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Myrianthus arboreus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fruit Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg



Myrianthus arboreus P.Beauv.




Protologue: Fl. Oware 1 : 16, t. 11, 12 (1805).
Famille: Cecropiaceae (APG: Urticaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 28

Synonymes

Noms vernaculaires

Grand wounian, arbre à pain indigène (Fr). Giant yellow mulberry, bush pineapple, corkwood (En). Pernambuco (Po).

Origine et répartition géographique

Myrianthus arboreus est présent dans la zone forestière d’Afrique tropicale depuis la Guinée et la Sierra Leone jusqu’au sud du Soudan et l’Ethiopie vers l’est, et jusqu’à la R.D. du Congo, la Tanzanie et l’Angola vers le sud.

Usages

En Afrique de l’Ouest, les jeunes feuilles sont consommées dans des soupes de légumes. Dans les états du Delta et d’Edo du Nigeria, les feuilles de Myrianthus arboreus sont considérées comme les plus appréciés des légumes indigènes. Dans toute l’aire de répartition, le fruit en forme de cœur, appelé “God’s heart” (cœur de Dieu) au Ghana, est consommé pour sa pulpe sucrée ou acidulée. La graine riche en huile, qui fait environ 1 cm de long, est consommée après cuisson depuis la Côte d’Ivoire jusqu’à la R.D. du Congo.

Des extraits de feuilles ou des pousses feuillues de Myrianthus arboreus sont utilisées dans des préparations en Sierra Leone, au Nigeria et dans la région du Mont Cameroun pour traiter la dysenterie, la diarrhée et le vomissement. Dans la région des Igalas au Nigeria, les feuilles sont un des ingrédients d’un fébrifuge administré à de jeunes enfants. Dans l’est du Nigeria, un pansement fabriqué à partir de pétioles pilés est appliqué sur les furoncles, et la feuille écrasée est utilisée de la même manière au Gabon. Au Congo, les feuilles hachées sont consommées crues avec du sel pour traiter les troubles cardiaques, les complications liées à la grossesse, la dysménorrhée et les hernies naissantes. On boit une décoction d’écorce pour traiter le paludisme, la fièvre et la toux. En R.D. du Congo, une décoction de feuilles est également utilisée comme médicament contre la toux. En Tanzanie, une infusion de feuilles est absorbée par les femmes pour améliorer la lactation. Le jus des jeunes feuilles ou des bourgeons terminaux est appliqué en topique pour traiter les maux de dents, sur la poitrine contre la bronchite, ou sur la gorge contre la laryngite ou le mal de gorge. Myrianthus arboreus est un analgésique utile pour soigner les douleurs musculaires, les fractures et les hémorroïdes. En Côte d’Ivoire, les feuilles pilées sont appliquées en lavement pour traiter les douleurs du dos et les douleurs lombaires. Le jus abondant provenant des racines aériennes est absorbé au Congo comme antitussif et antidiarrhéique, ainsi que comme remède contre l’hématurie et la blennorragie. Les racines sont coupées en dés et préparées en mélange avec de la maniguette (graines d’Aframomum melegueta K.Schum.) comme bain de vapeur contre les maux de tête. Au Congo, le fruit entier est bouilli dans la sève de l’arbre ou dans du vin de palme ou d’autres ferments de fruits, et absorbé comme émético-purgatif ; l’écorce ou les feuilles sont utilisées de la même manière mais on considère qu’elles sont moins efficaces. Myrianthus arboreus est important comme plante auxiliaire, les feuilles formant une épaisse couche de paillage organique. Il est à l’essai pour des systèmes de jachère dirigée.

Le bois est tendre, blanc jaunâtre, périssable et difficile à usiner, mais il est utilisé pour faire des clôtures et parfois comme bois polyvalent. Il convient également à la fabrication du papier. Ses cendres sont utilisées pour faire du savon en Guinée. Des extraits de Myrianthus arboreus éliminent le termite Reticulitermes lucifugus.

Production et commerce international

Aucune donnée sur la production de Myrianthus arboreus n’est disponible. Les feuilles sont commercialisées localement. Aucune exportation de feuilles n’a été signalée, mais plusieurs sociétés possèdent une licence pour exporter du matériel de Myrianthus arboreus à des fins pharmaceutiques.

