Ophioglossum reticulatum (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Ophioglossum reticulatum L.




Protologue: Sp. pl. 2 : 1063 (1753).
Famille: Ophioglossaceae
Nombre de chromosomes: n = 240, 360, 480, 510, 435–570, 630

Synonymes

Ophioglossum vulgatum L. var. reticulatum (L.) Luerss. (1875).

Noms vernaculaires

Langue de serpent, ophioglosse (Fr). Adder’s tongue fern (En). Língua de cobra (Po).

Origine et répartition géographique

Ophioglossum reticulatum est une espèce pantropicale qui est répandue en Afrique tropicale : du Sierra Leone vers l’est jusqu’en Ethiopie et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud. On la trouve également à Madagascar et dans les autres îles de l’océan Indien.

Usages

Les feuilles d’Ophioglossum reticulatum sont consommées en salade ou en légume cuit à Zanzibar (Tanzanie). En Indonésie, c’est un légume localement apprécié, cueilli assidûment partout où il est commun. Les feuilles doivent être juste blanchies ; si elles sont trop cuites, elles se transforment en une masse gluante. A Madagascar, l’espèce proche Ophioglossum ovatum Bory est mangée bouillie, et est particulièrement recherchée par la tribu Antandroy.

Une décoction chaude de rhizome d’Ophioglossum reticulatum est appliquée en topique sur des furoncles au Lesotho. En Tanzanie, le jus des feuilles est bu pour prévenir les spasmes cardiaques. Une publication du Nigeria mentionne deux espèces utiles d’Ophioglossum, dénommées Ophioglossum grande et Ophioglossum vulgatum, mais ces espèces sont absentes d’Afrique de l’Ouest. La première se réfère probablement à Ophioglossum reticulatum, et il est dit que les jeunes frondes sont utilisées comme aliment pour le bétail (chèvres), et que les feuilles rouies sont utilisées comme engrais de jardin. Des extraits de rhizomes sont utilisés comme antidote contre les morsures de serpent. La seconde concerne probablement la deuxième espèce d’Ophioglossum la plus fréquente dans la région, Ophioglossum costatum R.Br. Une décoction des rhizomes de ces plantes est prise en interne pour traiter les maladies pulmonaires et cardiaques. Les rhizomes séchés et réduits en poudre sont appliqués en externe sur les plaies, les blessures et les brûlures.

Aux Philippines, Ophioglossum reticulatum est utilisé comme médicament anti-inflammatoire ; les feuilles cuites dans l’huile sont appliquées sur les blessures.

Production et commerce international

Propriétés

Les jeunes feuilles d’Ophioglossum ont un goût sucré. La présence d’alcaloïdes, d’arbutine, d’amygdaline, de saponine, d’acide formique et d’acide oxalique a été mise en évidence.

Botanique

Petite fougère érigée de 5–30 cm de haut, avec 1–2 feuilles sur un rhizome de 1–2 cm de long et de 2 mm d’épaisseur, avec quelques racines charnues. Feuilles avec un pétiole jusqu’à 15 cm de long, limbe cordé, rarement largement elliptique ou ovale, de 3–7 cm × 3–8 cm, apex arrondi avec ou sans un petit mucron, entier, avec une nervation anastomosée proéminente de motif polygonal. Partie fertile de la feuille en forme d’épi, jusqu’à 25 cm de long, naissant de la base du limbe, portant jusqu’à 45 paires de sporanges dans le premier quart supérieur ou moins, apex aigu ; sporanges s’ouvrant par une fente transversale. Spores subglobuleuses, noirâtres, surface finement réticulée de deux types, l’un alète avec un diamètre de 42–50 μm, l’autre trilète avec un diamètre de 25–38 μm.

Ophioglossum reticulatum est assez uniforme en Afrique et peut être caractérisé de manière satisfaisante par la base nettement cordée du limbe, combinée à l’absence de tubercule. Au niveau mondial, de nombreuses variétés et sous-espèces ont été décrites, provoquant beaucoup de confusion. Il vaut mieux les considérer comme une seule espèce pantropicale variable.

