Psophocarpus scandens (PROTA)

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Psophocarpus scandens (Endl.) Verdc.




Protologue: Taxon 17 : 539 (1968).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 18

Synonymes

Psophocarpus longepedunculatus Hassk. (1842), Psophocarpus palustris auct. non Desv.

Noms vernaculaires

Pois ailé africain, kikalakasa (Fr). African winged bean, tropical African winged bean, kikalakasa (En). Mabala (Po).

Origine et répartition géographique

Le pois ailé africain est une plante sauvage commune de l’Afrique centrale et orientale et des îles de l’océan Indien, et s’étend dans l’est de l’Afrique occidentale (Nigeria) et la partie nord de l’Afrique australe (Malawi, Zambie, Angola, Mozambique). Il a été introduit à la Jamaïque et au Brésil, où il s’est naturalisé. Une campagne de promotion récente en R.D. du Congo en a fait un légume très apprécié dans les jardins familiaux et une culture commerciale pour les marchés locaux, notamment autour de Kinshasa. On l’a introduit comme légume-feuilles cultivé dans plusieurs pays d’Afrique, mais il n’a reçu qu’un accueil limité, bien que les essais aient donné de bons résultats du point de vue de la production.

Usages

Le principal produit du pois ailé africain est constitué par les feuilles et les jeunes pousses, consommés comme légume vert. Les fruits immatures et les graines mûres sont également consommés. En R.D. du Congo, les feuilles de pois ailé africain sont recommandées comme galactogène pour les femmes allaitantes. Les feuilles sont employées en cataplasme pour le traitement du lumbago, des blessures et des hémorroïdes. Une tisane de feuilles soulage les maux d’estomac. Psophocarpus scandens est cultivé comme plante de couverture en Afrique et en Asie, par ex. dans les plantations de palmiers à huile ou d’hévéas, tandis que les feuilles en mélange avec d’autres légumineuses et graminées sont employées comme fourrage.

Production et commerce international

Le pois ailé africain est récolté principalement dans la nature, mais on le cultive aussi dans les jardins familiaux, et en R.D. du Congo également pour les marchés locaux. On n’en connaît aucun commerce international.

Propriétés

En R.D. du Congo, on a trouvé que les jeunes feuilles fraîches contiennent par 100 g de partie comestible : eau 82 g, protéines 7,1 g, lipides 2,2 g, glucides 5,8 g, Ca 565 mg, P 65 mg, Mg 270 mg. La composition nutritionnelle de jeunes fruits par 100 g est : eau 87 g, protéines 3,6 g, lipides 0,35 g, glucides 7,3 g, Ca 297 mg, P 61 mg, Mg 200 mg (Harder, D., Lolema, O.P.M. & Tshisand, M., 1990).

Falsifications et succédanés

Le koko (Gnetum spp.) a un goût assez proche de celui des feuilles de pois ailé africain, mais celui-ci est meilleur marché et plus largement disponible.

Description

Plante herbacée vivace grimpante ou volubile ; tige jusqu’à 6 m de longueur, glabre ou légèrement pubescente. Feuilles alternes, 3-foliolées ; stipules oblongues-lancéolées, de 1–1,5 cm de long, éperonnées, persistantes ; pétiole de 5–18 cm de long, rachis de 1–5 cm de long ; folioles ovales-rhomboïdes à largement arrondies, de 2,5–12 cm × 2–10 cm, cunéiformes à tronquées à la base, aiguës ou acuminées à l’apex, parfois 3-lobées, glabres ou glabrescentes sur les deux faces, bord souvent cilié. Inflorescence : pseudo-grappe à fleurs plus ou moins nombreuses ; pédoncule de 3–40 cm de long, rachis de 5–12 cm de long, pubescent ; bractées semi-caduques, jusqu’à 1 cm de long, bractéoles persistantes, jusqu’à 1,5 cm de long. Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 2–6 mm de long, pubescent ; calice à tube de 5–7 mm de long, lobes inégaux, jusqu’à 3,5 mm de long ; corolle à étendard obovale-oblong jusqu’à 2 cm × 1,5 cm, bleu pâle ou mauve, émarginé, ailes bleu lilas et carène bleu lilas ou blanchâtre ; étamines 10, dont 9 à filets fusionnés et 1 libre ou plus ou moins connée au milieu ; ovaire supère, oblong, à 1 loge, style courbé, avec une rangée de poils sous le stigmate. Fruit : gousse oblongue, de section transversale carrée, de 3,5–8 cm × 6–7 mm, à 4 ailes proéminentes, glabre, à 4–8 graines. Graines oblongues à cylindriques, de (5–)6–7,5 mm × (3,5–)5–6 mm, violet noirâtre, avec un fin tomentum granuleux orange, s’enlevant aisément, ou des poils soyeux bruns sur les bords. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Psophocarpus comprend une dizaine d’espèces, dont une n’est connue que comme plante cultivée : le pois ailé, Psophocarpus tetragonolobus (L.) DC. Les autres espèces sont toutes indigènes d’Afrique tropicale.

