Rumex abyssinicus (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Colorant / tanin Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg



Rumex abyssinicus Jacq.




Protologue: Hort. bot. vindob. 3 : 48, t. 93 (1777).
Famille: Polygonaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 54

Synonymes

Rumex schimperi Meisn. (1856).

Noms vernaculaires

Oseille d’Abyssinie, oseille sango, surelle (Fr). Sorrel, dock, Spanish rhubarb (En). Azedinha brava (Po). Mchachu, mchumvichumvi (Sw).

Origine et répartition géographique

Rumex abyssinicus est répandu en Afrique tropicale, surtout dans les hautes terres, particulièrement en Afrique centrale et orientale et à Madagascar.

Usages

Les pousses tendres et les feuilles de Rumex abyssinicus sont comestibles et largement utilisées comme légume. Elles ont un goût acide et on les consomme fraîches ou cuites, seules ou avec d’autres légumes. En Tanzanie, on mastique la tige de la même façon que la canne à sucre à cause de son goût sucré et les feuilles sont consommées comme amuse-gueule acide par les bergers, les paysans et les enfants. Les rhizomes fournissent un colorant jaune et rouge. Le colorant est utilisé en Ethiopie dans le beurre comme condiment, pour lui donner une belle couleur jaune et pour le protéger contre le rancissement. Le colorant est également utilisé pour colorer en rouge les pieds et les mains des femmes. En Ouganda, la plante est parfois cultivée pour obtenir un colorant rouge, qui sert à teindre les objets de vannerie et les nattes d’herbe ou de raphia, alors qu’au Rwanda, on obtient un colorant jaune. La plante est broutée par le bétail.

Le jus des parties aériennes est appliqué comme traitement contre la pneumonie et la toux dans l’est de l’Afrique. En Ethiopie la plante est utilisée pour traiter la jaunisse et d’autres maladies du foie, la scrofule, les maux d’estomac, le mal de cou et la faible tension artérielle, ainsi que comme pansement pour les plaies, comme hémostatique et dépuratif ; le rhizome est utilisé comme ténifuge. En R.D. du Congo, on applique une compresse de feuilles sur les zones atteintes de rhumatisme, on prend une infusion comme purgatif et le jus de racine est appliqué contre la gale. En Tanzanie, on pense que la tige et le rhizome agissent comme galactagogue. La plante entière, fraîche ou séchée, est broyée en Tanzanie et appliquée sur les plaies et sur les parties du corps affectées par la gale. On absorbe un extrait de rhizome pour lutter contre les formes de diabète sans gravité en Afrique orientale et, avec de l’eau, pour soigner les maux d’estomac. Les rhizomes et les racines écrasés sont appliqués sur les blessures et on considère qu’ils ont également des propriétés purgatives. Au Rwanda et en Tanzanie, les plantes broyées sont utilisées pour décaper les plats de cuisson noircis par le feu et ôter la graisse.

Propriétés

Il n’y a aucune information sur la composition nutritionnelle, mais elle est probablement comparable à l’oseille (Rumex acetosa L.), qui est répandue dans les régions tempérées. Les composants suivants ont été découverts chez Rumex abyssinicus : acide oxalique, acide chrysophanique, chrysophanol, émodine et physcion. Plusieurs substances sont toxiques, par ex. l’acide chrysophanique. Les racines possèdent une activité antibactérienne contre Streptococcus pyogenes (provoquant plusieurs infections et maladies dangereuses) et une activité anti-inflammatoire en inhibant la synthèse de prostaglandine (substance produite par les envahisseurs pour contrecarrer l’action défensive du corps). Rumex abyssinicus a une forte activité antivirale contre le virus Coxsackie (qui provoque une maladie ressemblant à la poliomyélite) et le virus A de la grippe. In vitro, il a montré une prolifération des cellules macrophages murines, suggérant qu’il puisse avoir un rôle dans l’amélioration du système immunitaire du corps et dans le processus de guérison des plaies (en favorisant la régénération des cellules épithéliales).

