Plumbago indica (PROTA)
Introduction |
- Protologue: Herb. amb. : 24 (1754).
- Famille: Plumbaginaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 14
Synonymes
- Plumbago rosea L. (1762).
Noms vernaculaires
- Indian leadwort, rose-coloured leadwort, scarlet leadwort (En).
- Plumbago de flor vermelha (Po).
Origine et répartition géographique
Plumbago indica est originaire d’Inde et de l’Asie du Sud-Est, où il est largement utilisé en tant que plante médicinale. Il est cultivé comme plante ornementale partout sous les tropiques et en serre dans les régions tempérées. En Afrique tropicale, Plumbago indica est cultivé, quelquefois comme plante médicinale, dans les pays à forte population d’immigrants indiens : Kenya, Tanzanie, Zimbabwe, Mozambique et Madagascar.
Usages
En Afrique orientale, Plumbago indica est employé en médecine par la population indienne de la même façon qu’il est utilisé traditionnellement en Inde, où de nombreuses familles en possèdent quelques plantes dans leur jardin. C’est surtout la racine qui a plusieurs usages : elle est âcre, vésicante, altérative, digestive, stimulante, et constitue un puissant abortif et contraceptif oral. A fortes doses, elle peut être dangereuse voire mortelle. Une infusion des racines soigne la dyspepsie, la colique, la toux et la bronchite. Un liniment à base de racines broyées et d’un peu d’huile végétale sert de rubéfiant pour soigner les rhumatismes et les maux de tête. Le jus laiteux des feuilles est appliqué sur la peau pour traiter la gale, la teigne et les hémorroïdes.
Plumbago indica est fréquemment planté comme plante ornementale dans les jardins.
Production et commerce international
La racine de Plumbago indica est un ingrédient important des mélanges d’herbes utilisés en médecine ayurvédique (en provenance d’Inde) et commercialisés comme tels.
Propriétés
La racine de Plumbago indica contient une naphtoquinone, la plumbagine ( 2-méthyl juglone). Parmi les autres composés isolés à partir des parties aériennes, on trouve la 6-hydroxyplumbagine, le plumbaginol (un flavonol), la leucodelphinidine et des stéroïdes (tels que le β-sitostérol, le stigmastérol, le campestérol). La plumbagine possède plusieurs activités pharmacologiques : antimicrobienne, anticancérigène, cardiotonique et antifertilité. C’est également un puissant irritant. A petites doses, le composé est un sudorifique et un stimulant du système nerveux central ; à fortes doses, il peut entraîner la mort par insuffisance respiratoire et paralysie. La plumbagine a montré des activités anti-implantation et abortives chez le rat. A cause de sa toxicité, l’usage de la plumbagine en médecine traditionnelle est dangereux. Des essais in vitro ont montré que Plumbago indica contient un ou plusieurs antimutagènes. A petites doses, la plumbagine a révélé de puissants effets inhibiteurs de tumeurs contre le carcinome ascitique d’Ehrlich chez la souris. L’extrait à l’éthanol des feuilles est actif contre le virus de l’herpès du type 1 (HSV-1).
Description
Plante herbacée vivace ou petit arbuste atteignant 2 m de haut ; tiges érigées, rampantes ou grimpantes, simples ou ramifiées à la base, formant quelquefois des racines aux nœuds. Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole court, auricules absentes ; limbe étroitement ovale à elliptique-ovale, de 5–15 cm × 2–8 cm, base arrondie à obtuse, apex aigu, papyracé. Inflorescence : grappe ou épi allongé, à nombreuses fleurs, de 10–30 cm de long, glabre ; bractées ovales, de 2–3 mm de long, apex acuminé ; pédoncule de 2–10 cm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 0–1 mm de long ; calice tubulaire, de 8–9 mm de long, glanduleux, rouge ; tube de la corolle de 2,5–4,5 cm de long, lobes obovales, de 1,5–3 cm de diamètre, apex arrondi, mucroné, violet à rouge ; étamines libres, exsertes ; ovaire supère, ellipsoïde-ovoïde, 1-loculaire, style filiforme, stigmate à 5 lobes.
Autres données botaniques
Le genre Plumbago comprend environ 25 espèces et est présent presque partout dans le monde. En Afrique tropicale, on dénombre une dizaine d’espèces. Plumbago indica fleurit tout au long de l’année. En revanche, on n’a jamais trouvé aucun fruit.