Psophocarpus scandens est étroitement apparenté à Psophocarpus palustris Desv., que l’on trouve du Sénégal jusqu’au Soudan. Cette dernière espèce est également connue sous le nom de pois ailé africain, et est encore souvent confondue avec Psophocarpus scandens. Psophocarpus palustris diffère de Psophocarpus scandens par ses folioles qui sont généralement plus poilues en dessous, ses bractéoles plus courtes (jusqu’à 6,5 mm de long), et ses fruits généralement plus courts (2,5–5,5 cm). Dans la région où les aires de répartition des deux espèces se rencontrent (du Nigeria au Soudan), on a trouvé des spécimens intermédiaires, qui sont peut-être des hybrides. La plus grande partie de l’information agronomique publiée sous le nom Psophocarpus palustris devrait être attribuée à Psophocarpus scandens. Toutefois, Psophocarpus palustris est incontestablement utilisé de la même façon comme légume ; les jeunes fruits sont consommés au Sénégal.

Les feuilles et les jeunes gousses de Psophocarpus grandiflorus R.Wilczek sont consommées en R.D. du Congo une fois cuites à l’eau ou au lait. Les graines grillées sont également consommées. Les sculptures et objets d’artisanat en bois sont frottés avec les feuilles pour leur donner une couleur foncée. Les tiges résistantes servent de liens. On donne une infusion de feuilles aux femmes et aux femelles d’animaux domestiques pour provoquer la parturition. Psophocarpus grandiflorus a de plus grandes fleurs que Psophocarpus scandens et est cantonné dans les zones d’altitude de l’est de la R.D. du Congo, de l’Ethiopie et de l’Ouganda.

Croissance et développement

Ecologie

A l’état sauvage, on rencontre Psophocarpus scandens dans les basses terres jusqu’à 1000 m d’altitude, en R.D. du Congo dans des régions ayant une pluviométrie annuelle de 1200–1800 mm et une température annuelle moyenne de 25°C. Il préfère les milieux marécageux, les forêts périodiquement inondées et les bords de rivières, mais on le trouve aussi dans des milieux plus secs, par ex. les savanes, les fourrés et les friches.

Multiplication et plantation

Les graines sont très dures et peuvent se conserver plusieurs années. Elles demandent à être scarifiées avant le semis. Le poids de 100 graines est de 9–10 g. L’espacement dépend du mode de culture. Lorsqu’on plante sur terrain plat, un espacement de 50 cm × 50 cm est adéquat ; lorsque les plantes peuvent grimper sur des clôtures, des treillages ou des buissons dans le jardin, on place une ou deux graines à la base du support.

Gestion

Un désherbage précoce est nécessaire du fait que la croissance initiale est lente. En R.D. du Congo, on sème le pois ailé africain sur terrain ouvert, souvent en association avec les patates douces. On le sème également en plante de couverture dans des systèmes de culture comportant bananier, maïs, manioc, palmier à huile et hévéa.

Maladies et ravageurs

Psophocarpus scandens est d’une manière générale peu sensible aux maladies et ravageurs. Il résiste à divers insectes et maladies qui attaquent Psophocarpus tetragonolobus, tels que la fausse rouille (Synchytrium psophocarpi) et les taches foliaires sombres (Pseudocercospora psophocarpi). Il est aussi moins sensible au virus de la mosaïque nécrotique et à la rouille des fleurs. Le nématode Heterodera marioni l’attaque à Maurice et à Sumatra (Indonésie). En R.D. du Congo, des bruches s’attaquent aux semences.

Récolte

Les feuilles sont cueillies principalement avant que la plante ne forme ses fruits.

Traitement après récolte

Les feuilles peuvent être séchées et réduites en poudre en vue d’une longue conservation. Les graines peuvent être grillées, et donnent une bonne farine.

Ressources génétiques

Le pois ailé africain est une plante sauvage commune, qui n’est pas en danger d’érosion génétique. L’Institut international d’agriculture tropicale (IIAT) à Ibadan (Nigeria), et la Southern Regional Plant Introduction Station à Griffin (Georgie) aux Etats-Unis, entretiennent des collections de ressources génétiques de Psophocarpus, dont quelques entrées de Psophocarpus scandens.

