Justicia ladanoides (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Justicia ladanoides Lam.




Protologue: Tabl. encycl. 1(1) : 42 (1791).
Famille: Acanthaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Synonymes

Justicia schimperi (Hochst.) Dandy (1956), Justicia insularis auct. non T.Anders.

Noms vernaculaires

Justicia, tettu (Fr, En).

Origine et répartition géographique

Justicia ladanoides est présent à l’état sauvage depuis le Sénégal et la Gambie jusqu’à l’Erythrée, l’Ethiopie et la Somalie, mais ne dépasse pas la R.D. du Congo, le Kenya et l’Ouganda vers le sud. Il est cultivé dans les jardins familiaux en Afrique de l’Ouest et centrale, en particulier en Guinée, en Sierra Leone, au Ghana, au Togo, au Bénin, au Nigeria, au Cameroun et en R.D. du Congo.

Usages

En Afrique tropicale, les feuilles et les pousses tendres et légèrement gluantes de Justicia ladanoides sont un légume-feuilles apprécié ; on le cuit également en soupes ou en ragoûts. Dans la préparation de soupes, on y ajoute parfois des feuilles de patate douce ; dans l’ouest du Cameroun, les feuilles de Justicia ladanoides sont ajoutées à la soupe d’arachide. Parfois, Justicia ladanoides est également utilisé comme plante fourragère et cultivé comme plante ornementale. Les feuilles sont utilisées pour le traitement des blessures et, mélangées avec de l’huile et du sel, elles sont consommées pour traiter les troubles cardiaques. Au Ghana et au Togo, une décoction de feuilles est administrée aux enfants pour le traitement de l’indigestion.

Production et commerce international

Justicia ladanoides est un légume de faible valeur, commercialisé sur les marchés des villages et parfois sur les marchés urbains. Il n’y a pas de commerce international et pas de statistiques de production.

Propriétés

La composition des feuilles fraîches de Justicia par 100 g de partie comestible est de : eau 86,8 g, énergie 138 kJ (33 kcal), protéines 3,3 g, lipides 0,4 g, glucides 6,2 g, fibres 1,7 g, Ca 510 mg, P 70 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968).

Description

Plante herbacée annuelle ou pérenne atteignant 2 m de haut ; tige anguleuse, glabre à pubescente, partie basale souvent enflée et portant des racines aériennes. Feuilles opposées décussées, simples, presque glabres à densément pubescentes ; pétiole jusqu’à 6 cm de long ; limbe linéaire ou étroitement lancéolé à ovale, obovale ou elliptique, de 1–11 cm × 0,5–5 cm, base atténuée à tronquée, apex obtus à acuminé, bord entier à crénelé. Inflorescence : épi axillaire ou terminal congestionné, ne portant que quelques fleurs, à bractées étroites. Fleurs bisexuées, sessiles, zygomorphes, 5-mères, habituellement pourpres, parfois blanches ; calice atteignant 1 cm de long, à tube court et lobes plus longs ; corolle tubulaire, atteignant 2,5 cm de long, à 2 lèvres, lèvre inférieure longue, large et 3-lobée, lèvre supérieure étroite et 2-lobée ; étamines 2, cachées dans la lèvre supérieure de la corolle ; ovaire supère, 2-loculaire, style long et fin, stigmate à 2 lobes inégaux. Fruit : capsule ovoïde à ellipsoïde d’environ 10 mm × 3 mm, jaune-brun à blanche, à déhiscence explosive, contenant 4 graines. Graines d’environ 2 mm de long, tuberculées. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Justicia ladanoides appartient à la section Harnieria. Il a été confondu avec des espèces du complexe appelé Justicia striata. Certaines espèces de ce complexe sont également utilisées comme légume de la même manière que Justicia ladanoides. Un exemple en est Justicia heterocarpa T.Anders. ; en Tanzanie, ses feuilles sont cuites seules ou avec d’autres légumes et servies avec de l’arachide écrasée ou du lait de coco. Le complexe Justicia striata comprend de nombreux taxons, qui sont nettement différents dans certaines régions, mais dont les différences s’estompent dans d’autres régions du fait de formes intermédiaires. Cela a engendré des traitements taxinomiques opposés, allant de l’acceptation d’une seule espèce variable au sein du complexe jusqu’à la distinction de 10 espèces. Justicia ladanoides diffère du complexe Justicia striata par son système de pollinisation.

