Lovoa trichilioides (PROTA)

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Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau en fleurs ; 3, fleur ; 4, fruit ; 5, graine. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
base du fût
écorce
tranche
fût
feuilles, fruits et graines
inflorescence
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois
coupe transversale du bois

Lovoa trichilioides Harms


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 23: 165 (1896).
Famille: Meliaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 50

Synonymes

  • Lovoa brownii Sprague (1906),
  • Lovoa klaineana Pierre ex Sprague (1906).

Noms vernaculaires

  • Noyer d’Afrique, noyer du Gabon (Fr).
  • African walnut, tigerwood, Congowood, brown mahogany (En).

Origine et répartition géographique

Lovoa trichilioides est répandu, depuis la Sierra Leone jusqu’à l’ouest de l’Ouganda, et vers le sud jusqu’au nord-ouest de la Tanzanie et au nord de l’Angola.

Usages

Le bois (nom commercial : dibetou) est très apprécié pour le mobilier, l’ébénisterie, la parqueterie, les charpentes, les menuiseries, les boiseries intérieures, les cages d’escalier, les lambris et les placages décoratifs ainsi que le contreplaqué. Il est localement employé pour la construction d’habitations, la charronnerie, les outils et les manches, et la fabrication de canoës. Il convient à la construction navale, aux articles de sport, aux jouets et aux articles de fantaisie, aux traverses de chemin de fer, aux objets sculptés, à la caisserie, au tournage et à la production de pâte à papier. Il sert également de bois de feu et à la production de charbon de bois.

Au Congo, on frictionne la poitrine de pâte d’écorce pour traiter les affections pulmonaires. L’écorce est aussi employée contre les caries. L’arbre est quelquefois planté comme arbre d’alignement. Sa culture est encouragée en Ouganda dans le cadre de programmes de plantation d’arbres ; il est planté localement comme essence d’ombrage dans les programmes agroforestiers, pour des cultures comme le caféier et le bananier. Les fleurs sont une source de nectar pour les abeilles.

Production et commerce international

Vers 1970, la Côte d’Ivoire était le premier exportateur de grumes de dibetou avec des volumes d’exportation annuels d’environ 80 000 m³ entre 1968 et 1974. Le Cameroun a exporté 13 100 m³ et 10 400 m³ de sciages en 2003 et 2004, respectivement, et 9900 m³ en 2006. Au Gabon, l’exportation de grumes de dibetou a atteint 10 400 m³ en 1991, pour décroître à une moyenne annuelle de 5100 m³ en 2000–2004. Les exportations de sciages effectués par le Gabon ont été de 1000 m³ en 2001, pour un prix moyen de US$ 239/m³. Le Congo a exporté quant à lui 2100 m³ de grumes en 2004, et 4100 m³ en 2006. Quant au Ghana, il a exporté de petites quantités de contreplaqué de noyer d’Afrique en 2003, 2004 et 2005, pour un prix moyen de US$ 398/m³, US$ 352/m³ et US$ 383/m³, respectivement.

Propriétés

Le bois de cœur est brun jaunâtre à brun grisâtre, souvent avec des marques dorées et noirâtres, et il se distingue nettement de l’aubier brun pâle à gris pâle et de 3–7 cm de large. Il est généralement contrefil, le grain est moyennement fin à fin. Le bois est lustré et a un bel aspect, les surfaces sciées sur quartier ayant un aspect rubané. Il dégage une odeur de cèdre.

Le bois est moyennement lourd, avec une densité de 450–610(–680) kg/m³ à 12% d’humidité. Si l’on prend quelques précautions, il sèche bien à l’air et en séchoir, avec seulement peu de risques de déformation et de gerces. Les taux de retrait sont moyens, de l’état vert à anhydre ils sont de 2,8–5,3% dans le sens radial et de 5,6–8,8% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois est stable en service.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 70–119 N/mm², le module d’élasticité de 7300–11 600(–14 900) N/mm², la compression axiale de 39–59 N/mm², le cisaillement de 6–10 N/mm², le fendage de 10–18 N/mm, la dureté Janka de flanc de 4180–4220 N et la dureté Janka en bout de 5000–5030 N.

