Plumeria obtusa
Plumeria obtusa
Ordre | Gentianales |
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Famille | Apocynaceae |
Genre | Plumeria |
2n =
Origine :
sauvage et cultivé
Français | |
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Anglais |
- ornemental
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Description
Le frangipanier, nous disent les bons auteurs fait partie des arbres les plus représentatifs des paysages tropicaux. Il est en effet très répandu dans les zones chaudes et humides car il est facile à reproduire, il supporte assez bien les fortes chaleurs et l’humidité et a une longue floraison. Ses fleurs ont des couleurs variées : blanches, rouges, roses, jaunes, orangées, avec un cœur souvent jaune. En outre elles sont très parfumées. La plupart des frangipaniers que nous connaissons aujourd’hui sont des hybrides. Le couleur des fleurs inscrite dans les noms scientifiques n’est plus un critère de distinction des espèces, mais c’est plutôt la forme des feuilles qui est prise en compte. Les botanistes distinguent 7 ou 8 espèces de Plumeria mais plusieurs centaines d’hybrides. On peut retenir
Plumeria obtusa, le plus courant, peut-être aussi le plus beau avec ses feuilles brillantes, épaisses, au bout arrondi, et ses fleurs blanches au cœur jaune. Il vient du Mexique.
Plumeria acutifolia aurait la même origine. Ses feuilles sont pointues, non brillantes, ses fleurs sont blanches ou rouges. Certains botanistes pensent que P. rubra représente la même espèce. C’est à partir d’elle qu’on été créés la plupart des cultivars.
Plumeria alba est originaire des Antilles. Ses feuilles sont lancéolées, souvent roulées sur les bords ; sa fleur est grande et blanche avec un cœur jaune.
Plumeria pudica est moins connu, on le reconnaît à ses feuilles dont la pointe s’élargit en forme de losange. Ses fleurs sont grandes et blanches.
On peut citer enfin un hybride Plumeria tricolor grande fleur à la gorge jaune, aux pétales blancs bordés de rose vif. On voit rarement le fruit du frangipanier qui est constitué de deux follicules coriaces, noirâtres comme les « doigts d’un mort » disent les Australiens.
Noms populaires
Le nom du genre Plumeria a été donné par Linné en l’honneur du prêtre botaniste français Charles Plumier (1646-1704) qui aurait été le premier à décrire cet arbre lors de l’un de ses quatre voyages aux Antilles ; il semble cependant que le prêtre espagnol Francisco de Mendoza aurait fait cette description bien avant lui en 1522. Notons au passage l’importance du clergé dans la recherche botanique.
Les noms du frangipanier (parfois franchipanier) dans les langues européennes sont souvent inspirés de celui d’un italien, le marquis Frangipani qui, au XVIème siècle créa une senteur très appréciée pour parfumer les gants et plus tard certaines pâtisseries. Les premiers voyageurs arrivés en Amérique crurent reconnaître cette fragrance dans la fleur du Pluméria. En anglais on trouve sans surprise frangipani, mais aussi temple tree ou graveyard tree ou comme en Australie dead man’s fingers.
En Asie du Sud Est les noms du Plumeria ressemblent souvent au nom lao et thaï : champa ; on a champaka ou campa dans plusieurs langues indiennes, cempaka en malais, châmpei en khmer…etc
Classification
Cultivars
Histoire
Un autre point d’histoire est de savoir par quelle voie le frangipanier a été introduit en Asie. Passons rapidement sur le point de vue de certains auteurs indiens qui croient voir cette fleur sur les bas relief de leurs temples dès le 2ème siècle AVJC. Les frangipaniers sont connus des Européens dès le XVIIème siècle grâce à la description de Plumier en 1693. Certains botanistes ont encore hésité quand à leur origine comme Lamarck qui écrit à la fin du XVIIIème siècle : « les quatre espèces de frangipaniers que nous connaissons habitent les climats chauds de l’Amérique, des Indes orientales et les îles de France et de Bourbon ». Mais dès 1797 ils sont décrits comme uniquement américains par Tournefort. En 1788 Bernardin de Saint Pierre qui situe son roman Paul et Virginie à l’île de France (actuelle île Maurice) décrit des jeunes filles ayant « pour ceinture des guirlandes de fleurs de frangipanier ». Autre indice, en 1867 le frangipanier est introduit à Marseille en provenance justement de l’île Maurice. A Tahiti les premiers frangipaniers (tipanie) sont apportés par un pépiniériste de Valparaiso en 1852. On peut donc penser que le frangipanier a été introduit en Asie non pas par l’Ouest, mais par l’Est, en particulier les Philippines comme l’affirment plusieurs auteurs. Ce seraient les Portugais dont on connaît bien les explorations maritimes des Indes occidentales aux Indes orientales et retour, qui l’auraient transporté dans leurs navires.
