Haplormosia monophylla (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, rameau en fleurs ; 3, fruit. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Haplormosia monophylla (Harms) Harms


Protologue: Engl. & Drude, Veg. Erde 9, III, 1: 533 (1915).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: n = 10

Noms vernaculaires

  • Chêne d’Afrique (Fr).
  • Black gum (En).

Origine et répartition géographique

Haplormosia monophylla est présent de la Sierra Leone à la Côte d’Ivoire, et du sud du Nigeria au Cameroun et au Gabon.

Usages

Le bois (nom commercial : idewa) est utilisé pour la fabrication de meubles, l’ébénisterie, les revêtements de sol, les boiseries intérieures, les poteaux destinées à la construction des maisons, des pieux de quai, des pirogues et des placages tranchés. Au Liberia, c’est l’un des bois préférés pour la sculpture. Il convient également à la construction lourde, aux étais de mines, à la construction navale, aux châssis de véhicules, aux manches, aux échelles, aux articles de sport, aux ustensiles agricoles, aux traverses de chemin de fer et au tournage. Il est utilisé pour la production de charbon de bois.

Production et commerce international

Le bois d’œuvre se vend sur le marché international en petites quantités sous le nom d’ “idewa”, mais il n’existe pas de statistiques. Dans le commerce, il est probablement souvent mélangé avec de l’ “afrormosia”, c’est-à-dire le bois de Pericopsis spp.

Propriétés

Le bois de cœur, brun jaunâtre à brun chocolat, se distingue nettement de l’aubier, étroit et blanc jaunâtre. Le fil est droit, parfois contrefil, le grain est fin à modérément fin. Les surfaces du bois présentent une figure composée de fines bandes brunes et noires. Polies, elles ont un aspect légèrement lustré.

C’est un bois lourd, avec une densité de (780–)800–950 (–1020) kg/m³ à 12% d’humidité. Il doit être séché à l’air lentement et avec grand soin en raison du risque élevé de déformation. Au Liberia, des planches de 2,5 cm d’épaisseur sèchent à l’air jusqu’à 20% d’humidité en 3 mois environ. Les taux de retrait, du bois vert à anhydre, sont moyens : de 3,0–3,4% radialement et de 6,7–7,3% tangentiellement.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 141–186 N/mm², le module d’élasticité de 13 600–17 200 N/mm², la compression axiale de 70 N/mm², le cisaillement de 11 N/mm², le fendage de 21 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 8,0.

Le sciage et le travail du bois sont relativement difficiles ; l’effet d’usure est assez élevé, et des lames de scie à dents stellitées et des outils de coupe à pointe de carbure de tungstène sont recommandés. Le bois a un fini lisse et se rabote généralement bien, mais il arrive que la présence de contrefil donne lieu à un léger soulèvement. Il retient bien les clous et les vis, mais un pré-perçage est nécessaire. Le collage ne pose aucun problème. Le bois produit des placages tranchés décoratifs. Très durable, il résiste aux attaques de termites, de Lyctus et de térébrants marins. Il est rebelle à l’imprégnation de produits de conservation.

De nombreux composés phénoliques ont été isolés du bois de cœur. La racine, l’écorce de tige et le limbe de la feuille ont une forte teneur en alcaloïdes, l’écorce de tige contient des saponines, et l’écorce de racine des tanins. La graine contient des alcaloïdes quinolizidines de la classe des spartéines/lupanines.

Falsifications et succédanés

Le bois ressemble à celui de Pericopsis elata (Harms) Meeuwen, qui a des usages analogues, mais chez Haplormosia monophylla, le bois est légèrement plus lourd et plus difficile à travailler et à sécher.

Description

  • Arbre de taille petite à moyenne atteignant 20(–30) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 15 m, relativement droit, souvent à ramification basse, cannelé ou anguleux, atteignant 80(–100) cm de diamètre, à contreforts courts et épais à la base s’étendant souvent en épaisses racines de surface ; surface de l’écorce lisse à légèrement sillonnée et à minces écailles, brun grisâtre, écorce interne fibreuse, jaune orangé, parcourue d’ondulations distinctes ; cime compacte, fortement ramifiée à branches ascendantes ; jeunes pousses à poils courts clairsemés, rapidement glabres.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules minuscules, triangulaires ; pétiole de 1,5–4 cm de long, articulé à la base et au sommet, à 2 petites stipelles juste en dessous du sommet ; limbe elliptique à obovale, de 4,5–15(–20) cm × 3,5–6,5(–9) cm, base obtuse à légèrement cunéiforme, apex obtus à courtement acuminé, coriace, glabre, brillant, pennatinervé à 5–9 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : grappe axillaire ne contenant que quelques fleurs, atteignant 12 cm de long, presque glabre ; bractées ovales, atteignant 1,5 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 8–12 mm de long ; calice en coupe, tube d’environ 3 mm de long, lobes de 3–5 mm de long, les 2 supérieurs soudés, glabres à l’extérieur, à poils laineux à l’intérieur ; corolle bleu violacé, à étendard transversalement elliptique de 12–15 mm × 15–20 mm, ailes et carène de 12–15 mm de long ; étamines 10, libres, de 10–13 mm de long ; ovaire supère, de 3–4 mm de long, courtement stipité, aplati, 1-loculaire, style arqué, d’environ 7 mm de long.
  • Fruit : gousse elliptique-obovale, aplatie, de 5–8 cm × 4–5 cm, à stipe d’environ 5 mm de long à la base et à courte pointe à l’apex, épaisse et coriace, glabre, déhiscente, à 1 graine.
  • Graines oblongues, de 4–5 cm × 2–3 cm, complètement enveloppées par un arille.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 1,5–2 cm de long, densément poilu, épicotyle d’environ 7 cm de long, légèrement poilu ; cotylédons épais et charnus ; 10 premières feuilles (environ) écailleuses.