Le bois est facile à scier et à travailler, et on peut utiliser des outils ordinaires. Le bois a tendance à pelucher lorsqu’il est scié sur quartiers, et le rabotage peut s’avérer difficile en raison du contrefil, ce qui peut occasionner des déchirures. Un angle de coupe de 15–20° est recommandé. Les outils doivent être bien affûtés. Les caractéristiques de clouage et de vissage sont bonnes, bien que le bois soit sujet aux fentes. Le bois se finit bien, mais pour obtenir un beau fini, il est préconisé d’avoir recours à un enduit bouche-pores. Les caractéristiques de collage, de peinture et de vernissage sont satisfaisantes, celles de cintrage à la vapeur moyennes.

Le bois est relativement sensible aux attaques fongiques, à celles des termites et des térébrants du bois sec et très sensible à celles des térébrants marins. Au cours d’un essai mené au Ghana où le bois avait été exposé au termite Coptotermes formosanus, on avait noté que le termite se nourrissait activement du bois. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de préservation. La sciure peut être irritante.

Dans l’huile des graines, ce sont les acides diénoïques insaturés qui prédominent.

Description

  • Arbre sempervirent, de grande taille atteignant 45 m de haut ; fût dépourvu de branches jusqu’à 25(–30) m, généralement rectiligne et cylindrique, quelquefois sinueux, jusqu’à 120(–200) cm de diamètre, légèrement épaissi à la base ou à courts contreforts ; surface de l’écorce brun grisâtre à brun noirâtre, lisse à écailleuse, à nombreuses lenticelles, écorce interne rouge rosé à bandes blanchâtres, fibreuse, fortement odorante ; cime dense, vert foncé ; rameaux glabres.
  • Feuilles alternes, composées paripennées ou imparipennées à (5–)10–15 folioles, glabres ; stipules absentes ; pétiole de 3–9 cm de long, sillonné et légèrement ailé, rachis de 4–20(–30) cm de long ; pétiolules de 2–10 mm de long ; folioles opposées à alternes, elliptiques à oblongues-lancéolées, de 5–25 cm × 2–10 cm, base cunéiforme à arrondie, apex obtus à acuminé, coriaces, pennatinervées à nervures latérales étroitement espacées.
  • Inflorescence : panicule axillaire ou terminale atteignant 40 cm de long, glabre.
  • Fleurs fonctionnellement unisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle de 1,5–3 mm de long, articulé ; calice lobé presque jusqu’à la base, de 1–2 mm de long ; pétales libres, elliptiques, de 4–6,5 mm de long, blancs, teintés de verdâtre ou de rougeâtre ; fleurs mâles à étamines soudées en un tube en coupe avec 8 anthères sur le bord, ovaire non fonctionnel ; fleurs femelles à ovaire supère, globuleux, 4-loculaire, se transformant peu à peu en style, stigmate capité, étamines non fonctionnelles.
  • Fruit : capsule retombante, quadrangulaire, de 4–7 cm × 1–1,5 cm, noire, déhiscente à 4 valves, contenant de nombreuses graines attachées au sommet de la colonne centrale.
  • Graines de 4–6 cm de long y compris la grande aile apicale.
  • Plantule à germination épigée, mais les cotylédons restant souvent dans le tégument ; hypocotyle de 3–4 cm de long, épicotyle de 2–3 cm de long ; 2 premières feuilles opposées, à 2 paires de folioles.

Autres données botaniques

Le genre Lovoa comprend 2 espèces, limitées l’une et l’autre à l’Afrique tropicale. Il appartient à la tribu des Swietenieae et il est apparenté aux genres Entandrophragma, Khaya et Pseudocedrela.

Lovoa swynnertonii

Lovoa swynnertonii Baker f. est présent à l’est de la R.D. du Congo, au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Zimbabwe et au Mozambique, en forêt pluviale jusqu’à 1500 m d’altitude. Il diffère de Lovoa trichilioides par ses folioles asymétriques et ses inflorescences poilues, mais il est par ailleurs similaire. Son bois est employé de la même façon que celui de Lovoa trichilioides. Lovoa swynnertonii ayant fait l’objet d’une surexploitation dans de nombreuses régions, il s’est raréfié dans presque la totalité de son aire de répartition ; il est classé comme menacé dans la Liste rouge de l’UICN.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23? : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm) ; (25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm)) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; (65 : présence de fibres cloisonnées) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : (76 : parenchyme axial en cellules isolées) ; 78 : parenchyme axial juxtavasculaire ; 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; (80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré) ; (81 : parenchyme axial en losange) ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; (84 : parenchyme axial paratrachéal unilatéral) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 98 : rayons couramment 4–10-sériés ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées ; 114 : 4 rayons par mm ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 131 : canaux intercellulaires d’origine traumatique.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(H. Beeckman & P. Détienne)

