Portulaca oleracea (PROTA)

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Portulaca oleracea L.




Protologue: Sp. pl. 1 : 445 (1753).
Famille: Portulacaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 18, 36, 54

Synonymes

Noms vernaculaires

Pourpier, pourpier potager (Fr). Purslane, garden purslane, pigweed (En). Beldroega, bredo fêmea (Po).

Origine et répartition géographique

Portulaca oleracea est une adventice cosmopolite qu’on rencontre surtout dans les régions chaudes ; il est présent à travers toute l’Afrique tropicale. Les origines de sa culture sont incertaines, mais il pourrait s’agir de l’Asie occidentale ou de l’Inde. C’est l’un des plus anciens légumes-feuilles, utilisé de l’Europe jusqu’au Japon, en Australie et dans les Amériques. Il est consommé dans de nombreux pays africains, comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Cameroun, le Kenya, l’Ouganda, l’Angola et l’Afrique du Sud. La plante est particulièrement appréciée au Soudan et en Egypte, où elle est connue sous le nom arabe de “rigla”.

Usages

Les tiges et les feuilles charnues du pourpier ont une agréable saveur un peu acidulée et se consomment dans des salades vertes ou comme légume cuit. On le conserve parfois confit comme les cornichons ou les câpres. La graine, également comestible, sert à faire une farine et une bouillie au Kenya.

Employé en médecine populaire depuis des temps reculés, le pourpier figure sur la liste des plantes médicinales les plus utilisées au monde de l’Organisation mondiale de la santé. Il est utilisé comme diurétique, pour traiter les rhumatismes et les maladies gynécologiques, comme sédatif, analgésique et cardiotonique, pour soigner la fièvre, les troubles des voies urinaires, les vers intestinaux, comme tonifiant et cholérétique, pour traiter la dysenterie et, en application externe, comme traitement des ulcères, de l’eczéma et des dermatites. Les cendres de pourpier mélangées à du sel se prennent pour traiter les maladies cardiaques. Le pourpier est également une source de fourrage pour le bétail.

Production et commerce international

Le pourpier se récolte surtout dans la nature ou se cultive pour la consommation domestique et pour être vendu sur les marchés locaux. Les statistiques sur sa production sont rares ; au Soudan, il est cultivé sur environ 3000 ha.

Propriétés

Par 100 g de partie comestible (76%), le pourpier contient : eau 93,9 g, énergie 67 kJ (16 kcal), protéines 1,3 g, lipides 0,1 g, glucides 3,4 g, Ca 65 mg, Mg 68 mg, P 44 mg, Fe 2,0 mg, Zn 0,2 mg, vitamine A 1320 UI, thiamine 0,05 mg, riboflavine 0,11 mg, niacine 0.48 mg, folate 12 μg, acide ascorbique 21 mg (USDA, 2002). Les lipides contenus dans les tiges, les feuilles et les graines sont riches en acide linolénique, qui est polyinsaturé. Le pourpier serait riche en anti-oxydants. Un empoisonnement à l’oxalate et aux nitrates peut survenir si on le consomme en grandes quantités, et les gens sujets aux calculs rénaux doivent l’utiliser avec prudence. Le pourpier peut même contenir de l’oxalate en quantités toxiques pour les animaux domestiques. Des chèvres nourries principalement ou exclusivement de pourpier sont mortes en quelques semaines. La plante entière contient un alcaloïde, la norépinéphrine. Les pigments rouges du pourpier sont des bétacyanines acylées.

Des extraits aqueux de pourpier ont montré des effets décontractants musculaires chez les poulets, les rats et les chèvres. Des extraits à l’éthanol ont de nets effets analgésiques et anti-inflammatoires. Dans des essais sur des souris, un extrait brut de pourpier en application topique a accéléré la cicatrisation. Un extrait à l’éthanol a révélé une activité antifongique contre les dermatophytes Trichophyton. Des extraits de la plante ont montré une activité antityrosinase et sont actuellement testés pour leur pouvoir blanchissant sur la peau.

