Panda oleosa (PROTA)

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Introduction
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Panda oleosa Pierre




Protologue: Bull. Mens. Soc. Linn. Paris 2: 1255 (1896).
Famille: Pandaceae

Synonymes

Noms vernaculaires

Origine et répartition géographique

Panda oleosa est présent du Liberia jusqu’en Centrafrique et en R.D. du Congo.

Usages

On extrait des graines une huile destinée à l’usage domestique dans la cuisine. Les graines sont consommées après cuisson. Au Gabon, les graines pilées s’ajoutent à des sauces, des soupes et des ragoûts, de la même façon que les amandes du fruit d’Irvingia gabonensis (Aubry-Lecomte ex O’Rorke) Baill. Le bois s’utilise en menuiserie et pour confectionner des pirogues. Plusieurs parties de la plante sont utilisées en médecine traditionnelle. L’écorce s’emploie en usage interne pour traiter les troubles abdominaux, le risque de fausse-couche, les parasites intestinaux et la blennorrhagie, et pour ses vertus anti-inflammatoires, analgésiques et aphrodisiaques. En usage externe, on l’utilise pour traiter les rhumatismes, les plaies, les pians, les écorchures, les panaris, les œdèmes et les hémorroïdes. La décoction de racine se prend contre les affections bronchiques. L’huile des graines s’applique sur les ulcères, les graines écrasées et torréfiées sur les brûlures. L’infusion de feuilles est utilisée en lavement pour traiter la dysménorrhée, et les feuilles écrasées se frictionnent sur le corps comme tonique. Le nectar des fleurs est butiné par les abeilles.

Production et commerce international

Au Gabon, les graines sont vendues sur les marchés locaux.

Propriétés

Les graines semi-séchées de Panda oleosa contiennent par 100 g : eau 26,8 g, énergie 2085 kJ (498 kcal), protéines 15,3 g, lipides 51,5 g, glucides 3,3 g, Ca 85 mg, P 174 mg. Les graines sèches contiennent par 100 g : eau 4,8 g, énergie 2315 kJ (553 kcal), protéines 23,4 g, lipides 45,2 g, glucides 22,9 g, fibres 6,0 g, Ca 371 mg, P 523 mg (Leung, Busson & Jardin, 1968).

Les graines contiennent environ 50% d’huile sur la base de la matière sèche. La composition en acides gras de l’huile est : acide myristique 1%, acide palmitique 26%, acide stéarique 6%, acide arachidique 0,5%, acide oléique 33,5% et acide linoléique 32,5%.

Le bois est jaune brunâtre à rouge rosâtre, à fil irrégulier et à grain fin. Il est moyennement lourd, avec une densité de 645–670 kg/m3 à 12% d’humidité. A 12% d’humidité, le module d’élasticité est de 11 760–14 210 N/mm2, la compression axiale de 51–54 N/mm2, la compression transversale de 3 N/mm2, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,4–2,5.

Des tests de criblage sur l’écorce de Panda oleosa ont mis en lumière une activité inhibitrice du VIH. Le constituant flavonol, ent-4’- O-méthylgallocatéchine, a été isolé de l’écorce, mais l’activité anti-VIH était probablement surtout le fait des tanins.

Description

Arbre de taille petite à moyenne, dioïque, sempervirent, atteignant 20(–35) m de haut ; fût cylindrique ou sinueux, atteignant 80(–100) cm de diamètre, souvent à courts contreforts à la base ; surface de l’écorce brun verdâtre à brun foncé tacheté de grisâtre, écorce interne rose-violet à taches brun violacé foncé ; cime dense, fortement ramifiée ; jeunes rameaux anguleux, glabres. Feuilles alternes, simples ; stipules étroitement lancéolées, petites, caduques ; pétiole de 0,5–1,5 cm de long, cannelé sur le dessus ; limbe elliptique à oblong-elliptique, de 10–30 cm × 4–13 cm, cunéiforme à arrondi à la base, acuminé à l’apex, bords ondulés à dentés, coriace, glabre, pennatinervé à 4–7 paires de nervures latérales. Inflorescence : grappe de 15–35 cm de long, solitaire ou en fascicules sur les rameaux âgés, brièvement poilue. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1,5–4 mm de long, articulé ; calice cupuliforme, d’environ 1 mm de long, vaguement denté ; pétales libres, oblongs-elliptiques à lancéolés, d’environ 5 mm × 2 mm, rouges ; fleurs mâles à 10 étamines en 2 verticilles de longueur inégale et à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à ovaire supère 3(–4)-loculaire et à court style terminé par 3(–4) stigmates allongés. Fruit : drupe globuleuse de 5–7 cm de diamètre, vert jaunâtre ; pyrène à épaisse paroi ligneuse et ponctuée, contenant 3(–4) graines. Graines triangulaires-ovoïdes, concaves, d’environ 2 cm de long, comprimées, d’un brun brillant. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 12–20 cm de long, épicotyle d’environ 3 cm, cotylédons largement obtriangulaires de 6–8 cm de large, largement émarginés à l’apex.