Croissance et développement

La régénération naturelle est souvent considérable, en dépit d’une prédation importante dont souffrent les graines. Des semis d’environ 20 cm de haut peuvent être abondants, même complètement à l’ombre, où ils peuvent survivre pendant plusieurs années, mais les jeunes plants ne poussent que dans les trouées de la canopée. La croissance initiale est généralement lente, les plants mis en terre atteignant 100 cm de haut au bout de 2 ans et 150 cm au bout de 3 ans. Exceptionnellement, les arbres peuvent atteindre 2,5 m de haut au bout d’un an. Passées les premières années, la croissance s’accélère, et on a signalé de jeunes individus qui atteignaient 9 m de haut au bout de 7 ans. Dans des plantations en Ouganda, un diamètre de fût moyen de 25 cm a été atteint au bout de 25 ans, alors qu’au Nigeria et au Cameroun un accroissement moyen annuel de 1,0–1,8 cm a été enregistré. Lors d’essais menés au Gabon, des spécimens âgés de 11 ans plantés légèrement à l’ombre ont atteint 20 m de haut et 16,5 cm de diamètre, tandis que des arbres plantés en plein soleil ont eu une croissance plus lente. En forêt naturelle, l’accroissement moyen annuel est d’environ 5 mm.

En Afrique de l’Ouest, les arbres fleurissent durant la saison sèche et les fruits mûrissent en février–avril. Cependant, ils ne produisent pas de graines chaque année ; au Liberia et au Nigeria, les bonnes années de production de graines seraient tous les 3–4 ans. Les graines sont dispersées par le vent, et tournent comme des hélices en tombant. On a mis en évidence la présence dans le sol, à proximité d’arbres de Lovoa trichilioides, de champignons du genre Glomus caractéristiques des mycorhizes vésiculaires-arbusculaires.

Ecologie

Lovoa trichilioides est disséminé dans la forêt sempervirente et semi-décidue, jusqu’à 1200 m d’altitude. Il préfère les endroits humides mais drainant librement sur des sols alluviaux et à plus de 2000 mm de précipitations annuelles. Au Ghana, il est fortement associé aux sols acides. En Ouganda, il est commun dans la forêt pluviale mixte en bordure du Lac Victoria, mais on peut aussi le rencontrer dans les forêts-galeries et les fourrés.

Multiplication et plantation

En vue de la plantation, les semences sont récoltées sur le sol de la forêt, même si nombre d’entre elles sont peut-être déjà attaquées par les insectes. Le poids de 1000 graines est de 100–230 g. La graine, y compris l’aile, est généralement enfouie jusqu’aux trois quarts dans la terre. La viabilité des graines est courte, leur taux de germination atteignant 90% pour des graines fraîches, contre seulement près de 30% au bout de 2 mois. Les graines commencent à germer au bout de 8–16 jours. Lors du stockage, elles doivent être conservées dans des récipients hermétiquement fermés et il faut leur ajouter de la cendre car elles sont très sensibles aux attaques d’insectes. Les sauvageons servent quelquefois à la plantation, et ils doivent être arrosés abondamment. Une méthode de multiplication qui a fait ses preuves, par bouturage de la tige, a été mise au point au Cameroun. Ce sont les boutures longues et fines pourvues d’une superficie foliaire importante (50–200 cm²) prélevées sur les nœuds apicaux de porte-greffe à nombreuses tiges qui s’enracinent le mieux, avec un taux d’enracinement allant jusqu’à 60%. Les boutures de tige s’enracinent bien dans le gravier grossier. L’apport d’auxines n’a pas eu d’effet avéré sur l’enracinement.

