Hoodia currorii (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Légume | |
Stimulant | |
Médicinal | |
Ornemental | |
Sécurité alimentaire | |
Hoodia currorii (Hook.) Decne.
- Protologue: DC., Prodr. 8 : 665 (1844).
- Famille: Asclepiadaceae (APG: Apocynaceae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 22
Synonymes
Hoodia lugardii N.E.Br. (1903), Hoodia macrantha Dinter (1914), Hoodia gibbosa Nel (1937), Hoodia montana Nel (1937).
Noms vernaculaires
Ghaap, hoodia cactus (En).
Origine et répartition géographique
Hoodia currorii se trouve en Namibie et en Angola (subsp. currorii), ainsi qu’au Botswana et au sud du Zimbabwe (subsp. lugardii (N.E.Br.) Bruyns).
Usages
Les tiges sont cassées ou coupées, frottées contre une pierre pour enlever les épines, et coupées en lanières pour être consommées. Elles ont un goût sucré particulier qui se diffuse de façon pénétrante, est remarquablement persistant, et est réputé étancher la soif et couper la faim sur des périodes prolongées. On en fait également de délicieuses conserves. Les jeunes gousses sont très recherchées pour leur goût sucré. On préfère les tiges qui se sont gonflées juste après les pluies. Elles sont parfois emportées à la maison pour être plongées dans l’eau avant d’être mangées. On dit aussi qu’après en avoir mangé, il persiste un intéressant arrière-goût de réglisse qui donne à la fumée de tabac un goût particulièrement agréable.
Pendant des milliers d’années, les tribus africaines de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie et de l’Angola ont consommé Hoodia pour conjurer la faim et la soif pendant les longues sorties de chasse. Hoodia a suscité récemment l’intérêt des compagnies pharmaceutiques occidentales. Le Council for Scientific and Industrial Research en Afrique du Sud a identifié le principe actif de Hoodia et l’a breveté. En 2001, il l’a concédé à une firme britannique, qui a déposé un brevet sur l’ingrédient de Hoodia qui supprime l’appétit en vue de son potentiel comme remède d’amaigrissement. Cette firme a vendu les droits de licence du médicament à une compagnie pharmaceutique des Etats-Unis, qui espère disposer du traitement sous forme de pilule dans les 3 ans. La tribu africaine San a considéré la situation comme un acte de bio-piraterie parce que cette connaissance leur a été empruntée sans véritable compensation financière. L’International Intellectual Property Institute à Washington (Etats-Unis) a servi d’intermédiaire en la matière. En 2003, un accord est intervenu entre les San et la compagnie pharmaceutique. Les San vont recevoir 1,5 millions de US$ par an durant une période de 4 ans, pendant la phase de développement du médicament, et dès que celui-ci sera vendu, ils recevront 6% des redevances.
D’autres applications médicinales traditionnelles sont mentionnées, comme le traitement de l’indigestion, de l’hypertension, du diabète, des hémorroïdes et des maux d’estomac. La plupart des espèces de Hoodia sont des plantes ornementales attractives et originales dans les jardins du désert.
Botanique
Arbuste épineux succulent, jusqu’à 1 m de haut, avec de nombreuses tiges ramifiées, érigées à étalées ; tige cylindrique, de 4–8 cm de diamètre, gris-brun-vert, avec 11–24 côtes verticales consistant en des tubercules proéminents obtus, chacun se terminant par une épine pointue de 6–10 mm de long. Fleurs en groupes de 1–4 près de l’apex de la tige, s’ouvrant successivement, bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1–6 cm de long ; sépales ovales-lancéolés, de 4–8 mm × 3 mm ; corolle en forme de soucoupe, consistant en un tube pentagonal court de 3–6 mm × 6–9 mm, et un limbe subcirculaire à nettement lobé, de 4–18 cm de diamètre, à l’extérieur rouge pâle et glabre, à l’intérieur rouge intense ou jaunâtre-rose et couvert de poils roses à violets de 3–4 mm de long, lobes largement ovales, se terminant en une pointe étroite jusqu’à 2 cm de long ; couronne rouge-violet intense ou brun-rouge, couronne externe formant une coupe à lobes bifides, couronne interne à lobes linéaires, incombants sur le dos des anthères et les dépassant généralement pour se rejoindre au centre. Fruit : paire de follicules en forme de corne, fusiformes, chaque follicule de 15–22 cm de long, glabre, rose à vert, à 100–250 graines. Graines avec une touffe de poils simples raides (barbe) de 15–25 mm de long.
Hoodia currorii est très variable et a été divisée en 2 sous-espèces : subsp. currorii (corolle de 5–17 cm de diamètre, pédicelle long de 12 mm ou plus, présente en Angola et en Namibie) et subsp. lugardii (N.E.Br.) Bruyns (corolle de 4–7,5 cm de diamètre, pédicelle long de 7 mm ou moins, présente au Botswana et au Zimbabwe).