Usages
Médecine
C’est bien aux Indes occidentales que l’on trouve les premières utilisations du frangipanier avec Descourtilz qui décrit « un arbre dont les fleurs servent à parfumer le linge des Créoles ». Il signale également qu’avec les fleurs du Plumeria on fait un sirop pectoral, usage que l’on retrouve dans de nombreux pays. La sève du frangipanier est toxique et est quelques fois employée pour brûler les verrues ; à très petite dose elle serait purgative et même abortive. L’écorce du tronc et les racines sont utilisées pour soigner les troubles des règles et certaines maladies vénériennes. Les feuilles, telles quelles ou écrasées, sont appliquées pour soigner les contusions. Tous ces usages sont attestés au Laos. Au Vietnam on lotionne la poitrine de la jeune accouchée avec une décoction des feuilles pour améliorer la qualité et la quantité de son lait.
Cosmétique
C’est sans doute aux Indes orientales que l’emploi des fleurs pour leur parfum est le plus répandu. On y fabrique une huile de sésame dans laquelle ont macéré des milliers de fleurs ; cette huile comme aussi l’eau parfumée ont de multiples usages tant profanes que religieux. En cosmétique la fleur apporte une « composante exotique, miellée et amandée » aux crèmes et aux onguents.
Gastronomie
Aux Indes occidentales on dit que le fruit est comestible, affirmation étonnante lorsque l’on sait que le frangipanier, comme toutes les Apocynacées est une plante toxique. Au Cambodge également on rapporte que les fleurs sont mangées en beignets.
Symbolisme
Le frangipanier est avant tout le support d’un symbolisme fort et ambigu, en partie lié à certains de ses caractères botaniques. En effet alors que l’arbre paraît mort, il semble se régénérer lui-même, et sans la moindre trace de feuille ou fleur il explose en nouvelle frondaison ; une branche coupée peut reverdir après être restée longtemps hors de terre, ainsi, l’arbre planté dans un cimetière redonne espoir aux proches du défunt. Sur l’île de la Réunion, à l’ombre des frangipaniers, le cimetière musulman est un espace d’une grande sobriété ; on peut même parler de « visibilité ethnique » dans les cimetières de l’île car « le palmier nain sert à caractériser les tombes hindoues, le frangipanier celles des Indo-musulmans ». En Inde plusieurs observateurs notent que les fleurs de frangipanier ne sont utilisées que lors des funérailles. En Indonésie en majorité musulmane le frangipanier est considéré comme l’arbre des cimetières. Un observateur décrit « l’atmosphère de calme si typique des cimetières de Java, où les arbres sont dans la majorité des cas des frangipaniers (kemboja) ». Dans les cimetières de Polynésie les tombes s’abritent souvent sous un frangipanier dont les fleurs tombent lentement sur les pierres comme à Hiva Oa sur celles de Gauguin et de Jacques Brel. En Indochine, Henri Gourdon décrit ainsi, en 1931, les tombeaux des anciens empereurs de Hué : « Ombragés de ficus, de banians, de pins et de frangipaniers odorants, ces jardins de la mort restent souriants et embaumés, et rien ne rappelle leur destination funèbre ».
