Spinacia oleracea (PROTA)

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Spinacia oleracea L.


Protologue: Sp. pl. 2 : 1027 (1753).
Famille: Chenopodiaceae (APG: Amaranthaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 12

Synonymes

Noms vernaculaires

  • Epinard (Fr).
  • Spinach (En).
  • Espinafre (Po).

Origine et répartition géographique

L’épinard n’est pas connu à l’état sauvage. Il est probablement originaire du nord de l’Iran, de l’Afghanistan et du Turkménistan où l’on trouve des espèces sauvages apparentées telles que Spinacia tetrandra Steven ex M.Bieb. et Spinacea turkestanica Iljin. Il s’est répandu vers la Chine au VIIe siècle et vers l’Europe au XIIe siècle. L’épinard est aujourd’hui cultivé dans le monde entier, principalement dans les régions tempérées, mais également dans les parties les plus fraîches des tropiques. En Afrique tropicale, on le cultive à échelle limitée dans les hautes terres d’Afrique orientale et australe.

Usages

L’épinard est un important légume-feuilles vert dans les climats tempérés. Toute la partie aérienne des jeunes plantes ou le sommet des plantes plus âgées sont généralement consommés après une légère cuisson. L’épinard est parfois consommé cru en salade. En Afrique, il est commercialisé entièrement à l’état frais, tandis qu’en Europe occidentale et en Amérique du Nord plus de la moitié de la production est appertisée ou surgelée.

Production et commerce international

En 2002, on a produit dans le monde, excepté la Chine, quelque 2,5 millions de t d’épinard frais, sur une superficie de 170 000 ha. La superficie totale cultivée en épinard était de 30 000 ha en Europe, 26 000 ha au Japon, 22 000 ha en Turquie et 18 000 ha en Amérique du Nord. Pour la Chine seule, la superficie était estimée à 590 000 ha avec une production de 7,8 millions t, mais cela inclut probablement plusieurs autres légumes-feuilles verts. Il n’existe aucune statistique pour l’Afrique tropicale, parce que l’épinard n’y est cultivé que dans les jardins familiaux pour la cuisine européenne.

Propriétés

L’épinard contient par 100 g de feuilles fraîches (côtes et tiges éliminées, 81% du produit tel qu’acheté) : eau 89,7 g, énergie 105 kJ (25 kcal), protéines 2,8 g, lipides 0,8 g, glucides 1,6 g, fibres alimentaires 2,1 g, Ca 170 mg, Mg 54 mg, P 45 mg, Fe 2,1 mg, Zn 0,7 mg, carotène 3535 μg, thiamine 0,07 mg, riboflavine 0,09 mg, niacine 1,2 mg, folate 150 μg, acide ascorbique 26 mg (Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991). En plus d’une valeur nutritive élevée quant aux micro-éléments, l’épinard est une bonne source de flavonoïdes anti-oxydants. Il contient également de l’acide oxalique et des nitrates libres, mais ceux-ci ne sont pas considérés comme nocifs lorsque la consommation moyenne est inférieure à 100 g d’épinard par jour.

Falsifications et succédanés

En Afrique, la baselle (Basella alba L.) est un substitut acceptable de l’épinard. Il y a aussi une grande diversité d’autres légumes-feuilles tels que les amarantes et les espèces de Solanum.

Description

  • Plante herbacée annuelle, généralement dioïque, glabre, jusqu’à 150 cm de haut, avec une longue racine pivotante.
  • Feuilles formant initialement une rosette, disposées en spirale sur la tige, simples ; stipules absentes ; pétiole de 6–12 cm de long ; limbe ovale anguleux à hasté, avec les lobes de la base arrondis ou en pointe aiguë, de 9–30 cm × 7–20 cm, entier, vert pâle à vert foncé.
  • Inflorescence : glomérule axillaire, allongé et en forme d’épi sur les plantes mâles, jusqu’à 10 cm de long.
  • Fleurs généralement unisexuées, rarement bisexuées, petites, verdâtres ; fleurs mâles à périanthe à (2–)4(–5) lobes et 3–5 étamines ; fleurs femelles sans périanthe mais avec 2(–4) bractéoles se transformant en coque dure qui enveloppent étroitement le fruit, ovaire supère, 1-loculaire, stigmates 4–5(–6), filiformes.
  • Fruit : utricule indéhiscente, dents de l’enveloppe se transformant parfois en piquants, à 1 graine.
  • Graines de couleur terne, à bord obtus.
  • Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Il existe de nombreuses classifications des cultivars, fondées sur les caractéristiques du fruit et de la feuille. Une grande division est celle entre cultivars à fruits épineux, également classés comme var. oleracea, et cultivars à fruits ronds, non épineux, classés comme var. inermis (Moench) Metzg. ou var. glabra (Mill.) Moench. Les cultivars sont également groupés en fonction de la couleur de la feuille (vert pâle ou vert foncé) et de sa texture (lisse, semi-lisse et cloquée). Les cultivars d’épinard de type asiatique ont une croissance rapide et une montaison précoce, ils ont des feuilles hastées, minces et lisses, de longs pétioles de couleur pourpre à la base, et souvent des fruits épineux. Les feuilles doivent être vert foncé selon les préférences japonaises et vert pâle selon les préférences chinoises. Les cultivars européens et américains varient entre des types d’hiver/printemps à croissance rapide, avec des feuilles vert pâle, minces et lisses, et des types d’été à montaison tardive, avec des feuilles vert foncé, lisses à cloquées, avec un pétiole vert ou rose à la base.

