Launaea taraxacifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Launaea taraxacifolia (Willd.) Amin ex C.Jeffrey




Protologue: Kew Bull. 18 : 474 (1966).
Famille: Asteraceae (Compositae)
Nombre de chromosomes: 2n = 18

Synonymes

Sonchus taraxacifolius Willd. (1804), Lactuca taraxacifolia (Willd.) Schumach. ex Hornem. (1819).

Noms vernaculaires

Laitue africaine, langue de vache (Fr). Yanrin, African lettuce, wild lettuce (En).

Origine et répartition géographique

Launaea taraxacifolia est présent depuis le Sénégal jusqu’à l’Ethiopie et la Tanzanie. Les hautes terres d’Ethiopie pourraient être son centre d’origine, d’où il a été introduit ailleurs et s’est répandu comme adventice. Launaea taraxacifolia a été domestiqué comme légume-feuilles au Nigeria, et on le cultive aussi localement au Sénégal et au Bénin.

Usages

Les feuilles de la laitue africaine se mangent crues en salade ou cuites en soupes ou en sauces. Chez les Yorubas du Nigeria, on prépare une soupe très appréciée à base de ses feuilles, appelée “efo yanrin”. La laitue africaine sauvage a des feuilles dures et très amères, tandis que les feuilles des types cultivés sont plus tendres et moins amères. Au nord du Nigeria, on nourrit les vaches allaitantes avec la plante pour accroître la production de lait, et la laitue africaine est donnée au bétail pour provoquer des naissances multiples. Un extrait de feuilles mélangé à du lait de femme allaitante est administré en médecine pour soigner la cécité partielle résultant d’un crachat de serpent. Au Bénin, on l’utilise comme fébrifuge. Au Ghana, on frotte les feuilles sur les membres des enfants attardés pour les faire marcher. Au Nigeria, on fait parfois brûler la plante pour ses cendres, dont on se sert comme sel végétal.

Production et commerce international

La laitue africaine est essentiellement récoltée dans la nature et n’est cultivée qu’à petite échelle pour un usage domestique ou pour les marchés locaux. Sur les marchés nigérians, on peut trouver des bottes de feuilles de laitue africaine fraîches et trempées dans l’eau, et des feuilles cuites empaquetées en boulettes. Il n’existe pas de données sur la production et le commerce.

Propriétés

La composition des feuilles de laitue africaine, par 100 g de partie comestible, est : eau 84,3 g, énergie 184 kJ (44 kcal), protéines 3,2 g, lipides 0,8 g, glucides 8,3 g, fibres 2,0 g, Ca 326 mg, P 58 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968).

Au cours d’expérimentations sur des animaux au Ghana, les feuilles de Launaea taraxacifolia ont présenté des effets hypocholestérolémiants.

Description

Plante herbacée vivace atteignant 150 cm de haut, à système racinaire rampant ; tige érigée, souvent ligneuse à la base. Feuilles à la base de la plante en rosette, alternes sur la tige, sans stipules, sessiles, à contour spatulé à elliptique, de 4–20 cm × (0,5–)1–9 cm, simples à pinnatifides, feuilles inférieures atténuées à la base, feuilles supérieures auriculées, dentées. Inflorescence : capitules de 12–22 fleurs disposés en synflorescence ramifiée ; pédoncule atteignant 1 cm de long ; involucre à bractées extérieures imbriquées et à une rangée unique de 5 bractées intérieures plus longues, linéaires-lancéolées, de 8–12 mm de long. Fleurs toutes ligulées ; corolle à tube d’environ 5 mm de long et ligule de 6–7 mm de long, jaune d’or ; étamines 5, anthères réunies en un tube ; ovaire infère, 1-loculaire, style à 2 branches. Fruit : akène cylindrique à fusiforme de 3–5 mm de long, avec un léger bec, côtelé, surmonté des poils blancs du pappus de 5–8 mm de long.

Autres données botaniques

Launaea comprend environ 55 espèces et est présent en Afrique et dans le sud-ouest de l’Asie, mais une seule espèce (Launaea intybacea (Jacq.) Beauverd) a été introduite et s’est naturalisée dans les Caraïbes et en Amérique centrale. L’Afrique du Nord et de l’Est sont particulièrement riches en espèces. Le genre Launaea est placé dans la tribu des Lactuceae, sous-tribu des Sonchinae, ainsi que par ex. Reichardia et Sonchus.

Croissance et développement

Après la germination des graines, les jeunes plantes commencent par former une rosette de feuilles. D’épaisses racines se forment plus tard en saison. Lorsque la plante est cultivée, on laisse ces racines dans le sol pendant la saison sèche. Dès le début de la saison des pluies, de nouvelles rosettes se forment le long des racines. Pour la consommation en légume, les rosettes de feuilles sont préférées au tout début de la croissance, lorsqu’elles ne sont pas encore trop amères. Une hampe florale naît de la rosette, et les feuilles caulinaires sont moins appréciées car très amères, surtout en vieillissant. Les graines peuvent se récolter environ 3–4 mois après le semis. Le pappus qui se trouve sur les fruits permet leur dispersion par le vent. Le pourcentage de germination est faible, mais ceci est compensé par le fait qu’une plante produit des milliers de graines.

