Pentaclethra eetveldeana (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Oléagineux | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Bois de feu | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Pentaclethra eetveldeana De Wild. & T.Durand
- Protologue: Bull. Herb. Boissier, sér. 2, 1: 20 (1900).
- Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Synonymes
Origine et répartition géographique
Pentaclethra eetveldeana est présent au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Congo, en R.D. du Congo et à Cabinda (Angola).
Usages
Une huile comestible peut être extraite des graines de Pentaclethra eetveldeana ; elle a des qualités similaires à celle de Pentaclethra macrophylla Benth. Les graines sont consommées en R.D. du Congo. Le bois est utilisé en construction et pour fabriquer des ustensiles (par ex. pilons et mortiers). Il convient également à la parqueterie, aux boiseries intérieures, à la menuiserie, aux meubles, à l’ébénisterie, aux jouets et articles de fantaisie, aux étais de mines, à la carrosserie, aux traverses de chemin de fer, en tournerie, en plaquage, au contreplaqué, aux panneaux de fibres et aux panneaux de particules. Le bois s’utilise couramment comme bois de feu et pour la production de charbon de bois. En R.D. du Congo, la décoction de feuilles se prend pour traiter les maux d’estomac et les rhumes, et l’écorce de racine est un traitement du paludisme, de l’épilepsie et des hémorroïdes. Au Congo, la décoction d’écorce est administrée pour traiter les troubles respiratoires, la tuberculose, les problèmes génito-urinaires et comme vermifuge ; on l’emploie en usage externe contre les rhumatismes et comme anodin. La sève d’écorce en collyre sert à traiter la filariose. Le feuillage sert de nourriture aux chenilles comestibles, les abeilles butinent le nectar des fleurs.
Production et commerce international
Le bois d’œuvre de Pentaclethra eetveldeana est exporté en petites quantités du Congo et de la R.D. du Congo, mais il n’y a pas de statistiques.
Propriétés
La composition de l’huile des graines n’a pas fait l’objet d’études, mais elle est probablement similaire à celle de Pentaclethra macrophylla. Le bois de cœur, blanc rosâtre ou blanc jaunâtre à brun foncé, se distingue nettement de l’aubier qui est blanc à jaune pâle et atteint 2,5 cm d’épaisseur. Le fil est droit, le grain moyen à grossier. Des veines de couleur foncée peuvent être visibles sur la surface radiale, tandis que la surface tangentielle est légèrement rayée. C’est un bois modérément lourd, avec une densité d’environ 750 kg/m3 à 12% d’humidité. Il a un assez bon séchage à l’air, mais le retrait est important et le bois est sujet aux gerçures. Bien que le bois soit relativement dur, le sciage ne présente pas de grandes difficultés tant que les vitesses restent basses. Le bois donne une bonne finition. Il ne se fend pas sous les clous et les retient bien. Il est moyennement durable, étant susceptible aux attaques de bostryches et de térébrants marins, et moyennement résistant aux termites. Le bois de cœur est résistant aux traitements des produits de conservation, mais l’aubier est perméable.
L’extrait d’écorce de Pentaclethra eetveldeana a montré une activité antifongique. Certains monoglycérides et conjugats d’acides gras et de triterpènes ont été isolés de l’écorce de racine.
Au Gabon, le miel produit par les abeilles à partir du nectar de Pentaclethra eetveldeana serait toxique, et provoquerait des nausées et des coliques, mais ce n’est pas le cas en R.D. du Congo.
