Parkia biglobosa (PROTA)

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Épice / condiment Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


Parkia biglobosa (Jacq.) R.Br. ex G.Don


Protologue: Loudon, Hort. brit. : 277 (1830).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Nombre de chromosomes: 2n = 24, 26

Synonymes

  • Mimosa biglobosa Jacq. (1763),
  • Parkia africana R.Br. (1826),
  • Parkia clappertoniana Keay (1955),
  • Parkia filicoidea auct. non Welw. ex Oliv.

Noms vernaculaires

  • Néré, arbre à farine, caroubier africain (Fr).
  • African locust bean (En).
  • Farroba (Po).

Origine et répartition géographique

On trouve Parkia biglobosa dans une zone entre 5ºN et 15ºN, de la côte atlantique au Sénégal jusqu’au sud du Soudan et au nord de l’Ouganda. La zone est plus large en Afrique de l’Ouest (maximum 800 km) et se rétrécit vers l’est. Le néré a probablement été introduit à São Tomé-et-Principe. Des plantations expérimentales ont été établies en Tanzanie, et il a été introduit dans les Caraïbes il y a plus de 200 ans, probablement suite au commerce des esclaves, et plus tard probablement en Guyane. L’utilisation des graines fermentées du néré remonte à plusieurs siècles et a déjà été décrite au XIVe siècle.

Usages

Le néré est un arbre multifonctionnel qui est apprécié autant que le karité (Vitellaria paradoxa C.F.Gaertn.). Les graines fermentées (“soumbala”, “dawadawa”, “nététu”) servent prioritairement de condiment pour assaisonner les sauces et les soupes. Les graines torréfiées sont utilisées comme un substitut du café connu sous le nom de “Sudan coffee” ou “café nègre”. Les graines pilées sont mélangées avec des feuilles de Moringa oleifera Lam. pour préparer une sauce, et elles sont également utilisées pour faire des beignets. La pulpe farineuse des fruits est consommée ou mélangée avec de l’eau afin de préparer une boisson sucrée et rafraîchissante riche en hydrates de carbone. Les gousses bouillies sont utilisées pour colorer la poterie en noir; on applique les cendres comme mordant. L’écorce est riche en tanins et peut être utilisée pour le tannage des peaux, mais le cuir qui en résulte est souvent d’une qualité moyenne en particulier en ce qui concerne la couleur, qui est souvent rougeâtre, irrégulière, et qui fonce lorsqu’elle est exposée à la lumière.

Les feuilles sont quelquefois consommées comme légume, généralement après avoir été bouillies puis mélangées à d’autres aliments tels que de la farine de céréales. Les jeunes boutons de fleurs sont ajoutés à des salades mixtes.

En Afrique de l’Ouest, l’écorce, les racines, les feuilles, les fleurs, les fruits et les graines sont habituellement utilisés en médecine traditionnelle pour traiter une grande variété de maux, tant internes qu’externes, parfois en association avec d’autres plantes médicinales. L’écorce est l’élément le plus important utilisé en médecine, suivie des feuilles. Les applications médicinales comprennent le traitement d’infections parasitaires, des désordres du système circulatoire, tels que l’hypertension artérielle, et des désordres du système respiratoire, du tube digestif et de la peau. En médecine vétérinaire, une décoction de racines est utilisée pour traiter la coccidiose chez les volailles. Les gousses vertes sont écrasées et jetées dans les rivières pour tuer les poissons. La valeur nutritionnelle des poissons n’est pas affectée à condition qu’ils soient cuits ou séchés.

La pulpe de fruit est un ingrédient dans l’alimentation des porcs et des chiens. Les graines sont ajoutées aux aliments pour volailles après un traitement neutralisant leurs propriétés antinutritionnelles. Les feuilles sont un fourrage utile mais pas très appétant. Elles doivent être mélangées à d’autres aliments parce que les concentrations en phosphore, magnésium et sodium sont trop faibles. Le bois est adapté à la fabrication d’ustensiles de cuisine, tels que des mortiers, des pilons et des bols, des manches de houe et de pioche, et il est parfois utilisé pour la construction de maisons, principalement pour l’aménagement intérieur. Il est également utilisé comme bois de feu, et peut convenir à la production de papier. Les fibres des gousses (les cosses) et les racines sont utilisées comme éponge, cordes d’instruments de musique et pour la production de petits paniers. Les cosses brûlées servent au Sénégal comme adultérant ou comme additif du tabac (ajoutant de l’âcreté).

