Ochroma pyramidale (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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1, port de l’arbre ; 2, rameau en fleurs ; 3, feuille ; 4, fleur ; 5, fleur en section longitudinale ; 6, fruit déhiscent. Source: PROSEA

Ochroma pyramidale (Cav. ex Lam.) Urb.


Protologue: Repert. Spec. Nov. Regni Veg., Beih. 5: 123 (1920).
Famille: Bombacaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 72, 78, 88, 90

Synonymes

  • Ochroma lagopus Sw. (1788).

Noms vernaculaires

  • Balsa (Fr).
  • Balsa wood tree, corkwood, cork tree, down tree (En).
  • Pau de balsa, pata de lebre, pau de jangada (Po).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition naturelle d’Ochroma pyramidale couvre la partie tropicale de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud, du sud du Mexique jusqu’à la Bolivie. Il est planté dans de nombreux pays tropicaux, y compris l’Afrique tropicale (par ex. le Cameroun et le Zimbabwe) et l’Afrique du Sud. Il s’est naturalisé dans certains endroits.

Usages

Le bois extrêmement léger (nom commercial : balsa) est utilisé pour les bouées, les gilets et ceintures de sauvetage, les planches de surf, la construction aéronautique, la construction de navires et d’embarcations, les jouets, le modélisme, les planches de montage de laboratoire, les âmes dans les constructions en sandwich, les attelles, l’emballage d’articles fragiles et comme isolant thermique, antivibratoire et phonique ainsi qu’autrefois en électricité. Lorsqu’il est un peu plus lourd, le balsa convient aux allumettes, aux bâtonnets de glace et aux cure-dents, et à la production de pâte et de papier.

La bourre du fruit se prête au remplissage des oreillers et des matelas. On confectionne des cordes avec l’écorce fibreuse. L’arbre est parfois planté comme ornemental ou arbre d’ombrage.

Production et commerce international

L’Equateur, qui fournit 80–90% du volume vendu sur le marché mondial, est le principal exportateur de balsa.

Propriétés

Le bois de cœur est blanc à gris-blanc, parfois nuancé de rosé près du cœur chez les arbres âgés ; il ne se démarque pas nettement de l’aubier. Le fil est droit, le grain grossier et régulier. Le bois a des reflets soyeux. Le bois de cœur est trop lourd pour avoir une importance économique et l’aubier constitue la plus grande partie du matériau commercial.

C’est un bois extrêmement léger d’une densité de (40–)70–250(–320) kg/m³ à 12% d’humidité. Le bois de première qualité, qui pèse moins de 150 kg/m³ à 12% d’humidité, est généralement produit par les arbres jeunes (âgés de 8–9 ans), alors que les arbres plus âgés produisent du bois de cœur, plus lourd et dont la qualité est jugée secondaire. Il existe de grosses différences entre l’aubier extérieur et celui que l’on trouve vers le centre : en effet, le bois nouveau (dans les 3 cm extérieurs) est en moyenne 2,2 fois plus lourd que le bois ancien (les 3 cm intérieurs), comme l’ont montré des échantillons de bois originaires du Costa Rica.

Le séchage à l’air du bois vert à 15% d’humidité prend 1–3 semaines. Les taux de retrait du bois vert à anhydre sont faibles à moyens : de 2,1–3,0% radialement et de 2,8–7,6% tangentiellement. Le séchage au four est préférable au séchage à l’air, pour limiter le fendage et le gauchissement. Le mouvement du matériau en service est faible.

Le bois est très tendre et fragile, et celui des arbres âgés tend à être cassant. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 14–57 N/mm², le module d’élasticité de 2100–6400 N/mm², la compression axiale de 6–24 N/mm², la compression transversale de 5 N/mm², le cisaillement de 2–3 N/mm², le fendage de 2–11 N/mm, la dureté Janka de flanc de 330–450 N, la dureté Janka en bout de 2410 N et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 0,1–0,2.

Le bois se travaille très facilement à la main et aux machines-outils, mais il faut utiliser un outillage affûté pour éviter l’émiettement. Il prend bien les clous et les vis, mais il est trop tendre pour les retenir correctement. Le rabotage est presque impossible. Les propriétés de collage sont bonnes, et le bois se teint, se polit et se peint de manière satisfaisante, mais il est très absorbant. Les caractéristiques de cintrage sont médiocres. Il a de bonnes propriétés d’isolation et peut être utilisé à très faibles températures (jusqu’à –250°C). Le bois des vieux arbres est cassant et s’effrite.

Ce n’est pas un bois durable et il est sujet aux attaques d’insectes foreurs (Anobium et Lyctus), de termites et de capricornes. Perméable à l’imprégnation des produits de conservation, l’aubier absorbe environ 560 kg/m³ ; le bois de cœur est plus rebelle.

