Leptadenia hastata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Leptadenia hastata (Pers.) Decne.




Protologue: DC., Prodr. 8 : 551 (1844).
Famille: Asclepiadaceae (APG: Apocynaceae)

Synonymes

Cynanchum lanceolatum Poir. (1811), Cynanchum lancifolium Schumach. & Thonn. (1827), Leptadenia lancifolia (Schumach. & Thonn.) Decne. (1838).

Noms vernaculaires

Origine et répartition géographique

Leptadenia hastata est largement répartie en Afrique tropicale : de la Mauritanie et du Sénégal jusqu’au Cameroun, à l’Ethiopie, au nord du Kenya et à l’Ouganda. Elle est aussi cultivée à certains endroits, par ex. localement en Ethiopie.

Usages

Partout dans son aire de répartition, les feuilles, les jeunes pousses et les fleurs de Leptadenia hastata sont consommées comme légume cuit ou en soupe. En Ouganda, les feuilles hachées et bouillies sont mélangées avec des haricots, des pois d’Angole ou du niébé. Dans de nombreuses régions, c’est un aliment de famine, mais les pauvres consomment également ce légume en temps normal. Dans une enquête sur les préférences pour 14 légumes sauvages herbacés réalisée au Burkina Faso en 1999, Leptadenia hastata était classé 3e ; son goût était considéré comme bon, et sa tolérance à la sécheresse, aux insectes et à de mauvaises conditions de sol comme excellente.

La plante est un fourrage important pour les chameaux, les chèvres et le bétail. Médicinalement, Leptadenia hastata a de nombreuses applications. Le latex est appliqué sur les blessures et introduit dans le nez contre les maux de tête. Des décoctions et des macérations de racines et de feuilles sont appliquées (seules ou en combinaison avec des préparations d’autres plantes) contre les douleurs abdominales comme la constipation, les écoulements urétraux, la gonorrhée, les maux d’estomac et la diarrhée. En médecine vétérinaire, la plante est utilisée contre les coliques des chevaux et du bétail.

Propriétés

Les feuilles fraîches de Leptadenia hastata contiennent par 100 g : eau 81 g, énergie 226 kJ (54 kcal), protéines 4,9 g, lipides 0,2 g, glucides 11,3 g, fibres 4,7 g, Ca 417 mg, P 94 mg, Fe 5,4 mg, vitamine A 4915 μg, thiamine 0,25 mg, riboflavine 0,35 mg, niacine 1,9 mg, acide ascorbique 78 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). Le latex contient le triterpène lupéol et ses dérivés qui possèdent une activité anti-inflammatoire.

Botanique

Plante herbacée grimpante à latex, devenant ligneuse à la base, avec des tiges fortement ramifiées, finement pubescentes, devenant liégeuses avec l’âge. Feuilles opposées, simples ; pétiole de 0,5–1,5 cm de long ; limbe variable, habituellement ovale, de 2,5–12,5 cm × 0,5–4 cm, base arrondie à cordée, apex acuminé, bord entier, les deux faces pubérulentes, souvent glabrescentes. Inflorescence ombelliforme, finement tomenteuse dans toutes ses parties, à nombreuses fleurs ; pédoncule jusqu’à 1,5 cm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, jaunâtres, parfumées ; pédicelle jusqu’à 0,5 cm de long ; calice lobé presque jusqu’à la base, lobes de 2–4 mm de long ; corolle rotacée-campanulée ; tube de 2 mm de long, lobes linéaires-lancéolés, tordus, de 4–5 mm de long, densément barbus à l’intérieur ; couronne composée de 5 lobes charnus de 1–3 mm de long, insérés aux sinus de la corolle, à apex poilu. Fruit : paire de follicules, chacun étant conique, jusqu’à 10 cm de long, verdâtre, glabre, à nombreuses graines. Graines avec une touffe de poils à l’apex.

Leptadenia comprend 4 espèces. Leptadenia pyrotechnica (Forssk.) Decne. est un arbuste érigé sans feuilles des régions arides et chaudes de la Mauritanie à l’Erythrée et à la Somalie, l’Egypte et Israël, et s’étendant jusqu’au Pakistan. Les 3 autres espèces sont des arbustes volubiles feuillus (outre Leptadenia hastata, il s’agit de Leptadenia arborea (Forssk.) Schweinf. et Leptadenia reticulata (Retz.) Wight & Arn.). L’identité de ces 3 espèces n’est pas claire. En fait elles forment un complexe d’espèces, et une recherche taxinomique ultérieure pourrait révéler qu’elles doivent être considérées comme une espèce unique.

Description

Autres données botaniques

Ecologie

Leptadenia hastata est caractéristique de la végétation de la savane sèche en zones semi-arides.

Multiplication et plantation

Gestion

Leptadenia hastata est multipliée par graines et elle est parfois semée à dessein près des maisons, de manière à être disponible en cas de besoin. Dans certaines parties de l’Ethiopie, elle est aussi commercialisée comme légume frais.

Leptadenia hastata est souvent parasitée par le puceron Aphis nerii, qui est consommé par la coccinelle Cydonia vicinia. Cydonia vicinia a été utilisée dans le contrôle biologique d’Aphis craccivora, d’Aphis gossypii et de Melanaphis sacchari, qui sont réputés responsables de la transmission de la maladie de la rosette de l’arachide et attaquer le sorgho et le cotonnier. La culture de Leptadenia hastata parasitée dans les régions de culture de ces espèces a été recommandée afin de produire une population de la coccinelle prédatrice. De plus amples recherches sont cependant nécessaires pour confirmer l’activité et les détails pratiques de sa plantation.

Récolte

Traitement après récolte

Ressources génétiques

Leptadenia hastata est répandue en Afrique tropicale et n’est pas menacée d’érosion génétique.

Perspectives

Leptadenia hastata demeurera un important aliment de famine en Afrique, car elle continue à produire dans des circonstances où les autres plantes meurent. Son goût et sa valeur nutritive sont considérés appropriés et de plus amples recherches semblent indiquées pour déterminer des génotypes supérieurs et ses possibilités de culture commerciale. Sa valeur comme plante médicinale et son rôle potentiel dans le contrôle biologique de plusieurs maladies chez l’arachide, le sorgho et le cotonnier montrent le besoin de recherches ultérieures.

Références principales

  • Brown, N.E., 1902–1904. Asclepiadaceae. In: Thiselton-Dyer, W.T. (Editor). Flora of tropical Africa. Volume 4(1). Lovell Reeve & Co, London, United Kingdom. pp. 231–503.
  • Bullock, A.A., 1955. Notes on African Asclepiadaceae 6. Kew Bulletin 1955: 265–292.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.

Autres références

  • Bullock, A.A., 1963. Asclepiadaceae. In: Hepper, F.N. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 85–103.
  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.
  • Dalziel, J.M., 1937. The useful plants of West Tropical Africa. Crown Agents for Overseas Governments and Administrations, London, United Kingdom. 612 pp.
  • Kerharo, J. & Adam, J.G., 1974. La pharmacopée sénégalaise traditionnelle. Plantes médicinales et toxiques. Vigot & Frères, Paris, France. 1011 pp.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Mertz, O., Lykke, A.M. & Reenberg, A., 2001. Importance and seasonality of vegetable consumption and marketing in Burkina Faso. Economic Botany 55: 276–289.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen

PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 1 avril 2025.


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