Ecologie
Plumbago indica prospère à des températures de 25–35°C. Il préfère des sols riches, humides et bien drainés, au pH de 5,5–6 ; un pH inférieur à 5 ou supérieur à 7 peut entraîner une croissance rabougrie. Lorsqu’il échappe aux cultures, on le trouve dans des endroits (anciennement) anthropisés ainsi que sur des terres agricoles abandonnées.
Gestion
Plumbago indica peut être multiplié en masse en utilisant une production clonale in vitro d’explants nodaux, de cultures de tissus, de cultures de cellules en suspension ou de cultures de racines. Les racines des plantes produites de cette façon présentent un pourcentage de plumbagine nettement supérieur aux plantes témoin.
En Inde, des essais sur le rendement de racines de Plumbago indica ont montré une période optimale pour la récolte comprise entre 12 et 18 mois après la plantation au champ. Plumbago indica est une plante de jours courts qui a besoin d’une période d’obscurité prolongée en zone tempérée pour pouvoir donner des plantes compactes et des fleurs. On pratique avec succès la régénération de plantes par micropropagation à l’aide de différents substrats de croissance.
Ressources génétiques
Plumbago indica est une plante ornementale courante sous les tropiques qui n’est donc pas menacée. Les fruits étant inconnus pour cette espèce, elle est seulement multipliée de manière végétative, ce qui tendrait à prouver que sa variabilité génétique est faible.
Perspectives
Les racines de Plumbago indica contiennent de forts taux de plumbagine. Les méthodes de culture et d’extraction méritent plus d’attention de la part des chercheurs et des vulgarisateurs. De plus, Plumbago indica est aussi une plante ornementale non dépourvue d’intérêt qui pourrait être cultivée sur une plus grande échelle en Afrique grâce à la micropropagation ou à la multiplication végétative.
Références principales
- Devi, P.U., Solomon, F.E. & Sharada, A.C., 1999. Plumbagin, a plant naphthoquinone with antitumor and radiomodifying properties. Pharmaceutical Biology 37(3): 231–236.
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- Valsaraj, R., Pushpangadan, P., Smitt, U.W., Adsersen, A. & Nyman, U., 1997. Antimicrobial screening of selected medicinal plants from India. Journal of Ethnopharmacology 58(2): 75–83.
- van Steenis, C.G.G.J., 1949. Plumbaginaceae. In: van Steenis, C.G.G.J. (General Editor). Flora Malesiana. Series 1. Vol. 4. Noordhoff-Kolff N.V., Djakarta, Indonesia. pp. 107–112.
- Wongsatit Chuakul, Noppamas Soonthornchareonnon & Promjit Saralamp, 1999. Plumbago L. In: de Padua, L.S., Bunyapraphatsara, N. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(1). Medicinal and poisonous plants 1. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 409–413.
Autres références
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- Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
- Das, G. & Rout, G.R., 2002. Plant regeneration through somatic embryogenesis in leaf derived callus of Plumbago rosea. Biologia Plantarum 45(2): 299–302.
- Komaraiah, P., Amrutha, R.N., Jogeswar, G., Ramakrishna, S.V. & Kishor, P.B.K., 2002. Production of plumbagin from hairy root cultures of Plumbago rosea L. Plant Cell Biotechnology and Molecular Biology 3(1–2): 65–68.
- Komaraiah, P., Ramakrishna, S.V., Reddanna, P. & Kavi Kishor, P.B., 2003. Enhanced production of plumbagin in immobilized cells of Plumbago rosea by elicitation and in situ adsorption. Journal of Biotechnology 101(2): 181–187.
- Menon, J.S., Amma, S.P. & Nybe, E.V., 2001. Analysis of growth and yield in Plumbago spp. Journal of Tropical Agriculture (India) 39(2): 114–119.
- Rajwani, L.S., Prabhu, D. & Desai, P.V., 2001. Antimutagenic activity of plumbagin with metabolic activation system. Indian Journal of Environment and Toxicology 11(1): 12–15.
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- Satheeshkumar, K. & Seeni, S., 2003. In vitro mass multiplication and production of roots in Plumbago rosea. Planta Medica 69(1): 83–86.
Sources de l'illustration
- Wongsatit Chuakul, Noppamas Soonthornchareonnon & Promjit Saralamp, 1999. Plumbago L. In: de Padua, L.S., Bunyapraphatsara, N. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(1). Medicinal and poisonous plants 1. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 409–413.
Auteur(s)
- J.M. Okeyo, TSBF-CIAT, World Agroforestry Centre (ICRAF), P.O. Box 30677, Gigiri, Nairobi, Kenya
Citation correcte de cet article
Okeyo, J., 2006. Plumbago indica L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 1 avril 2025.
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