Physalis angulata (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Légume | |
Médicinal | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
- Protologue: Sp. pl. 1: 183 (1753).
- Famille: Solanaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 48
Synonymes
- Physalis minima L. (1753).
Noms vernaculaires
- Coqueret, coqueret anguleux (Fr).
- Gooseberry, hogweed, balloon cherry, angular winter cherry, cut-leaf ground cherry (En).
- Alquequenje amarelo, balão rajado, joá de capote, camapú (Po).
Origine et répartition géographique
Originaire d’Amérique tropicale, Physalis angulata est aujourd’hui réparti dans toutes les régions tropicales comme adventice. En Afrique tropicale, il est présent dans la plupart des pays.
Usages
Les feuilles sont analgésiques et employées en usage externe dans toute l’Afrique tropicale pour traiter les problèmes de peau tels que démangeaisons, pustules de variole, panaris, plaies de scarifications infectées et douleurs rhumatismales, ainsi que pour soulager les raideurs et les douleurs musculaires. Les feuilles s’appliquent aussi sur les plaies du ver de Guinée, ce qui les détruit et facilite leur extraction. En Côte d’Ivoire, on traite la maladie du sommeil avec un mélange de feuilles de Physalis angulata et Anchomanes difformis (Blume) Engl. La lotion à base de feuilles s’emploie pour soigner l’ophtalmie chez les enfants. Ingérées ou appliquées en lavement, les feuilles soignent les maux d’estomac, les coliques, les calculs et l’anurie ; on en ajoute à du vin de palme pour soigner la fièvre et calmer les crises d’asthme, les vomissements et la diarrhée.
En Amérique centrale et en Amérique du Sud, Physalis angulata est aussi couramment utilisé comme plante médicinale. Il sert à traiter le paludisme, les maux de dents, les troubles hépatiques dont l’hépatite, les rhumatismes et on lui prête des vertus diurétiques et relaxantes. La plante se prend en infusion pour traiter la gonorrhée, l’indigestion, les coliques néphrétiques et la fièvre.
En Asie du Sud-Est, l’infusion des parties aériennes, fruits compris, se prend pour soigner les problèmes digestifs et intestinaux, et s’applique en usage externe pour traiter divers problèmes de peau comme les écorchures, les furoncles et les coupures. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, la décoction de feuilles se boit pour traiter la constipation. Le jus des feuilles ajouté à de l’eau se prend comme abortif, mais il est également fait état d’un usage des feuilles pour traiter la stérilité.
En Afrique tropicale, le fruit se grignote entre les repas, mais une surconsommation peut provoquer des étourdissements. Les feuilles se mangent en salade en dépit de leur amertume. Absorbée en grandes quantités, la plante est toxique pour les bovins et les ovins, et elle donne à la viande une odeur de musc.
Propriétés
Les parties aériennes de Physalis angulata contiennent plusieurs lactones stéroïdiques de type physaline et withanolide : physalines A–I, physaguline A–G, withangulatine A et withanolide T. Elles contiennent en outre plusieurs vitastéroïdes, comme la vamonolide. On a isolé un alcaloïde pyrrolidinique, la phygrine (bis-hygrine) des racines et des parties aériennes. Les recherches ont montré que les physalines B et F inhibaient la croissance de plusieurs types de cellules humaines de leucémie in vitro, et la physaline F a montré une cytotoxicité in vitro sur 5 autres lignées de cellules cancéreuses humaines. En outre, la physaline F a eu des effets antitumoraux chez les souris in vivo. In vitro, la withangulatine A s’est avérée être un inhibiteur de la topoïsomérase II et une cytotoxine. Il a été confirmé lors d’essais sur des rats et des souris que les vitanolides (isolés des parties aériennes) et un hyperoside (quercétine-3-O-galactoside, isolé des feuilles) avaient une activité anti-inflammatoire. Des extraits de Physalis angulata ont montré leur efficacité chez les humains contre la maladie africaine du sommeil (Trypanosoma brucei rhodesiense) ainsi que contre la maladie de Chagas (Trypanosoma cruzi). Ils ont également un effet inhibiteur contre plusieurs souches de Neisseria gonorrhoeae et des propriétés molluscicides (Biomphalaria tenagophila).
Falsifications et succédanés
Quelques Solanum spp. ont des usages similaires à ceux de Physalis angulata pour soigner les problèmes digestifs et intestinaux, y compris les maux d’estomac et la diarrhée, et pour divers problèmes de peau comme les plaies, les furoncles et les coupures. Plusieurs autres Physalis spp. sont également employés pour traiter la fièvre, le paludisme, les maux de tête et les rhumatismes. Plusieurs autres Solanaceae contiennent également des lactones stéroïdiques de type physaline et withanolide, comme les genres Withania et Nicandra.
