et est étroitement apparenté à Mimusops, qui en diffère par des tubes corollaires moins développés, des fruits plus petits et des graines à cicatrices plus petites, un albumen copieux et des cotylédons fins. Tieghemella africana ressemble à Tieghemella heckelii et pourrait être conspécifique. Le premier diffère par le segment médian des lobes de la corolle filiforme et plus long, des staminodes plus grandes et la cicatrice légèrement plus petite de la graine. Une étude taxinomique est nécessaire pour clarifier les limites des espèces et la position du genre, ce qui est compliqué par le fait que le nom Tieghemella a d’abord été publié pour un genre de champignons.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 7 : vaisseaux en lignes, ou plages, obliques et/ou radiales ; (10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus) ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; (30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; (33 : ponctuations radiovasculaires de deux tailles distinctes ou de deux types différents dans la même cellule du rayon) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents ; (58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur).
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; 87 : parenchyme axial en réseau ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale ; 94 : plus de huit cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 100 : rayons avec des parties multisériées aussi larges que les parties unisériées ; 107 : rayons composés de cellules couchées avec 2 à 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Inclusions minérales : 159 : présence de corpuscules siliceux ; 160 : corpuscules siliceux dans les cellules des rayons.
(L.N. Banak, P. Détienne & P.E. Gasson)

Croissance et développement

La croissance initiale des semis est rapide, atteignant 70 cm en 4 mois, mais cesse souvent ensuite alors qu’une forte racine pivot (d’environ 20 cm de long) est formée. La croissance des jeunes arbres de makoré est considérée comme lente, mais dépend fortement de la lumière. Dans des conditions au-dessus de 40% de pleine lumière, la croissance peut atteindre jusqu’à 1 m/an ; en dessous de 10%, la croissance est presque nulle. D’autres rapports indiquent cependant que la croissance maximale est atteinte à un éclairement de 10% du plein soleil. Au Ghana, on a observé que de jeunes arbres atteignaient 1–2 m de haut au bout de 1–1,5 ans en pépinière, et qu’ils atteignaient 1,5–3,5 m de haut après 13 ans lorsqu’ils étaient plantés au champ à l’ombre d’autres arbres. Cependant, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, on a observé des arbres atteignant 3 m de haut après 4 ans et 9–11 m au bout de 20 ans avec un tronc de 13–16 cm de diamètre, parfois même de 28 m de haut après 21 ans avec un diamètre de 37 cm. Pour des arbres de 35–80 ans, la croissance moyenne annuelle est de 0,4–0,8 cm de diamètre.

Les arbres se développent selon le modèle d’Aubréville : le tronc monopodial montre une croissance rythmée, avec des branches verticillées, qui poussent aussi de façon rythmée mais modulaire, chaque branche étant plagiotrope par apposition, les modules poussant indéfiniment.

Les arbres commencent à fleurir et à fructifier au bout de 17 ans environ, mais quelquefois au bout de 10 ans. Les fleurs s’ouvrent au petit matin et la corolle se détache l’après-midi de la même journée. Au Liberia, la floraison a lieu de février à mai ; on trouve des fruits mûrs entre octobre et décembre. En Côte d’Ivoire, la floraison a lieu de janvier à juin, et on peut trouver des fruits mûrs d’août à mars. Un grand arbre produit environ 3000–4000 fruits en une fois. Les fruits sont consommés par les éléphants, qui sont probablement les principaux agents de dispersion des graines ; on mentionne également que les potamochères se nourrissent des fruits.

Ecologie

Tieghemella heckelii est souvent un arbre émergent de la futaie. On le rencontre dans des forêts humides sempervirentes et des forêts semi-caducifoliées. La régénération dans ces forêts serait raisonnable, au moins au Ghana ; il y a une forte préférence pour une forêt non perturbée. Les jeunes arbres supportent bien l’ombre, mais peuvent survivre en plein soleil. Il faut de préférence des sols lourds.

Multiplication et plantation

Le makoré est facile à multiplier. Les graines sont lourdes, 30–50 graines/kg. Leur viabilité décroît rapidement. Elles doivent être plantées dans les 2 semaines. En pépinière, les graines sont généralement plantées à un espacement de 40 cm × 40 cm sous un léger ombrage. Les planches de semis doivent être bien arrosées. La germination est supérieure à 90% en conditions optimales et sans traitement préalable. Elle débute après environ 4 semaines, la plupart des graines ayant germé en 10 semaines, mais elle peut se poursuivre pendant 16 semaines. Les rongeurs peuvent provoquer des dégâts considérables aux semences et aux plantules (cotylédons). Des gaules d’environ 2,5 ans et de 1–1,5 m de haut sont transplantées au champ habituellement au début de la saison des pluies, mais dans l’ouest de la Côte d’Ivoire on utilise des plants de 0,5 an d’âge.