Propriétés

Il n’y a aucune information sur la composition des feuilles. La composition de la pulpe de fruit frais de Myrianthus sp. par 100 g de partie comestible est de : eau 85,5 g, énergie 205 kJ (49 kcal), protéines 1,9 g, glucides 11,8 g, Ca 44 mg, P 70 mg, Fe 1,1 mg. La composition des graines séchées par 100 g est de : eau 13,5 g, énergie 1972 kJ (471 kcal), protéines 23,6 g, lipides 33,4 g, glucides 27,0 g, fibres 3,5 g, Ca 132 mg, P 371 mg, Fe 6,6 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). L’huile est constituée presque exclusivement d’acide linoléique (93%). Les protéines contiennent beaucoup de cystéine, acide aminé important dans une région où il y a une carence chronique en acides aminés soufrés.

Plusieurs triterpénoïdes pentacycliques ont été isolés à partir du bois et des racines. L’acide euscaphique, l’acide myrianthique, l’acide tormentique, l’acide ursolique et un dérivé de l’acide ursénoïque ont été isolés à partir des tiges. L’acide myrianthinique a été isolé à partir de l’écorce. Le bois contient également de la myrianthiphylline, un cinnamate de lignane.

Des extraits d’écorce de Myrianthus arboreus démontrent des effets antiplasmodiaux, antimycobactériens et antitrypanosomaux in vitro, ce qui confirme certains de ses usages en médecine traditionnelle, par ex. pour traiter le paludisme.

Description

Arbuste ou arbre dioïque atteignant 14(–20) m de haut ; fût court, atteignant 1 m de diamètre, ayant souvent des racines échasses ; écorce relativement lisse, grisâtre, mince, tranche blanche ; branches étalées. Feuilles disposées en spirale, composées palmées ; stipules atteignant 5 cm de long, amplexicaules, caduques, laissant des cicatrices annulaires ; pétiole de (15–)25–55 cm de long ; folioles 5–7, sessiles ou pétiolulées, lancéolées ou oblancéolées, atteignant 65 cm × 22 cm, à bord denté en scie à denté, pubescentes blanchâtres au dessous des nervures, à nombreuses nervures. Inflorescence mâle plusieurs fois ramifiée, atteignant 30 cm de diamètre, constituée de glomérules, à pédoncule atteignant 20 cm de long ; inflorescence femelle : capitule globuleux atteignant 3,5 cm de diamètre, à pédoncule atteignant 6 cm de long. Fleurs sessiles, petites ; fleurs mâles à 3–4 tépales et 3–4 étamines ; fleurs femelles à périanthe 2–3-lobé et ovaire supère, 1-loculaire, stigmate en forme de langue. Fruit drupacé, à périanthe charnu, jaune à orange-rouge, contenant 1 graine, disposé serré en une infrutescence atteignant 10(–15) cm de diamètre. Graine atteignant 12 mm de long. Plantule à feuilles simples.

Autres données botaniques

Myrianthus comprend 7 espèces et est limité à l’Afrique tropicale. Les basses terres d’Afrique de l’Ouest et centrale sont les plus riches en espèces. Les feuilles de Myrianthus libericus Rendle et Myrianthus serratus (Trécul) Benth. & Hook. sont également parfois récoltées comme légume, mais leurs fruits et leurs graines comestibles semblent avoir plus d’importance, comme c’est le cas pour d’autres espèces de Myrianthus. L’espèce est-africaine Myrianthus holstii Engl. est apparentée à Myrianthus arboreus, mais on peut la distinguer par son indument jaune à orange-brun.

Croissance et développement

Les graines de Myrianthus arboreus sont disséminées par les animaux tels que les singes et les oiseaux. La régénération naturelle se produit aussi autour des arbres dans les forêts ainsi que sur les terres agricoles. Lors d’un défrichement de la forêt pour l’agriculture, les arbres de Myrianthus arboreus sont souvent protégés et conservés. Dans un essai, les arbres ont commencé à porter des fruits à l’âge de 5 ans environ. En Afrique de l’Ouest, les arbres fleurissent de janvier à avril et fructifient de février à juillet, alors qu’en Afrique centrale ils fleurissent toute l’année, et qu’en Tanzanie ils fleurissent de novembre à décembre et donnent des fruits de février à mars.