Les plantes sont seulement présentes au-dessus du sol pendant la saison des pluies. Elles peuvent développer des stolons et forment des colonies assez étendues.

Description

Autres données botaniques

Croissance et développement

Ecologie

Ophioglossum reticulatum pousse sur des sols sableux humides, des sols humides saisonnièrement, le long des routes, sur des termitières, dans des prairies de montagne parmi les rochers et en lisière de forêts, du niveau de la mer jusqu’à 2500 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Gestion

Les plantes sont récoltées dans la nature et commercialisées localement. Ophioglossum reticulatum ne fait pas l’objet de culture commerciale, mais il est souvent cultivé en pots à usage médicinal. Il peut être multiplié par spores ou par boutures de rhizome. Lorsqu’elles viennent de spores, les plantes peuvent être récoltées 1–2 ans après pour leurs feuilles. Lorsqu’elles sont multipliées par rhizomes récoltés dans la nature, la récolte peut commencer après 6 mois. En agriculture, il peut devenir une adventice mais n’est pas très gênant du fait de sa petite taille.

Ressources génétiques

Ophioglossum reticulatum se trouve partout dans les tropiques et n’est pas en danger d’érosion génétique. De plus amples recherches sur sa grande variabilité seraient appropriées.

Perspectives

Ophioglossum reticulatum a des valeurs nutritionnelles, médicinales et ornementales, mais il ne semble pas largement utilisé en Afrique. En raison de la forte ressemblance entre les espèces d’Ophioglossum et de leur variabilité, il est très probable que d’autres espèces soient consommées et utilisées de même manière. Il semble justifié d’étudier les possibilités de sa culture et de son amélioration.

Références principales

  • Burkill, H.M., 2000. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 5, Families S–Z, Addenda. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 686 pp.
  • Decary, R., 1946. Plantes et animaux utiles de Madagascar. Annales du Musée Colonial de Marseille, 54e année, 6e série, 4e volume, 1er et dernier fascicule. 234 pp.
  • Haerdi, F., 1964. Die Eingeborenen-Heilpflanzen des Ulanga-Distriktes Tanganjikas (Ostafrika). In: Haerdi, F., Kerharo, J. & Adam, J.G. (Editors). Afrikanische Heilpflanzen / Plantes médicinales africaines. Acta Tropica Supplementum 8: 1–278.
  • Nwosu, M.O., 2002. Ethnobotanical studies on some Pteridophytes of Southern Nigeria. Economic Botany 56(3): 255–259.
  • Williams, R.O., 1949. The useful and ornamental plants in Zanzibar and Pemba. Zanzibar, Tanzania. 497 pp.

Autres références

  • Alston, A.H.G., 1959. The ferns and fern-allies of West Tropical Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 89 pp.
  • Amoroso, V.B. & Ong, H.C., 2003. Ophioglossum reticulatum L. In: de Winter, W.P. & Amoroso, V.B. (Editors). Plant Resources of South East Asia No 15(2). Cryptogams: ferns and fern allies. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 153–155.
  • Burrows, J.E. & Johns, R.J., 2001. Ophioglossaceae. In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of tropical East Africa, A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 19 pp.
  • Khandelwal, S., 1990. Chromosome evolution in the genus Ophioglossum L. Botanical Journal of the Linnean Society 102(3): 205–217.
  • Schelpe, E.A.C.L.E., 1970. Ophioglossaceae. In: Exell, A.W. & Launert, E. (Editors). Flora Zambesiaca. Pteridophyta. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 34–38.
  • Tardieu-Blot, M.L., 1964. Ophioglossaceae. Flore du Gabon. Volume 8. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 29–31.

Sources de l'illustration

  • Amoroso, V.B. & Ong, H.C., 2003. Ophioglossum reticulatum L. In: de Winter, W.P. & Amoroso, V.B. (Editors). Plant Resources of South East Asia No 15(2). Cryptogams: ferns and fern allies. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 153–155.

Auteur(s)

  • W.J. van der Burg

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 18 décembre 2024.


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