La longueur moyenne des fibres du bois originaire de Belize est de 1,9 mm, leur diamètre de 36,1 μm, le diamètre du lumen de 28,3 μm et l’épaisseur de la paroi des cellules de 3,9 μm. Le bois contient 74% d’holocellulose, 38% d’α-cellulose et 1% de cendres ; la solubilité dans 1% de NaOH est de 21%, et dans l’éthanol-benzène de 1%. C’est un bois indiqué pour la confection de pâte à papier par procédés chimiques et semi-chimiques, et il donne 45–50% de pulpe dotée de bonnes caractéristiques de résistance. Le blanchiment est aisé et n’entraîne pas de perte de résistance, ce qui rend cette pâte indiquée pour les papiers d’impression et d’écriture.

Description

  • Arbre caducifolié ou sempervirent, de taille moyenne, atteignant 30(–50) m de haut ; fût droit, le plus souvent court, cylindrique, atteignant 100(–180) cm de diamètre, à courts contreforts chez les arbres âgés ; surface de l’écorce lisse, marbrée de gris-blanc ; cime étalée, imposante ; rameaux à poils étoilés.
  • Feuilles disposées en spirale, simples ; stipules largement lancéolées, d’environ 1,5 cm × 1 cm ; pétiole de 3–40 cm de long ; limbe ovale, légèrement 3– 5-lobé, de 10–40 cm × 11–35 cm, base cordée, apex aigu ou acuminé, bord ondulé, glabrescent au-dessus, poilu au-dessous, palmatinervé et pennatinervé à 7–9 paires de nervures latérales.
  • Fleurs solitaires, axillaires, bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 4–11 cm de long ; calice tubulaire, de 8–12 cm de long, à lobes inégaux de 2,5–4 cm de long, poilus à l’extérieur et à l’intérieur ; pétales de 11–15 cm × environ 5 cm, blanchâtres ; étamines nombreuses, soudées aux pétales à leur base, réunies en un tube staminal courtement 5-lobé de 10–12,5 cm de long portant des anthères sessiles ondulées depuis leur milieu jusqu’à l’apex ; ovaire supère, 5-loculaire, style en massue et de 9–10 cm de long, stigmate spiralé.
  • Fruit : capsule oblongue de 12–25 cm × environ 2,5 cm, côtelée, à 5 valves, déhiscente, à denses poils laineux à l’intérieur, contenant de nombreuses graines.
  • Graines piriformes, de 4–5 mm × environ 1,5 mm, couvertes d’une abondante filasse brun pâle.

Autres données botaniques

La croissance des arbres d’Ochroma pyramidale peut être extrêmement rapide. En Amérique du Sud, l’accroissement annuel moyen en diamètre atteint 10 cm, et au bout de 10–12 ans, lorsque la croissance se stabilise, l’arbre peut faire 20–25 m de haut et environ 100 cm de diamètre. On peut généralement espérer un accroissement annuel moyen du volume de bois de 17–30 m³/ha, mais on a atteint des accroissements de 90 m³/ha. Après 12–15 ans, la croissance ralentit et les arbres se détériorent rapidement. Uniquement dans des circonstances particulières, les arbres peuvent atteindre 50 m de haut. En Indonésie et en Malaisie, Ochroma pyramidale fleurit toute l’année et est pollinisé par les chauves-souris. L’arbre commence à produire des graines viables au bout de (2–)3–4 ans ; les graines sont dispersées par le vent.

Le genre Ochroma est monospécifique. Ochroma pyramidale est extrêmement variable, et on pensait autrefois que le genre comprenait au moins 11 espèces.

Ecologie

Ochroma pyramidale est un pionnier typique qui colonise les clairières. Dans la nature, il est présent jusqu’à 1000 m d’altitude, dans des régions où les précipitations annuelles sont de 1250–3000 mm et la température annuelle moyenne de 22–28°C. Il tolère une saison sèche jusqu’à 5 mois, mais seulement si l’humidité relative ne tombe pas souvent en dessous de 75%. Il pousse en groupes et préfère les plateaux alluviaux, avec des sols profonds, riches et bien drainés, ou des sols volcaniques. Des sites moins favorables retardent la croissance et produisent un bois de plus haute densité (plus de 160 kg/m³) et dénué d’intérêt commercial. Au Cameroun, Ochroma pyramidale s’est naturalisé ; il est fréquent dans les forêts claires et les forêts secondaires.