Le néré à la réputation d’améliorer le sol: ses feuilles sont appliquées comme engrais vert. Il est également important en apiculture, car il offre une bonne source de nectar et convient à la mise en place de ruches. Il peut servir d’arbre décoratif sur des avenues.

Le néré est très important dans la culture ouest-africaine. Il joue un rôle dans tous les rituels majeurs, qu’ils se rapportent à la naissance, au baptême, à la circoncision, au mariage ou au décès.

Production et commerce international

Dans le nord du Nigeria, la production annuelle de graines est estimée à 200000 t. Les produits issus du néré ne sont pas importants au niveau du commerce international. Cependant, le commerce local est important en Afrique de l’Ouest, particulièrement dans la région du Sahel, où les graines séchées ou fermentées sont souvent transportées loin des sites de production, souvent au-delà des frontières.

Propriétés

La pulpe de fruit jaunâtre est très riche en hydrates de carbone (env. 80%), ce qui en fait une excellente source d’énergie. Les graines de néré contiennent des facteurs antinutritionnels et doivent subir un traitement avant d’être utilisées pour l’alimentation humaine ou animale. Les graines bouillies et fermentées contiennent 35% de protéines, 29% de lipides, 16% d’hydrates de carbone, et ont de bonnes propriétés organoleptiques ainsi qu’un effet positif sur la flore intestinale. Les graines constituent une bonne source de protéines, de matières grasses et de calcium, mais contiennent une huile non-toxique de composition variable. Certaines sources indiquent que l’acide arachidique est l’acide gras le plus abondant, accompagné des acides béhénique, stéarique, palmitique et linoléique: d’autres sources mentionnent l’acide oléique comme étant le composant le plus important (35–50%) avec, en plus, des quantités égales des acides béhénique, palmitique et stéarique.

Un extrait alcoolique de graines brutes a montré une efficacité contre l’hypertension et un effet contractile sur les muscles lisses de l’intestin, et a augmenté le tonus et la mobilité de l’utérus. Des effets ichtyotoxiques et molluscicides dus à la présence de saponines ont été rapportés pour les graines.

L’écorce, les feuilles et les cosses sont riches en tanins, qui ont en général une action antidiarrhéique et antiseptique. Dans des essais sur les souris, une action analgésique et anti-inflammatoire a été démontrée pour les extraits d’écorce. Les flavonoïdes aglycones dans les feuilles ont une action spasmolytique sur les muscles lisses, et également des effets vasodilatatoires et antiseptiques. Des dérivés de coumarine dans les extraits de feuilles ont une action anticoagulante.

Le bois est relativement dur et solide, mais pas très durable, blanchâtre à jaunâtre ou brun terne. L’aubier est souvent peu démarqué du bois de cœur légèrement plus foncé. La densité est de 550–650 kg/m² à 15% d’humidité.

Falsifications et succédanés

Les graines fermentées du pois d’Angole (Cajanus cajan (L.) Millsp.), du baobab (Adansonia digitata L.) et de la roselle (Hibiscus sabdariffa L.) sont utilisées comme substituts aux graines fermentées de Parkia biglobosa au Burkina Faso; au Bénin, on utilise celles des espèces de Prosopis.