Sélection

Les essais de croisement de Psophocarpus scandens avec Psophocarpus tetragonolobus, qui a le même nombre de chromosomes, ont échoué, probablement en raison de différences dans le caryotype. Si l’on parvient à obtenir des hybrides interspécifiques, ils seront probablement stériles, de sorte qu’il ne sera pas aisé de transmettre des gènes de résistance aux maladies et ravageurs de Psophocarpus scandens à Psophocarpus tetragonolobus.

Perspectives

Le pois ailé africain est un légume nourrissant et facile à cultiver. Il serait utile de sélectionner des cultivars améliorés, ainsi que mener des recherches sur les pratiques culturales.

Références principales

  • Harder, D.K., Lolema, O.P.M. & Tshisand, M., 1990. Uses, nutritional composition, and ecogeography of four species of Psophocarpus (Fabaceae, Phaseoleae) in Zaire. Economic Botany 44(3): 391–409.
  • Latham, P., 2004. Useful plants of Bas-Congo province, Democratic Republic of the Congo. DFID, London, United Kingdom. 320 pp.
  • Maxted, N., 1990. A phenetic investigation of Psophocarpus Neck. ex DC. (Leguminosae, Phaseoleae). Botanical Journal of the Linnean Society 102(2): 103–122.
  • Maxted, N., 1991. Intergeneric relationships between Psophocarpus Necker ex DC. (Phaseoleae, Leguminosae) and its allies. Candollea 46(2): 367–382.
  • Paulus, J., 1997. Extension of African winged bean in Zaire. In: Schippers, R.R. & Budd, L. (Editors). Proceedings of a workshop on African indigenous vegetables, Limbe, Cameroon, 13–18 January 1997. Natural Resources Institute/IPGRI, Chatham, United Kingdom. pp. 42–45.
  • Pickersgill, B., 1980. Cytology of two species of winged bean, Psophocarpus tetragonolobus (L.) DC. and P. scandens (Endl.) Verdc. (Leguminosae). Botanical Journal of the Linnean Society 80: 279–291.
  • Schippers, R.R., 2002. African indigenous vegetables, an overview of the cultivated species 2002. Revised edition on CD-ROM. National Resources International Limited, Aylesford, United Kingdom.
  • Verdcourt, B. & Halliday, P., 1978. A revision of Psophocarpus (Leguminosae - Papilionoideae - Phaseolae). Kew Bulletin 33(2): 191–227.
  • Wulijarni-Soetjipto, N., 1997. Psophocarpus scandens (Endl.) Verdc. In: Faridah Hanum, I. & van der Maesen, L.J.G. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 11. Auxiliary plants. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 214–217.

Autres références

  • Drinkall, M.J. & Price, T.V., 1986. Studies of the infection of the winged bean by Synchytrium psophocarpi in Papua New Guinea. Annals of Applied Biology 109: 87–94.
  • Gunasekera, S.A., Shanthichandra, W.K.N. & Price, T.V., 1990. Disease incidence, severity and pod yield of winged bean (Psophocarpus tetragonolobus) accessions and Psophocarpus scandens. Tropical Pest Management 36(3): 207–210.
  • Harder, D.K., 1992. Chromosome counts in Psophocarpus. Kew Bulletin 47(3): 529–534.
  • Klauer, S.F., Franceschi, V.R., Ku, M.S.B. & Zhang, D.-Z, 1996. Identification and localization of vegetative storage proteins in legume leaves. American Journal of Botany 83(1): 1–10.
  • Mackinder, B., Pasquet, R., Polhill, R. & Verdcourt, B., 2001. Leguminosae (Papilionoideae: Phaseoleae). In: Pope, G.V. & Polhill, R.M. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 3, part 5. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 261 pp.
  • Mulongoy, K. & Akobundu, I.O., 1992. Agronomic and economic benefits of N contributions by legumes in live-mulch and alley cropping systems. IITA Research 1(4): 12–16.
  • Tong, T.H., Tjong, J.K. & Lubis, I.P., 1961. Psophocarpus palustris - an ideal ground cover for oil palm and rubber. Proceedings of the national rubber research conference, 26 September – 1 October 1960, Kuala Lumpur. Rubber Research Institute of Malaysia, Kuala Lumpur, Malaysia. pp. 312–324.

Sources de l'illustration

  • Verdcourt, B. & Halliday, P., 1978. A revision of Psophocarpus (Leguminosae - Papilionoideae - Phaseolae). Kew Bulletin 33(2): 191–227.

Auteur(s)

  • R.R. Schippers

De Boeier 7, 3742 GD Baarn, Netherlands

Consulté le 21 octobre 2019.


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