Mais parce qu’il est arbre de mort et d’immortalité le frangipanier a un lien privilégié avec les esprits.
Les parfums forts ont à voir avec les mauvais esprits, soit parce qu’ils en sont friands, soit parce qu’ils en ont peur. Au Vietnam plusieurs voyageurs remarquent que « dans les habitations civiles, il n’y a pas de végétaux à fleurs (très) odoriférantes, comme le frangipanier, car cela risque d'attirer les esprits malfaisants ». La même remarque est faite au Cambodge par Evelyne Porée-Maspero qui a étudié les rites et nous dit que « la fleur de frangipanier est bien-aimée des esprits et démons » ; elle est offerte à l’arac, « âme » d’un homme mort. Dans le Sud du Laos on arrose les phi pop qui sont les plus dangereux de tous les esprits errants avec une eau parfumée de fleurs de frangipanier. Dans une Histoire du Laos français publiée en 1930 on peut lire que « Le 19 avril 1902, vers 8 heures du matin, le commissariat de Savannakhet fut cerné par des hordes de Laotiens : bandes d'illuminés qui marchaient, chantant et jouant du khène, convaincus que les balles de nos fusils se changeraient en fleurs de frangipanier » Dans le Nord de la Thaïlande Anderson nous apprend qu’ « une vieille légende probablement originaire de Chine existe à propos de Plumeria rubra. Cette plante est utilisée par les chefs religieux pour protéger les Lahu des mauvais esprits et pour contrôler plusieurs autres esprits en particuliers ceux qui sont liés à la jeunesse. Le shaman peut demander l’utilisation de cette plante dans les affaires d’amour ». Car le frangipanier est aussi l’arbre des amours et même plus, l’arbre des amours chastes. Dans la tradition littéraire lao il naît du corps de deux chastes amoureux : « De leurs cendres, poussa une belle plante, le tôn champa dont le port élégant et la disposition rectiligne des branches rappellent la droiture et la fidélité ; le parfum discret et tendre des fleurs évoque les éternels regrets ; la blancheur des pétales, l’absence du pistil et des étamines témoignent la chasteté de leur grand amour » C’est ainsi que Pham Xuan Giai réinterprète la légende et il ajoute: « à l’œil nu nous constatons que la fleur de frangipanier ne possède ni pistil ni étamines ». En effet, les organes de la reproduction sont étroitement enfermés dans le tube corollaire de la fleur et donc invisibles. Cette constatation fait même dire à certains que le frangipanier calmerait l’ardeur sexuelle des bonzes.
Références
DESCOURTILZ M.E. {1821} 1977 - Flore pittoresque et médicale des Antilles ou Histoire Naturelle des plantes usuelles des colonies Françaises, Anglaises., Espagnoles et Portugaises Martinique, édition fac-similé, Courtinard. 8 volumes, 297 pages, 347 pages, 370 pages, 339 pages, 293 pages, 309 pages, 345 pages, 401 pages
Evelyne Porée-Maspero, 1951, « Note sur les particularités du culte chez les Cambodgiens » Bulletin de l’EFEO
Dinh Trong Hiêu 2000 « Jardins du Vietnam : la nature entre représentations culturelles et pratiques culturales ». Dans : Extrême-Orient, Extrême-Occident, 2000, n°22.
Henri Gourdon , 1931, L’Indochine Librairie Larousse Paris
Prosper Eve, 1994, Les cimetières de La Réunion Université de La Réunion, Océan Editions.
Louis-Charles Damais, 1957, « Les tombes musulmanes datées de Tralaya » dans Bulletin de l’EFEO volume 48 pages 353-416
Pham Xuan Giai, 1970, « Le bouquet de dok Champa » par dans Amis du Royaume lao, pages 70- 82
Anderson Edward F. 1993, Plants and people of the golden triangle, Ethnobotany of the Hill Tribes of Northern Thailand, Oregon, Dioscorides Press.