Hoodia comprend 13 espèces, et le genre apparenté Lavrania comprend 5 espèces. Lavrania diffère de Hoodia par les tubercules caulinaires : chez Hoodia ils sont terminés par une épine de 3–12 mm de long, qui est initialement verte et devient gris-brun en séchant et dont la base n’est pas déprimée dans l’apex du tubercule ; chez Lavrania les tubercules sont terminés par une petite feuille conique persistante de moins de 1 mm de long, demeurant gris-vert, ne se desséchant pas, habituellement enfoncée dans l’apex du tubercule.
Les tiges de nombreuses autres espèces de Hoodia sont consommées, bien que leur goût présente des différences (plus ou moins amères). Elles forment un aliment d’urgence pratique et une source d’eau dans des environnements arides sévères. Les autres espèces comestibles observées sont : Hoodia alstonii (N.E.Br.) Plowes (Namibie, Afrique du Sud), Hoodia flava (N.E.Br.) Plowes (Namibie, Afrique du Sud), Hoodia gordonii (Masson) Sweet ex Decne. (Namibie, Afrique du Sud), Hoodia officinalis (N.E.Br.) Plowes (Namibie, Afrique du Sud ) et Hoodia pilifera (L.f.) Plowes (Afrique du Sud). Elles sont toutes communément appelées “ghaap”. Les jeunes gousses de toutes les espèces sont appréciées pour leur goût sucré. Les espèces de Lavrania ne sont jamais consommées ; elles ont un goût extrêmement fort et amer et sont largement considérées comme toxiques (probablement à tort).
La tige primaire des plantules de Hoodia currorii se développe verticalement entre les cotylédons et après qu’elle ait atteint une certaine taille, des bourgeons axillaires près de la base donnent naissance à des tiges secondaires. Après quelques années, quand la plante fait environ 20 cm de haut, la floraison débute près de l’apex de la tige principale et des rameaux. Après la floraison, la croissance végétative continue et les années suivantes, de nouvelles vagues de fleurs apparaissent dans la partie supérieure de la tige. La plupart des fleurs de Hoodia ont une odeur fétide, ressemblant à celle des excréments ; elles produisent du nectar et la pollinisation s’effectue principalement par les mouches.
Description
Autres données botaniques
Croissance et développement
Ecologie
En Angola, Hoodia currorii subsp. currorii est limité aux parties très arides du désert côtier du Namib ; en Namibie, elle apparaît également dans cette zone aride et aussi vers l’est (jusqu’à 250 km de la côte), par ex. dans la forêt basse sèche et dans la végétation sèche à buissons d’Acacia. La subsp. lugardii se trouve plus à l’est que n’importe quelle autre espèce de Hoodia, poussant sur des sols calcaires, formant souvent un buisson autour de la base d’Acacia tortilis (Forssk.) Hayne ou de Colophospermum mopane (Benth.) J.Léonard.
Gestion
Pratiquement toutes les espèces de Hoodia peuvent être multipliées par graines et par boutures prélevées à la base d’un rameau. La culture n’est pas facile étant donné le besoin de conditions sèches et chaudes. Les plantes cultivées meurent habituellement suite à un milieu de culture trop humide et à un manque d’air frais. Un mélange recommandé est une partie d’argile, 3 parties de sol riche en humus et 4 parties de sable grossier ou de gravier.
Ressources génétiques
Comme conséquence de la dégradation générale de vastes parties de l’Afrique australe suite au surpâturage par les moutons et les chèvres, les espèces de Hoodia ont pratiquement disparu de certaines régions où elles étaient auparavant abondantes. Toutes les espèces sont maintenant protégées par les réglementations de la CITES et certaines espèces sont en danger d’extinction.
Perspectives
Hoodia currorii et les autres espèces de Hoodia ne peuvent être recommandées comme légumes à cueillir dans la nature en raison du danger d’extinction. La valeur nutritive devrait être étudiée plus en détail ainsi que ses possibilités de culture commerciale. Ses valeurs ornementales et médicinales dépassent peut-être de loin les autres perspectives commerciales, faisant de sa culture commerciale à grande échelle une option intéressante. Comme inhibiteur de la faim et de la soif, le principe actif de Hoodia semble avoir un grand avenir.
Références principales
- Bruyns, P.V., 1993. A revision of Hoodia and Lavrania (Asclepiadaceae - Stapelieae). Botanische Jahrbücher 115: 145–270.
- Plowes, D.C.H., 1992. A preliminary reassessment of the genera Hoodia and Trichocaulon (Stapelieae: Asclepiadaceae). Asklepios 56: 5–15.
- White, A. & Sloane, B.L., 1937. The Stapelieae. 3 volumes. 2nd Edition. Pasadena, California, United States. 1186 pp.
Autres références
- Albers, F. & Austmann, M., 1987. Asclepiadaceae. In: Löwe, A. (Editor). IOPB Chromosome reports. Taxon 36: 494–496.
- Noltee, F. & de Graaf, A., 1983. Hoodia currorii (Hooker) Decaisne. Succulenta 62(2): 26–29.
- van Wyk, B.E., van Oudtshoorn, B. & Gericke, N., 1997. Medicinal plants of South Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 304 pp.
- Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
Auteur(s)
- P.C.M. Jansen
PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Consulté le 22 décembre 2024.
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