Description

  • Arbre de taille moyenne jusqu’à 20(–30) m de haut; pivot souvent présent, racines latérales s’étalant jusqu’à 10(–20) m du fût; fût généralement droit et robuste, cylindrique, jusqu’à 130 cm de diamètre, souvent ramifié à faible hauteur; écorce distinctement fissurée longitudinalement, souvent avec des écailles plus ou moins régulières entre les fissures, épaisse, gris cendré à brun grisâtre, tranche fibreuse et brun rougeâtre, exsudant une gomme ambrée; cime dense, s’étalant largement et en forme d’ombrelle, constituée de grosses branches.
  • Feuilles alternes, composées bipennées, jusqu’à 30(–40)cm de long; stipules absentes; pétiole long de 4–12,5 cm, renflé à la base avec une glande orbiculaire; rachis avec une arête caduque à l’apex, portant jusqu’à 17 paires de pennes, avec une glande entre les pennes terminales; pennes avec 13–60 paires de folioles; folioles sessiles, oblongues, de 8–30 mm × 1,5–8(–10) mm, très inégales à la base avec une auricule proximale, arrondies ou obtuses à l’apex, glabres mais légèrement ciliées près de l’apex.
  • Inflorescence: tête pendante disposée de façon racémeuse; pédoncule long de 10–35 cm; capitule bi-globuleux, mais à portion distale beaucoup plus grande, de 3,5–6 cm de diamètre, rouge brillant à l’anthèse, devenant rose saumon, portant de nombreuses fleurs.
  • Fleurs bisexuées, mâles ou stériles, sessiles mais pseudopédicellées par la fusion des bases du calice, de la corolle et des étamines, calice et corolle tubulaires, 5-lobées; fleurs bisexuées situées dans la partie distale du capitule, longues de 10–17 mm, avec 10 étamines longuement saillantes et un ovaire supère, 1-loculaire, style filiforme, stigmate en forme de coupe; fleurs mâles situées dans la portion basale du capitule, longues de 6–7 mm, avec étamines non-saillantes, nectarifères; fleurs stériles situées à la base extrême de la portion basale du capitule, longues de 6–7 mm, avec étamines rudimentaires.
  • Fruit: gousse oblongue de 12–35 cm × 1,5–2,5 cm, légèrement falciforme, avec un stipe de 1–4 cm à la base, subcylindrique, glabre et lisse, généralement brune lorsque mûre, à 5–23 graines.
  • Graines logées dans un endocarpe jaunâtre, globuleuses-ovoïdes, légèrement comprimées, longues de 0,5–1,5 cm, avec un pleurogramme distinct sur la face latérale, tégument dur, lisse, et brun foncé brillant.

Autres données botaniques

Parkia comprend environ 30 espèces et a une répartition pantropicale. On trouve seulement 3 espèces, incluses toutes dans la section Parkia, en Afrique continentale, et une quatrième à Madagascar. Les espèces de Parkia africaines semblent être étroitement apparentées. On trouve Parkia biglobosa dans les savanes arborées de la région soudanienne, alors que les deux autres espèces africaines continentales (Parkia bicolor A.Chev. et Parkia filicoidea Welw. ex Oliv.) sont principalement des espèces de forêts pluviales.

Anatomie

Description anatomique du bois :

  • Caractères macroscopiques :
Bois de cœur jaunâtre à brun clair, habituellement peu démarqué de l’aubier blanchâtre à jaunâtre pâle. Fil droit ou contrefil léger. Grain moyennement grossier et irrégulier. Bois à odeur déplaisante à l’état frais.
  • Caractères microscopiques :
Vaisseaux disséminés, souvent en paires, grands. Parenchyme abondant, paratrachéal aliforme et anastomosé ainsi que apotrachéal en couches marginales.

Croissance et développement

La plantule a une germination semi-hypogée, le tégument se fendant mais restant accroché aux cotylédons vert pâle charnus. La première feuille est un cataphylle, et les feuilles juvéniles suivantes sont bipennées avec généralement 3 paires de pennes. La racine pivot blanchâtre à jaunâtre se développe en premier lors de la germination et donne naissance aux racines latérales. La croissance est relativement rapide: les plants peuvent atteindre une hauteur de 1 m en 1 an, et les jeunes arbres de provenances supérieures peuvent atteindre 7 m dans des plantations de 6 ans d’âge. Le développement des arbres se déroule selon le modèle architectural de Champagnat: le tronc est formé par superposition des pousses de renouvellement issues de bourgeons latéraux; la nouvelle pousse est d’abord orthotrope mais devient ensuite plagiotrope; la phyllotaxie est spiralée.

Les arbres commencent à fleurir à 5–7 ans alors qu’ils sont encore relativement petits. Ils atteignent leur taille maximale après 30–50 ans, et peuvent atteindre l’âge de 100 ans. Le néré fleurit pendant la saison sèche en région sahélienne de décembre à avril, légèrement plus tôt dans les régions moins arides. La floraison coïncide avec la chute des feuilles; le nouveau feuillage se développe après le pic de floraison. La période de floraison dure 3–8 semaines selon la région. Les fruits mûrs se développent d’avril à mai. Cependant, 2 périodes de floraison et de fructification peuvent avoir lieu par an. L’anthèse commence l’après-midi; le pollen est libéré au coucher du soleil et la sécrétion de nectar atteint également un pic à ce moment là. Les fleurs commencent à se faner dans la nuit. Les chauves-souris sont les principaux pollinisateurs, mais les insectes, tels que les abeilles et, moins fréquemment, des mouches et des papillons de nuit, visitent également souvent les capitules et pollinisent les fleurs. Les fleurs sont protandres, ce qui facilite la pollinisation croisée.

