Ibboufâïs (Ibn al-Baytar)

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Abnoûs
Ibn al-Bayṭār, Traité des simples
Ibn I’rs


10-11 Ibbūfāīs - Ibboufâïs, Euphorbia spinosa Spr. Ιπποφαες.

Nom accepté : [[]]

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C’est le r’assoul grec al-ġāssūl al-rūmī. Je l’ai vu croître à Antalia Anṭālīā (1) aussi bien que la plante qui vient après, et j’ai vu les gens de ce pays se servir de sa racine pour laver les vêtements, comme on le fait, en Syrie (ou à Damas), de la racine de Cyclamen carṭnītā. — Dioscorides, IV, 159. L’hippophaiston, appelé aussi hippophaïs, est une substance employée pour fouler les vêlements. La plante croît sur les rivages de la mer et dans les endroits sablonneux. C’est un simple arbuste. Il porte de nombreux rameaux. Ses feuilles sont petites et semblables à celles de l’olivier, sinon qu’elles sont plus étroites et plus molles. Parmi les feuilles sont des épines sèches, blanchâtres, anguleuses, distantes les unes des autres. Les fleurs ressemblent à celles du lierre, formant des grappes contigües les unes aux autres, toutefois plus molles, plus petites et d’une couleur blanche mêlée de rouge. La racine est molle et remplie d’un suc amer, semblable à celui qui s’échappe de la thapsia. On conserve le suc à l’état de pureté, ou bien on le mélange avec de la farine d’orobe, puis on le fait sécher. Le suc pris en substance, à la dose d’une obole, fait évacuer les humeurs bilieuses, pituitaires et aqueuses. Associé à l’orobe, on le donne à la dose de quatre oboles avec du mélicrat māliqrāṭan. On emploie également la plante en substance avec sa racine desséchée et triturée, et on l’administre avec un demi-cotyle niṣf qūṭūl de mélicrat. On extrait aussi le suc de la racine de cette plante comme on le fait de la thapsia, et on le donne comme purgatif à la dose de deux drachmes.

Quant à l’ibboufaiston ībūfasṭūn , c’est une plante qui croît dans les mêmes lieux que l’ibboufaïs (2) : elle compte pareillement parmi les chardons à foulon. C’est une plante couchée sur la terre, à capitules lâches, & feuilles petites. Elle n’a ni tige ni fleurs, mais une racine épaisse et molle. On extrait un suc des feuilles, des capitules et de la racine de cette plante, on le fait dessécher et on le donne à la dose de trois oboles avec du mélicrat pour évacuer les humeurs aqueuses et pituitaires. Ce purgatif convient particulièrement contre l’orthopnée, l’épilepsie et les affections des nerfs.

(1) Variantes : Italia Īṭālīā, Antakia (Anṭākīat). On lit dans la Vie d’Ibn el-Beithar par Ibn Abi Ossaibia « sāar ilā al-bilād al-āġrqat ū aqṣā bilād al-rūm » qu’il voyagea dans le pays des Grecs et jusqu’à l’extrémité de l’Asie Mineure, ce qui confirme la leçon que nous avons suivie.

(2) Ces deux noms sont mal transcrits dans tous les manuscrits, à l’exception de celui qui porte le n° 1071, et qui a été soigneusement corrigé par un natif de l’Orient, sachant bien le grec. Sprengel fait de l’hippophaïs l’Euphorbia spinosa et de l’hippophaiston le Circium stellatum, qui est pour Fraas la Centaurea spinosa. Pour le cheikh Dawoud el-Antaky, l’hippophaes est la soude ašnān.