Pteridium aquilinum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg



Pteridium aquilinum (L.) Kuhn




Protologue: Cryptogamae vasculares. In : Decken, Reisen in Ost-Afrika 3(3) : 11 (1879).
Famille: Dennstaedtiaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 52, 104, 208

Synonymes

Pteris aquilina L. (1753), Pteris esculenta G.Forst. (1786), Pteris lanuginosa Bory ex Willd. (1810), Pteridium esculentum (G.Forst.) Nakai (1825).

Noms vernaculaires

Fougère-aigle, fougère grand-aigle, fougère des savanes (Fr). Bracken, brackenfern, eagle fern (En). Feto ordinário, feto dos montes (Po). Mjimbi (Sw).

Origine et répartition géographique

Pteridium aquilinum est cosmopolite et particulièrement commune dans les zones tempérées. Elle est présente sur tous les continents, y compris l’Antarctique. C’est une des espèces les plus répandues au monde. En Afrique, elle va de la Méditerranée jusqu’au Cap.

Usages

Pteridium aquilinum est largement utilisée comme légume cuit. Dans la région de Baffousam au Cameroun, elle est décrite comme consommée de manière courante en mélange avec des plantes comme Vernonia amygdalina Delile et Triumfetta rhomboidea Jacq. Au Gabon, les jeunes frondes encore enroulées (crosses de fougère) sont décrites comme comestibles. Plusieurs tribus d’Angola consomment les feuilles. En Europe, un certain nombre d’accidents se sont produits suite à la consommation des feuilles par des animaux. Plusieurs sources mentionnent toujours son usage comme légume dans de nombreux pays, parfois à grande échelle. Pour les rendre comestibles, les crosses de fougère sont plongées dans de l’eau contenant de la cendre de bois pendant 24–36 heures pour en retirer l’acide tannique libre. Jusqu’à maintenant, les crosses sont appréciées au Japon, où elles sont bouillies, séchées et conservées pour un usage en hiver. Les crosses en boîtes sont commercialisées au Japon comme “warabi” ou “zenmai”.

A Madagascar et aux îles Canaries, le rhizome est décrit comme comestible, et en France on l’utilisait pour nourrir les porcs. Les rhizomes contiennent de l’amidon, qui a été largement utilisé par les Amérindiens canadiens par le passé. Au Japon, l’amidon est utilisé pour fabriquer des confiseries.

Les feuilles sont utilisées comme paille pour le bétail et comme litière. Les feuilles sont aussi utilisées pour filtrer l’huile et le vin de palme. La poudre séchée de crosses est appliquée sur les vieilles blessures. En Côte d’Ivoire, la pulpe des crosses cuites est utilisée comme lavement pour surmonter la stérilité des femmes. Le rhizome mélangé à celui du gingembre (Zingiber officinale L.) est écrasé et le jus est bu comme aphrodisiaque. En tant que composant d’un mélange de 7 autres ingrédients, il est utilisé pour calmer les handicapés mentaux.

En Chine, l’eau dans laquelle les feuilles ont été plongées est appliquée comme pesticide. La cendre, qui a une teneur élevée en potasse, était jadis très utilisée en Europe dans la production de verre et de savon. La cendre de la fougère-aigle était particulièrement utile pour la fabrication de verre transparent incolore. La cendre humide était vendue en boules pour laver les vêtements et blanchir le linge.

Production et commerce international

Propriétés

La plante entière de Pteridium aquilinum contient des composées toxiques et antinutritionnels. Les composés isolés comprennent des sesquiterpénoïdes (ptaquiloside et substances apparentées, appelées en général ptérosines, et qui ont des activités insecticides et carcinogènes), de l’ecdysone (composé terpénoïde identique à l’hormone de la mue des insectes), des hétérosides cyanogéniques, des tanins et des acides phénoliques. Tous ces constituants peuvent avoir une certaine activité comme dissuasif alimentaire. L’acide shikimique a été observé dans toutes les parties de la fougère-aigle, spécialement dans le rhizome. Il a une activité carcinogène, ce qui peut expliquer chez le bétail un syndrome fatal d’hémorragie et chez l’homme le cancer de l’estomac après une consommation régulière de feuilles de fougère. La fougère-aigle contient également une enzyme qui détruit la vitamine B1 et engendre l’avitaminose B1, provoquant des dommages cérébraux chez les chevaux et autres non-ruminants et une hématurie enzootique aiguë (“redwater disease”) chez le bétail. La présence et les concentrations des différents constituants chimiques varient selon les sous-espèces et les variétés. Les rhizomes apparaissent être environ cinq fois plus toxiques que les feuilles. Il est difficile de détecter et de diagnostiquer un empoisonnement en raison de la toxicité retardée. Les symptômes et la mort peuvent survenir jusqu’à huit semaines après que les animaux aient cessé de manger les plantes. Le risque pour la santé humaine est plus élevé chez les jeunes enfants.

