Indigofera coerulea (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Indigofera coerulea Roxb.


Protologue: Fl. ind. ed. 1832, 3 : 377 (1832).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 16

Synonymes

  • Indigofera articulata auct. non Gouan.

Noms vernaculaires

  • Indigotier (Fr).
  • Indigo (En).
  • Anileira (Po).
  • Mnili (Sw).

Origine et répartition géographique

En Afrique tropicale, Indigofera coerulea se rencontre dans la zone sahélienne depuis le Mali jusqu’à la Somalie vers l’est, et le Kenya et l’Ouganda vers le sud. On le trouve aussi de l’Algérie à l’Arabie, jusqu’à l’Inde et au Sri Lanka, et il a été introduit à Maurice. Cette espèce d’indigotier était très cultivée pour la teinture dans les zones arides, et ce fait a probablement favorisé sa vaste extension.

Usages

Toutes les parties aériennes d’Indigofera coerulea sont une source d’indigo, utilisé pour teindre les textiles en bleu. Dans la région de l’Ogaden en Ethiopie, on utilise les feuilles et les racines séchées et pilées en pansement sur les blessures. Un extrait de feuilles est absorbé contre la constipation, et appliqué comme lotion sur les yeux infectés.

Propriétés

Les plantes d’Indigofera contiennent un glucoside, l’indican. Après trempage des plantes dans l’eau, l’hydrolyse enzymatique transforme l’indican en indoxyle et en glucose. L’indoxyle peut être oxydé en indigotine (bleu indigo). L’indigotine est insoluble dans l’eau, de sorte que pour teindre les textiles il faut la réduire en une forme soluble par un procédé chimique ou par fermentation en conditions alcalines. Les fibres textiles trempées dans la cuve de teinture sont imprégnées par la forme soluble et incolore de la teinture (leuco-indigo), et ensuite, par exposition à l’air, l’oxydation a pour effet de précipiter l’indigotine bleue sur le textile. L’indigo naturel contient également des proportions variables d’une teinture rouge chimiquement apparentée, l’indirubine.

Description

  • Plante herbacée jusqu’à 1 m de hauteur, à tige légèrement anguleuse, densément couverte de poils argentés apprimés.
  • Feuilles alternes, composées pennées à 5–9(–11) folioles ; stipules triangulaires subulées, de 1–3 mm de long ; pétiole jusqu’à 2 cm de long, rachis de 6 cm ; pétiolules d’environ 2 mm de long ; folioles obovales-oblongues, jusqu’à 32 mm × 23 mm, densément poilues.
  • Inflorescence : grappe axillaire, sessile, portant de nombreuses fleurs, jusqu’à 4 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle d’environ 1 mm de long, fortement réfléchi après la floraison ; calice en tube, 5-lobé, de 1,5 mm de long, densément couvert de poils blancs ou brun doré ; corolle couverte de poils brun doré à l’extérieur ; étamines 10, étamine supérieure libre, les 9 autres réunies, de 3–3,5 mm de long ; ovaire supère, 1-loculaire, style long.
  • Fruit : gousse indéhiscente, courbe, poilue, cylindrique, d’environ 15 mm × 2–3 mm × 1,5–2 mm, à 3–4 segments elliptiques-oblongs, avec une suture supérieure d’environ 1,5 mm de large, à poils argentés lorsque jeune, à poils bruns lorsque âgée, renfermant 3–4 graines.
  • Graines ellipsoïdes, lisses.

Autres données botaniques

Indigofera est un genre très nombreux, comprenant quelque 700 espèces réparties dans tous les tropiques, dont plus de 300 en Afrique tropicale. En fonction de la pilosité des folioles, on a distingué 2 variétés d’Indigofera coerulea  : var. coerulea dont la face supérieure des folioles est glabre, et var. occidentalis J.B.Gillett & Ali dont la face supérieure des folioles est poilue. Indigofera coerulea a été souvent confondue avec Indigofera articulata Gouan d’Egypte et d’Arabie, qui a 3–5 folioles, les segments des gousses globuleux et une suture des gousses étroite.

Ecologie

Indigofera coerulea pousse dans les zones subdésertiques et les savanes arbustives à Acacia-Commiphora, à 200–1250 m d’altitude, dans des régions à pluviométrie annuelle de 200–250 mm.

Gestion

Bien qu’Indigofera coerulea ait fait l’objet de culture, on n’a pas de détail sur ses méthodes de culture. On suppose qu’elles sont semblables à celles employées pour Indigofera arrecta Hochst. ex A.Rich, par exemple.

Ressources génétiques

Indigofera coerulea est répandu, et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

L’emploi d’indigo naturel comme teinture a quasiment disparu pour faire largement place à l’indigo synthétique. Le regain d’intérêt pour les teintures naturelles pourrait aussi concerner Indigofera coerulea, qui actuellement n’a qu’une importance marginale comme source de teinture bleue dans les régions arides.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Cardon, D., 2003. Le monde des teintures naturelles. Belin, Paris, France. 586 pp.
  • Gillett, J.B., Polhill, R.M., Verdcourt, B., Schubert, B.G., Milne-Redhead, E., & Brummitt, R.K., 1971. Leguminosae (Parts 3–4), subfamily Papilionoideae (1–2). In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 1108 pp.

Autres références

  • Gillett, J.B., 1958. Indigofera (Microcharis) in tropical Africa. Kew Bulletin, Additional Series 1, H.M.S.O., London, United Kingdom. 166 pp.
  • Lemmens, R.H.M.J. & Wessel-Riemens, P.C., 1991. Indigofera L. In: Lemmens, R.H.M.J. & Wulijarni-Soetjipto, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 3. Dye and tannin-producing plants. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 81–83.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2005. Indigofera coerulea Roxb. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 31 mars 2025.


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