Botanique

Plante herbacée vivace très trapue atteignant 4 m de haut, à rhizome charnu et tige cannelée, glabre, rouge-vert, atteignant 3 cm de diamètre à la base. Feuilles alternes, simples ; ochréa en entonnoir, de 2–2,5 cm de long, brune, se déchirant aisément ; pétiole souvent aussi long que le limbe ; limbe triangulaire hasté, feuilles basales atteignant 25 cm × 20 cm, à nervures palmées, feuilles caulinaires beaucoup plus petites. Inflorescence : grande panicule fortement ramifiée, sans feuilles, atteignant 50 cm de long, avec des fleurs en petits glomérules. Fleurs habituellement bisexuées ; pédicelle fin, atteignant 5 mm de long ; tépales 6, les 3 extérieurs ovales, de 1,5 mm de long, réfléchis chez le fruit, bruns, membraneux, les 3 intérieurs cordés, de 1–1,5 mm de long pendant la floraison, s’élargissant chez le fruit, jusqu’à 6 mm de long, verts à bords rouges et à veines réticulées distinctes, rouge-brun chez le fruit. Fruit : nucule fortement trigone de 2–4 mm de long, brun pâle à brun foncé brillant.

Le genre Rumex comprend environ 200 espèces, nombre d’entre elles étant originaires des régions tempérées de l’hémisphère nord. Rumex abyssinicus est variable, particulièrement en ce qui concerne les feuilles, et de nombreuses variétés ont été distinguées, ce qui a peu d’intérêt pratique à cause des nombreux intermédiaires.

Description

Autres données botaniques

Ecologie

Rumex abyssinicus est une adventice courante dans les champs et les plantations. Il est également présent le long des chemins et des cours d’eau, dans des buissons secondaires, dans la savane herbeuse et au bord de la forêt pluviale, jusqu’à 3300 m d’altitude. En Tanzanie, il se développe bien sur des sols volcaniques et des limons sableux, lorsque la pluviométrie annuelle est de 1100–2200 mm.

Multiplication et plantation

Gestion

Rumex abyssinicus est habituellement récolté dans la nature. On le tolère souvent comme adventice dans les champs et les plantations. Au Gabon, en R.D. du Congo, au Rwanda et en Ouganda, il est cultivé comme légume ou comme plante tinctoriale. Il peut être multiplié par graines, et après son installation, par division. Afin d’avoir une production optimale de feuilles, il faut enlever les inflorescences. Les feuilles sont habituellement récoltées lors de la saison des pluies au fur et à mesure des besoins.

Ressources génétiques

Rumex abyssinicus est assez répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique. Une collection importante de ressources génétiques est conservée en Allemagne (Gatersleben).

Perspectives

Rumex abyssinicus restera localement un légume sauvage important. Ses propriétés nutritionnelles et médicinales méritent davantage de recherches, d’autant que des espèces voisines ont été utilisées pour traiter la schistosomose.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Graham, R.A., 1958. Polygonaceae. In: Turrill, W.B. & Milne-Redhead, E. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 40 pp.
  • Hedberg, O., 2000. Polygonaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 336–347.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.

Autres références

  • Cavaco, A., 1953. Polygonacées (Polygonaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), famille 65. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 22 pp.
  • Getie, M., Gebre-Mariam, T., Rietz, R., Höhne, C., Huschka, C., Schmidtke, M., Abate, A. & Neubert, R.H.H., 2003. Evaluation of the anti-microbial and anti-inflammatory activities of the medicinal plants Dodonaea viscosa, Rumex nervosus and Rumex abyssinicus. Fitoterapia 74: 139–143.
  • Jansen, P.C.M., 1981. Spices, condiments and medicinal plants in Ethiopia, their taxonomy and agricultural significance. Agricultural Research Reports 906. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 327 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Nguyen Thi Do, 2001. Rumex L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 480–484.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Rechinger, K.H., 1954. Monograph of the genus Rumex in Africa. Botaniska Notiser 3, supplement 3. 114 pp.
  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
  • Westphal, E., 1975. Agricultural systems in Ethiopia. Agricultural Research Reports 826. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 278 pp.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 6 mars 2020.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.