Malgré le fait que c’est probablement l’homme qui est le principal disséminateur de graines aujourd’hui, les perroquets, les calaos, les singes, les chèvres, les antilopes, les écureuils et d’autres rongeurs jouent également un rôle important dans la dispersion des graines.

Ecologie

Le néré est protégé et planté dans des champs agricoles et des terrains vagues dans les régions de savane. Il supporte une grande variété de conditions climatiques, la principale constante étant une saison sèche de 5–7 mois/an. Il peut pousser dans des régions à pluviométrie annuelle de 500–800 mm au Sahel, mais on le trouve également dans des régions à pluviométrie beaucoup plus élevée, par ex. 2200 mm en Guinée-Bissau, et il a même été signalé dans des régions à plus de 3500 mm en Sierra Leone et 4500 mm en Guinée. Il préfère les régions avec une température annuelle moyenne de 26–28ºC, mais supporte des températures plus basses et on le trouve jusqu’à 1350 m d’altitude. Même s’il préfère les sols profonds bien drainés et fertiles, on rencontre aussi le néré sur des sols latéritiques peu profonds, des pentes caillouteuses et des collines rocailleuses.

Multiplication et plantation

La multiplication se fait par graines et celles-ci sont orthodoxes. Les graines, au nombre de 4500–5000/kg, sont encore viables au bout de 8,5 années avec un taux de germination de 78,5% lorsqu’on les maintient à 4ºC et 60% d’humidité relative. Les graines peuvent être traitées avec de l’acide sulfurique concentré (97%) pendant 10 minutes pour lever la dormance et ensuite trempées dans l’eau pendant 24 heures. La germination à un taux moyen de 95% pour les graines fraîchement récoltées débute 48 heures après le semis, en général dans des pots. Les petits agriculteurs trempent en général les graines dans l’eau pendant la nuit. Les plants doivent être arrosés deux fois par jour et désherbés une fois toutes les deux semaines. Après le semis en planches, les jeunes plantes de 3 jours peuvent être repiquées dans des pots. Les plants atteignent 20–25 cm de haut après 20 semaines dans la pépinière et sont ensuite plantés dans le champ. Le semis direct est possible, mais le taux de réussite dépend de l’humidité du sol et du niveau des dégâts provoqués par les insectes et les rongeurs, ces ravageurs étant attirés par la forte odeur dégagée par les graines qui germent. Un labour préalable du sol contribue au bon établissement des plants dans le champ avec un taux de réussite jusqu’à 82% quatre années après la plantation. L’espacement est généralement de 10 m × 10 m.

La multiplication végétative du néré est également possible. Le greffage, les boutures prélevées sur de jeunes plantes, et le marcottage d’arbres vieux de 11–25 ans ont donné de bons résultats au Burkina Faso et au Nigeria. La multiplication expérimentale in vitro des méristèmes de jeunes plantes a donné un taux de réussite de 72% au Royaume-Uni.

Gestion

L’éclaircissage d’arbres plus anciens est effectué au Burkina Faso, au Bénin, au Mali et au Nigeria pour promouvoir la production de fruits et réduire les effets de l’ombre sur les cultures agricoles associées. Au Burkina Faso, des réductions de rendement du mil et du sorgho ont été observées lorsque ces cultures se trouvaient sous des nérés. Dans certaines régions du Burkina Faso, un désherbage régulier et la mise en place de pare-feu sont habituels dans les plantations de néré.

Maladies et ravageurs

Des infestations fongiques de Cercospora sp. ont été signalées sur les feuilles en Guinée, et de Hypoxylon rubiginosum et Phyllachora leonensis en Sierra Leone. Des attaques d’un basidiomycète du genre Phellinus peuvent provoquer la dessèchement des arbres. Des infestations d’hémiparasites des genres Tapinanthus et Agelanthus (Loranthaceae) sont répandues et peuvent aboutir finalement à la mort d’arbres fortement infestés.