Ecologie

Launaea taraxacifolia se trouve fréquemment dans les milieux perturbés parmi la végétation de la savane ouverte. Ce n’est qu’en Ethiopie qu’on a noté sa présence dans des milieux non perturbés dans la savane arborée à 1300–1700 m d’altitude. Il semble préférer des conditions légèrement humides. On parle souvent de Launaea taraxacifolia comme d’un légume de saison sèche. Il tolère plutôt bien la sécheresse et peut aussi pousser sur des sols pauvres et où la nappe phréatique est basse. Il préfère des altitudes de 600–1000 m aux régions de basses terres. La plante a besoin d’endroits ensoleillés et ne supporte pas l’ombre.

Multiplication et plantation

Enlever le pappus du fruit est un procédé malcommode, et comme le pourcentage de germination des graines est assez faible, il est courant de recourir à la multiplication végétative par racines. On coupe les racines en morceaux d’environ 10 cm de long, que l’on replante à l’horizontale et que l’on couvre entièrement de terre ; 30–50 boutures peuvent ainsi être installées dans une planche de 10 m2.

Gestion

En raison de son faible besoin en eau, la culture de laitue africaine ne nécessite que peu de travail. Une fois que la plante s’est développée et commence à produire des feuilles, il est recommandé de procéder à une récolte régulière. On sait peu de choses sur la façon dont la plante réagit au fumier et aux engrais. La fumure organique favorise la production de feuilles de qualité si l’on arrose. Il faut surveiller les cultures de laitue africaine parce qu’avec son système racinaire vivace, elle peut facilement devenir une mauvaise herbe tenace.

Maladies et ravageurs

L’anthracnose (Colletotrichum sp.) peut tuer les plantes adultes et avoir des effets dévastateurs, en particulier lorsque la culture est pratiquée à l’ombre.

Récolte

On ramasse les grandes feuilles jeunes des rosettes. Une récolte régulière de feuilles favorise la production de nouvelles feuilles et retarde l’initiation des hampes florales. Car dès que celles-ci se forment, la production chute et la taille des feuilles ainsi que leur qualité se détériorent.

Rendement

Sur une planche de 10 m2 bien conduite, on peut espérer faire 15–20 récoltes étalées sur 6–7 mois, ce qui donne un rendement total de 20 kg. Le rendement en graines est de 0,3–0,6 kg par planche (avant nettoyage).

Traitement après récolte

Après récolte, les feuilles sont employées soit fraîches, soit cuites à l’eau et façonnées en boulettes pour les vendre sur les marchés.

Ressources génétiques

Un nombre limité de ressources génétiques (des boutures de racines) collectées en 1999 ont été installées dans la banque de gènes au champ du CENRAD au Nigeria, pour évaluation et observation. Aussi longtemps qu’on ne disposera d’aucun cultivar amélioré, les sélections faites par les paysans ne sont pas menacées d’érosion génétique. Des prospections représentatives et des recherches sur les populations supposées naturelles d’Ethiopie permettrait de mieux connaître l’origine et la variabilité génétique de ce légume.

Sélection

Il y a un besoin urgent d’amélioration génétique et de sélection. Hormis les quelques paysans qui font leur propre sélection, aucun travail d’amélioration génétique n’est entrepris à l’heure actuelle.

Perspectives

La laitue africaine figure parmi les légumes-feuilles traditionnels importants, en particulier au Nigeria. La sélection de plantes à feuilles tendres et faiblement amères augmenterait son attrait. Des recherches agronomiques sont nécessaires pour poursuivre sa domestication. Des recherches sur son mode de culture comme légume et sur ses propriétés médicinales seraient justifiées.

Références principales

  • Adebisi, A.A. & Ladipo, D.O., 2000. Popularization of neglected indigenous leafy vegetables among the Yoruba Tribe of South-West Nigeria. CENRAD Development Series 06. CENRAD, Ibadan, Nigeria.
  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Kilian, N., 1997. Revision of Launaea Cass. (Compositae, Lactuceae, Sonchinae). Englera 17: 1–478.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Schippers, R.R., 2000. African indigenous vegetables. An overview of the cultivated species. Natural Resources Institute/ACP-EU Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation, Chatham, United Kingdom. 214 pp.
  • van der Zon, A.P.M. & Grubben, G.J.H., 1976. Les légumes-feuilles spontanés et cultivés du Sud-Dahomey. Communication 65. Département des Recherches Agronomiques, Koninklijk Instituut voor de Tropen, Amsterdam, Netherlands. 111 pp.
  • van Epenhuijsen, C.W., 1974. Growing native vegetables in Nigeria. FAO, Rome, Italy. 113 pp.

Autres références

  • Beentje, H.J., 2000. Compositae (part 1). In: Beentje, H.J. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 1–313.

Sources de l'illustration

  • Berhaut, J., 1974. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 2. Balanophoracées à Composées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 695 pp.
  • Busson, F., 1965. Plantes alimentaires de l’ouest Africain: étude botanique, biologique et chimique. Leconte, Marseille, France. 568 pp.

Auteur(s)

  • A.A. Adebisi

Centre for Environment, Renewable Natural Resources Management, Research and Development (CENRAD), P.M.B. 5052, Jericho Hills, Ibadan, Nigeria

Consulté le 18 décembre 2024.


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