Rhufleur (Annales Gand)
nom accepté : Rheum rhabarbarum
M. Forsyth, jardinier du marquis de Shrewsbury, à Aiton Towers, dans le Stafforshire, propose l'usage comme un excellent légume nouveau, des pédoncules fleuris et jeunes des rhubarbes auxquels il donne le nom de rhufleurs, d'après le même principe qui fait que nous disons chou-fleur pour indiquer les pédoncules fleuris et jeunes de choux. La syllabe rhu vient du mot rhubarbe et le rappelle.
Voici ce que dit M. Forsyth : nous sommes dans l'habitude de manger les pétioles de la rhubarbe depuis un grand nombre d'années ; mais voyant que le pédoncule floral à son premier développement, était ferme et juteux, je jugeai qu'il devait être une excellente partie de la plante. Evidemment ce pédoncule était à la rhubarbe ce que le chou-fleur était au chou. Or, on sait que dans les plantations de rhubarbes, les pédoncules abondent et tous ne peuvent pas être abandonnés pour monter en graines ; ils sont partout beaux et abondants au mois d'avril, époque où les nouveaux légumes sont rares et chers. Ces pousses de fleurs sont d'une belle couleur et on les prépare comme les rhubarbes elles-mêmes. A l'apparence, on dirait de l'intérieur d'une figue. La saveur est plus douce que celle de la rhubarbe et cette partie est plus propre à faire un mets analogue au broccoli qu'à faire une matière de tartes ; c'est plutôt un légume qu'une pièce de troisième entrée. Pour que ce mets prenne, il suffit de le mentionner, car chacun sur un objet si délicat doit se faire une opinion d'après sa propre expérience. Les pousses doivent d'ailleurs être prises jeunes et pleines, et dans l'ébullition, il faut certains soins pour ne pas les disloquer, absolument comme le comportent les choux-fleurs.
(Horticultural Magazine, mars 1846.)
in : Annales de la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand, Journal d'horticulture. 1846. tome II, p. 308. en ligne sur Google (p. 449 du pdf)