*'''1571'''. Inter Vuolgam & Iaick fluvios, circa mare Caspium, habitabant quondam Savuolhenses reges... (Tartaros)... in qua dum esset legatione, semen quoddam in ea insula, melonum semini, paulo maius ac rotundius, alio qui haud dissimile, vidisse : ex quo in terram condito, quiddam agno persimile, quinque palmarum altitudine succresceret : id quos eorum lingua '''Boranetz''', quasi agnellum dicas, vocaretur. nam & caput, oculos, aures, cæteraque omnia in formam agni recens editi, pellem præterea subtilissimam habere, qua plurimi in eis regionibus ad subducenda capitis tegumenta uterentur, eiusmodi pelles vidisse se, multi coram nobis testabantur. Aiebat insuper, plantam illam, si tamen plantam vocari phas est, sanguineme quidem habere, carneme tamen nullam : verum carnis loco, materiam quandam cancrorum carni persimilem, ungulas porro non ut agni corneas, sed pilis quibusdam ad cornu similitudinem vestitas : radicem illi ad umbilicum, seu ventris medium esse, vivere aunt tandiu, donec de pastis circum se herbis, radix ipsa inopia pabuli arescat. Miram huius plantæ dulcedinem esse : propter quam a lupis, cæterisque rapacibus animalibus multum appeteretur. Sigismund von Herberstein, 1571, ''Rerum Moscoviticarum commentarii''. Bâle, Oporinus. [https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN335446205 p. 99-100]
*'''1680'''. Inter Volgam verò, & Tanaim apud Samaras populos mirabilis illa herba agnina '''Boranetz''', quam alii '''Borametz''' perperam scribunt, generatur, cortice laneo pellem ovinam imitante : quod vellus ritè detractum, vestibus, ac manicis subsuere ad calorem sibi concilandum, proceres sueverunt. Estque tam siccæ, & calidæ indolis, ut priusquam flaccescat, alias circùm herbas arefaciat. Quapropter nonnulli feciùs edocti, sensu præsitam, & gramine vicino vesci, credidere. Jakob Reutenfels, 1680, ''De rebus Moschoviticis ad serenissimum Magnum Hetruriæ Ducem Cosmum tertium''. Patavii, Typis Petri Mariæ Frambotti. 280 p. [https://books.google.fr/books?id=L8ZUAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false livre 4,chap. 2 (259 du pdf)].
*'''1712'''. Agnus Scythicus ; s. Fructus '''Borometz'''. Kaempfer s'oppose à la légende, et signale qu'il existe dans l'est de la Méditerraanée Méditerranée des moutons à queue grasse, dont on fait des outres avec la peau (poils à l'intérieur). Engelbert Kaempfer, 1712. ''Amœnitatum exoticarum politico-physico-medicarum fasciculi V'', [http://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/page?pharma_res012142&p=550 p. 505].
*'''1801'''. No 5. Le '''Boramez''', ou l'agneau de Scythie. Au commencement de ce siècle on ajoutoit encore foi à la fable, qui disoit, que dans la Tartarie et la Scythie il croissoit une plante singulière de la figure d'un agneau brun, et portée sur une tige, qui lui servoit, pour ainsi dire, du cordon ombilical. Cet agneau mangeoit, disoit-on, toutes les plantes qui l'environnoient et auxquelles il pouvoit atteindre, il périssoit ensuite et se desséchoit quand il ne trouvoit plus de nourriture. Ce qu'il y a de vrai dans cette fable, c'est que le '''Boramez''' ou l'agneau Scythe est une mousse laineuse, qui, comme plante parasite, croit souvent en grande masse, et quelque fois même sous la figure représentée ici, sur la grande fougère de Tartarie, et est d'un jaune brun. Tout ce qu'on y ajoute de plus n'est qu'un conte. Friedrich Johann Justin Bertuch, 1801, ''Bilderbuch für Kinder'' [https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/bertuch1801bd1/0191/image texte français, Tome 1, No 59]. L'allusion à "une mousse laineuse" convient à ''[[Huperzia selago]]'', mais "la grande fougère de Tartarie" fait penser à une fougère en arbre. L'illustration représente un "agneau" qui ressemble curieusement à la base des feuilles de ''[[Cibotium barometz]]'', qui n'existe pourtant pas en Russie, mais s'est répandue dans les cabinets de curiosités à partir du XVIIIe siècle.
*La légende de l'agneau-plante a fait couler beaucoup d'encre ([https://fr.wikipedia.org/wiki/Agneau_tartare Wikipedia]). Elle serait au départ une légende juive d'Europe centrale. Le nom de '''baranec''' ou '''barometz''' ne semble pas remonter au-delà de 1571. Sa forme '''barometz''' pourrait venir d'une langue "tartare" qui l'a empruntée au russe. Le nom a été appliqué à un rhizome de fougère en arbre, façonné en forme de chien par les droguistes chinois, chien qui a été perçu comme étant l'agneau de Scythie par les botanistes (Sloane, 1698 ; Breyn, 1725). Linné a pris ce nom en 1753 comme épithète de ''[[Cibotium barometz]]'', fougère du Sud-Est asiatique qui n'avait rien à voir avec la légende du '''borametz'''.