Parmi les anciennes variétés-populations, on peut citer ‘Munsterlander’ (à feuilles lisses) et ‘Bloomsdale Longstanding’ (feuilles cloquées). Tous les cultivars modernes sont des hybrides F1.

Croissance et développement

L’épinard est normalement dioïque, avec des plantes mâles et des plantes femelles en proportion à peu près égale, mais on connaît de nombreuses gradations de monoécie et d’hermaphrodisme. En horticulture, le fruit de l’épinard (utricule) est généralement appelé graine. Les graines sèches d’épinard restent viables durant 2–3 ans à température ambiante, et 5–6 ans si on les conserve à 5°C et à 30% d’humidité relative. Selon la saison et le génotype, les plantules lèvent 6–20 jours après le semis, et 35–100 jours plus tard la rosette est pleinement développée, avec les premiers indices de la hampe florale. L’épinard est à pollinisation anémogame. Les graines sont mûres environ 60–70 jours après la floraison, alors que les plantes présentent des signes de sénescence rapide et meurent.

Ecologie

Les cultivars asiatiques d’épinard, étant adaptés à des automnes ou des hivers à jours courts, montent rapidement en réponse à des photopériodes de 12–14 heures. En Europe, l’épinard est cultivé principalement au début du printemps et en été (Nord-Ouest de l’Europe), et il demande une longueur de jour d’au moins 14 heures pour la formation de la tige et des fleurs. Les températures optimales pour la croissance sont de 15–20°C, mais certains types d’hiver présentent une tolérance aux températures basses (3°C) et même à un gel léger. La croissance végétative est retardée par des températures excédant 27°C. En Afrique de l’Est, l’épinard ne peut pas être cultivé avec succès à des altitudes inférieures à 1200 m. Les sols doivent être de texture légère, fertiles, bien drainés, riches en matière organique, avec un pH de 6–7,5.

Multiplication et plantation

Le poids de 1000 graines est de 9–13 g. Les graines sont semées à la volée, ou de préférence en lignes (espacées de 5–15 cm), à 1–3 cm de profondeur dans un sol soigneusement préparé. La densité de semis est de 15–25 kg/ha pour les épinards de type asiatique ; en Europe et en Amérique, elle est de 60–100 kg/ha pour les épinards destinés à la transformation (surgelés et appertisés), 150 kg/ha (été) à 400 kg/ha (hiver/printemps) pour le marché frais.

Gestion

La lutte contre les mauvaises herbes ne peut se faire que peu avant le semis par travail du sol ou application d’herbicides. Pour une récolte et une qualité optimales, l’épinard demande des doses élevées de N et K ainsi que des apports d’eau réguliers durant toute la période de croissance.

Maladies et ravageurs

La maladie la plus importante est le mildiou (Peronospora farinosa f.sp. spinaciae). La lutte par fongicides est difficile. Certains hybrides F1 modernes présentent une résistance à 7 races physiologiques du parasite, mais on a trouvé récemment une nouvelle race virulente capable de surmonter cette résistance. La mosaïque, causée par le virus de la mosaïque du concombre (CMV), est particulièrement importante dans des conditions chaudes et humides ; la lutte chimique contre les pucerons vecteurs (Aphis fabae et Myzus persicae) en réduit l’incidence, et certains cultivars sont tolérants à la mosaïque. La fusariose (Fusarium oxysporum f.sp. spinaciae) et la rouille blanche (Albugo occidentalis) sont particulièrement importantes aux Etats-Unis. La fonte des semis causée par Pythium spp. et Rhizoctonia spp. peut être prévenue en enrobant les semences de fongicides. La pourriture humide (Erwinia carotovora) peut détruire les feuilles d’épinard récoltées si on les conserve dans des conditions chaudes et humides. Les ravageurs comprennent les pucerons, la mineuse des feuilles (Liriomyza spp.) et les nématodes (Heterodera spp. et Ditylenchus dipsaci).

Récolte

En Asie, on récolte les plantes entières avec 8–10 feuilles ; les racines sont coupées à 1 cm en dessous du collet, et le produit est vendu en bottes de 10–15 plantes. En Europe et en Amérique du Nord, l’épinard destiné au marché frais est récolté jeune en le fauchant juste au-dessus du sol, et celui destiné à la transformation est récolté aux premiers signes de formation des hampes florales.

Rendement

Les rendements varient de 10 t/ha de feuilles fraîches en Asie à 35 t/ha pour les récoltes d’été en Europe et aux Etats-Unis. Les rendements en graines sont de 1,5–2,0 t/ha.

