Nicotiana tabacum

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Nicotiana tabacum L.

alt=Description de l'image Nicotiana tabacum - Köhler–s Medizinal-Pflanzen-098.jpg.
Ordre Solanales
Famille Solanaceae
Genre Nicotiana

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Origine : aire d'origine

cultivé

Français tabac
Anglais tobacco



Description

La plupart des ethnies du Laos cultivent le tabac dans les jardins et parfois dans les champs irrigués après la récolte de riz ; planté en janvier, le tabac fournit cinq à six générations de feuilles de février à avril. Dans les plaines, le tabac est cultivé sur les terres de berges comme au bord de la Nam Ngum. Les feuilles récoltées à maturité sont mises à sécher traditionnellement au dessus du foyer ou au soleil. Cependant les techniques sont très différentes selon les ethnies, certaines faisant fermenter d’abord les feuilles avant de les mettre à sécher. Une fois séchées les feuilles sont rangées dans des sacs ou des tubes de bambou soit pour une consommation domestique, soit pour être vendues

Noms populaires

français tabac, grand tabac, herbe à nicot, tabac cultivé
anglais tobacco, cultivated tobacco
espagnol tabaco, petén, hierba santa
nahuatl yietl (Stewart, 1967)
lao ຢາ ສູບ ya soup

Classification

Cultivars

Histoire

  • Voir Tobacco in Buffalo Bird Woman's Garden Recounted by Maxi'diwiac (Buffalo Bird Woman) of the Hidatsa Indian Tribe (ca.1839-1932), edited by Gilbert Livingstone Wilson (1868-1930). Originally published as "Agriculture of the Hidatsa Indians: An Indian Interpretation" by Gilbert Livingstone Wilson, Ph.D. (1868-1930) Minneapolis, The University of Minnesota (Studies in the Social Sciences, #9), 1917. Ph. D. Thesis. Récit passionnant de première main.

Le nom scientifique de l’une des plus célèbres plantes héritées du monde amérindien, raconte déjà une partie de son histoire : les compagnons de Christophe Colomb, lors de son premier voyage aux Antilles en 1492, rencontrèrent « plusieurs naturels qui tenaient en main un petit tison d’herbe dont ils aspiraient la fumée » et qu’ils nommaient « tabaco ». Un siècle plus tard, Jean Nicot, ambassadeur de France au Portugal, ramène de ce pays un petit pied de tabac qu’il cultive d’abord pour ses jolies fleurs, puis pour ses propriétés médicinales, avec un tel succès que la plante est appelée « herbe à Nicot », et que Linné la classera dans le genre « Nicotiana ». Mais la plante perd bientôt sa réputation médicale pour devenir tabac à priser, à mâcher et surtout à fumer car, nous dit le père Labat « elle réjouissait l’esprit et dissipait les chagrins » au point que Molière fait dire à l’un de ses personnages : « Quoique puisse dire Aristote et toute la philosophie il n’est rien d’égal au tabac ; c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre » ; on sait depuis le parcours fulgurant de la cigarette, autant chantée que décriée.

Ce sont les Portugais qui introduisent le tabac en Asie où il s’acclimate si bien que les populations considèrent qu’il a toujours fait partie de leur culture ; en effet le tabac s’est inséré dans les modes de consommation des stupéfiants traditionnels comme le bétel ou le chanvre, qu’il complète ou qu’il remplace, aussi bien dans la vie sociale que dans les rites.

Usages

L'on trouve en ceste isle-là […] certains petits arbres bas presque de la grandeur et façon des roseaux, qui ont les feuilles comme celles du noyer... […] Les Indiens prennent une feuille d'un espic de ce gros blé bastard qu'ils ont (que nous appelons communément Blé de Turquie ou Blé Sarrazin [= maïs]) avec une de ces feuilles-là et les enveloppent ensemble en façon d'un cornet d'apothiquaire, ou d'un petit tuyau d'orgues ; puis approchans du feu l'un des bouts de ce cornet, et tenant l'autre en la bouche retirent leur souffle à eux. Quand le feu est une fois pris au bout de ce tuyau, il en sort tant de fumée, qu'ils en ont la bouche, le nez, la gorge et la teste toute pleine : et comme ceux qui y prennent un singulier plaisir ne cessent de humer jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus, et en perdent le souffle et le sentiment. Il s'en trouve de ceux qui en prennent tant, qu'autant les sens tout saisis et enyvrés de ce cruel parfum, tombent tout plat contre terre : comme s'ils estoient raides morts : et demeurent là estourdis, la plus grande part du jour, ou de la nuit. Girolamo Benzoni, La Historia del Mondo Nuovo.

Masticatoire

Le tabac est chiqué, seul ou avec le bétel et la noix d’arec ; fumé, il est emballé dans diverses feuilles, bananier, maïs, bambou, jacquier….etc. ou mis dans des pipes faites de divers matériaux, souvent objets précieux faisant partie du patrimoine familial. Les Hmong eux, ont une préférence pour la pipe à eau. Quelque soit son mode de consommation le tabac est une plante « du plaisir et de la convivialité », rendant moins pénibles les travaux des champs et agrémentant les veillées du soir ; à ce titre il est aussi offert aux esprits, et il est le garant des échanges amoureux ou commerciaux. Le terme employé ya soup ou ya dout veut dire « la drogue que l’on aspire », le mot ya, signifiant à la fois médicament et stupéfiant, rend compte du fait que souvent les stupéfiants soignent, comme aussi ya fin, l’opium.


Médecine

En Europe le tabac fut mis au rang des plantes médicinales : l'explorateur André Thévet (16e S.) nous parle de ses vertus : "Ils (les Brésiliens) ont une herbe fort singulière qu'ils appellent Petun, laquelle est très utile à plusieurs choses. Ils la cueillent avec soin (...). Elle estant séche, ils en enveloppent quelque quantité dans une feuille de palmier fort grande en faisant un rouleau de la longueur d'une chandelle, puis mettans le feu par un bout, en hument la fumée par la bouche, et la rendent par le nez à cause qu'elle attire et fait distiller les humeurs superflues du cerveau et mesme fait passer la soif et la faim pour quelque temps (...)"

Au Laos le tabac est peu utilisé comme plante médicinale, mais il sert de support à d’autres plantes qui soignent. Ainsi Raquez, qui a fait au début du siècle de très nombreuses remarques sur le tabac et les façons de le fumer, dit qu’il est enveloppé dans des feuilles de bananier et qu’on y ajoute « des petits morceaux d’un bois jaune ayant la propriété de préserver des maux de tête ».

Une autre utilisation de la feuille de tabac au Laos est d’en envelopper les cadavres afin d’en absorber les sanies et les odeurs.

Références


  • Hubert, Annie (dir), 2000. Opiums, les plantes du plaisir et de la convivialité en Asie L'Harmattan, 448 p.
  • Raquez, Alfred, 1902, Pages laotiennes, le haut Laos, le moyen Laos, le bas Laos. Hanoï, FH Schneider imprimeur éditeur. Reprint en co-édition IRC (Laos) et Cercle de culture et de recherches laotiennes (France), Vientiane, 2000.
  • Thevet, André, {1558} 1953, Les singularitez de la France antartique.

Bibliographie

  • Benzoni, Girolamo, 1572. La Historia del Mondo Nuovo. Venise.
  • Stewart, Grace G., 1967. A History of the Medicinal Use of Tobacco 1492-1860. Medical Hist., vol. XI.

Liens