Botanique

Fougère terrestre, à feuilles finement divisées, jusqu’à 2,5 m de haut ; rhizome long, rampant profondément dans le sol, se ramifiant à plusieurs reprises, couvert de fins poils brun clair. Feuilles apparaissant sur de courtes ramifications du rhizome, jamais très proches l’une de l’autre ; pétiole épais, jusqu’à plus de 1 m de long, clair, montrant en coupe des faisceaux vasculaires disposés en fer à cheval ; limbe grand, à contour ovale-triangulaire, jusqu’à 2 m × 1 m, 2–4-penné ; tout les axes sillonnés sur la surface supérieure et souvent poilus ; la paire basale de pennes habituellement subopposée, jusqu’à 70 cm × 40 cm, les pennes et pinnules supérieures graduellement réduites et confluentes ; les divisions ultimes composées pennées ou lobées, souvent avec une portion apicale longue et entière ; segments oblongs, obtus, adnés, souvent avec des extensions ailées à la base, souvent parsemés de lobes plus petits et courts, bords entiers, toujours révolutés. Sores submarginaux, linéaires, pour la plupart continus sur la nervure marginale reliant les bouts des nervures latérales ; sporanges situés entre l’indusie externe constituée par le bord réfléchi du segment et la mince indusie interne. Spores trilètes, tétraédriques-globuleuses, de 23–35 μm de diamètre, irrégulièrement granulées.

Pteridium aquilinum est une espèce très variable. La subsp. aquilinum et la plus commune en Afrique. Une autre sous-espèce, subsp. centrali-africanum Hieron. (synonyme : Pteridium centrali-africanum (Hieron.) Alston), souvent considérée comme une espèce séparée, est présente du Gabon au Mozambique.

Description

Autres données botaniques

Croissance et développement

Ecologie

Pteridium aquilinum pousse dans les lisières des forêts et aux bords des fourrés dans les savanes, où elle peut former des populations denses et presque pures, et est souvent considérée comme une adventice. Elle préfère des altitudes de 750–2350 m.

Multiplication et plantation

Gestion

A cause de son aptitude à former des peuplements denses à hauteur d’homme, la fougère-aigle peut gêner le développement de jeunes arbres. Elle envahit rapidement de nouvelles zones ; les jeunes plantes donnent jusqu’à 45 frondes (feuilles) la deuxième année et environ 140 pendant la troisième. Une fois établis, les rhizomes souterrains, qui peuvent atteindre 60 cm de profondeur, continuent à produire de nouvelles frondes pendant de nombreuses années. De plus, la plante produit des composés allélopathiques. En Asie du Sud-Est, elle peut être une adventice des plantations de thé et d’autres cultures de plantation. En Ecosse, le méthyl (4-aminobenzènesulphonyl) carbamate, pulvérisé sur le feuillage, est un moyen de lutte efficace. Corticium anceps, Fusarium spp. et Septoria aquilina sont des champignons parasites que l’on trouve sur Pteridium aquilinum, et sont des sources potentielles de lutte biologique. La fougère-aigle n’a pratiquement pas d’insectes parasites parce qu’elle contient de l’ecdysone qui interfère dans le processus de la mue des insectes.

La reproduction de Pteridium aquilinum s’effectue principalement par voie végétative, même si jusqu’à 300 millions de spores peuvent être produites par une simple feuille. A maturité, les spores sont éjectées mécaniquement à 1–2 cm dans l’air quand le temps est sec, dispersées par le vent et souvent déposées juste après par la première pluie. Les spores germent sans aucune période de dormance. On peut trouver de jeunes plantes 6–7 semaines après.

