Taxus (Rolland, Flore populaire)
Sommaire
[Tome XI, 246]
Taxus baccata
- Nom accepté : Taxus baccata
- taxus, melus, ivus, lat. du m. â., Goetz.
- daxus, taxtus, melota, ibex, ibar, iber, l. du m. â., Dief. (Ibicinus = qui est en bois d'If.)
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- ippus, l. du m. â., Du C.
- ismilax, ixmilax, atimallon, l. du m. â., Stadler.
- yffa, l. du XIIe s., Sainte-Hildegarde citée par Meyer, Gesch. d. Bot.
- smilax, thymion, cactus arbor, anc. nom., Guinter, 1532, V, 20 et VII, 61.
- smilax arbor, milax arbor, anc. nom., Bauh., 1671.
- tax, m., franç., P. De Changy, Singularitez de Pline, 1542, fet 69.
- tassou, m., Corse. c. p. M. Ed. Edmont.
- tatch, m., Vallée d'Aspe (B.-P.), Lespy.
- teysh, m., anc. prov., Rayn.
- téych’ m., Pyr.-Orient., Camp.
- touch’, Sorède (Pyr.-Or.), Conill.
- tech, m., Argelès (H.-P.), c. p. M. P. Tarissan.
- téchèra, f., Lerboust (H.-G.), Sac.
- tuéy’, m., prov., Cast.
- tuy’, m., Var, B.-du-Rh., Vaucluse, B.-Alpes.
- touno, f., Brive (Corr.), Lép. (Cet arbre sert à faire des tonnes ou tonnelles.)
- dèdè, m., Flumet (Sav.), r. p.
- hyf, m., fr. du XIIe, Scheler, Trois tr.
- if, m., franç., doc. de 1113, Du C., Ill, 757 ; etc., etc.
- ifé, m., provenç., laugued., limous.
- ifo, f., Saint-Vincent-l.-Pal. (Dord.), r. p.
- îv, m., Valenc., Héc. - Taden (C.-du-N.), r. p.
- iviè, m., Guernesey, r. p.
- iflë, f., Chomérac (Ardèche), r. p.
- ifrô, m., env. de Fougères (I.-et-V.), r. p.
- lipl, m., env. de Saint-Quentin (Aisne), r. p.
- ils, m., Normandie, Cotgr., 1650 (Le mot est sans doute au pluriel.)
- liéou, m., Gard. c. p. M. P. Fesquet.
- li, m., franc-comtois, L'Abbé Besançon, 1786.
- liss’, m., Ney (Jura), c. p. M. Ed. Edmont.
- lé, m., vaudois, Brid.
- lë, m., Bas-Valais, Gill.
- bou d'i, m., Vallorbes (Suisse), Vall.
- di, m., Aigle (Suisse), Brid.
- i, m., Anneville-s.-M. (Manche), r. p. - Vaudioux (Jura), Thév.
- érthi (av. th angl.), m., fribourg., Sav.
- éy'che arthi (av. th a.), Haute-Gruyère, Charmey (Suisse), Sav.
- bou d'aci, m., vaudois, Vicat, 1776.
- aci, m., Bulle (Suisse), Sav.
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- ésse, m., L'Aigle (Suisse), Durh.
- asse, m., Suisse rom., Jacc.
- éche, m., La Veveyse (Suisse), Sav.
- lityë, m., env. de Belfort, Vauth.
- bala sapala (= beau petit sapin), f., Suisse, Sav.
- pti sapin, m., Saint-Georges-d.-Gros. (Orne), r. p.
- sèpin, m., Igornay (Saône-et-L.), c. p. M. Ed. Edmont.
- chapin, m., env. de Saint-Pol (P.-de-C ), c. p . M. Ed. Edmont.
- bois d'Espagne, wallon, Poederlé.
- boué dé la Santo-Baoumo, érbo dé la Santo-Baoumo, Provence. (Cet arbre est fréquent dans le bois de la Sainte-Baume (Var.)
- bois d'aï, m., bois de doigt, m., Le Grand-Bornand (Sav.), Bull. de la Soc. bot., 1866, p. LIX.
- smilax de jardin, fr., Fayard, 1548.
- gournodéy'ro, f., Le Buisson (Dord.), r. p.
- herbe de la Sainte-Baume, Var, Niderlinder, Voy. à la Sainte-B., 1855, p. 59.
- yuin, iuinenn, bret. moy. ; ivin, ivinen, bret. mod., vann. id. et ivein. Voir Holder, v. eburos.
