Hibiscus acetosella (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Hibiscus acetosella Welw. ex Hiern




Protologue: Cat. afr. pl. 1(1) : 73 (1896).
Famille: Malvaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 72

Synonymes

Noms vernaculaires

Fausse roselle, fausse oseille de Guinée (Fr). False roselle, red -leaved hibiscus, cranberry hibiscus, African rosemallow (En). Azedas (Po).

Origine et répartition géographique

Hibiscus acetosella est une espèce amphidiploïde qui résulte peut-être d’une hybridation entre Hibiscus asper Hook.f. et Hibiscus surattensis L., probablement dans la région comprenant le sud de la R.D. du Congo, l’Angola et la Zambie. L’hybridation peut avoir eu lieu suite à la culture de ces plantes. Hibiscus acetosella est une plante cultivée, mais elle est également présente à l’état sauvage, habituellement dans des milieux rudéraux, où elle s’est peut-être naturalisée après s’être échappée des cultures. C’est un légume apprécié au Cameroun et en R.D. du Congo. La plante a été introduite en Asie du Sud-Est et au Brésil. Au Brésil, où elle a probablement été utilisée pour nourrir les esclaves, elle est désormais plus appréciée qu’en Afrique. Les types à fleurs rouges et à feuilles rouge foncé sont principalement utilisés comme plante ornementale et on peut les trouver dans toute l’Afrique ainsi que dans les régions tropicales et subtropicales des autres continents.

Usages

Les feuilles et les pousses jeunes et un peu charnues sont utilisées comme légume. Les types à fleurs jaunes et feuilles vertes sont les plus appréciés, mais des types à fleurs rouges et feuilles rouge foncé sont également consommés. Les feuilles sont mucilagineuses et plus aigres que celles de l’espèce similaire Hibiscus sabdariffa L. Elles sont utilisées comme légume cuit, parfois avec des arachides écrasées qu’on y ajoute pour en améliorer le goût. Les feuilles rouges restent rougeâtres après la cuisson. En Amérique du Sud, les gens utilisent souvent des types à feuilles décoratives brun -rosé dans des salades crues et apprécient leur goût spécial plutôt aigre. Les fleurs rouges et probablement également les feuilles sont parfois utilisées pour faire une infusion, qui ressemble à celle qu’on fait avec les calices rouges d’Hibiscus sabdariffa L. La racine est comestible mais insipide et fibreuse. Des types à fleurs roses ou rouges sont souvent cultivés comme plantes ornementales dans les jardins. Certaines personnes au Cameroun et en R.D. du Congo utilisent Hibiscus acetosella comme légume et en même temps comme haie de séparation de terrains. En Angola, une infusion des feuilles dans l’eau est utilisée comme tonifiant après une fièvre ; on l’utilise également comme médicament pour traiter l’anémie. En Afrique de l’Est, les enfants qui ont des douleurs corporelles sont lavés dans de l’eau froide à laquelle on a ajouté des feuilles écrasées d’Hibiscus acetosella.

Production et commerce international

Hibiscus acetosella est principalement cultivé dans de petits jardins, souvent en combinaison avec Hibiscus sabdariffa. Les paysans associent ces deux espèces afin de pouvoir ajuster l’acidité du produit final aux besoins des consommateurs et l’on trouve souvent des bottes mélangées contenant les deux espèces sur les marchés locaux. On trouve également des mélanges de types à feuilles vertes et rouges d’Hibiscus acetosella avec un goût différent. Bien que les deux espèces d’Hibiscus se ressemblent beaucoup lorsqu’elles sont vertes, on arrive à les distinguer. Aucune donnée sur la production n’est disponible et on ne signale aucun commerce international.

Propriétés

Il n’y a aucune information sur la valeur nutritive des feuilles d’Hibiscus acetosella, mais elle est probablement comparable à celle des espèces apparentées Hibiscus sabdariffa L. et Hibiscus cannabinus L.

