Pourtant, Leclerc écrivait en 1876 qu'une "étude sérieuse et complète de ce curieux monument serait de plus grand intérêt, non seulement pour l'agriculture et les sciences naturelles, mais aussi pour la philologie, l'ethnologie et l'histoire". Dans le monde arabe, Ibn al-‘Awwām, en avait pourtant cité de nombreux extraits dans son [[Ibn al-‘Awwām: Livre de l’agriculture|''Livre de l’agriculture'']]. Mais l'œuvre de Ibn al-‘Awwām ne sera connue en Europe qu'au XVIIIe siècle.
''L'Agriculture nabatéenne'' souffre aussi d'une méprise grossière sur son titre. Il s'agit en fait de l'Agriculture mésopotamienne, ni plus ni moins. Aux Européens, "Nabatéens" fait penser à un petit royaume dont le siège était Pétra en Jordanie, et dont l'intérêt pour l'agriculture est plus que limité. Or pour les Arabes des premiers siècles après l'Hégire, ''nabāt'' ou ''anbāt'' désigne l'ensemble des populations qui parlaient araméen à l'arrivée des Arabes, autrement dit, tous les Mésopotamiens. Mohammed El Faïz a amplement montré que tous les toponymes cités dans l'œuvre sont situés entre le Tigre et l'Euphrate.
''L'Agriculture nabatéenne'' représente donc la tradition agronomique mésopotamienne, tradition qui s'est largement développée indépendamment de l'agronomie gréco-latine. C'est un document de toute première importance pour l'histoire de la Méditerranée.