Pour le repiquage en forêt, les semis en sacs doivent mesurer environ 50 cm de haut. On peut aussi avoir recours à des stumps ou à des plants effeuillés de 150–180 cm de long. Pour le repiquage au champ, il est recommandé de planter sous un ombrage partiel et d’éviter le plein soleil. On a signalé que les arbres avaient une croissance excellente lorsqu’ils étaient plantés en groupes ou en lignes en forêt naturelle éclaircie. Lors d’un essai mené au Gabon, 100% des plants ont survécu 1 an après la plantation, à la fois dans des endroits où on avait effectué des coupes à blanc et dans des zones où la canopée avait été éclaircie et le sous-étage éliminé. Au bout de 6 ans, le taux de survie s’élevait à 94% dans le sous-étage de la forêt éclaircie, avec des arbres atteignant une hauteur moyenne de 11,6 m et un diamètre de fût moyen de 11,2 cm, contre seulement 76% dans les coupes à blanc, la hauteur moyenne des individus étant de 8,9 m et leur diamètre moyen de 7,0 cm. Un désherbage initial est essentiel et les plantes grimpantes doivent être éliminées. Cependant, il est difficile de supprimer progressivement l’ombre sans endommager les gaulis.

Gestion

En forêt, les grands spécimens de Lovoa trichilioides sont généralement disséminés. Dans le sud du Cameroun, les densités d’arbres ayant un diamètre de fût supérieur à 60 cm varient entre 3 et 25 fûts par 100 ha, le volume moyen du fût fluctuant entre 0,15 m³ et 2,3 m³ à l’hectare. En Côte d’Ivoire, en Centrafrique, au Gabon et au Congo, les densités sont habituellement basses, avec moins de 1 fût dépassant 60 cm de diamètre par 10 ha, alors qu’au sud-est du Gabon on peut trouver jusqu’à 1 fût tous les 2 ha. Au Liberia, le nombre moyen d’arbres exploitables est de 12 par 100 ha, localement il est de 25.

Au Cameroun, quelque 6400 ha de Lovoa trichilioides ont été plantés. Des plantations ont également été mises en place en Côte d’Ivoire, au Nigeria et en Ouganda. L’élagage empêche une ramification précoce et la production de bois d’œuvre s’en trouve améliorée. Au Nigeria, on recommande d’éclaircir les peuplements purs de Lovoa trichilioides à environ 300 arbres par ha au bout de la 15e année, et à 100 arbres par ha au bout de la 30e année, pour permettre aux arbres d’atteindre un diamètre d’environ 90 cm en l’espace de 60–70 ans.

Maladies et ravageurs

On a signalé une destruction à grande échelle des semis causée par des foreurs des pousses. Au Cameroun, les capricornes, les foreurs, les cochenilles et les insectes défoliateurs sont les principaux ravageurs observés dans les jeunes plantations, outre le dépérissement du collet qui peut aussi apparaître. Les antilopes et les rongeurs mangent l’écorce des plants et des jeunes arbres. Les fruits et les graines sont quant à eux victimes d’une importante prédation de la part d’insectes comme Catopyla dysorphnaea.

Récolte

En forêt naturelle, le diamètre minimum pour l’abattage est de 60 cm en Côte d’Ivoire et en R.D. du Congo, de 70 cm au Liberia, au Ghana et au Gabon, et de 80 cm au Cameroun et en Centrafrique. Une certaine précaution est de mise lors de l’abattage car les grumes peuvent présenter des fentes de cœur et un cœur mou.

Rendement

Les arbres ayant un diamètre de fût de 60, 100, 140 et 180 cm donnent environ 3,0, 10,9, 22,7 et 38,4 m³ de bois respectivement. Au Cameroun, le rendement moyen annuel enregistré ne dépassait pas 1,8 m³/ha, ce mauvais résultat étant mis sur le compte d’endroits peu propices à la plantation.

Traitement après récolte

Lorsque les grumes séjournent pendant quelque temps en forêt, un traitement avec des produits de préservation est recommandé. Les grumes flottant sur l’eau, elles peuvent être transportées par flottage.

Ressources génétiques

Lovoa trichilioides est classé comme vulnérable dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, principalement à cause des taux élevés d’exploitation.

Perspectives

Le bois de Lovoa trichilioides est très demandé sur le marché international, ce qui a soumis les peuplements naturels à une forte pression. L’espèce étant devenue vulnérable, il faut mettre au point des méthodes de sylviculture durable. Tout porte à croire qu’il faille des cycles de rotation d’environ 50 ans pour une exploitation durable. Lovoa trichilioides est recommandé dans le cadre d’une plantation d’enrichissement de la forêt.

Références principales

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Sources de l'illustration

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Auteur(s)

  • Nyunaï Nyemb, Institut de Recherches Médicales et d’Etudes des Plantes Médicinales, B.P. 3805, Yaoundé, Cameroon

Citation correcte de cet article

Nyunaï, N., 2008. Lovoa trichilioides Harms. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 10 avril 2019.


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