La multiplication par marcottage aérien et par bouturage réussissent bien. Dans un essai de marcottage aérien, 39% des rameaux ont pris racine au bout de 8 semaines. Le taux moyen d’enracinement des boutures de rameaux au bout de 6 mois était de 73%. L’application d’acide indole-butyrique n’a permis d’améliorer le succès de l’enracinement dans aucun des deux cas.

Gestion

La densité de Tieghemella heckelii en forêt est généralement faible. Des rapports de Côte d’Ivoire diffèrent de 1 arbre exploitable par 23 ha à 1,4 arbres au-delà de 10 cm de diamètre par ha. La moyenne sur 9 inventaires effectués en Côte d’Ivoire était de 4,1 m³ de bois par 100 ha pour des arbres dépassant 70 cm de diamètre. La moyenne sur 16 inventaires effectués au Liberia était de 33 m³ de bois par 100 ha pour des arbres dépassant 40 cm de diamètre. Des essais en Côte d’Ivoire ont montré que l’éclaircissage de la forêt améliore le recrutement et la croissance.

Le makoré a été planté à très petite échelle (presque 6 ha), principalement pour la production d’huile issue de la graine, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire (près du Parc national de Taï) avec une densité moyenne de 357 troncs/ha. Il est souvent planté à une densité d’environ 120 arbres/ha, en association avec le café, le cacao, le caoutchouc ou le riz, tant sur les bords des champs que dans la forêt secondaire suite au nettoyage des sous-bois.

Maladies et ravageurs

Aucune donnée sur les maladies et ravageurs n’est disponible, bien que Tieghemella heckelii soit l’hôte de l’arbre hémiparasite Okoubaka aubrevillei Pellegr. & Normand.

Récolte

Les grumes ont tendance à se fendre fortement lors de l’abattage. Les grumes des arbres les plus grands peuvent être creuses.

Rendement

Le rendement en matière grasse est de 20–30 kg/arbre par récolte. Un kg d’amandes fournit environ 200 g de matière grasse lorsqu’on utilise la méthode d’extraction traditionnelle.

Traitement après récolte

Il faut se protéger lors du sciage du makoré car il peut provoquer des irritations nasales et respiratoires. Pour extraire l’huile, les graines sont cassées, et les amandes séchées au soleil, grillées, broyées en pâte et bouillies dans l’eau. La matière grasse ou l’huile est écrémée de la surface de l’eau.

Ressources génétiques

Tieghemella heckelii serait relativement rare au Liberia. Il est présent en faible densité en Côte d’Ivoire et est considéré comme rare dans de nombreuses régions. Au Ghana, il est relativement commun mais menacé par l’exploitation de la forêt et il mérite d’y être protégé. Les graines sont dispersées par les éléphants, qui se raréfient en Afrique de l’Ouest, ce qui freine la régénération naturelle.

Tieghemella heckelii figure sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN à cause de la destruction de son milieu et de l’abattage sélectif.

Perspectives

Les perspectives pour les programmes de plantation de Tieghemella heckelii en Afrique de l’Ouest sont bonnes. La multiplication par graine et la multiplication végétative sont aisées. L’espèce peut être plantée dans des sites ouverts, pousse assez rapidement, et la structure de sa cime est relativement ouverte, ce qui permet une bonne pénétration de la lumière, la rendant éligible dans des programmes d’agroforesterie. Le bois et l’huile des graines sont d’excellente qualité. Cependant, la plantation pour la production de matière grasse peut ne pas s’avérer économiquement rentable, car il faut relativement longtemps aux arbres pour fructifier après la plantation, et les rendements en matière grasse sont limités. La plantation est nécessaire pour soulager la pression sur les peuplements sauvages.

Références principales

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Autres références

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  • Gosse, B., Gnabre, J., Bates, R.B., Dicus, C.W., Nakkiew, P. & Huang, R.C.C., 2002. Antiviral saponins from Tieghemella heckelii. Journal of Natural Products 65(12): 1942–1944.
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  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • van Rompaey, R.S.A.R., 1993. Forest gradients in West Africa. A spatial gradient analysis. PhD thesis, Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 142 pp.
  • Wiselius, S.I., 1994. Hout-vademecum. 7th edition. Stichting Centrum Hout, Almere, Netherlands. Kluwer Techniek. 380 pp.

Sources de l'illustration

  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Auteur(s)

  • L. Bonnéhin, Projet autonome pour la conservation du Parc national de Taï (PACPNT), 01 B.P. 693, San Pédro, Côte d’Ivoire
  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bonnéhin, L. & Lemmens, R.H.M.J., 2005. Tieghemella heckelii (A.Chev.) Roberty. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 avril 2019.


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