- tacc, frioulan, Pir.
- îbe, îwen, îw, uw, eie, i, Suisse all.- tanneibel, Styrie. - spaansch hout, iepen, ieve, taksis, dial. flam. et holl. - view, Sheffield, Addy.
Le lieu planté d'ifs est appelé en. bret. ivinecg, ivinek, ivineg. P. Greg., etc. (E. E.)
Le fruit visqueux de cet arbre est appelé :
- clochon, m., Chomérac (Ardèche), r. p.
- morviô, m., Centre, Jaub.
- moke, f., Neuchâtel (Suisse), r. p.
- snottebel, snottebezie, dial. flam. et holl.
Toponomastique : Taxiana Insula ou Spia Insula, lat. du m. â., Le Château d'If (dans l'île d'If près Marseille), Moreri, Dict. hist., 1759, VI, 307.
- Icium en 1078, Itium en 1177, Iz en 1170, Hys en 1221, Les Ifs aujourd'hui, Le Lieu des Ifs, Calvados, Hippeau.
- L'If, Les Ifs, Les Iffrières, loc. de la Mayenne, Maître.
- Les Yvetaux, Saint-Denis-des-Ifs, Orne, La Sicotière, Jardins de l'Orne, 1867, p. 83.
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- Le Bois de l'Asse, Les Assets, Suisse rom., Jacc.
- Le Lityë, lieudit à Vermes, près Belfort, Vauth.
Onomastique : Des Ifs, nom d'homme, Robillard, Arch. de Seine-Inf., I (1864), p. 142. [Theus, fam. du Lavedan, c. p. M. P. Tarissan.]
« Vert comme un if. » Béchard, Les Déclassés, comédie, 1856.
« Il existe des ifs dans la plupart des cimetières de l'arrondissement de Bayeux. Ils sont plus rares dans la plaine de Caen... leur place dans le cimetière est déterminée... à peu d'exceptions près, c'est à droite de la porte occidentale et à quelque distance au sud et en avant de cette façade que les ifs sont placés. » Bull. de la Soc. linnéenne de Normandie, Caen, 1879, p. 368. - Cf. Barzoz Breiz, 428 : « La rose est née pour le jardin et l'if pour le cimetière. » (E. E.)
On a beaucoup disserté sur la question de savoir si les fruits et les feuilles de cet arbre sont vénéneux ou non. On a aussi prétendu qu'il était malsain de dormir sous son ombrage et que coucher dans un lit fait de bois d'if faisait mourir.
« Tu es comme le vaisseau fait de bois d'if qui rend ladre, empoisonne et tue ceux qui boivent de la liqueur qui y a séjourné. » Fusi, Mastigophore, 1609, p. 10
« Il n'est pas moins dangereux de s'endormir à l'abry de leurs paroles qu'à l'ombre de l'if le plus pestiféré des arbres. » Allard, 1605, fet 90, v°.
On faisait autrefois des arcs en bois d'if. « Moy qui suis archier, je souhaite Arcz d'Angleterre de bel if, La fleche bien ferree et droite... » Gay, 1882, p. 49.
« A Tourville on trouve un if dont l'ombrage enchanté fait perdre au voyageur toute possibilité de retrouver sa route et tout désir de la poursuivre. Celui qui s'assied sous cet arbre s'abandonnerait bientôt à un far niente éternel, si quelque passant charitable ne se mettait en peine de rompre le charme. Ne croyez pas qu'il suffise, pour réussir dans cette entreprise, de changer seulement l'ensorcelé de place, car celui-ci, violemment tiré de son sommeil magique, ne manquerait pas de rouer de coups l'importun qui l'aurait troublé. Mais comme les prodiges les plus difficiles s'opèrent toujours en vertu des moyens les plus simples, si l'on a soin de mettre d'abord un de ses propres vêtements à l'envers, on sera, grâce à cette pré-
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caution, tout à fait apte, en évitant les coups, à se rendre maître du sortilège. » Mlle Amélie Bosquet, la Normandie merveilleuse (Ed. Edm.).
Symbolique. - « L'if signifie bon ménage. » Récréat. gal., 1671, p. 188. - « L'if est l'emblème de la tristesse. » Leneveux, 1837. - « L'if est le symbole de l'affliction.» (P. Zaccone, Nouv. Lang. des fleurs, p. 111.) - « Au 1er mai, un if planté devant la maison d'une fille indique qu'elle est douce et modeste. » Fr.-Comté, Beauquier, Les Mois, p. 70.