Falsifications et succédanés

Le pourpier marron (Portulaca quadrifida L.) et le grassé (Talinum triangulare (Jacq.) Willd.) servent de substitut au pourpier potager.

Description

Plante herbacée annuelle succulente, abondamment ramifiée, érigée ou prostrée ; tige atteignant 50 cm de long, glabre mais garnie de poils aux nœuds à l’état jeune, verte à rougeâtre ou brunâtre. Feuilles alternes à plus ou moins opposées ou en verticilles sur les rameaux terminaux, simples ; stipules absentes ; pétiole de 1–3 mm de long ; limbe obovale à spatulé, de 0,5–4 cm × 0,1–2 cm, cunéiforme à la base, arrondi à l’apex, entier. Inflorescence : glomérules sessiles à l’extrémité des rameaux, ayant jusqu’à 8 fleurs, souvent dépassés par les rameaux poussant à l’aisselle des feuilles. Fleurs bisexuées, régulières ; sépales 2, connés à la base, ovales-triangulaires, de 3–5 mm de long, carénés ; pétales 5, adnés aux sépales à la base, largement obovales, de 3–8 mm de long, jaunes, émarginés ; étamines 7–12, connées à la base ; ovaire semi-infère, 1-loculaire, style à 3–6 bras. Fruit : capsule ovoïde d’environ 4 mm de long, à déhiscence circulaire juste en dessous du milieu, contenant de nombreuses graines. Graines orbiculaires-réniformes, de 0,5–1 mm de diamètre, noires, lisses à tuberculées. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 1–1,5 cm de long, épicotyle absent ; cotylédons elliptiques-lancéolés, de 5–7 mm de long, succulents.

Autres données botaniques

Le genre Portulaca comprend environ 150 espèces, dont une trentaine se trouvent en Afrique tropicale, mais les opinions sur la délimitation des espèces divergent beaucoup. Portulaca oleracea est variable et comprend des populations diploïdes, tétraploïdes et hexaploïdes. Plusieurs sous-espèces ont été distinguées, principalement sur la base de la taille des graines et la morphologie du tégument. Les plantes cultivées ont été distinguées comme subsp. sativa (Haw.) Schübl. & Mart., et sont des plantes hexaploïdes (2n = 54) à port robuste et érigé avec de grandes graines. Il serait plus logique de les distinguer comme groupe de cultivars.

Croissance et développement

Le pourpier achève son cycle de vie sous les tropiques en 2–4 mois. Au début, la croissance est lente mais elle s’accélère au bout de 2 semaines. Les pousses s’enracinent facilement aux nœuds. Le développement ne semble pas être influencé par la photopériode. La floraison est précoce et a lieu toute l’année. L’autofécondation dans le bouton floral est la règle. Les fruits mûrissent en 7–12 jours après la floraison. Les semences sont facilement disséminées par l’eau et le vent, avec les graines d’autres plantes cultivées ou dans les déjections des oiseaux. Portulaca oleracea se caractérise par une photosynthèse en C4, ce qui signifie une photosynthèse importante lorsque la température et le rayonnement sont élevés.

Ecologie

Le pourpier est une adventice des champs et des milieux perturbés et il est également présent dans les savanes herbeuses et les savanes arbustives, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2400 m d’altitude. C’est généralement une culture d’été, qui a besoin de températures comprises entre 15–40ºC, et pour certains cultivars l’optimum est même de 35ºC. Le gel n’est pas toléré. Près de l’équateur, on le cultive jusqu’à 1800(–2400) m d’altitude. Le pourpier a besoin d’eau en abondance, que ce soit par les pluies ou l’arrosage. Il tolère toutes sortes de sols, avec une préférence pour le sable ou les limons sableux. Il tolère la salinité.

Multiplication et plantation

Dans la nature, le pourpier se perpétue généralement par semis, mais les fragments de tiges prennent aussi racine facilement une fois coupés. Lorsqu’on le cultive, la multiplication se fait généralement par graines. Les graines sont très petites, le poids de 1000 graines étant de (0,1–)0,4–0,5 g, et la densité de semis est de 20 kg/ha. Les graines fraîches ont besoin de lumière pour germer, mais chez les vieilles graines, ce besoin disparaît. La profondeur de semis affecte nettement la germination des graines et lorsqu’on les enfouit à plus de 6 cm de profondeur, cela inhibe la germination. Il est recommandé de répandre les graines à la volée et de les couvrir légèrement de compost. Le lit de semis doit être composé de sol léger.