Description
Arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut ; fût souvent sinueux, atteignant 50 cm de diamètre, à petits contreforts à la base ou sans contreforts ; écorce externe grise, fissurée, écorce interne brune ; cime en forme de dôme ; jeunes rameaux pubescents bruns. Feuilles alternes, composées bipennées, atteignant 40 cm de long ; stipules linéaires-lancéolées, caduques ; pétiole de 4,5–7 cm de long, renflé et articulé à la base, rainuré ; pennes opposées, en 9–16 paires, de 4–12 cm de long, nettement articulées à la base, à 15–30 paires de folioles ; folioles opposées, sessiles, obliquement rhomboïdes, de 8–13 mm × 2–3,5 mm, apex aigu, glabre. Inflorescence : panicule terminale ou axillaire atteignant 30 cm de long, constituée d’épis, à nombreuses fleurs ; pédoncule de 1,5–2 cm de long, pubescent. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, petites, très odorantes, sessiles ; calice en cloche, de 1,5–2 mm de long, à lobes largement triangulaires d’environ 0,5 mm de long ; pétales oblongs-lancéolés, d’environ 4 mm de long, renflés à la base et fusionnés sur 1–2 mm, blanchâtres ; étamines 5, d’environ 5 mm de long, anthères avec une grande glande entre les thèques, staminodes 5, filiformes, d’environ 9 mm de long ; ovaire supère, courtement stipité, 1-loculaire, densément poilu, style d’environ 4 mm de long, stigmate en massue. Fruit : gousse obliquement ellipsoïde-oblongue atteignant 20 cm × 4 cm, ligneuse, brun rougeâtre, rayée longitudinalement, s’amenuisant vers la base, apex obtus, persistant longtemps et s’ouvrant sur l’arbre de façon explosive avant de se recourber fortement, à 3–8 graines. Graines orbiculaires à ovoïdes, aplaties, de 2–3 cm × 2–2,5 cm, lisses, brun rougeâtre.
Les racines de Pentaclethra eetveldeana produisent des nodules contenant des bactéries fixatrices d’azote. La base du fût est souvent sérieusement déformée par les éléphants, qui s’en nourrissent. Les fleurs produisent de grandes quantités de nectar et attirent les primates (par ex. les chimpanzés), les oiseaux et les insectes. Les gousses ligneuses se tiennent dressées au-dessus de la canopée et s’ouvrent de façon explosive à maturité. Cependant, certains singes sont capables de briser la paroi dure de la gousse et d’atteindre les graines immatures pour les manger.
Le genre Pentaclethra comprend 3 espèces, 2 en Afrique et 1 en Amérique du Sud. L’autre espèce africaine, Pentaclethra macrophylla Benth., peut être distinguée par ses plus grandes folioles et ses poils étoilés.
Description
Ecologie
Pentaclethra eetveldeana est présent dans les forêts pluviales, le plus souvent dans les forêts secondaires, où il peut être dominant. On le trouve aussi dans des enclaves de forêt en zone de savane, et dans les forêts-galeries.
Gestion
Le taux de germination des graines est généralement élevé, mais la germination est souvent inégale. Il est recommandé de semer les graines directement au champ car la racine pivot des semis est facilement endommagée lors du repiquage. Les arbres plantés peuvent se conduire en taillis.
Ressources génétiques
Très commun dans les forêts secondaires et perturbées, Pentaclethra eetveldeana n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Pentaclethra eetveldeana pourrait être un arbre à bois d’œuvre intéressant pour les forêts naturelles à gestion durable d’Afrique centrale, en raison de sa régénération facile après une perturbation du milieu et de la qualité acceptable de son bois, mais son fût souvent petit et irrégulier constitue un inconvénient.
Références principales
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Latham, P., 2004. Useful plants of Bas-Congo province, Democratic Republic of the Congo. DFID, London, United Kingdom. 320 pp.
- Latham, P., 2005. Some honeybee plants of Bas-Congo Province, Democratic Republic of Congo. DFID, United Kingdom. 167 pp.
- Villiers, J.-F., 1989. Leguminosae - Mimosoideae. Flore du Gabon. Volume 31. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 185 pp.
Autres références
- Babady Bila & Herz, W., 1996. Triterpenes and 1-(omega-hydroxyceratyl)glycerols from Pentaclethra eetveldeana root bark. Phytochemistry 42(2): 501–504.
- Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Mimosaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 137–233.
- Laine, C., Baniakina, J., Vaquette, J., Chaumont, J.P. & Simeray, J., 1985. Activité antifongique d’écorces de troncs de sept phanerogames congolaises. Plantes Medicinales et Phytotherapie 19(2): 75–83.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
- White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 18 décembre 2024.
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