Noms des plantes en latin

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Introduction

Les botanistes ont de tout temps porté une grande attention aux noms latins, car ils puisaient leurs sources dans les auteurs latins. Il en résulte une masse de données qui viennent de la tradition et sont volontiers recopiées fidèlement.

Il convient donc de rappeler que la linguistique n'est vraiment devenue scientifique que depuis un siècle, et que les données doivent donc être toutes vérifiées dans les sources récentes.

Latin ancien

On dispose d'un excellent ouvrage de Jacques André (1985) qui compile les noms des plantes chez les principaux auteurs latins. Les références précises permettent de remonter aux sources.

Une des caractéristiques essentielles du vocabulaire scientifique en latin classique est le nombre des mots grecs qu'il a empruntés. On peut distinguer deux périodes :

- au début, les Latins étaient un petit peuple proche géographiquement des Etrusques. Les Grecs étaient présents dans la Grande Grèce, c'est-à-dire le sud de l'Italie, et des noms grecs ont d'abord été empruntés par l'étrusque avant d'arriver au latin. Les philologues reconnaissent le système consonantique de l'étrusque dans les noms latins citrus et cotoneum (l'étrusque ne distinguant pas d de t). Par ailleurs, ce grec était un dialecte dorien.

- après la conquête de la Grèce par Rome, la langue grecque (sous sa forme koinè) s'est imposée à Rome comme étant la langue savante de la médecine en général, et de la matière médicale en particulier. C'est à cette circonstance historique que l'on doit le caractère hybride gréco-latin du vocabulaire scientifique. Il arrive ainsi fréquemment à Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle, de citer la même plante une fois sous son nom grec et une fois sous son nom latin. C'est à cette période que les noms cedrus et cydoneum ont été réempruntés au grec, avec un sens différent pour le premier. Il existe ainsi de nombreux doublets, le même mot apparaissant sous sa forme dorienne (de Grande Grèce), et sous sa forme en koinè.

  • André, Jacques, 1981. L'alimentation et la cuisine à Rome. éd. 2. Paris, Belles Lettres. XVI-252 p. (éd. 1 : 1961).
  • André, Jacques, 1985. Les noms de plantes dans la Rome antique. Paris, Belles Lettres. XVI-333 p. On doit aussi à cet auteur de bonnes traductions de Pline et d'Apicius.
  • André, Jacques, 1955. Les noms de plantes latins du Pseudo-Dioscoride. Latomus, 14(4): 517-524. en ligne sur JSTOR
  • Ernoult, A. & Meillet, Antoine, 1979. Dictionnaire étymologique de la langue latine. Histoire des mots. 4e éd., 3e tirage augmenté de corrections nouvelles par Jacques André. Paris, Klincksieck. 28 cm, XVIII-828 p.
  • Freund, Wilhelm, 1883-1929. Grand dictionnaire de la langue latine, sur un nouveau plan,... Traduit en français, revu sur les textes et considérablement augmenté... par N. Theil,... Paris, Firmin-Didot. 3 vol. in-fol. T. I. 1929 ; T. II. 1883 ; T. III. 1883 en ligne sur Gallica.
  • Gaffiot, Félix, 1934. Dictionnaire illustré latin-français. Paris, Hachette. 1720 p. en ligne sur Lexilogos ; site très pratique : on trouve un mot en tapant simplement ses premières lettres.

Latin médiéval

Il n'existe pas de dictionnaire complet des noms de plantes en latin médiéval. Il y a à cela bien des raisons. La plus évidente est la multiplicité des manuscrits qui donnent d'innombrables variantes. La deuxième est que la latin était alors écrit par des savants dont les langues parlées étaient nombreuses et différentes, et qui chacun s'efforçait d'interpréter à sa manière les textes anciens. On voit ainsi apparaître, outre des noms hérités du latin classique, de nombreux noms latinisés depuis une langue parlée.

  • Du Cange et al., 1883-1887. Glossarium mediæ et infimæ latinitatis. Niort, L. Favre. en ligne à la Sorbonne.

Latin de la Renaissance

Vocabulaire de la botanique à la Renaissance Terminologie des végétaux chez Estienne et Nicot, par Russon Wooldridge (University of Toronto).

"L'un des inventaires les plus étendus de la terminologie botanique latine et française est contenu dans les pages des dictionnaires de Robert Estienne. Commencé dans le Thesaurus linguae latinae, il se poursuit dans les éditions successives du Dictionarium latinogallicum ; versé au début dans la série parallèle du Dictionaire francoislatin, il trouve pourtant son expression la plus complète dans le dernier grand dictionnaire fait de la main d'Estienne, le Dictionarium latinogallicum de 1552, lequel avait pris des proportions beaucoup plus importantes que le dictionnaire français-latin. Les successeurs d'Estienne dans le développement de ce dernier – Thierry, Dupuys et Nicot – font quelques ajouts et commentaires concernant la botanique, mais le corpus reste essentiellement celui établi par Estienne."

  • Estienne, Robert. Thesaurus linguae latinae, Paris. 1ère éd., 1531 ; 2e éd., 1536 ; 3e éd., 1543.
  • Estienne, Robert. Dictionarium latinogallicum, Paris. 1ère éd., 1538; 2e éd., 1546; 3e éd., 1552.
  • Estienne, Robert, Jean Thierry, Jacques Dupuys & Jean Nicot. Dictionaire françois-latin, Paris. 1ère éd., 1539; 2e éd., 1549; 3e éd., 1564; 4e éd., 1573.
  • Nicot, Jean. Thresor de la langue françoyse, Paris, 1606.
  • Dictionnaires de la Renaissance présente une base de données qui comprend les dictionnaires d'Estienne de 1531, 1536, 1552, ainsi que le Nicot de 1606 et le Grand Dictionaire françois-latin de 1593-1614.

Latin botanique

  • Genaust Helmut, 1996. Etymologisches Wörterbuch der botanischen Pflanzennamen. Dritte, vollständig überarbeitete und erweiterte Auflage. Basel, Birkhäuser. 701 p.

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