Pterocarpus mildbraedii (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Bois de feu | |
Fourrage | |
Auxiliaire | |
Sécurité alimentaire | |
Pterocarpus mildbraedii Harms
- Protologue: Notizbl. Bot. Gart. Berlin 8 : 152 (1922).
- Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Synonymes
Noms vernaculaires
Padouk blanc (Fr). Mkula (Sw).
Origine et répartition géographique
Pterocarpus mildbraedii est présent en Sierra Leone, au Liberia, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Bénin, au Nigeria, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon et sur les monts Usambara et Udzungwe (Tanzanie). Les données relatives à la R.D. du Congo reposent sur des erreurs d’identification.
Usages
Les feuilles de Pterocarpus mildbraedii sont employées comme légume cuit au Nigeria. Au Ghana, les arbres ont été plantés ou gardés dans les cacaoyères pour donner de l’ombre. Pterocarpus mildbraedii n’est que rarement exploité pour son bois. C’est le cas par ex. en Tanzanie, où l’on en fait des mortiers.
Propriétés
Les feuilles de Pterocarpus mildbraedii contiennent par 100 g de partie comestible : eau 85 g, énergie 237 kJ (57 kcal), protéines 3,8 g, lipides 0,8 g, glucides 8,2 g, fibres brutes 1,13 g, Ca 72 mg, Mg 28 mg, Fe 4,7 mg et Zn 3,1 mg (Akpanyung, E.O., Udoh, A.P. & Akpan, E.J., 1995). Les taux d’acide cyanhydrique et d’oxalate sont élevés, mais pas au point de représenter un danger pour la santé des consommateurs. Un extrait à l’éthanol s’est avéré toxique pour les rats seulement après administration intrapéritonéale. Le bois, blanchâtre et mou, n’a guère de valeur commerciale.
Botanique
Arbre de taille moyenne à grande atteignant 35 m de haut, à écorce lisse, grise ou brun pâle, dont exsude une gomme rouge à la coupe, et à petite cime arrondie. Feuilles alternes, imparipennées, atteignant 35 cm de long ; stipules lancéolées, jusqu’à 1 cm de long, caduques ; folioles (5–)7–15, alternes, elliptiques-oblongues à ovales, de 6–14 cm × 3–7 cm, base arrondie à cunéiforme, apex abruptement acuminé. Inflorescence : grappe ou panicule peu ramifiée de 5–15 cm de long. Fleurs bisexuées, papilionacées, 5-mères ; calice de 5–8 mm de long, densément couvert de poils courts sur les lobes à l’intérieur, et près du bord des lobes à l’extérieur ; corolle jaune dorée, de 1–1,5 cm de long. Fruit : gousse obovale-orbiculaire de 10–12 cm de long, pourvue d’une aile membraneuse très large, base du style latérale, à 1(–2) graines.
Le genre Pterocarpus comprend environ 60 espèces, dont 20 en Afrique. Plusieurs espèces asiatiques et africaines produisent des bois commerciaux. Pterocarpus santanalioides DC., Pterocarpus soyauxii Taub. et Pterocarpus osun Craib, tous utilisés d’abord pour leur bois, ont aussi des feuilles consommées comme légume.
Les deux populations séparées de Pterocarpus mildbraedii, qu’on trouve en Afrique occidentale et centrale d’une part et en Afrique orientale d’autre part, sont parfois considérés comme des sous-espèces : subsp. mildbraedii et subsp. usambarensis (Verdc.) Polhill respectivement. Elles diffèrent par la taille des bractées et des fleurs.
Pterocarpus mildbraedii a une croissance rapide et rejette bien. Son système radiculaire se développe en surface : la plupart des racines sont situées dans les 30 premiers centimètres du sol. Il présente des vagues de croissance intermittentes. Les nouvelles feuilles apparaissent pendant la saison sèche au moment où les autres légumes-feuilles font défaut.
Description
Croissance et développement
Ecologie
Pterocarpus mildbraedii se rencontre dans les forêts pluviales des basses terres, les forêts sempervirentes sèches et les ripisylves, jusqu’à 1250 m d’altitude. En Tanzanie, il est restreint aux altitudes de 300–600 m. Il tolère les sols acides.
Gestion
Les feuilles de Pterocarpus mildbraedii sont cueillies dans la nature, mais elles sont souvent commercialisées. On tente de domestiquer l’arbre. Sa multiplication est possible par graines, par greffage d’écussons ou par bouturage.
Ressources génétiques
Pterocarpus mildbraedii est répandu en Afrique de l’Ouest et centrale, et il ne semble pas menacé d’érosion génétique, bien qu’il soit signalé comme rare dans certains pays (par ex. au Ghana). Les populations situées en Tanzanie sont toutefois restreintes et vulnérables.
Perspectives
Même si Pterocarpus mildbraedii constitue un légume nourrissant, il n’est exploité que dans le sud du Nigeria. Une meilleure compréhension de la variation de l’espèce pourrait aider à sa domestication. Il est actuellement à l’essai dans des systèmes agroforestiers.
Références principales
- Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.
- Okafor, J.C., 1991. Improving edible species of forest products. Unasylva 165(42): 17–23.
- Okigbo, B.N., 1977. Neglected plants of horticultural importance in traditional farming systems of tropical Africa. Acta Horticulturae 53: 131–150.
- Rojo, J.P., 1972. Pterocarpus (Leguminosae-Papilionaceae) revised for the world. Phanerogamarum Monographiae. Volume 5. J. Cramer, Lehre, Germany. 119 pp.
Autres références
- Ajibesin, K.K., Bala, D.N., Ekpo, B.A.J. & Adesanya, S.A., 2002. Toxicity of some plants implicated as poisons in Nigerian ethnomedicine to rats. Nigerian Journal of Natural Products and Medecines 6: 8–10.
- Akinnifesi, F.K., Kang, B.T. & Ladipo, D.O., 1998. Structural root form and fine root distribution of some woody species evaluated for agroforestry systems. Agroforestry Systems 42: 121–138.
- Akpanyung, E.O., Udoh, A.P. & Akpan, E.J., 1995. Chemical composition of the edible leaves of Pterocarpus mildbraedii. Plant Foods and Human Nutrition 48(3): 209–215.
- Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
- Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
- Roe, D., Mulliken, T, Milledge, S., Mremi, J., Mosha, S. & Grieg-Gran, M., 2002. Making a killing or making a living?: wildlife trade, trade controls and rural livelihoods. Biodiversity and Livelihoods Issues 6. TRAFFIC, Cambridge & IIED, London, United Kingdom. 114 pp.
- Rojo, J.P. & Alonzo, D.S., 1993. Pterocarpus Jacq. In: Soerianegara, I. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(1). Timber trees: Major commercial timbers. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 374–379.
Auteur(s)
- C.H. Bosch
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 3 avril 2025.
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