Croissance et développement

La croissance végétative de Justicia ladanoides est lente ; après le semis, il faut plusieurs semaines pour qu’il recouvre le sol. La floraison a lieu à la fin de la saison des pluies et au début de la saison sèche. La production des pousses se concentre à la base de la plante à 10–15 cm au-dessus de la surface du sol et elle se poursuit après la floraison. Chez Justicia ladanoides le stigmate est réceptif en même temps que les anthères sont mûres. Le style dépasse les anthères et un des lobes du stigmate se courbe progressivement vers le bas, se rapprochant des anthères après quelques jours, et augmentant ainsi les chances d’une autopollinisation. Les fleurs du complexe Justicia striata sont protandres. Lorsque la phase femelle débute, les étamines s’écartent de la lèvre supérieure, exposant ainsi le style. La pollinisation est effectuée par les insectes.

Ecologie

Justicia ladanoides est présent dans un grand nombre d’habitats différents, du niveau de la mer jusqu’à 2600 m d’altitude, et des forêts pluviales humides aux zones de savane sèche. On le rencontre également sur des terrains vagues et des terres cultivées, des tas d’ordures, des savanes herbeuses et des lisières de forêt. On peut le rencontrer sur des sols sableux et limoneux, mais il lui faut un sol riche en humus avec un léger ombrage pour une croissance optimale. Il pousse bien avec une pluviométrie annuelle variant de 1000–2000 mm, des températures diurnes de 25–35°C et nocturnes de 20–27°C ; il ne tolère pas les températures basses.

Multiplication et plantation

Justicia ladanoides peut être multiplié par graines et par boutures. Les graines restent en dormance pendant la saison sèche et germent aisément à l’arrivée des pluies. On compte environ 480 graines/g. La production de graines est difficile car elles sont dispersées lorsque les fruits explosent. Les fruits peuvent être récoltés dès que la couleur change du vert au blanc, ou bien on récolte et on fait sécher des branches entières avec leurs infrutescences. Les graines peuvent être semées en lignes écartées de 40–50 cm. Les jeunes plants sont démariés, laissant 30–40 cm entre les plantes sur la ligne. En culture, le plus simple est d’utiliser des boutures enracinées provenant des parties basales de la tige. Les semis spontanés peuvent être arrachés et repiqués dans des pépinières légumières. Des boutures de tige d’environ 15 cm de long peuvent également être plantées à une distance de 30–40 cm. Pour une bonne croissance végétative, la plantation doit être faite sur des planches surélevées bien préparées.

Gestion

Il faut désherber 2–3 fois par cycle de croissance. Une fumure organique et de l’engrais (par ex. NPK 10–10–20) sont bénéfiques pour une bonne croissance végétative. Il est souhaitable d’arroser 1–2 fois par semaine pendant la saison sèche.

Maladies et ravageurs

Comme Justicia ladanoides est une plante à caractère adventice rarement cultivée, elle ne souffre pas de maladies et de ravageurs importants. Il peut y avoir de faibles attaques d’altises, mais on signale que la plante tolère les attaques de Zonocerus variegatus. Des champignons du genre Colletotrichum peuvent attaquer des plantes complètement développées, provoquant une coloration foncée et un flétrissement du collet.

Récolte

Les jeunes plantes de Justicia ladanoides peuvent être récoltées par arrachage lorsqu’elles sont âgées de 3–5 semaines, mais la récolte principale se fait par coupe. La première coupe se fait à une hauteur de 5–6 cm au-dessus du sol lorsque la hauteur de la plante est de 20–25 cm, ou bien 6–7 semaines après le semis ou la plantation des boutures. Les coupes répétées favorisent une production rapide des pousses. La récolte peut être effectuée à intervalles de 10 jours, de préférence le matin ou tard l’après-midi pour garder un légume frais et attrayant pour le marché.

