Laguncularia racemosa (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Glucides / amidon | |
Colorant / tanin | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Sécurité alimentaire | |
Laguncularia racemosa (L.) C.F.Gaertn.
- Protologue: Suppl. carp. 2(2) : 209, pl. 217 (1807).
- Famille: Combretaceae
Noms vernaculaires
- Palétuvier blanc, palétuvier gris, mangle blanc, mangle gris (Fr).
- White mangrove (En).
- Mangue branco (Po).
Origine et répartition géographique
Laguncularia racemosa se rencontre dans les formations de mangrove le long de la côte atlantique d’Afrique, et le long de la côte atlantique ainsi que de la côte pacifique d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. En Afrique, on le trouve du Sénégal à l’Angola.
Usages
L’écorce et les feuilles de Laguncularia racemosa fournissent un tanin et une teinture brune de bonne qualité, mais pas en quantités économiquement intéressantes. L’écorce est utilisée pour traiter les filets de pêche en vue d’une meilleure préservation. Dans des essais faits avec des échantillons d’écorce provenant des Antilles, on a trouvé une teneur en tanin de l’écorce de 12–24%, et le cuir préparé avec cette écorce était d’excellente qualité. Bien que les feuilles aient une teneur en tanin de 10–20%, elles sont broutées par les chameaux. Les fleurs sont réputées avoir une bonne valeur mellifère, et en Guinée-Bissau les fruits sont consommés. Le bois est lourd, dur, résistant, et à fil serré ; on l’utilise principalement comme bois de feu, rarement pour la construction et les ustensiles en bois. On emploie une infusion d’écorce comme astringent, tonique et remède populaire contre la dysenterie, les aphtes, la fièvre et le scorbut. On lui attribue également une action antitumorale.
Propriétés
Ni le tanin ni la teinture ne semblent avoir fait l’objet d’études ou de caractérisation. Des perches non traitées de Laguncularia racemosa en contact avec le sol ne durent que 2–3 ans. Traitées avec des produits de préservation, leur durée de service est de 10 ans ou plus. La gomme qui exsude de l’écorce contient des sucres (galactose, arabinose et rhamnose), de l’acide galacturonique, de l’acide glucuronique et son éther 4-O-méthyle. Cette gomme est semblable à celle de nombreuses espèces de Combretum, donnant des solutions acides, à faible teneur en azote et forte teneur en rhamnose après hydrolyse acide. Elle est utilisée en combinaison avec l’agar-agar comme substrat peu coûteux pour les cultures in vitro de champignons.
Description
- Arbuste jusqu’à 3 m de haut, ou parfois arbre atteignant 25 m de hauteur avec un fût jusqu’à 70 cm de diamètre, à ramification irrégulière, parfois pourvu de pneumatophores, avec une écorce rugueuse, fissurée, de couleur grise, exsudant de la gomme lorsqu’elle est blessée.
- Feuilles opposées décussées, simples et entières, plus ou moins charnues, glabres ; stipules absentes ; pétiole de 1–2 cm de long, légèrement sillonné sur le dessus, portant deux glandes circulaires près de l’apex ; limbe elliptique à obovale, de 5–10 cm × 3–6 cm, base tronquée, apex arrondi à légèrement émarginé, portant généralement de petits points glandulaires sur la face inférieure.
- Inflorescence : épi agrégé en une panicule terminale lâche.
- Fleurs unisexuées ou bisexuées, régulières, 5-mères, de 4–5 mm de diamètre ; réceptacle en coupe avec un calice à petits lobes aigus, poilu ; pétales libres, circulaires, d’environ 1 mm de diamètre, vert blanchâtre, tombant précocement, poilus à l’extérieur ; étamines 10 ; disque bien visible ; ovaire infère, 1-loculaire, style simple, de 1–2 mm de long.
- Fruit : nucule côtelée, d’environ 2 cm de long, poilue, renfermant une seule graine, avec au sommet les restes persistants du calice.
- Graine à tégument spongieux.
- Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Laguncularia racemosa est la seule espèce du genre, et on la reconnaît à ses feuilles opposées, obovales obtuses, plus ou moins charnues avec une paire de glandes bien visibles sur le pétiole juste au-dessous du limbe. Elle est très ramifiée, mais de nombreuses branches sont avortées, d’où un grand nombre de branches mortes ou dépérissantes. Elle est principalement dioïque, mais on rencontre aussi des individus bisexués. La floraison commence lorsque les plantes sont âgées d’environ 2 ans, et elle se poursuit toute l’année ; la pollinisation se fait par les insectes. La fructification est abondante, et produit généralement un tapis de semis, mais la plupart meurent au cours de la première année. Les fruits sont dispersés par l’eau. La plupart des glandes situées sur le limbe exsudent du sel, et la solution saline peut cristalliser si rapidement que les cristaux sont extrudés en chaîne par l’orifice des glandes.
Ecologie
Laguncularia racemosa est typiquement restreinte à la frange intérieure de la végétation de mangrove, et c’est aussi une espèce pionnière sur les sites perturbés où elle peut former des peuplements purs. Pour bien pousser, elle demande la pleine lumière.
Gestion
Laguncularia racemosa peut être multipliée par graines et par boutures racinées. La multiplication végétative est importante dans les programmes de reboisement de zones convenant à la mangrove. Le facteur le plus important pour la survie des boutures est qu’elles forment des racines avant d’être prélevées sur l’arbre-mère. Dans les conditions naturelles, la formation de racines se produit souvent après une submersion. Les boutures racinées peuvent même être plantées dans l’eau salée, et elles commencent à fleurir dans l’année.
Ressources génétiques
Laguncularia racemosa est répandu et ne semble pas être menacé d’érosion génétique. Cependant, dans de nombreuses régions, les formations de mangrove dont Laguncularia racemosa est un élément sont soumises à une pression résultant des activités humaines.
Perspectives
Laguncularia racemosa gardera une importance secondaire comme source de tanin. Son utilisation comme bois de feu a probablement une importance économique plus grande.
Références principales
- Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
- Irvine, F.R., 1961. Woody plants of Ghana, with special reference to their uses. Oxford University Press, London, United Kingdom. 868 pp.
- Jiménez, J.A., 1985. Laguncularia racemosa (L.) Gaertn.f. White mangrove. United States Department of Agriculture, Forest Service, Southern Forest Experiment Station. SO-ITF-SM-3, New Orleans, United States. 64 pp.
- Tomlinson, P.B., 1986. The botany of mangroves. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. 413 pp.
Autres références
- Académie de la Martinique, undated. La flore de la mangrove. [Internet] http://www-peda.ac-martinique.fr/svt/flor5.shtml. September 2004.
- De Pinto, G.L., Nava, M., Martinez, M. & Rivas, C., 1993. Gum polysaccharides of nine specimens of Laguncularia racemosa. Biochemical Systematics and Ecology 21(4): 463–466.
- Elster, C. & Perdomo, L., 1999. Rooting and vegetative propagation in Laguncularia racemosa. Aquatic Botany 63(2): 83–93.
- Jongkind, C.C.H., 1999. Combretaceae. Flore du Gabon. Volume 35. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 115 pp.
- Liben, L., 1983. Combretaceae. Flore du Cameroun. Volume 25. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 97 pp.
Auteur(s)
- P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Jansen, P.C.M., 2005. Laguncularia racemosa (L.) C.F.Gaertn. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 31 mars 2025.
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