Falsifications et succédanés

Les feuilles d’Hibiscus cannabinus, d’Hibiscus sabdariffa ou d’autres espèces d’Hibiscus peuvent être utilisées comme substitut pour les feuilles d’Hibiscus acetosella en cuisine.

Description

Plante herbacée annuelle ou pérenne ou sous-arbrisseau atteignant 2(–2,5) m de haut ; tige glabre à légèrement pubescente. Feuilles alternes, simples ; stipules très étroitement lancéolées à linéaires, atteignant 1,5 cm de long ; pétiole de 3–11 cm de long ; limbe faiblement à profondément 3–5-palmatilobé mais feuilles supérieures parfois non-divisées, atteignant 10 cm × 10 cm, bord crénelé, glabre ou légèrement pubescent, nervures palmées, avec un nectaire distinct à la base de la nervure médiane. Fleurs solitaires à l’aisselle des feuilles, bisexuées, régulières, 5 -mères ; pédicelle jusqu’à 1 cm de long, articulé ; segments de l’épicalice 8–10, bifurqués à l’apex, un segment lancéolé et en cuillère, l’autre linéaire, tous deux d’environ 3 mm de long ; calice campanulé, atteignant 2,5 cm de long, lobes presques glabres ; pétales libres, obovales, atteignant 5,5 cm × 3,5 cm, jaune citron à base rouge-violet ou bordeaux ; étamines nombreuses, réunies en une colonne atteignant 2 cm de long, rouge-violet ; ovaire supère, 5-loculaire, style à 5 branches. Fruit : capsule ovoïde atteignant 2,5 cm de long, presque glabre à pubescente-apprimée, contenant de nombreuses graines. Graines réniformes, d’environ 3 mm × 2,5 mm, brun foncé. Plantule à germination épigée ; cotylédons arrondis, atteignant 2 cm × 2 cm, foliacés.

Autres données botaniques

Hibiscus comprend 200–300 espèces, principalement dans les régions tropicales et subtropicales ; la plupart d’entre elles sont cultivées comme plantes ornementales. Le nombre d’espèces estimé varie car les opinions divergent quant à l’inclusion de plusieurs groupes d’espèces apparentés au sein du genre. Hibiscus acetosella appartient à la section Furcaria, un groupe d’environ 100 espèces qui ont en commun un calice parcheminé (rarement charnu) à 10 nervures fortement saillantes, dont 5 se dirigent vers les sommets des segments et portent un nectaire et 5 se dirigent vers les sinus. Les autres espèces appartenant à cette section et utilisées comme légume sont Hibiscus asper Hook.f., Hibiscus cannabinus L., Hibiscus diversifolius Jacq., Hibiscus mechowii Garcke, Hibiscus noldeae Baker f., Hibiscus rostellatus Guill. & Perr., Hibiscus sabdariffa L. et Hibiscus surattensis L. Hibiscus acetosella se différencie bien des espèces d’Hibiscus apparentées par ses tiges sans aiguillons, ses feuilles plus ou moins glabres et ses lobes d’épicalice bifurqués avec le segment inférieur en forme de cuillère.

Croissance et développement

Hibiscus acetosella est probablement surtout autogame. Cela est favorisé par la structure de la fleur, avec les branches du style incluses dans la colonne staminale ou à peine saillantes.

Ecologie

Hibiscus acetosella est présent dans les champs et les plantations abandonnés, sur des terrains vagues à proximité des habitations, dans des marécages et des clairières de forêt. Il est cultivé à des altitudes faibles à moyennes, habituellement dans des zones à fortes précipitations et il nécessite un bon drainage. Il peut être directement exposé au soleil, mais préfère un peu d’ombre.

Multiplication et plantation

Les types potagers d’Hibiscus acetosella sont presque toujours reproduits par graines, alors que l’utilisation de boutures est une méthode plus courante de multiplication pour les types ornementaux. Les maraîchers multiplient Hibiscus acetosella de la même manière que les espèces d’Hibiscus plus communément cultivés pour leurs feuilles, en semant les graines à la volée, mais certains paysans sèment en lignes. Il peut également être cultivé en culture associée. Lorsqu’il est cultivé dans les jardins familiaux, les gens mettent habituellement en place une petite pépinière, d’où ils repiquent les plants.