Description
Plante herbacée annuelle atteignant 100 cm de haut, à tige prostrée ou procumbente, glabre ou à quelques poils courts couchés ; tiges fortement anguleuses, creuses. Feuilles disposées en spirale, simples ; stipules absentes ; pétiole de 2–11 cm de long ; limbe ovale à lancéolé, de 4–15 cm × 2,5–10 cm, base cunéiforme, apex obtus, bord irrégulièrement denté ou entier. Fleurs axillaires, solitaires, érigées ou inclinées, bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 6–12 mm de long, s’allongeant chez le fruit jusqu’à 22 mm de long ; calice campanulé, 5-lobé, de 3–5 mm de long, anguleux ou côtelé, accrescent à 2–4 cm de long chez le fruit ; corolle campanulée, de 5–10 mm de long, jaune pâle avec ou sans 5 taches sombres ; étamines insérées près de la base du tube de la corolle, filets de 1,5–5 mm de long, anthères bleu pâle ; ovaire supère, 2-loculaire, style filiforme, stigmate capité. Fruit : baie globuleuse de 10–16 mm de diamètre, jaune, visqueuse, contenant de nombreuses graines, enfermée dans le calice persistant, gonflé et vésiculaire. Graines réniformes, de 1,5–2 mm × 1–1,5 mm. Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Le genre Physalis comprend environ 90 espèces, toutes originaires d’Amérique tropicale et d’Amérique tempérée, sauf une. Les espèces sont variables et confuses au point de vue taxinomique, et il n’existe aucune étude d’ensemble du genre. Physalis s’apparente étroitement à Margaranthus et Nicandra. Physalis minima L. est un synonyme de Physalis angulata, mais en Afrique le nom Physalis minima a été attribué à tort à des spécimens de Physalis lagascae Roem. & Schult. et Physalis ixocarpa Brot. Physalis angulata ressemble beaucoup à l’espèce américaine Physalis philadelphica Lam., dont il existe un type cultivé à fruits plus gros (“tomatillo” ou “coqueret du Mexique”) et aussi un type sauvage à fruits plus petits. Physalis philadelphica a été cultivé en Afrique australe pour ses fruits comestibles et il s’est naturalisé localement.
Croissance et développement
En l’absence de stress, Physalis angulata peut atteindre 80–100 cm de haut avant la floraison, mais dans le cas contraire la floraison peut commencer lorsque les plantes atteignent 25–30 cm de haut. Il est allogame. Les plantes issues de graines peuvent commencer à fleurir au bout de 6 semaines, et les fruits sont mûrs 6 semaines plus tard.
Ecologie
Physalis angulata vient bien dans les sols humides et fertiles, il tolère un ombrage partiel et il se rencontre couramment comme adventice dans les cultures et les pâtures, ainsi que dans les terrains vagues. On le trouve jusqu’à 3000 m d’altitude. Un gel léger ne le tue pas. La plante n’a pas un bon développement à températures élevées.
Multiplication et plantation
Physalis angulata peut facilement se multiplier par graines. Un semis superficiel et des températures alternées, par ex. 10 heures à 21°C et 14 heures à 30°C, donnent les meilleurs résultats de germination.
Gestion
Bien que Physalis angulata soit donné comme parfois cultivé, tant pour ses fruits comestibles qu’à des fins médicinales, les techniques culturales optimales ne sont pas décrites.
Maladies et ravageurs
Physalis angulata est sensible à de nombreuses maladies fongiques et il est l’hôte de l’agent responsable de la gale bactérienne de la tomate Xanthomonas campestris pv. vesicatoria. Physalis angulata est l’hôte de virus que l’on trouve dans le tabac, la pomme de terre, le gombo, le piment, les haricots et plusieurs autres plantes cultivées, de même que du virus de la marbrure du physalis (PhyMV), ainsi que de plusieurs nématodes à galles (Meloidogyne spp.)
Rendement
Lors d’un essai en plein champ en Indonésie, le nombre maximum de fruits par plante était d’environ 130, et le nombre de graines par fruit de 130 au plus.
Traitement après récolte
Les fruits se conservent 3 mois si on les laisse dans leur calice à l’abri de l’humidité.
Ressources génétiques
Physalis angulata est répandu à l’état d’adventice pantropicale et n’est pas sujet à l’érosion génétique. Des collections importantes de Physalis, dont Physalis angulata, sont conservées au Mexique, au Guatemala, en Allemagne et aux Pays-Bas.
Perspectives
Les lactones stéroïdiques de type physaline et withanolide, isolées à partir de Physalis angulata, présentent des activités très intéressantes, par ex. dans le domaine de l’inhibition des tumeurs. Il est cependant nécessaire d’approfondir les recherches quant à leur toxicité sur des cellules non malignes, afin d’évaluer pleinement leurs possibilités comme composés de base dans la recherche sur le cancer. Une monographie taxinomique de Physalis contribuera à la botanique et à d’autres domaines de recherche qui publient actuellement des résultats de recherche sous des noms erronés ou douteux.
Références principales
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Sources de l'illustration
- Slamet Sutanti Budi Rahayu, 2001. Physalis L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 423–426.
Auteur(s)
- F.S. Mairura, Kenya Tropical Soil Biology and Fertility Institute of CIAT, P.O. Box 30677, Nairobi, Kenya
Citation correcte de cet article
Mairura, F.S., 2008. Physalis angulata L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 1 avril 2025.
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