Récolte

Les fruits sont habituellement collectés en avril et en mai. La récolte est soit pratiquée à partir du sol en utilisant des outils tranchants accrochés sur des perches, soit en grimpant dans les arbres. Lorsque les graines sont collectées pour la production de plants, 25–30 arbres individuels ayant une stature supérieure, en bonne santé et distants d’au moins 100 m les uns des autres sont sélectionnés.

Rendement

La production annuelle de fruits varie entre 25–130 kg/arbre, selon l’année et le site. La production annuelle moyenne de graines est de 900 kg/ha, celle de pulpe 2,2 t/ha et de cosses de 1,9 t/ha. La production d’arbres plantés dans des champs agricoles est en moyenne plus élevée que celle d’arbres sur des terrains vagues.

Traitement après récolte

Les fruits collectés pour la production de plants sont transportés dans des sacs en jute. On ouvre les valves du fruit en enlevant le fil fibreux qui s’étend de la base à l’apex, et les graines avec la pulpe adhérente sont extraites. Elles sont pilées et tamisées à travers un filet grossier, puis lavées pour enlever la pulpe complètement. Les particules flottantes sont éliminées. Les graines sont ensuite séchées et les impuretés écartées. Les méthodes de transformation des graines qui seront utilisées comme condiment sont différentes selon les ethnies. Normalement, les graines sèches sans la pulpe sont bouillies pendant 24 heures, ensuite nettoyées, et bouillies une deuxième fois pendant 0,5–2 heures. Les graines subissent ensuite une fermentation de 2–4 jours dans un récipient recouvert de feuilles ou de plastique. La fermentation est habituellement une fermentation bactérienne spontanée en conditions alcalines. Dans l’ouest du Nigeria, elle est souvent principalement anaérobie, au sud-est du Nigeria elle est partiellement aérobie. Les principales bactéries concernées sont des espèces de Bacillus, mais d’autres comprennent des espèces de Lactobacillus, Micrococcus et Staphylococcus. Le produit final est obtenu après séchage au soleil pendant une journée. Lors du séchage, du sel ou des cendres peuvent y être ajoutées afin d’augmenter le goût.

Ressources génétiques

Des missions de collecte de graines ont été organisées par le Centre national de semences forestières (CNSF) au Burkina Faso, en 1990 et en 1995 dans 12 pays (Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, Burkina Faso, Ghana, Togo, Bénin, Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad). Ceci a permis de mettre en place une banque de graines au Burkina Faso et de réaliser une étude sur la variabilité morphologique et génétique de Parkia biglobosa, qui a montré que l’espèce a une diversité génétique relativement élevée et une variabilité morphologique intraspécifique importante, principalement intra-population. Ceci permet la conservation d’une diversité phénotypique maximale en échantillonnant un grand nombre de spécimens dans quelques peuplements de différentes parties de l’aire de répartition.

Perspectives

Le néré est une des rares espèces de plantes tropicales qui a fait l’objet d’études approfondies sur sa biologie et son utilisation. Il a une importance socio-économique considérable et pour cette raison son exploitation locale assez mal organisée mérite plus d’attention, comme d’ailleurs les initiatives pour améliorer ses produits. Il est par exemple souhaitable que des technologies appropriées soient développées pour permettre une transformation industrielle des graines et de la pulpe. Une estimation de la constitution génétique et de la capacité de production des peuplements de Parkia biglobosa dans toute son aire de répartition est nécessaire comme base au développement de systèmes de gestion durable, tout en répondant à la demande pour les produits.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Hagos, T.H., 1962. A revision of the genus Parkia R.Br. (Mim.) in Africa. Acta Botanica Neerlandica 11: 231–265.

Auteur(s)

  • S. Sina, Centre national de semences forestières (CNSF), 01 B.P. 2682, Ouagadougou 01, Burkina Faso
  • S.A. Traoré, Centre national de semences forestières (CNSF), 01 B.P. 2682, Ouagadougou 01, Burkina Faso

Citation correcte de cet article

Sina, S. & Traoré, S.A., 2002. Parkia biglobosa (Jacq.) R.Br. ex G.Don. In: Oyen, L.P.A. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 12 avril 2019.


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