Autres données botaniques

Le genre Haplormosia est monospécifique. Il semble s’apparenter au genre Ormosia, d’Amérique tropicale, d’Asie et d’Australie, et au genre Pericopsis d’Afrique tropicale et d’Asie.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 27 : ponctuations intervasculaires grandes ( 10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 82 : parenchyme axial aliforme ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; (84 : parenchyme axial paratrachéal unilatéral) ; 85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Structure étagée : 118 : tous les rayons étagés ; 120 : parenchyme axial et/ou éléments de vaisseaux étagés.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(P. Ng’andwe, H. Beeckman & P.E. Gasson)

Croissance et développement

Au Liberia et en Côte d’Ivoire, l’arbre est brièvement caducifolié en novembre–décembre et fleurit en avril. Les nouvelles feuilles sont d’un rouge brillant. Les fruits mûrissent en 6 mois environ. Il n’existe aucune information sur la formation de nodules.

Ecologie

Haplormosia monophylla se rencontre de manière caractéristique sur les berges des rivières et dans les vallées marécageuses des forêts sempervirentes de basses terres, où il pousse par endroits et en groupes. Cependant, on trouve souvent des individus de grande taille isolés en forêt à quelque distance des cours d’eau.

Multiplication et plantation

Il peut y avoir une abondante régénération naturelle sur les berges sablonneuses des rivières, mais elle semble rare dans les forêts denses.

Récolte

La dureté du bois rend l’abattage difficile avec un outillage classique.

Traitement après récolte

Les grumes ne flottent pas, ce qui exclut leur transport par flottage.

Ressources génétiques

Haplormosia monophylla est relativement répandu en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, mais dans la plupart des régions il est rare et l’abattage pour son bois d’œuvre s’effectue de manière sélective. On peut s’attendre à ce que sa surexploitation et la dégradation de son milieu entraîne un grave déclin des peuplements dans un avenir proche, et pour cette raison Haplormosia monophylla a été placé sur la Liste rouge de l’UICN dans la catégorie “vulnérable”.

Perspectives

Bien que Haplormosia monophylla offre un bois d’œuvre de bonne qualité, ses perspectives commerciales sont médiocres car l’approvisionnement est très limité. Ceci est principalement dû à une présence disséminée, en particulier pour les arbres de grande taille. Les informations sur le taux de croissance et la multiplication de l’espèce font défaut.

Références principales

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  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome premier. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 369 pp.
  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
  • Dudek, S., Förster, B. & Klissenbauer, K., 1981. Lesser known Liberian timber species. Description of physical and mechanical properties, natural durability, treatability, workability and suggested uses. GTZ, Eschborn, Germany. 168 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Autres références

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  • Hepper, F.N., 1958. Papilionaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 505–587.
  • Keay, R.W.J., 1989. Trees of Nigeria. A revised version of Nigerian trees (1960, 1964) by R.W.J. Keay, C.F.A. Onochie and D.P. Stanfield. Clarendon Press, Oxford, United Kingdom. 476 pp.
  • Kinghorn, A.D., Hussain, R.A., Robbins, E.F., Balandrin, M.F., Stirton, C.H. & Evans, S.V., 1988. Alkaloid distribution in seeds of Ormosia, Pericopsis and Haplormosia. Phytochemistry 27(2): 439-444.
  • Kryn, J.M. & Fobes, E.W., 1959. The woods of Liberia. Report 2159. USDA Forest Service, Forest Products Laboratory, Madison, Wisconsin, United States. 147 pp.
  • Lewis, G., Schrire, B., MacKinder, B. & Lock, M., 2005. Legumes of the world. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 577 pp.
  • Normand, D., 1950. Atlas des bois de la Côte d’Ivoire. Tome 1. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 148 pp.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.

Sources de l'illustration

  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2008. Haplormosia monophylla (Harms) Harms. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 20 avril 2019.


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