Traitement après récolte

L’épinard une fois récolté doit atteindre le marché très rapidement pour être consommé comme légume frais dans les 2–3 jours, ou dans les 24 heures pour l’appertisation ou la surgélation, afin d’éviter les pertes de qualité et de valeur nutritive.

Ressources génétiques

Des collections de travail et de ressources génétiques de Spinacia spp. sont présentes dans certains centres de recherche en Europe (CGN-PGR, Wageningen, Pays-Bas), aux Etats-Unis, au Japon et dans la Fédération de Russie. Une récente caractérisation moléculaire a indiqué que la variation génétique dans ces collections de ressources génétiques n’est pas très importante.

Sélection

Les programmes actuels d’amélioration génétique visent à créer des cultivars hybrides F1 entre des lignées fixées fortement monoïques femelles et fortement monoïques mâles. L’expression du sexe est déterminée par un système hétérosomique X/Y et deux gènes autosomiques fortement liés. Les principaux objectifs de la sélection dépendent de la saison, du climat et du type préféré : croissance rapide, montaison lente, rendements élevés, graine ronde, couleur des feuilles (vert pâle ou foncé) et aspect (lisse ou cloqué), feuilles dressées, meilleure tolérance à la chaleur, meilleure résistance au mildiou, au virus de la mosaïque du concombre et autres maladies.

Perspectives

L’épinard continuera d’être un légume- feuilles très important, nutritif et à rendement élevé dans les climats tempérés d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie orientale. En Afrique tropicale, sa culture restera cantonnée dans les hautes terres.

Références principales

  • Correll, J.C., Irish, B.M., Koike, S.T., Schafer, J. & Morelock, T.E., 2003. Update on downy mildew and white rust on spinach in the United States. In: Van Hintum, T.J.L., Lebeda, A., Pink, D. & Schut, J. (Editors). Proceedings of the Eucarpia meeting on leafy vegetables genetics and breeding, Noordwijkerhout, Netherlands, 19–21 March 2003. Centre for Genetic Resources, Wageningen, Netherlands. pp. 49–54.
  • Correll, J.C., Morelock, T.E., Black, M.C., Koike, S.T., Brandenberger, L.P. & Daniello, F.J., 1994. Economically important diseases of spinach. Plant Disease 78: 653–660.
  • Parlevliet, J.E., 1968. Breeding for earliness in spinach (Spinacia oleracea L.) as based on environmental and genetic factors. Euphytica 17: 21–27.
  • Rubatzky, V.E. & Yamaguchi, M., 1997. World vegetables: principles, production and nutritive values. 2nd Edition. Chapman & Hall, New York, United States. 843 pp.
  • Shinohara, S. (Editor), 1984. Vegetable seed production technology of Japan. Volume 1. Shinohara's Authorized Agricultural Consulting Engineer Office, Tokyo, Japan. 432 pp.
  • Sneep, J., 1982. The domestication of spinach and the breeding history of its varieties. Euphytica 1982, Supplement 2. 27 pp.
  • van der Vossen, H.A.M., 1993. Spinacia oleracea L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 266–268.
  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.

Autres références

  • Bose, T.K. & Som, M.G. (Editors), 1986. Vegetable crops in India. Naya Prokash Press, Calcutta, India. pp. 655–669.
  • De Kraker, J. (Editor), 1991. Teelt van Spinazie. PAGV Teelthandleiding No 38, Lelystad, Netherlands. 64 pp.
  • Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991. Vegetables, herbs and spices. The fifth supplement to McCance & Widdowson’s The Composition of Foods. 4th Edition. Royal Society of Chemistry, Cambridge, United Kingdom. 163 pp.
  • Irish, B.M., Correll, J.C., de los Reyes, B. & Morlock, T.E., 2003. Molecular characterization of spinach. Proceedings of the national spinach conference, November 20–21, 2003, Lafayetteville AR, United States. p. 16.
  • Prior, R.L., 2003. Spinach as a source of antioxidant phytochemicals with potential health effects. Proceedings of the national spinach conference, November 20–21, 2003, Lafayetteville AR, United States. pp. 3–4.

Sources de l'illustration

  • Hess, H.E., Landolt, E. & Hirzel, R., 1967. Flora der Schweiz und angrenzender Gebiete. Band I: Pteridophyta bis Caryophyllaceae. Birkhäuser Verlag, Basel, Switzerland. 858 pp.
  • Mansfeld, R., 1986. Verzeichnis landwirtschaftlicher und gärtnerischer Kulturpflanzen (ohne Zierpflanzen). 2nd edition, revised by J. Schultze-Motel. 4 volumes. Springer Verlag, Berlin, Germany. 1998 pp.
  • Vaughan, J.G. & Geissler, C.A., 1997. The new Oxford book of food plants. Oxford University Press, Oxford, United Kingdom. 239 pp.

Auteur(s)

  • H.A.M. van der Vossen, Steenuil 18, 1606 CA Venhuizen, Netherlands

Consulté le 18 décembre 2024.


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