Rendement

On peut obtenir un rendement en feuilles fraîches de Justicia ladanoides atteignant 20 kg par planche de 10 m2 avec des récoltes répétées sur une période de 4 mois.

Traitement après récolte

Les feuilles et les pousses tendres sont attachées en bottes de 0,3–0,4 kg. Les racines des jeunes plantes arrachées sont lavées avant d’être emballées pour le marché. On asperge régulièrement de l’eau sur le légume afin qu’il garde son aspect frais pour le marché.

Ressources génétiques

Il existe une grande variabilité au sein de Justicia ladanoides, même à l’intérieur des types locaux. Il n’y a pas de cultivars améliorés disponibles et il n’existe pas de collections de ressources génétiques. La variabilité existante n’est pas menacée d’érosion génétique immédiate. La collecte et la conservation des ressources génétiques sont nécessaires pour mener des études génétiques et sélectionner des cultivars.

Perspectives

Justicia ladanoides n’a pas de potentiel commercial immédiat, contrairement à l’amarante, la célosie et la corète potagère. Comme c’est une plante qui tolère l’ombre, elle a un bon potentiel pour produire dans les conditions de faible intensité lumineuse des jardins familiaux africains. La capacité de la plante à produire des feuilles depuis la saison des pluies jusqu’en saison sèche bien avancée en fait une bonne source d’approvisionnement régulier de légumes pour la famille. Son utilisation potentielle comme légume de saison sèche doit également être étudiée.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Hedrén, M., 1989. Justicia sect. Harnieria (Acanthaceae) in tropical Africa. Acta Universitatis Upsaliensis. Symbolae Botanicae Upsaliensis 29(1): 1–141.
  • Morton, J.K., 1978. A revision of the Justicia insularis-striata complex (Acanthaceae). Kew Bulletin 32(2): 433–448.
  • van Epenhuijsen, C.W., 1974. Growing native vegetables in Nigeria. FAO, Rome, Italy. 113 pp.

Autres références

  • Gbile, Z.O., 1984. Vernacular names of Nigerian plants (Yoruba). Forestry Research Institute of Nigeria. 101 pp.
  • Hedrén, M., 1990. The Justicia striata complex in tropical Africa (Justicia sect. Harnieria, Acanthaceae). Nordic Journal of Botany 10: 357–398.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Martin, F.W. & Ruberté, R.M., 1975. Edible leaves of the tropics. Agency for International Development Department of State, and the Agricultural Research Service, U.S. Department of Agriculture, United States. 235 pp.
  • Rehm, S. & Espig, G., 1991. The cultivated plants of the tropics and subtropics: cultivation, economic value, utilization. CTA, Ede, Netherlands. 552 pp.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.
  • Terra, G.J.A., 1973. Tropical vegetables. Communication 54. Royal Tropical Institute, Amsterdam, Netherlands. 107 pp.
  • van der Zon, A.P.M. & Grubben, G.J.H., 1976. Les légumes-feuilles spontanés et cultivés du Sud-Dahomey. Communication 65. Département des Recherches Agronomiques, Koninklijk Instituut voor de Tropen, Amsterdam, Netherlands. 111 pp.

Sources de l'illustration

  • Hedrén, M., 1989. Justicia sect. Harnieria (Acanthaceae) in tropical Africa. Acta Universitatis Upsaliensis. Symbolae Botanicae Upsaliensis 29(1): 1–141.
  • van Epenhuijsen, C.W., 1974. Growing native vegetables in Nigeria. FAO, Rome, Italy. 113 pp.

Auteur(s)

  • O.A. Denton

National Horticultural Research Institute, P.M.B. 5432, Idi-Ishin, Ibadan, Nigeria

Consulté le 16 juillet 2021.


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