Gestion

Comme le pourpier a des racines superficielles, qu’il est cultivé dense et que c’est une culture à cycle court, la couche superficielle du sol doit avoir une bonne fertilité. Il est recommandé d’employer une fumure organique à la dose de 20–30 t/ha au moment de la préparation du sol. Appliqués en surface, 40 kg/ha d’urée peuvent être ajoutés 3 semaines après le semis. Le pourpier a besoin d’un arrosage régulier et à de courts intervalles (3–4 jours) par temps chaud et sec. Il supporte un arrosage avec de l’eau de drainage salée. En Indonésie, on le repique parfois à un espacement de 30 cm × 30 cm et on maintient la culture pour une plus longue durée.

Le pourpier figure souvent sur la liste des pires adventices au monde, bien que certains ne le trouvent pas si nuisible du fait de son enracinement superficiel. C’est quand même un hôte important des nématodes à galles. Pour l’éliminer au milieu d’une autre plante cultivée, les herbicides comme le glyphosate ou le 2,4-D peuvent être efficaces, mais des graines peuvent arriver à mûrir avant que l’herbicide n’ait eu le temps de tuer la plante. On peut aussi l’éliminer avec du fin gluten de maïs, plus écologique. Le pourpier se développe rarement dans les endroits paillés et un paillage placé sur du pourpier l’étouffe en général.

Maladies et ravageurs

Il n’existe pas de ravageurs ou de maladies graves, mais la rouille blanche (Albugo spp.) est commune pendant la saison des pluies au Soudan. Un ravageur répandu est le charançon gallicole du pourpier (Baris lanata), qui produit des galles bien visibles. La noctuelle de la betterave (Spodoptera exigua) peut s’attaquer aux nouvelles feuilles en train de se déployer. Les aleurodes et les pucerons peuvent aussi affecter le pourpier.

Récolte

La récolte peut démarrer 3–4 semaines après le semis et 2–3 coupes à 2–3 semaines d’intervalle sont possibles en production commerciale. Il faut couper la plante à ras pour stimuler la repousse. On pratique aussi une récolte par arrachage, en un seul passage. Au bout de 6–8 semaines, la floraison diminue la qualité du produit.

Rendement

Sous les tropiques, des rendements de 12–17 t/ha par culture ont été signalés, avec des maxima atteignant 50 t/ha.

Traitement après récolte

Le pourpier peut se conserver dans des boîtes en plastique pendant 2–5 jours à 0–1ºC et une humidité relative élevée.

Ressources génétiques

La vaste aire de répartition du pourpier indique une grande variabilité génétique et une grande adaptabilité, mais il existe peu de collections de ressources génétiques. En 1985, des échantillons de matériel génétique indigène de Portulaca oleracea ont été collectés dans le nord-est du Soudan.

Sélection

Habituellement, ce sont des variétés locales que l’on cultive en Afrique, mais quelques cultivars améliorés à grandes feuilles ont été sélectionnés, par ex. ‘Rumi’, cultivé au Soudan. En Europe, on commercialise des types à feuilles vertes et à feuilles jaunes.

Perspectives

Le pourpier est un légume-feuille nutritif et on doit apporter plus d’attention à l’amélioration des pratiques de culture et de commercialisation : par ex. pour obtenir de jeunes plantes sans racines de 6–8 cm de long et conditionnées en barquettes recouvertes de film plastique. On doit aussi porter attention à la prospection des ressources génétiques.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Susiarti, S., 1993. Portulaca L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 227–229.

Auteur(s)

  • A.E. El Jack

Department of Horticulture, Faculty of Agricultural Sciences, University of Gezira, P.O. Box 20, Wad Medani, Sudan

Consulté le 11 juillet 2021.


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