Panda oleosa pousse lentement. Au Gabon, les semis atteignaient 35–40 cm de haut 15 mois après la germination. La base du fût est souvent enflée et crevassée, en raison des dégâts causés par les éléphants. Les jeunes feuilles sont d’un rose-rouge vif. De nombreux arbres produisent chaque année des fruits, qui peuvent demeurer plusieurs mois sur l’arbre. Ils sont couramment consommés par les éléphants, qui dispersent les graines dans leurs bouses. Mais il arrive que l’on trouve aussi des graines en train de germer dans des régions sans éléphants. Le noyau du fruit (pyrène) est dur à casser, mais en Afrique de l’Ouest les chimpanzés y arrivent avec des pierres. Les écureuils aussi les ouvrent parfois.

Le genre Panda ne comprend qu’une seule espèce. Avec les genres africains Centroplacus et Microdesmis et le genre asiatique Galearia, il est classé dans la famille des Pandaceae.

Description

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes. Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 7 : vaisseaux en lignes, ou plages, obliques et/ou radiales ; (10 : vaisseaux accolés radialement par 4 ou plus) ; 13 : perforations simples ; 14 : perforations scalariformes ; 15 : perforations scalariformes avec 10 barreaux ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm)) ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 41 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 50–100 μm ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 48 : 20–40 vaisseaux par millimètre carré ; (56 : thylles fréquents). Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses. Parenchyme axial : 77 : parenchyme axial en chaînettes ; (78 : parenchyme axial juxtavasculaire) ; (86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules) ; (88 : parenchyme axial en échelle) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale ; 94 : plus de huit cellules par file verticale. Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 108 : rayons composés de cellules couchées avec plus de 4 rangées terminales de cellules dressées et/ou carrées ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : 12 rayons par mm. Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 137 : cristaux prismatiques dans les cellules dressées et/ou carrées des rayons ; 140 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées, dressées et/ou carrées des rayons ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.

(P. Ng’andwe, H. Beeckman & P.E. Gasson)

Ecologie

Panda oleosa est habituellement un arbre de sous-étage des forêts sempervirentes à semi-décidues, le plus souvent dans les forêts primaires, tant sur les sites marécageux que secs. On le trouve aussi dans les ripisylves et les forêts périodiquement inondées.

Gestion

La germination des graines est lente, et démarre après 10 mois à 4 ans. Les semis survivent à l’ombre dans la forêt, mais c’est dans les clairières du couvert forestier qu’ils sont les plus courants. Les semis sont assez rares en forêt, bien que les arbres adultes soient grégaires dans de nombreux endroits. Parfois, un grand nombre de jeunes semis ont été observés autour d’un arbre mère, mais les taux de survie sont faibles. Au Gabon, les noyaux sont ramassés sur le sol forestier et les graines sont extraites en fendant la paroi dure au couperet, ce qui est une tâche dangereuse.

Ressources génétiques

Panda oleosa est relativement répandu et localement commun, et rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Les graines comestibles de Panda oleosa et leur huile sont un intéressant produit forestier dans plusieurs pays. Les programmes de domestication sont freinés par la lenteur de la germination et de la croissance et, par conséquent, une récolte durable dans la forêt naturelle semble offrir les meilleures opportunités. Mais la difficulté pour ouvrir la paroi dure du noyau représente un obstacle dans la commercialisation des graines.

Références principales

  • Bokesch, H.R., McKee, T.C., Cardellina II, J.H. & Boyd, M.R., 1994. Ent-4’-O methylgallocatechin from Panda oleosa. Natural Products Letters 4: 155–157.
  • Bourobou-Bourobou, H., 1994. Biologie et domestication de quelques arbres fruitiers de la forêt du Gabon. Thèse Université Montpellier II - Sciences et Techniques du Languedoc, Montpellier, France. 340 pp.
  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Nziengui, B., 2001. Une recette locale : alimentation par les plantes; peut-on revaloriser le savoir de nos ancêtres? L’exemple de Panda oleosa. Le Cri du Pangolin 28: 16.
  • Villiers, J.-F., 1973. Pandaceae. Flore du Gabon. Volume 22. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 14–30.

Autres références

  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.
  • Garcia, J., Massoma, T., Morin, C., Mpondo, T.N. & Nyasse, B., 1993. 4’-O-Methylgallocatechin from Panda oleosa. Phytochemistry 32(6): 1626–1628.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
  • Hawthorne, W.D. & Parren, M.P.E., 2000. How important are forest elephants to the survival of woody plant species in Upper Guinea forests? Journal of Tropical Ecology 16: 133–150.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Robyns, W., 1958. Pandaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 7. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 1–4.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.

Sources de l'illustration

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 17 décembre 2024.


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