Ecologie

Myrianthus arboreus est un arbre commun dans la zone forestière d’Afrique de l’Ouest et centrale, qu’on retrouve dans la forêt pluviale, la forêt semi-caducifoliée, la forêt marécageuse, ainsi que comme espèce pionnière tardive dans la forêt secondaire et les friches, en conditions humides et au bord des rivières. Il lui faut une forte pluviométrie annuelle. Il pousse naturellement du niveau de la mer jusqu’à 1200 m d’altitude. Au Nigeria, il est courant dans les basses terres, en dessous de 300 m d’altitude.

Multiplication et plantation

La germination des graines prend environ 1 mois ; le taux de germination est d’environ 40%, mais il peut être amélioré en trempant les graines avant la plantation. L’écussonnage et le bouturage de tige ont été utilisés avec succès pour la multiplication en conditions expérimentales.

Gestion

Les feuilles de Myrianthus arboreus sont récoltées à partir de peuplements sauvages et semi-sauvages. L’arbre est souvent protégé et maintenu sur les terrains cultivés. On le recommande comme espèce de jachère pour les champs éloignés. Grâce à ses associations mycorhiziennes, il a la capacité d’améliorer le niveau d’azote dans le sol.

Récolte

Les jeunes feuilles tendres sont cueillies au fur et à mesure des besoins. D’après une étude de marché à Enugu (sud-est du Nigeria), elles sont disponibles de février à octobre. En Tanzanie, les fruits sont récoltés au début de la saison sèche.

Traitement après récolte

Les feuilles de Myrianthus arboreus restent fraîches pendant 3–5 jours ; les rameaux feuillés sont portés au marché local juste après la récolte.

Ressources génétiques

La diversité génétique de Myrianthus arboreus n’a pas été étudiée, mais rien n’indique qu’il y ait une érosion génétique importante.

Perspectives

Les feuilles et les fruits de Myrianthus arboreus fournissent des aliments particulièrement importants pendant la période de famine qui précède la récolte d’autres produits. La multitude de ses usages médicinaux justifierait davantage de recherches sur sa composition chimique et ses activités pharmacologiques.

Références principales

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  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by R.W.J. Keay, C.F.A. Onochie and D.P. Stanfield. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.
  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
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Autres références

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  • Okafor, J.C., 1978. Development of forest tree crops for food supplies in Nigeria. Forest Ecology and Management 1: 235–247.
  • Okafor, J.C., 1980. Edible indigenous woody plants in the rural economy of the Nigerian forest zone. Forest Ecology and Management 3: 45–55.
  • Okafor, J.C. & Lamb, A., 1994. Fruit trees: diversity and conservation strategies. In: Leakey, R.B.B. & Newton, A.C. (Editors). Tropical trees: the potential for domestication and the rebuilding of forest resources. ITE symposium No 29 and ECTF symposium No 1. Proceedings of a conference organized by the Edinburgh centre for tropical forests held at Heriot-Watt University, Edinburgh on 23–28 August 1992. pp. 34–41.
  • Okigbo, B.N., 1978. Vegetables in Tropical Africa. In: Crop genetic resources in Africa. Proceedings of a workshop jointly organized by the Association for the Advancement of Agricultural Sciences in Africa and the International Institute of Tropical Agriculture held at IITA Ibadan, Nigeria, 4–6 January 1978. pp. 128–147.
  • Tshibangu, J.N., Chifundera, K., Kaminsky, R., Wright, A.D. & König, G.M., 2002. Screening of African medicinal plants for antimicrobial and enzyme inhibitory activity. Journal of Ethnopharmacology 80: 25–35.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1988. Fruitiers sauvages du Cameroun. Fruits Paris 43(9): 507–516.

Sources de l'illustration

  • White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.
  • Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.

Auteur(s)

  • J.C. Okafor

Treecrops and Tropical Ecology Consultants, P.O. Box 3856, Enugu, Nigeria

Consulté le 3 avril 2025.


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