Gestion

Hibiscus acetosella est fréquemment cultivé dans les jardins familiaux, où les gens gardent quelques plantes ou le cultivent à titre de haie, d’où ils récoltent les pousses au fur et à mesure des besoins. Lorsqu’on le cultive à plus grande échelle comme légume, un désherbage est rarement nécessaire car il couvre rapidement le sol après le semis, éliminant la plupart des adventices.

Maladies et ravageurs

Hibiscus acetosella est très résistant aux nématodes à galles et c’est donc une excellente culture après les tomates ou d’autres légumes de la famille des solanacées affectés par les nématodes.

Récolte

Lorsque les plantes atteignent une taille d’environ 25 cm, la première récolte est effectuée par arrachage, en laissant les plantes restantes à un espacement d’environ 15 cm. La récolte a lieu en début de matinée ou tard dans la soirée, permettant au produit d’arriver frais au marché. La récolte suivante se fait par arrachage ou en prélevant seulement les extrémités et en permettant à de nouvelles pousses latérales de se former. On peut répéter ce processus 2 ou 3 fois, selon la fertilité et l’humidité du sol.

Traitement après récolte

Lorsqu’on cultive Hibiscus acetosella pour la vente au marché, les paysans en font des bottes d’environ 10 pousses de 40 cm de long, et ces bottes sont ensuite elles-mêmes réunies en bottes plus grosses. Au marché, on asperge les feuilles avec de l’eau lorsqu’elles commencent à faner. Vu que le produit est périssable, il ne supporte pas le transport sur une longue distance.

Ressources génétiques

Il y a très peu d’entrées d’Hibiscus acetosella dans les collections de ressources génétiques d’Hibiscus, par ex. à la Southern Regional Plant Introduction Station, Griffin GA (Etats-Unis). Il n’est pas menacé d’érosion génétique.

Sélection

Hibiscus acetosella est utilisé pour transférer la résistance aux nématodes à d’autres espèces d’Hibiscus, par ex. Hibiscus cannabinus ; l’espèce apparentée Hibiscus radiatus Cav. peut être utilisée comme espèce-relais puisque leurs hybrides sont fertiles.

Perspectives

Hibiscus acetosella reste un légume autochtone localement apprécié qui pourrait se développer davantage. Il faut porter plus d’attention aux pratiques culturales et à son amélioration génétique. Il prendra probablement plus d’importance en tant que plante ornementale.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Katende, A.B., Ssegawa, P. & Birnie, A., 1999. Wild food plants and mushrooms of Uganda. Technical Handbook No 19. Regional Land Management Unit/SIDA, Nairobi, Kenya. 490 pp.
  • Ruffo, C.K., Birnie, A. & Tengnäs, B., 2002. Edible wild plants of Tanzania. Technical Handbook No 27. Regional Land Management Unit/ SIDA, Nairobi, Kenya. 766 pp.
  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.
  • Widodo, S.H., 1993. Hibiscus acetosella Welwitsch ex Hiern. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 176–178.
  • Wilson, F.D., 1999. Revision of Hibiscus section Furcaria (Malvaceae) in Africa and Asia. Bulletin of the Natural History Museum, Botany Series 29: 47–79.

Autres références

  • Akpan, G.A., 2000. Cytogenetic characteristics and the breeding system in six Hibiscus species. Theoretical and Applied Genetics 100(2): 315–318.
  • Hauman, L. & Wouters, W., 1963. Malvaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 10. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 92–190.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Vollesen, K., 1995. Malvaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 190–256.
  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.

Sources de l'illustration

  • Widodo, S.H., 1993. Hibiscus acetosella Welwitsch ex Hiern. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 176–178.

Auteur(s)

  • R.R. Schippers

De Boeier 7, 3742 GD Baarn, Netherlands

Consulté le 22 décembre 2024.


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