Gestion

Ochroma pyramidale peut se multiplier par graines. Le poids de 1000 graines est de 5–15 g. Les graines, très petites, doivent se récolter sur les arbres sur pied ; elles se conservent plusieurs années en sacs de jute ou dans des récipients fermés. Elles peuvent être semées directement au champ ou en pépinière. Les graines sont recouvertes d’un tégument imperméable que l’on doit faire éclater à la chaleur (eau bouillante, feu) avant qu’elles ne germent. Dans la nature, le défrichage de la forêt expose le sol au soleil, ce qui déclenche la levée des graines. En pépinière, les graines sont semées en lignes à 3–4 cm de distance sous un ombrage léger et dans un sol stérilisé pour prévenir la fonte des semis. Les semences prétraitées présentent 65–75% de germination en 5–28 jours. Lorsqu’ils ont 3–4 mois et font 20–25 cm de haut, les semis sont repiqués en plein champ à un espacement de (2–)4–5 m × (3–)4–5 m. Comme les racines des jeunes plants sont extrêmement sensibles aux lésions, les plants à racines nues ne peuvent être utilisés et le semis direct est préférable, à raison de 15–20 graines par trou, qui seront ensuite éclaircies pour ne laisser qu’un plant par trou. Les plantations doivent être désherbées 2–3 fois au cours de la première année. Quand les arbres ont 4 ans environ, la densité doit être d’environ 400 arbres/ha, afin de leur donner suffisamment d’espace pour pousser et permettre ainsi leur croissance rapide. Il faut absolument veiller à éviter d’endommager les arbres restants, car ils cicatrisent très mal, voire pas du tout. L’élagage est donc à proscrire. En général, les rotations ne dépassent pas 7–8 ans. A ce stade, le bois de cœur commence à se développer, il se densifie et prend une teinte plus sombre, ce qui le rend moins adapté aux usages qui sont les siens. L’arbre est sensible aux attaques des champignons et des insectes, là où son écorce est endommagée. Dans toute l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, un foreur des pousses (Anadasmus porinodes) provoque d’importants dégâts dans les plantations. Le bois est fortement sujet au bleuissement, et il doit être transformé rapidement après l’abattage pour éviter que le fendage et le bleuissement ne s’étendent.

Ressources génétiques

Les différences de densité du bois peuvent servir de point de départ à une poursuite des travaux de sélection et d’amélioration génétique.

Perspectives

Ochroma pyramidale a perdu de l’importance en raison du recours accru aux matières synthétiques, mais il restera probablement le matériau le plus adapté à certains emplois spécifiques, comme par exemple le modélisme. Il est même envisageable que son utilisation augmente pour des applications de niche et sous forme de pâte à papier, car on se tourne actuellement vers les matières d’origine biologique et biodégradables au lieu de matières synthétiques. On ne sait pas bien dans quelle mesure et où exactement l’arbre est présent en plantations ou naturalisé en Afrique tropicale, mais il pourrait offrir un potentiel à cette région du monde pour des plantations. Un avantage important est la rapidité de sa croissance, car le bois peut être récolté avec des rotations de 7–8 ans dans les plantations de bois d’œuvre.

Références principales

  • Beentje, H. & Smith, S., 2001. FTEA and after. Systematics and Geography of Plants 71(2): 265–290.
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  • Villiers, J.-F., 1975. Bombacaceae. Flore du Cameroun. Volume 19. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 71–98.
  • Wiselius, S.I., 1998. Ochroma Sw. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 414–416.

Autres références

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  • Chittenden, A.E. & Palmer, E.R., 1990. Pulping characteristics of five low density wood species grown in Belize. Tropical Science 30(2): 167–177.
  • CTFT (Centre Technique Forestier Tropical), 1961. Ochroma lagopus Swartz (balsa): caractères sylvicoles et méthodes de plantation. Bois et Forêts des Tropiques 80: 27–32.
  • Dahms, K.-G., 1991. Neue Importholzkunde 4: Balsa. Holz-Zentralblatt 117(153): 2490.
  • Lamprecht, H., 1989. Silviculture in the tropics: tropical forest ecosystems and their tree species, possibilities and methods for their long-term utilization. Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) GmbH, Eschborn, Germany. 296 pp.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
  • Villavelez, L.V. & Meniado, J.A., 1979. Notes on balsa (Ochroma pyramidale Cav.). Forpride Digest 8(3–4): 25–30.
  • Webb, D.B., Wood, P.J., Smith, J.P. & Henman, G.S., 1984. A guide to species selection for tropical and sub-tropical plantations. 2nd Edition. Tropical Forestry Papers No 15. Commonwealth Forestry Institute, University of Oxford, United Kingdom. 256 pp.
  • Wiemann, M.C. & Williamson, G.B., 1988. Extreme radial changes in wood specific gravity in some tropical pioneers. Wood and Fiber Science 20(3): 344–349.

Sources de l'illustration

  • Wiselius, S.I., 1998. Ochroma Sw. In: Sosef, M.S.M., Hong, L.T. & Prawirohatmodjo, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 5(3). Timber trees: Lesser-known timbers. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 414–416.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Ochroma pyramidale (Cav. ex Lam.) Urb. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 11 novembre 2020.


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