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Momordica foetida (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Fruit Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg



Momordica foetida Schum.




Protologue: Beskr. Guin. pl. : 426 (1827).
Famille: Cucurbitaceae

Synonymes

Noms vernaculaires

Mnukia muuma (Sw).

Origine et répartition géographique

Momordica foetida est répandu en Afrique tropicale et en Afrique du Sud.

Usages

Les feuilles de Momordica foetida sont récoltées dans la nature et consommées comme légume après avoir été bouillies au Gabon, au Soudan, en Ouganda, en Tanzanie et au Malawi. Elles semblent être relativement peu appréciées et sont consommées en petites quantités seulement, habituellement en période de disette. La pulpe des fruits mûrs est consommée au Ghana, au Gabon, au Soudan, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Les plantes sont pâturées par le bétail au Soudan. Les feuilles sont utilisées comme fourrage (Kenya, Tanzanie) et sont particulièrement réputées pour l’engraissement des lapins. Toutefois, on signale au Kenya que le bétail l’éviterait et qu’il serait toxique. Les usages en médecine traditionnelle sont nombreux et sont souvent partagés avec d’autres espèces de Momordica. Le jus de feuilles broyées est utilisé pour soulager la toux (Ouganda), les maux d’estomac (Ouganda), les troubles intestinaux (Nigeria, Afrique du Sud), les maux de tête (Burundi, Ouganda, Malawi), le mal d’oreille (Tanzanie), les maux de dents (Ouganda) et comme antidote contre les morsures de serpent (Tanzanie). Les problèmes de peau provoqués par la varicelle (Côte d’Ivoire), les furoncles (Afrique du Sud), le venin du cobra cracheur et le paludisme sont traités avec des feuilles broyées. La plante est aussi utilisée comme emménagogue (Côte d’Ivoire), ecbolique (Côte d’Ivoire, Gabon, Ouganda, Tanzanie), aphrodisiaque (Côte d’Ivoire) et abortif (Ouganda).

Les racines, qui seraient toxiques, ainsi que les graines broyées sont utilisées en Afrique de l’Est pour soigner la constipation. La pulpe du fruit serait toxique pour les charançons, les papillons de nuit et les fourmis, et elle est utilisée comme répulsif contre les insectes en Tanzanie. Les Karamajongs (Ouganda) utilisent la plante entière comme répulsif contre le pique-bœuf sur leur bétail. Les fruits sont souvent consommés par les serpents mangeurs d’œufs. Au Gabon, les feuilles sont trempées dans l’eau puis séchées au soleil et utilisées pour le rembourrage des coussins.

Propriétés

Les feuilles ont un goût amer et une odeur fétide lorsqu’elles sont broyées. Leur composition nutritionnelle par 100 g de partie comestible est de : énergie 92 kJ (22 kcal), protéines 3,3 g, fibres 3,2 g, Ca 1,1 mg, Fe 3,4 mg, Zn 0,4 mg, β-carotène 5,4 mg, folate 40 μg, acide ascorbique 20,6 mg (Nesamvuni, C., Steyn, N.P. & Potgieter, M.J., 2001). Les triterpènes du type cucurbitacine, que l’on trouve aussi bien chez Momordica charantia que chez Momordica foetida, particulièrement dans les fruits et les graines, sont potentiellement cytotoxiques. On a signalé des momordicines et de la fœtidine (identique à la charantine) dans les fruits et les feuilles de Momordica foetida. On a découvert que les momordicines sont aussi bien bactériostatiques qu’insecticides ; on a montré que la fœtidine diminue les niveaux de glucose dans le sang chez des rats normaux, mais qu’elle n’avait aucun effet significatif sur des animaux diabétiques. La fœtidine a de légers effets antispasmodiques et anticholinergiques.

Botanique

Plante herbacée vivace, dioïque, rampante ou grimpante à vrilles simples ou bifides ; tige atteignant 4,5 m de long, à taches vert foncé lorsqu’elle est jeune, ligneuse lorsqu’elle est vieille, s’enracinant aux nœuds. Feuilles alternes, simples ; stipules absentes ; pétiole de 1,5–17 cm de long ; limbe largement ovale-cordé à triangulaire-cordé, de 1,5–16 cm × 1,5–17 cm, base profondément cordée. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; calice à tube obconique et lobes atteignant 11 mm de long ; pétales libres, obovales-lingulés, atteignant 3,5 cm de long, blancs, jaune pâle à orange jaune, 3 avec des écailles à l’intérieur à la base ; fleurs mâles groupées par 1–9 en fascicules sur un pédoncule de 2–23 cm de long, avec 3 étamines, anthères cohérentes au centre de la fleur ; fleurs femelles solitaires à l’aisselle des feuilles, à ovaire infère, ovoïde, stigmate 3-lobé. Fruit : baie longuement pédonculée, ellipsoïde, atteignant 7 cm × 5 cm, orange à maturité, densément couverte d’épines molles, déhiscente à 3 valves et exposant les nombreuses graines noyées dans la pulpe écarlate. Graines oblongues, aplaties, d’environ 1 cm de long, brunes, tégument sculpté, bords muni de 2 cannelures.

Momordica comprend environ 40 espèces, dont la majorité sont africaines. Les fruits et les feuilles de plusieurs espèces sauvages sont consommés comme légume, alors que d’autres espèces sont utilisées en médecine traditionnelle.

Description

Croissance et développement

Ecologie

Momordica foetida est présent en lisière de forêt et dans les clairières, les bords de marécages et sur des terrains perturbés comme adventice et colonisatrice, jusqu’à 2400 m d’altitude. En Afrique de l’Ouest, on le considère comme indicateur des sols aptes à la culture du cacao.

Multiplication et plantation

Ressources génétiques

Momordica foetida est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique. Quelques entrées de Momordica foetida sont maintenues au New York State Agricultural Experiment Station (Etats-Unis) et au National Genebank du Kenya.

Perspectives

Le principal intérêt de Momordica foetida réside actuellement dans ses aspects médicinaux. Les propriétés insecticides sont seulement reconnues dans une petite région au sein de son aire de répartition. Il restera seulement un légume d’utilisation locale, mais il peut devenir important comme source de résistance pour l’amélioration de Momordica charantia.

Références principales

  • Jeffrey, C., 1967. Cucurbitaceae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 157 pp.
  • Kameswaro Rao, C. & Wadhawan, S., 2002. Appendix 31. Encyclopaedic profile of Momordica charantia L. In: Kameswaro Rao, C. (Editor). Indian medicinal Plants. [Internet] http://www.medicinalplants-kr.org/ appendices132.htm. Sept 2003.
  • Nesamvuni, C., Steyn, N.P. & Potgieter, M.J., 2001. Nutritional value of wild, leafy plants consumed by the Vhavenda. South African Journal of Science 97: 51–54.
  • Oliver-Bever, B., 1986. Medicinal plants in tropical West Africa. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. 375 pp.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Nguyen Huu Hien & Sri Hayati Widodo, 1999. Momordica L. In: de Padua, L.S., Bunyapraphatsara, N. & Lemmens, R.H.M.J. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(1). Medicinal and poisonous plants 1. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 353–359.
  • Njoroge, G.N. & Newton, L.E., 2002. Ethnobotany and distribution of wild genetic resources of the family Cucurbitaceae in the central highlands of Kenya. Plant Genetic Resources Newsletter 132: 10–16.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 3 avril 2025.


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