Les statistiques sur la production et le commerce de Pteridium aquilinum sont rares. En 1970, environ 300 t de crosses de fougère-aigle étaient consommées rien qu’à Tokyo, et dans l’ensemble du Japon la consommation annuelle pouvait atteindre plusieurs milliers de tonnes. Quelques rares données statistiques sont disponibles sur les rendements. La production annuelle de rhizomes a été estimée à17 t/ha. On a calculé que 50 t de fougère-aigle sèche sont nécessaires pour produire une tonne de potasse.

Maladies et ravageurs

Récolte

Rendement

Ressources génétiques

En tant que cosmopolite, Pteridium aquilinum n’est pas en danger d’érosion génétique. On ne connaît aucune collection de ressources génétiques et aucun programme de sélection.

Sélection

Perspectives

L’importance de la fougère-aigle est principalement locale et souvent seulement historique. Le fait que toutes les parties de la plante sont suspectées d’être toxiques, ou que cela a été confirmé, limite son aptitude à la consommation humaine. En Afrique, l’utilisation alimentaire de Pteridium aquilinum doit être découragée ou faire l’objet de suivi, et les autorités sanitaires devraient mettre en garde les populations locales contre ses dangers. La plupart des autres utilisations sont triviales, et il existe de nombreuses solutions de rechange. Il est peu probable que la plante augmente en importance, certainement pas en Afrique, bien que son utilisation comme pesticide naturel semble fournir une opportunité jusqu’à présent inconnue en Afrique. Ses qualités médicinales et phytosanitaires nécessitent des recherches ultérieures.

Références principales

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  • Kerharo, J. & Bouquet, A., 1950. Plantes médicinales et toxiques de la Côte d’Ivoire - Haute-Volta. Vigot Frères, Paris, France. 291 pp.
  • Koagne, H., 1999. La dynamique des plantes et dérivés alimentaires dans la Chefferie Bafoussam. Abstract in: Mnzava, N.M., Dearing, J.A., Guarino, L. Chweya, J.A. & de Koeijer, H. (Editors). Bibliography of the genetic resources of traditional African vegetables. Neglected leafy green vegetable crops in Africa. Volume 2. IPGRI, Nairobi, Kenya. p. 56.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Titien Ngatinem Praptosuwiryo & Jansen, P.C.M., 2003. Pteridium aquilinum (L.) Kuhn. In: de Winter, W.P. & Amoroso, V.B. (Editors). Plant Resources of South East Asia No 15(2). Cryptogams: ferns and fern allies. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 161–166.

Autres références

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  • Cody, W.J. & Crompton, C.W., 1975. The biology of Canadian weeds. 15. Pteridium aquilinum (L.) Kuhn. Canadian Journal of Plant Science 55: 1059–1072.
  • d’Oliveira Feijão, R., 1960. Elucidário fitológico. Plantas vulgares de Portugal continental, insular e ultramarino. Classificão, nomes vernáculos e aplicações. Volume 1, A–H. Instituto Botânico de Lisboa, Lisbon, Portugal. 472 pp.
  • Everist, S.L., 1974. Poisonous plants of Australia. Angus & Robertson, London, United Kingdom. 966 pp.
  • Kingsbury, J.M., 1964. Poisonous plants of the United States and Canada. Prentice-Hall, Englewood Cliffs, NJ., United States. 626 pp.
  • Nwosu, M.O., 2002. Ethnobotanical studies on some Pteridophytes of Southern Nigeria. Economic Botany 56(3): 255–259.
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  • Tryon, R.M. & Tryon, A.F., 1982. Ferns and allied plants. Springer Verlag, New York, United States. 857 pp.

Sources de l'illustration

  • Titien Ngatinem Praptosuwiryo & Jansen, P.C.M., 2003. Pteridium aquilinum (L.) Kuhn. In: de Winter, W.P. & Amoroso, V.B. (Editors). Plant Resources of South East Asia No 15(2). Cryptogams: ferns and fern allies. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 161–166.

Auteur(s)

  • W.J. van der Burg

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 18 décembre 2024.


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